CDT « Augmenter et simplifier la programmation de séjours pour les groupes », telle est l’ambition affichée par Morbihan Tourisme. Une ambition concrétisée lors de cette rentrée 2015 par l’édition d’un premier Manuel des Ventes dédié. Objectif: mettre en avant les prestataires morbihanais, la structure institutionnelle n’ayant pas vocation à commercialiser. Promouvoir la destination, accompagner les acteurs ou encore mettre en place des actions ciblées vont constituer ses missions principales.
De tous les départements français, c’est le seul à avoir un nom fait entièrement de mots bretons. Le morbihan, pour « petite mer », devenu depuis le Morbihan, alors qu’il a failli s’appeler « les Côtes-du-Sud »… Il est vrai que le Morbihan se situe au Sud de la Bretagne, tourné vers l’océan (environ 900 km de littoral), faisant face à de nombreuses îles (dont l’une d’entre elles a marqué le chanteur Laurent Voulzy)… Et sur ses terres, villages pittoresques, cités de caractère et châteaux rythment les découvertes touristiques, tandis que surgissent ici et là de nombreux monuments mégalithiques interrogeant sur nos origines. Avant de se laisser porter par les légendes. « Un département riche de contrastes et de paysages marqué par six territoires bien distincts que sont le Golfe du Morbihan, la Baie de Quiberon, les îles, le Pays de Lorient, le Canal de Brest à Nantes et Brocéliande », indique George Rivière, responsable promotion commerciale à Morbihan Tourisme. Et pour encore mieux mettre en avant ces attraits, le comité départemental du tourisme s’est engagé en 2014 dans le renouveau de sa stratégie marketing, une mutation qui s’est faite en plusieurs étapes. En janvier, une enquête Ipsos a été menée sur la notoriété du département. Au printemps, une démarche de repositionnement de la destination a été entamée, en collaboration avec le cabinet spécialisé Protourisme, donnant naissance à une nouvelle charte graphique (« Morbihan, l’esprit Sud de la Bretagne »). En cette année 2015, un nouveau site web a été créé, tandis qu’en septembre dernier, Morbihan Tourisme décide d’afficher son positionnement sur le marché groupes en faisant paraître son premier Manuel de Vente dédié.
Ce qui ne veut pas dire qu’auparavant cette clientèle groupes n’avait pas fait l’objet d’attentions particulières au sein du comité départemental du tourisme. Comme en témoignait l’existence d’un Service Loisirs Accueil. « Jusqu’au moment où les gîtes de France décident de prendre leur indépendance marquant la fin d’une commercialisation de packages groupes qu’il développait, raconte George Rivière. Le comité départemental du tourisme choisit donc de reprendre ce marché en main ». Sauf qu’à l’époque (nous sommes dans les années 90), de nombreuses agences réceptives présentes dans le département « ne voyaient pas d’un très bon œil cette situation », poursuit-il. Qu’à cela ne tienne, la structure institutionnelle prend alors ses distances, mais conserve la commercialisation à destination des individuels (une brochure Escapades en Morbihan sera distribuée dans le réseau de 400 agences de voyages du Grand Ouest, avant de disparaître en 2012). Un éloignement sans en être véritablement un, puisque toujours soucieux de ne pas se détacher complètement de ce marché groupes, le comité départemental du tourisme du Morbihan faisait partie du comité de pilotage (avec les autres départements bretons, la chambre de commerce et d’industrie du Morbihan, le comité régional du tourisme et la chambre régionale du Commerce et d’industrie) de l’opération « Bretagne spécial groupes ». Un « épais » catalogue avait été édité, et connaîtra ses heures de gloire durant plusieurs années auprès des professionnels du tourisme de groupe avant de disparaître (la commercialisation se faisait en direct auprès des prestataires). « Le marché groupes est alors mis en veille », glisse George Rivière. Mais lorsqu’il est décidé d’arrêter la commercialisation auprès des individuels, courant 2013, « c’est là que le conseil général avec l’ensemble des prestataires morbihanais, expriment leur volonté de développer le marché groupes, à la fois affaires et loisirs », explique le responsable promotion commerciale. Un positionnement qui se fera, cette fois, en partenariat avec le privé.
Tout commence avec la création d’un club « Morbihan affaires » en septembre 2014 rassemblant 43 membres, prestataires spécialistes de l’accueil des séminaires, des congrès, de l’incentive. « C’est un club indépendant, qui a le statut associatif, il est indépendant du comité départemental du tourisme, précise George Rivière. La structure institutionnelle se charge uniquement d’animer et de le promouvoir auprès des cibles concernées, avec la volonté d’apporter une visibilité du département comme une véritable destination affaires avec pour objectif, bien sûr, de générer du business ». Parallèlement, un site dédié voit le jour.
