Quelles ont été les destinations préférées des Français au cours de l’année écoulée? Cette question posée chaque année par L’Echo touristique trouve ses premières réponses dans le cadre d’une conférence d’IFTM Top Resa. Tour d’horizon des hauts et des bas des voyages à forfait de 2014 et des premiers mois de 2015.
Sans surprise, les destinations nord-africaines longtemps prisées des touristes français subissent le contrecoup des soubresauts politiques et terroristes. En un rien de temps, les forfaits vendus ont baissé fortement vers ces destinations. L’Egypte, la Tunisie et, dans une moindre mesure, le Maroc, sont particulièrement touchés. Pour ce dernier pays, une des explications tient moins au contexte géopolitique du pays qu’à la désintermédiation accrue des voyages vers le Royaume chérifien. Cet aspect n’est pas négligeable dans l’interprétation des résultats de l’enquête de L’Echo touristique, avec des surprises parfois. Ainsi, s’agissant des Canaries, parmi les premières grandes bénéficiaires des reports de touristes habitués à la rive sud de la Méditerranée, le nombre de touristes français a-t-il plus que triplé en cinq ans, mais la vente de forfaits a, elle, été multipliée par 3,5. Le recours à un intermédiaire s’est donc accentué au fil du temps. De 58 130 forfaits vendus sur les Canaries en 2010, on est passé à 203 083 en 2014. Dans le même temps les touristes français se rendant aux Canaries sont passés de 142 000 en 2010 à 444 000 en 2014. Si l’Espagne d’une manière générale a connu un engouement de plus en plus marqué, d’autres pays s’imposent aussi au fil du temps. Le Portugal est de ceux-là, qui arrive en tête des plus fortes progressions sur le marché français (+ 44 %). S’il y a un effet report, il ne peut se produire aussi que parce que la destination s’est positionnée de longue date en situation de gagner des parts de marché. « En six ans, 40 millions d’euros ont été investis pour ouvrir des lignes », rappelle par exemple Jean-Pierre Pinheiro, qui dirige l’OT du Portugal et préside l’Adonet.
Sur le long-courrier, les plus fortes croissances de ventes à forfait l’an dernier ont été enregistrées par le Japon (+ 60 %), l’Afrique du Sud (+ 33 %), la Namibie (+ 20 %), le Costa Rica (+ 20 %) et la Birmanie (+ 13 %). Depuis le début de l’année, l’Iran, le Panama et le Brésil affichent de fortes hausses également.
En revanche, les riverains de l’océan Indien sont en retrait, Maurice de 10 %, les Maldives de 8 % par exemple. Mais cela ne décourage pas les tour-opérateurs qui intensifient leurs propositions sur ces destinations, sans doute en vertu de l’adage qui veut que l’offre crée la demande.
Le phénomène du moment s’appelle Cuba qui fait un carton plus que plein, en affichant « complet » jusqu’au printemps prochain au moins. Actuellement, nous refusons une vente sur deux, confie un tour-opérateur. D’autres renvoient à des dates lointaines. Des réceptifs spécialistes de cette destination s’inquiètent même de cet emballement, sachant que l’infrastructure, notoirement limitée, risque de produire des déceptions auprès de touristes mal avertis, et bien des complications pour les tour-opérateurs qui auront du mal à trouver les hébergements promis.