Moselle Près de Metz, un musée dresse un panorama complet de la guerre de 1870 et de ses conséquences. L’annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine y tient une grande place.
La Guerre de 1870 est un conflit trop souvent méconnu et jusqu’à il y a peu, aucun musée d’importance n’était consacré à cet épisode de l’histoire de France. Un oubli réparé en avril 2014 avec l’ouverture à Gravelotte, près de Metz, du musée de la Guerre de 1870 et de l’Annexion. Comme l’indique son nom, il ne se focalise pas uniquement sur la campagne militaire et les différentes batailles. Il aborde aussi les conséquences du conflit et en particulier l’annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine pendant quarante-huit ans. Un double propos qui lui permet de toucher un large public allant bien au-delà des seuls amateurs d’histoire militaire.
S’il a été implanté à Gravelotte, c’est parce que l’issue de cette guerre s’est en grande partie jouée autour de ce village du 16 au 18 août 1870. Un engagement si violent qu’il donna naissance à l’expression aujourd’hui désuète « Ça Tombe comme à Gravelotte » pour désigner une forte averse tant les balles pleuvaient sur les combattants durant ces trois jours. Sans véritable vainqueur, cette bataille aurait pu se terminer différemment si les généraux français avaient été moins timorés, car ils choisirent de se replier bien que leurs troupes aient résisté aux offensives allemandes et soient restées maîtres du terrain. Une décision funeste car 180 000 soldats français furent ensuite encerclés dans M€tz, distant d’une vingtaine de kilomètres, et leur reddition deux mois plus tard scella le sort de la guerre.
Les Allemands, d’ailleurs, ne s’étaient pas trompés sur l’importance de cette bataille et, une fois la guerre achevée, ils édifièrent à Gravelotte un petit musée et un monument commémoratif inauguré en 1905.
De style Néo-Roman, il est le plus grand jamais construit en mémoire de la Guerre de 1870. Connu sous le nom de Halle du Souvenir, il se compose d’une cour intérieure entourée d’arcades où sont apposées des plaques rendant hommages aux officiers et aux soldats allemands tués à Gravelotte. À côté se trouve un petit cimetière que traverse le chemin reliant le parking au nouveau musée qui a été construit juste en face. Combinant murs recouverts d’une enveloppe de laiton patiné et toit aux lignes brisées, son architecture est censée évoquer la brutalité de la guerre.
D’une superficie de 1 000 m2, l’exposition permanente recèle 600 objets: des armes, des uniformes, des plans, des photographies d’époque, de grandes peintures réalistes montrant des scènes de guerre, des sculptures, des caricatures, des objets personnels et de nombreux témoignages. L’on y accède via une salle où sont présentés quelques objets trouvés sur le champ de bataille et rappelant la férocité des combats: clairon écrasé par les sabots des chevaux, cuirasse de dragon criblée de trous causés par les balles,… Servi par une scénographie moderne, aérée et claire comprenant écrans tactiles interactifs et des vidéos, le parcours de visite est essentiellement chronologique et doté de commentaires en trois langues (français, allemand, anglais). Il offre une perspective franco-allemande des événements, et débute par une évocation rapide des origines du conflit: montée en puissance de l’Allemagne, son processus d’unification, les ambitions coloniales, situation politique en Europe. Se succèdent ensuite des descriptions à la fois concises et détaillées des principales batailles avec d’intéressants points de vue de correspondants de guerre anglais et américains.
Deux gros plans sont consacrés au désastre de Sedan, bataille au cours de laquelle Napoléon III fut fait prisonnier, et au siège de Metz qui ne s’acheva que le 27 octobre malgré la famine régnant en ville. La guerre se poursuivit en effet après la chute de l’Empire, fin du conflit qui est décrit à travers la proclamation de la République, les soins aux blessés, les armées de secours et les francs-tireurs.
Mais, les Autorités ne purent empêcher la défaite, et la fin des hostilités est relatée à travers la création de l’Empire allemand dans le château de Versailles, l’armistice signé le 28 janvier 1871, le Traité de Francfort, le retour des 600 000 prisonniers qui s’échelonna jusqu’en 1872 et aussi la Commune de Paris. Rien n’est oublié.
Puis vient la section dédiée à l’annexion par l’Allemagne de cinq départements d’Alsace et de Lorraine dont l’accès est matérialisé par un poteau frontalier en fonte de l’époque. Une frontière au début assez ouverte, mais qui se fermera peu à peu comme l’explique le parcours de visite qui décrit la naissance du Reischland d’Alsace – Lorraine et les transformations en terme de formalités douanières d’administration et d’éducation, qui allèrent de pair ainsi que la germanisation de la société et les conséquences sur la vie quotidienne de la population dont une partie préféra s’exiler.
Il montre également l’influence qu’eut cette période sur le développement économique, l’urbanisme et l’architecture dans la région avec d’un côté la création de la place forte et du quartier impérial de Metz, et de l’autre le développement de Nancy devenu la principale ville de la Lorraine française, et qui fut l’un des foyers de l’Art Nouveau.
Sont ensuite évoqués le sentiment de revanche et la notion de provinces perdues qui naît en France ainsi que le souvenir et la commémoration de la Guerre des deux côtés de la frontière. L’occasion de découvrir les monuments bâtis par les Allemands dans la région dont beaucoup ont été détruits ou vandalisés. Une salle présente – en outre – neufs éléments du Panorama de Rezonville, gigantesque tableau circulaire dépeignant un épisode de la bataille de Gravelotte réalisé en 1883 qui était à l’origine placé autour d’une rotonde. Il fut ensuite découpé en 115 fragments dispersés dans divers musées. Le parcours s’achève par le retour à la France à la fin de la Première Guerre mondiale. L’accent est mis sur des moments symboliques. À l’exemple de la remise du bâton de Maréchal à Pétain à Metz, des événements moins connus comme l’expulsion des Allemands de souche ou la révolution communiste qui embrasa l’Alsace comme tout l’Empire Allemand en 1918, et vit le drapeau rouge flotter brièvement sur la cathédrale de Strasbourg.
→ Ouvert du 16/01 au 31/03 et du 16/11 au 14/12 du mardi au dimanche de 14 h à 18 h.
→ Du 01/04 au 15/11 du mardi au dimanche de 14 h à 18 h et de 10 h à 12 h pour les groupes sur réservation.
→ Tarif à partir de 15 pax. Gratuité conducteur…
→ Visites guidées payantes pour groupe base 30 , de 1 h 15 et 2 h, et d’une heure pour plus de 30 personnes.
→ Possibilité de billets jumelés avec la Maison Robert Schumann située à 10 km, à Scy-Chazelles.
→ Parking à proximité du musée
→ Tel: 0387331199