Mais, pendant que se montait « Morbihan Affaires », les groupes loisirs étaient aussi « sur le grill »! Avec pour base de départ « de ne pas s’intéresser à la clientèle groupes en direct, mais axer notre cible sur les autocaristes, principaux prescripteurs de voyages en groupe », souligne George Rivière. Partant de là, nombre d’entre eux ont reçu en 2014 la visite de Morbihan Tourisme, « afin de les interroger sur leurs attentes et leurs besoins », indique-t-il. Objectif: mettre en place à terme une « charte de qualité » sur laquelle s’engageraient les prestataires morbihanais. Celle-ci sera élaborée en trois exemplaires selon les cibles: « hébergement », « restaurants » et « sites de loisirs ». Plusieurs critères ont été définis « afin de réserver les meilleures conditions d’accueil pour les groupes », relève George Rivière. Comme de disposer d’un minimum de 25 chambres, de 50 couverts, proposer un cocktail de bienvenue, garantir une ponctualité dans le service, appliquer une gratuité pour 20 payants, soigner l’accueil du conducteur et du guide, s’assurer de la facilité d’accès et de la possibilité du stationnement en toute sécurité pour l’autocar, définir une double tarification en fonction des cibles (pros et non pros)… Pour ne citer qu’eux. Seuls les agences de voyages réceptives et les offices de tourisme mentionnés dans le Manuel des Ventes n’ont pas eu à signer cette « charte de qualité ». George Rivière: « Nous nous sommes basés sur leur immatriculation et leur garantie financière, gage de leur aptitude à organiser des séjours groupes ». En même temps, un vaste travail de recensement de l’offre est entrepris. « Nous avons adressé un courrier et des e-mailings aux acteurs du tourisme départementaux accueillant les groupes comportant un questionnaire, détaille George Rivière. Ceux que nous connaissions moins ont fait l’objet d’une visite ». Au final, ce seront pas moins de 240 prestataires qui seront référencés.
Tout est donc prêt pour que le Manuel des Ventes groupes voit le jour, « vitrine de l’offre touristique du Morbihan en tant que destination groupes », martèle George Rivière. Un document destiné avant tout à « mettre en avant les prestataires morbihanais sans aucune intervention commerciale de la structure institutionnelle ». Tiré à 2 500 exemplaires, comportant 60 pages, il a fait l’objet d’un envoi auprès d’un fichier de 600 autocaristes, préalablement requalifié, basés dans le Grand Ouest, en région parisienne, dans le Nord ainsi que dans le Rhône. Avant d’être dévoilé à l’occasion du MAP Pro où Morbihan Tourisme exposait pour la première fois en compagnie de trois prestataires hôteliers (Kéravel Vacances à Erdeven, Carnac Thalasso Spa Resort et Best Western Celtique à Carnac) ainsi que l’agence réceptive BLB Tourisme (Auray). Des prestataires parmi d’autres mentionnés dans le Manuel des Ventes, qui quelques jours avant la tenue du salon, soit le 25 septembre, a fait l’objet d’une présentation auprès d’une quarantaine de prestataires. L’occasion « d’annoncer nombre d’actions qui allaient être mises en place afin d’accompagner la parution du document », indique George Rivière. Une présentation à laquelle a été convié un autocariste du Finistère, Eté Evasion, « prémices d’un premier atelier que nous avons intitulé « comment travaillez avec un autocariste » de manière à établir un lien efficace entre l’offre et la demande ».
Au sommaire de ce Manuel des Ventes: une brève présentation des territoires morbihanais, les principaux événements, une carte, les agences réceptives (elles sont au nombre de deux. Au côté de BLB Tourisme s’est positionnée Funbreizh), les hébergements , les restaurants et les sites touristiques. « Certains prestataires sont mentionnés dans le cadre d’une « liste complémentaire », car ils ne sont pas adhérents au comité départemental du tourisme, mais méritaient d’être présents dans le document », précise George Rivière. A noter également que les agences réceptives disposent d’une page complète sur laquelle sont suggérés deux packages maximum et d’un minimum de deux jours, idem pour les offices de tourisme. Un choix que le responsable promotion commerciale justifie « par la mise en valeur d’un territoire à travers plusieurs prestations ». Pour les autres, ils se partagent un cinquième d’une page avec toutes leurs coordonnées, un bref descriptif, les tarifs et les services à disposition.
