Menu

Maastricht, c’est chic!

À la Une | publié le : 01.06.2011 | Dernière Mise à jour : 01.06.2011

Une ville si française Six fois les Français ont assailli la ville. Quelques années seulement ils l’ont gardée, mais de Vauban à Napoléon, en passant par la Révolution française, cela finit par laisser des traces. La moins néerlandaise des villes des Pays-Bas multiplie les références à la France, et jusque dans sa cuisine où un sens culinaire et l’amour de la bonne chère réjouissent le palais. La ville, joyeusement et tranquillement installée sur les rives de la Meuse, cultive aussi l’élégance, multipliant les boutiques tendance et les références à la mode. Maastricht, c’est chic, ou plutôt "sjiek", comme on l’écrit là-bas.

CEUX qui n’ont pas aimé le traité signé ici en 1992 auraient tort de bouder Maastricht. La capitale du Limbourg, qui a choisi en 1838 les monarques néerlandais plutôt que de se jeter dans les bras de la Belgique fraîchement créée, est une porte d’entrée élégante vers les Pays-Bas auxquels elle ressemble assez peu. Même si les rues pavées interdisent le port de chaussures à talon, la cité respire le chic, l’aisance et le raffinement. Les Néerlandais peuvent être fiers de cette vitrine tournée vers l’Allemagne et la Belgique, plutôt que vers eux. Belle et joyeuse, tranquillement posée sur les rives de la Meuse, la ville attire les convoitises. Plus de trente fois assiégée, fortifiée de doubles remparts, la cité a dû parfois céder mais n’a jamais abandonné son goût pour les plaisirs, la bonne chère avec cinq restaurants totalisant six étoiles au guide Michelin, et la joie de vivre.

Berceau d’André Rieu et tombeau de d’Artagnan (qui n’ont pas d’autres rapports entre eux), Maastricht se souvient de celui-ci en lui dressant une statue aux pieds de ses fortifications et célèbre celui-là en lui livrant, plusieurs soirs de juillet, sa vaste et jolie place centrale qui vibre alors au son du violon et des airs de valse.

Une joie de vivre qu’on dit "bourguignonne"

On appelle ça, en langage local, “bourguignon”. Maastricht la catholique aime davantage s’amuser que les Pays-Bas calvinistes. Tout est bon – un carnaval, une procession septennale, une fin d’année scolaire – pour faire la fête. Sur l’ancienne voie romaine qui traversait ici la Meuse – d’où le nom de Maastricht – pour relier Boulogne à Cologne, on a donc l’esprit “bourguignon”, de jolis ponts, des bords de fleuve tranquilles, des rues piétonnes animées, un beffroi d’où se répand le son d’un carillon le vendredi à l’heure du déjeuner, une tarte limbourgeoise bien appétissante, un marché avec des étals de poissons impressionnants et une approche de la vie que résume bien un dicton de la brasserie De Karkol: “We hebben tijd om niets te doen, we kunnen wachten” (“Nous avons le temps de ne rien faire, nous pouvons attendre”).

Et alors? Ça n’empêche pas la ville de compter pas moins de 1 600 façades classées, d’accrocher le regard avec les enseignes ornementales qui signalent les boutiques et cafés et de s’amuser avec la sculpture d’un homme pressé, presque désarticulé, à proximité de la gare. Elle rigole encore du bon tour joué à Napoléon Bonaparte en le laissant partir avec le moins intéressant des squelettes d’animaux préhistoriques trouvés par ici, tout en gardant pour elle le mosasaure vieux de 66 millions d’années aujourd’hui exposé dans son musée d’histoire naturelle*.

Le goût du design

Tout en faisant la part belle à des créations contemporaines, la ville, qui a le goût du design, présente aussi des œuvres d’art, des peintures flamandes du XVIe siècle notamment, dans son Bonnefantenmuseum**, une sorte de cylindre métallique posé par l’architecte italien Aldo Rossi sur la rive orientale de la Meuse.

