Salon En juin 2014, Reed Expositions France et Comexposium concluaient le rapprochement du MAP Pro avec IFTM Top Resa. La même année, en septembre, les deux salons étaient organisés conjointement, mais dans un hall différent. 2015 marque la réunion des deux manifestations dans un même pavillon (hall 1). Une première. Seules leurs durées varient: deux jours pour le MAP Pro, quatre pour IFTM Top Resa.
Une opération qui a fait figure d’Arlésienne pendant des années et qui semblait définitivement enterrée… Jusqu’au 9 juillet 2014, date à laquelle Reed Expositions France mettait la main sur le MAP Pro. Une acquisition ferme et définitive. Et un accord qui répondait d’une part à la volonté de Comexposium et de sa filiale « le Monde à Paris » de se recentrer sur le volet grand public des salons du tourisme et, d’autre part de poursuivre la stratégie déjà mise en œuvre par Reed Expositions de couvrir la totalité des segments professionnels.
Reed Expositions France a eu à peine trois mois pour déménager, et installer le workshop des professionnels du tourisme de groupe porte de Versailles à Paris… Car pour mémoire, le MAP Pro devait se tenir, toujours dans la capitale, mais dans le cadre du Palais des congrès de la Porte Maillot. Avant finalement de rejoindre le hall 7.1 du parc des expositions, IFTM Top Resa se tenant, lui, dans le hall 7.2… « Le challenge est d’envergure, mais ce sera une transition positive », confiait alors Thomas Desplanques, directeur des deux salons à Tourisme de groupe.
« L’édition du MAP Pro 2014 a constitué la première étape de la construction d’un grand salon du tourisme », pouvait-on lire dans le communiqué de Reed Expositions France, adressé quelques jours après la fermeture de cette édition. Un communiqué également prétexte à annoncer que « le nombre de visiteurs avait progressé de 2,6 %. Le salon a accueilli 3 301 professionnels dont 24 % en provenance de l’étranger ». Quelle interprétation fallait-il donner à ces chiffres? En 2013, le MAP Pro avait accueilli 3 963 visiteurs (dont 28 % de tour-opérateurs et de réceptifs, 24 % d’agents de voyages, 22 % d’autocaristes/agents de voyages, 6 % d’agences événementielles/organisateurs de séminaires, 3 % d’associations agréées et 2 % de guides). Thomas Desplanques expliquait alors à Tourisme de groupe que « les 3 963 visiteurs totalisés en 2013 au MAP Pro représentaient, non pas du visitorat pur et simple, mais l’ensemble des professionnels accrédités ». Le directeur du MAP Pro indiquait, par ailleurs, qu’en 2014, le workshop des professionnels du tourisme de groupe, avait rassemblé moins d’exposants que l’an passé, « mais que le visitorat a été plus important en raison du flux apporté par la tenue en parallèle du salon IFTM Top Resa ». En cette année 2015, le MAP Pro accueillera 300 exposants (destinations françaises, hôtels, parcs, réceptifs…).
Au delà de ces considérations chiffrées, il y a un point qui – outre le fait de voir perdurer le MAP Pro – avait indéniablement fait l’unanimité au sein de l’ensemble de la profession: le rapprochement des deux salons. Et ainsi « offrir aux exposants et visiteurs du MAP Pro un programme plus dynamique, un contenu plus étoffé dédié au tourisme de groupe et une véritable opportunité d’augmenter les rencontres avec un visitorat élargi », promettait le communiqué de Reed Expositions France diffusé en juillet dernier. Avec à la clé un gain de temps et d’efficacité: un déplacement au lieu de deux pour les visiteurs, l’opportunité pour les exposants de multiplier les contacts, développer leur business sur plusieurs segments, « et rentabiliser au maximum leur présence », ajoute Thomas Desplanques. … Idem pour les agences de voyages, visiteurs majoritaires d’IFTM Top Resa, qui sont amenés à vendre des voyages à destination de la clientèle groupes. Et ce, tant sur le segment loisirs qu’affaires et événementiels.
Les deux salons se tiennent conjointement dans un même hall (le 1), un hall de 50 000 m2 (plus lumineux avec une hauteur sous plafond de 20 m), mais qui n’est occupé par les deux salons que sur 31 000 m2. Avec une même entrée. Les stands du MAP Pro sont installés à gauche de celle-ci, et une allée sépare les deux espaces d’exposition.
Pour un seul et unique rendez-vous fédérateur réunissant – pour la première fois – l’ensemble des acteurs du tourisme, représentatifs de l’offre touristique internationale et française.
Qui fait du tourisme de groupe? La liste est longue. D’un côté les producteurs (autocaristes, tour-opérateurs, groupistes, réceptifs et institutionnels, de l’autre les distributeurs (agences de voyages physiques, agences de voyages en ligne et… autocaristes). « Les opérateurs sont devenus polyvalents ce qui « brouille » le marché, souligne Magali Knight, consultante à Protourisme. D’autant qu’en France, la clientèle groupe est aussi la cible des hébergeurs, des restaurateurs, des sites touristiques, des parcs d’attractions… Dans ce paysage confus, quelles évolutions possibles pour les acteurs du marché groupes? « La rentabilité de plus en plus délicate (diminuation des marges) peut être compensée par des actions de synergies technologiques et commerciales, suggère Magali Knight. L’évolution peut aussi passer par le développement de l’offre individuelle à des prix groupes. Autre piste: les regroupements d’indépendants qui créent de nouveaux types d’intermédiation à travers leurs besoins de mutualiser leurs coûts de communication et de commercialisation.
« Nous allons en cette année 2015 vers un nouveau record mondial pour le tourisme en France », déclarait fin août dernier Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, qui espère que plus de 85 millions de touristes étrangers auront foulé le territoire hexagonal d’ici la fin décembre. Ils étaient 83,7 millions en 1994. Lors de la saison estivale, le chiffre d’affaires des professionnels du secteur a augmenté de 4 à 5 % selon les premières estimations, tandis que de leurs côtés, les parcs d’attractions affichaient un très large sourire (+ 20 % au Futuroscope, 10 000 nuits suplémentaires vendues chez Disneyland…)! Parallèlement, le tourisme urbain a progressé. Il faut dire que cette année, la France a profité d’une conjoncture favorable: les Français sont davantage partis en vacances, l’euro faible à inciter les Américains à venir plus nombreux, l’insécurité dans de nombreux pays – et notamment au Maghreb – a favorisé l’Hexagone…