L’édition de ce Manuel des Ventes s’est accompagnée d’actions concrètes mises en place par le comité départemental du tourisme. Depuis la mi-octobre, « des rencontres sur le terrain avec les autocaristes ont été programmées, entre 60 et 80 rendez-vous sont prévus d’ici avril 2016 », révèle George Rivière. Début novembre, Morbihan Tourisme a participé au premier workshop du club Destination Groupes de la Rn2D organisé à Bruxelles en Belgique. « Nous devrions d’ici la fin de l’année rejoindre les 48 destinations françaises de ce club, nous en avons fait la demande en octobre dernier », indique le responsable promotion commerciale. Par ailleurs, il est question de mettre en place très prochainement une newsletter destinée aux autocaristes afin de les informer de l’actualité morbihanaise, de mettre en avant des produits. Comme de souligner les services complémentaires que peut apporter Morbihan Tourisme auprès des professionnels: organisation d’éductours, mise à disposition de visuels et descriptifs nécessaires au montage des programmes… Le Manuel des Ventes sera réactualisé dès février 2016 pour une nouvelle édition que George Rivière espère dévoiler fin juin… Une seconde mouture qu’il annonce déjà « sans doute différente », sans cependant nous en dire plus. « Les premiers retours que nous avons eu sur ce document sont très positifs tant de la part de nos prestataires que des professionnels qui sont très demandeurs de ce type de support », indique-t-il. Reste, bien sûr, à savoir quelles en seront les retombées. « Nous allons envoyer un questionnaire auprès de nos partenaires morbihanais pour avoir une première tendance », poursuit George Rivière. Avec évidemment le souhait de voir se confirmer le bon choix dans la démarche. Et ainsi montrer un exemple réussi d’un partenariat public/privé.
Une des « plus belles baies du monde » au même titre que la baie d’Ha-long au Vietnam et de San Francisco aux États-Unis. Classée parc naturel régional depuis 2014, cette mer intérieure est parsemée de nombreuses îles, à l’exemple de l’île aux Moines baptisée « la perle du golfe » ou encore l’île d’Arz. Nombre de croisières, avec ou sans escale, y sont proposées au départ de Vannes, Baden ou Port-Navalo. Côté terre, tout en longeant le golfe: la presqu’île de Rhuys et le château de Suscinio, de Port-Navalo à Arzon jusqu’à Locmariaquer. Sur les rives nord: Vannes, ville médiévale avec ses maisons à pan de bois.
A l’horizon: Belle-Ile-en-Mer, Houat et Hoëdic que l’on peut rejoindre en bateau, tout en profitant de la thalasso de Quiberon ou de Carnac, mais sans manquer les célèbres alignements (Le Menec, Kermario, Kerlescan…) et même une biscuiterie des menhirs! Et poursuivre jusqu’à la ria d’Etel, petit bras de mer piqué d’îlots, s’arrêter à Saint-Goustan, port d’Auray.
Lorient, son Festival interceltique (dix jours de spectacles et plus de 200 concerts et manifestations artistiques), mais aussi sa Cité de la Voile Eric Tabarly … Au Nord: Pont-Scorff labellisée « Ville et métiers d’art ».
Au large du Morbihan: Belle-Ile-en-Mer (la plus grande), Hoëdic (la plus petite) et sa grande sœur Houat, sans oublier l’île de Groix et son unique plage convexe d’Europe.
De Redon à Pontivy, le Canal de Nantes à Brest est un véritable ouvrage d’art. Côté escales culturelles: Malestroit, Josselin et Rochefort-en-Terre, petites cités de caractère, Hennebont et Pontivy cités historiques, Rohan et ses halles, la Gacilly pour ses artisans (et berceau de la marque de cosmétiques Yves Rocher).
Un lieu qui inspire les légendes, territoire de Merlin l’enchanteur… Le château de Comper à Concoret abrite le Centre de l’imaginaire arthurien.
Fêtes historiques de Vannes (juillet); Pardon de Sainte-Anne d’Auray (26 juillet); Festival photo à La Gacilly (de juin à septembre); Festival interceltique de Lorient (première quinzaine d’août).
La Maison de la Chauve-Souris à Kernascleden (seul écomusée en France dédié aux demoiselles de la nuit! On y observe une colonie par caméra infrarouge.
L’association Paysages de Mégalithes, qui rassemble 26 communes morbihanaises, œuvre pour la connaissance, la mise en valeur et la préservation du patrimoine mégalithique de Carnac et du sud du Morbihan. Créée en 2012, l’association a pour objectif de présenter d’ici trois ans un dossier de classement au Patrimoine mondial de l’Unesco de la concentration d’architectures du néolithique, qui s’étend de la rivière d’Ethel jusqu’à la Presqu’île de Rhuys, en passant par Locmariaquer , le golfe et Carnac (4 000 menhirs s’étirant sur près de quatre kilomètres sur 40 hectares). L’enjeu est énorme pour Carnac car les mégalithes sont le premier site visité du Morbihan avec 600 000 visiteurs par an pour les alignements et 34 000 à la Maison des mégalithes. En cas de classement, leur nombre pourrait passer à un million, soit 40 % de visiteurs en plus.