Culturelle, assurément, étudiante certainement, industrielle aussi, mais pas trop longtemps. La ville a eu son heure de gloire en se lançant dès 1830 dans la production de faïences. Le Centre céramique est aujourd’hui transformé en bibliothèque moderne. Il montre une magnifique maquette qui embrasse toute la cité meusienne, permettant de distinguer la cinquantaine d’églises bâties par ici. Certaines sont aujourd’hui désaffectées, d’autres recyclées comme celle qui abrite la librairie Selexyz, dans une petite rue pavée proche de la place Vrijhof. Et c’est ainsi qu’entre un marché de Noël et un Salon mondialement réputé de l’art et des antiquités*** qui se tiendra, en 2012, du 16 au 25 mars, entre des festivals de danse et des rencontres autour du design et de la mode, Maastricht partage avec ses milliers de visiteurs tous les plaisirs de la vie. Il suffit de dire oui.

www.nhmmaastricht.nl

www.bonnefanten.nl

www.tefaf.com

La Belgique est au bout du souterrain!

Embarquement sur la Meuse* et remontée du fleuve. Débarquement au pied de la montagne Saint-Pierre, après avoir longé les immeubles bruns aux allures de cubes bousculés où a été signé le fameux traité européen de 1992. Grimper jusqu’au restaurant avant de pénétrer, accompagné par un guide dûment autorisé, dans les méandres souterrains des anciennes carrières de pierres creusées entre Pays-Bas et Belgique**. La température, constamment à 10 oC, n’est pas ce qui frappe le plus quand on quitte la lumière. Les Romains connaissaient déjà les pierres d’ici, excellentes pour la construction, à condition de les placer dans le bon sens. Les autres ont suivi et la cathédrale de Cologne, celle d’Utrecht ou encore les remparts de Maastricht peuvent encore s’en féliciter. Dans les 200 km de galeries à cheval sur la Belgique et les Pays-Bas, les promeneurs ou ceux qui s’y sont réfugiés, les artistes en mal de support pour exprimer leur talent et les hommes d’affaires jamais à court d’une affiche publicitaire ont laissé des inscriptions, des dates, des signatures et des fresques, certaines étonnantes, qu’éclaire la lanterne du guide. Le lieu a hébergé des œuvres plus vénérables encore, celles du Rijksmuseum d’Amsterdam que les Allemands, par lucidité, ont ici mises à l’abri des bombes. Les claustrophobes resteront à l’entrée, quant à ceux qui se lanceraient dans l’aventure, ils doivent retenir la leçon prononcée par le guide: "Toujours tourner à gauche en longeant les parois et la sortie vers la lumière est garantie." Il n’a pas indiqué au bout de combien de temps…

* www.stiphout.nl

** www.maastrichtunderground.nl

Maastricht pratique

Tout proche de la colline d’où l’on peut contempler trois pays d’un seul regard, Maastricht est habitué à recevoir les touristes par milliers, particulièrement les groupes pour lesquelles une brochure spéciale a été éditée. Elle contient en 52 pages (ce qui n’est pas rien!) autant d’informations pratiques que de suggestions de visites et d’activités. En anglais, mais si pratique!

+31 43 350 62 63

www.maastrichtgroupevents.nl

OU DORMIR À MAASTRICHT?

Au Townhouse Hotel, un hotel design dont la sobriété repose des épaisses moquettes et des tapisseries chargées, à proximité de la gare. L’originalité réside dans le côté gîte rural savamment élaboré avec vaisselle dépareillée au petit déjeuner servi sur de longues tables de bois, et radio inscrustée dans le mur de la salle de bains. Il est permis de chanter sous la douche, et de se connecter gratuitement en wifi dans toutes les chambres. L’accueil y est particulièrement sympathique et le sens du commerce intelligent.

www.townhousehotels.nl

OU MANGER?

Au restaurant Petit bonheur, qui ne trahit pas son nom dans les assiettes. Cour intérieure et murs de pierres pour décor, les plats sont succulents, tout en restant à un prix raisonnable.

Pour les groupes aussi.

www.petitbonheur.nl

Div qui contient le message d'alerte

Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire

Mot de passe oublié

Déjà abonné ? Créez vos identifiants

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ? Remplissez les informations et un courriel vous sera envoyé.

Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format