Tianguis 2011 L’annonce par Air France de son arrivée cet hiver à Cancún avec trois vols hebdomadaires, les mercredis, vendredis et dimanches, à partir du 21 octobre, a été l’un des moments forts de la 36e édition du salon des professionnels du tourisme, Tianguis. La ministre du Tourisme, Gloria Guevara Manzo, a porté sur le devant de la scène cette nouvelle initiative.
CHAQUE année, le Tianguis est la rencontre entre l’offre touristique mexicaine et les prescripteurs mondiaux de cette destination. Cette année est particulière. D’abord, parce que 2011 a été qualifiée d’année du tourisme au Mexique. Ensuite, parce que la France a dû traverser, après l’épisode de la grippe A en 2009, les questions diplomatiques liées à l’affaire Cassez qui ont prévalu à l’annulation, début mars, de l’année du Mexique en France. Sur ce dernier point, la place accordée au représentant de la compagnie Air France au Mexique, Jérôme Salemi, (il a eu droit à la première prise de parole après la ministre, lors de la conférence d’ouverture du salon, ndlr), peut être interprétée comme un signe de réconciliation et d’apaisement. “Il y a peut-être une question diplomatique mais il n’y a absolument pas de problème touristique entre nos deux pays; les Français aiment les Mexicains, les Français aiment le Mexique et les Mexicains aiment les Français”, soutient Gloria Guevara Manzo, ministre du Tourisme. Plus concrètement, il est vrai que l’initiative d’Air France tombe à pic pour illustrer l’attitude offensive dans laquelle s’est engagé le pays, Felipe Calderón en tête. Le président a ainsi affirmé son objectif d’installer le Mexique dans le Top 5 des destinations mondiales, selon les critères de la World tourism organisation (WTO), à l’issu de son mandat, fin 2012. À fin 2010, le Mexique arrivait en huitième place, avec une fréquentation internationale de 22,4 millions de visiteurs, soit une progression de 4,4 % (environ 10 millions de visiteurs par air, 6 millions de croisiéristes et le reste par la route), à mettre en parallèle avec la croissance mondiale, se situant autour des 3,5 % selon la WTO. Avec une perspective de croissance affichée de 16 % pour cette année, l’annonce d’Air France est une vraie opportunité.
Après avoir sensiblement renforcé son offre sur l’Asie, l’année dernière, c’est vers l’Amérique latine que la compagnie française va donc accroître de façon significative ses capacités. “En dehors de l’ouverture du Paris-Cancún, nous augmentons cette année notre offre de 19 % sur la ligne Paris-Mexico, qui fêtera son 60e anniversaire l’année prochaine, grâce à des appareils de plus grande capacité. Et avec les vols sur Cancún, nous arriverons en année pleine à une offre supplémentaire de 40 % par rapport à celle actuelle”, explique Jérôme Salemi, directeur général d’Air France au Mexique. Une décision qui s’appuie sur la très bonne tenue de la ligne Paris-Mexico. Elle enregistre un taux d’occupation moyen au-dessus de 87 %. “Cela dit, en terme de trafic, nous restons toujours environ 10 points en dessous de 2008, mais après avoir encaissé un − 70 % en 2009. Pour cette année, nous envisageons de dépasser 2008”, poursuit-il. Cette annonce a pris de cours plusieurs membres de la délégation française (une quinzaine de voyagistes, groupistes, incentive, agents de voyages…), la plus importante d’Europe, présente au Tianguis mais qui n’a laissé personne indifférent. Spécialiste de la destination avec une brochure de plus de 80 pages entièrement dédiée au Mexique, Antoine Balaguer, le patron d’Empreinte, y voit déjà de nouvelles opportunités: “Dès la prochaine édition, en septembre prochain, je pourrai programmer une entrée à Mexico pour trois jours de découverte, associée à une sortie depuis Cancún, après un séjour balnéaire d’une semaine.” Le groupiste Caractères d’Amériques enregistre déjà de bonnes sensations sur la destination. “Il est vrai que par rapport aux destinations du Moyen-Orient, le Mexique est une bonne alternative. Les groupes indécis se confirment. Témoin, un groupe de plus de 100 personnes que nous venons de signer à un mois du départ”, explique Sobeira Do Vale, sa directrice. Alors que la ligne Paris-Cancún exploitée par XL Airways enregistre de très bons résultats, d’autres restent encore dans l’expectative. car, effectivement des incertitudes restent encore à lever. La commercialisation sera-t-elle élargie aux alliés d’Air France que sont KLM, Aeromexico? La décision ne devrait pas tarder. En revanche, il est acquis qu’Air France jouera sur Cancún la carte du voyage de loisirs. L’appareil choisi va dans ce sens, un Boeing 777-300 bi-classes, avec 14 sièges en classe business et 458 sièges en classe éco. Pour réussir ce pari, Air France compte sur l’attractivité du hub de Charles-de-Gaulle. Sur le Paris-Mexico, environ 40 % de la clientèle y est en correspondance. Également dans l’autre sens, sont dans le collimateur de la compagnie, les destinations du Salvador, du Guatemala ou de Belize pour lesquelles Cancún représente un avantage par rapport à Mexico. Mais elle compte aussi sur les opérateurs touristiques français: “Nous sommes ouverts à la négociation avec des voyagistes susceptibles de s’engager”, tranche Jérôme Salemi.
Car les projets d’Air France sont pharaoniques. En toile de fond, il est question de l’arrivée de l’Airbus A 380 à Mexico. Un projet qui implique obligatoirement de la part des autorités mexicaines de lourds investissements puisque, à ce jour, l’aéroport n’est pas homologué pour recevoir ce type d’appareil. De fait, il est primordial d’entretenir les meilleures relations possibles avec les autorités touristiques. Aujourd’hui, cette coopération démarre sous son meilleur jour: pour la ligne sur Cancún, un partenariat entre Air France et le CPTM va être passé afin de lancer la ligne Paris-Cancún des deux côtés de l’Atlantique, mais principalement en France. “Il existe une volonté forte de la part des deux parties”, affirme Jérôme Salemi. Dans le meilleur des cas, pourquoi ne pas envisager l’arrivée du gros porteur d’Air France en 2013? Ces nouveaux moyens doivent permettre au marché français de repartir franchement à la hausse. Après l’épisode de la grippe, l’Hexagone a retrouvé des couleurs (encadré) mais sans pour autant revenir au niveau de 2008. Certains en sont déjà convaincus, tel Rodolfo Lopez Negrete, directeur général adjoint du CPTM, qui a annoncé à la délégation française présente à Acapulco que “le nombre de français devait doubler.”