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En groupe, en car, en France… des agents en terre inconnue

Distributeurs | publié le : 01.06.2011 | Dernière Mise à jour : 01.06.2011

Auteur

  • Karine Filhoulaut

Eductour Peu d’agents de voyages ont l’occasion au cours de leur formation d’expérimenter le produit groupe en car dans l’Hexagone. L’EPT (École pratique du tourisme) a décidé d’emmener 41 de ses étudiants à Annecy pour une journée découvertes.

IL EST 8 H 30 à Villette-d’Anthon. Le car s’éloigne des bâtiments de l’EPT, dans un brouillard à couper au couteau. À bord, personne ne semble pourtant s’inquiéter des conditions météo. Monsieur Berthelet, autocariste et partenaire de l’opération, a bien fait les choses. “Ils nous ont mis un Magelis, remarque Vincent Baldy de l’AFT-Iftim, à l’origine de cet eductour, ils ont bien compris le but de l’opération!” Emmener une cinquantaine d’étudiants en excursion pour leur faire découvrir le car, le voyage en groupe et Annecy, tel est l’objectif.

Période de découverte

Quelques minutes après le départ, Patrick, le conducteur, débute son commentaire sur le véhicule: 4 étoiles, 12,80 m, 48 fauteuils au lieu des 53 habituellement, 3 écrans (qui resteront gris toute la journée), 55 chaînes (invisibles donc), 1 espace W.-C. (qui demeurera clos), 24 m de voussures transparentes (un atout notable de ce car, non mentionnées), mais aussi 135 euros d’amende par passager pour une ceinture de sécurité non bouclée. Le chiffre passe pres­qu’inaperçu: les yeux et les mains sont occupés à tenter de découvrir les petits secrets du car: repose-pieds, “un peu trop bas pour les jambes courtes”, selon une élève. Manette pour baisser le dossier, réglette lumineuse en guide de lumière d’appoint, points lumineux au bas des sièges, “mais à quoi ça peut servir?, se demandent les étudiants, bouches d’aération, tablette escamotable, racks à bagages, etc. Cette exploration concrète aurait valu d’être davantage guidée par le conducteur afin que les passagers prennent vraiment la mesure du luxe du confort à bord de ce car. Arrivée à l’office du tourisme d’Annecy, des étudiantes cherchent les toilettes et se rendent compte concrètement de l’une des contraintes de ce type de voyage. Les élèves assistent alors à une présentation d’Annecy: les étudiants, ceux guides dans l’âme, se rendent compte de l’importance d’être audible et attractif. Documents supplétifs en main, les futurs agents partent vers le centre historique pour une visite guidée proposée par un des leurs tiré au sort. Là encore, les étudiants touchent du doigt les difficultés du tourisme en groupe: “Plus fort Eva”, “On n’a pas le temps de voir”, “On tourne là? Où sont passées Fanny et Florence?”, etc. À l’issue de cette visite globalement bien menée, une question vient à l’esprit: qui a déjà suivi une visite guidée? Et une réponse surprenante: personne ou presque. Avec celle-ci, ces agents en formation pourront-ils en proposer en connaissance de cause à de futurs clients?

La convivialité prime

Puis, c’est l’heure du déjeuner, et un constat rassemble les convives: “En fait, les plus jeunes d’entre nous ne sont pas trop réticentes vis-à-vis du tourisme en car, c’est plutôt qu’on ne le connaît pas, sans brochures, c’est difficile aussi! Alors, à moins d’avoir fait un stage chez un autocariste.” Lorsque que l’on remonte dans le car, trois jeunes filles jouent, sans le savoir, aux seniors: “Je ferais bien une sieste moi!” Les ceintures de sécurité, qui pendent désormais, permettent aux éveillés d’apprécier la dextérité du conducteur: “Dis donc, il passe près le car là, non? Une microsieste plus loin, pour bien se réveiller sans doute, les passagers se mettent à chanter et à rire. Et c’est peut-être là le moment le plus didactique de la journée: oui, dans un car, et en groupe, on peut passer un moment convivial! Et quoi de mieux que de laisser ce souvenir dans la tête de futurs prescripteurs? Avec la balade en bateau, ce succès se renouvelle: certes, il aurait été plus efficace que les commentaires du guide du bateau ne le disputent pas à ceux de monsieur Fayard, spécialiste du tourisme en car venu témoigner, et que la fanfare des chasseurs alpins (présente par hasard) ne couvre pas le tout. Mais, au moins, les étudiants auront eu l’occasion d’expérimenter la jovialité dans un groupe, comme les problèmes de logistique sur un bateau. Sur le chemin du retour, la majorité des étudiants s’accorde sur un point: le voyage en car, ils savent désormais ce à quoi ça ressemble et s’estiment plus à même de le faire découvrir à leurs futurs clients. Certains avouent même que l’image du car, en une journée, s’est trouvée revalorisée!

Pour et contre l’eductour

ALAIN PLACE

Directeur de Place Voyages, autocariste

L’eductour est un passage obligé pour la formation des agents de voyage et pour améliorer la qualité de leur travail. Ils sont des moments de travail: les agents doivent donc les envisager comme tels et ne doivent pas rechigner à visiter des hôtels notamment.

VICTOR GERVASONI

Directeur du programme La Rochelle business school of tourism

Sur le principe, je n’ai rien contre les eductours, mais dans la pratique si. Quand on met dans la balance, d’un côté le temps, l’argent et l’énergie dépensés pour ce type d’activité, et de l’autre l’efficacité d’un cours classique, ça n’est pas rentable. Je suis beaucoup plus favorable aux stages.

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