ADRT Seine-Saint-Denis Tourisme cible le marché groupes sous la marque « Le Nord-Est Parisien », englobant à la fois le département, mais aussi les XVIIIe, XIXe et XXe arrondissements de Paris. Une brochure vient matérialiser son offre, mais elle ne paraît que tous les deux ans, car la structure institutionnelle a choisi de miser sur le web.
L’histoire du département de la Seine-Saint-Denis est celle d’un territoire jeune sur le plan administratif puisqu’il a été créé le 1er janvier 1968, une création qui répondait à l’origine à la disparition des anciens départements de la Seine et de la Seine-et-Oise, comme à la dissolution du District de Paris. Elle a été motivée par le souhait – plus ou moins implicite – du pouvoir politique de l’époque de cantonner dans un espace déterminé ce qui pouvait constituer un obstacle majeur à la mise en œuvre de la politique gaulliste, c’est-à-dire la présence du parti communiste français. La Seine-Saint-Denis était, quelque part, comme la concession tacite d’un territoire donné à la principale force d’opposition politique de l’époque…
Le département fait aujourd’hui partie de la petite couronne avec deux autres, également limitrophes de Paris, que sont le Val-de-Marne et les Hauts-de-Seine.
Si c’est au milieu des années 90 que les acteurs départementaux décident de partir plus organisés en quête de touristes avec la création de comités départementaux du tourisme, pour celui de la Seine-Saint-Denis, c’est la préparation de la Coupe du Monde de Football en 1998 qui jouera le rôle de déclic, avec la construction du Stade de France. Une première étape qui sera suivie d’autres.
Car pour changer l’image d’un département déshérité et « sensible » qui colle encore à celui que l’on surnomme le « 9.3 » et attirer quelques-uns des millions de touristes qui passent par la capitale, la Seine-Saint-Denis ne manque pas d’atout. En effet, au côté du Stade de France, le territoire peut s’ennorgueillir de posséder d’autres sites phares. A l’exemple du plus ancien et l’un des plus grands musées aéronautiques du monde, qui accueillera d’ailleurs du 30 novembre au 11 décembre prochain le 21e conférence Climat des Nations Unis – la Cop21 (musée de l’Air et de l’Espace du Bourget), le plus grand marché d’antiquités au monde (les puces de Saint-Ouen) et plus récemment un lieu unique en Europe dédié au 7e Art imaginé par le réalisateur et le producteur Luc Besson (la Cité du Cinéma). « Si la Seine-Saint-Denis n’a pas a priori une réputation touristique, il est clair que dans le tourisme d’agrément, d’affaires et des loisirs de proximité, elle peut faire valoir une offre consistante qui contribue à une activité touristique bien réelle », souligne Clothilde Lassègue, chargée de communication à Seine-Saint-Denis Tourisme.
Dans ce contexte, l’État , la région et son comité régional du tourisme, le département et son comité départemental du tourisme ont décidé de tracer en 2001 un pôle touristique régional: le Nord-Est Parisien. Il s’organise autour du réseau des grands sites de tourisme d’agrément et d’affaires implantés en Seine-Saint-Denis et sur le site de la Villette. Etendu depuis 2007 à l’axe Canal de l’Ourcq, ce pôle « encourage le lancement de projets touristiques en s’appuyant sur des initiatives locales », poursuit Clothilde Lassègue.
Dans la pratique, ce cadre permet à Seine-Saint-Denis Tourisme de déployer une offre qui couvre à la fois le département, mais aussi les XVIIIe, XIXe et XXe arrondissements de la capitale. Une offre à laquelle vient se greffer des étapes situées également en Val-de-Marne, dans les Hauts-de-Seine mais aussi dans le département du Val d’Oise, trois territoires partenaires de Seine-Saint-Denis Tourisme. Une offre promue et commercialisée sous la marque « Le Nord-Est Parisien », et ce, bien sûr, auprès de la clientèle groupe.
En créant le comité départemental du tourisme en 1998 avec l’arrivée du Stade de France, c’est aussi l’occasion de mettre en place un service commercial. « Dès le départ, nous avons eu la volonté de nous positionner en priorité sur le marché groupes en lui proposant des packages clé-en-main sur des formules journées ou demi-journées », indique Katia Dasset-Marlier, chargée de production et commercialisation groupes au sein de la structure institutionnelle. Les premières offres seront matérialisées à travers « une brochure artisanale », reconnaît-elle. Avec pour cibles: les autocaristes (la structure institutionnelle sera exposante au Mitcar notamment), mais aussi les associations, les collectivités, tandis que les comités d’entreprise viendront s’ajouter en 2005. Année durant laquelle Seine-Saint-Denis Tourisme rejoindra le club Destination Groupes de la Rn2D, et trois ans après qu’une première « vraie » brochure groupes aura vu le jour, soit en 2002. « Parallèlement, et jusqu’en 2011, ce document papier était complété par un autre dédié uniquement aux événements, et paraissait en avril sur la programmation de la rentrée », ajoute Katia Dasset-Marlier. C’est aussi lors de cette année 2011 que la brochure Circuits Groupes change de rythme de parution; d’annuelle, elle sera désormais éditée tous les deux ans. « Pour des questions de budget… », glisse la chargée de production et commercialisation groupes. La dernière édition a été estampillée « 2015/2016 », tandis que la prochaine – « 2017/2018 » – ne paraîtra qu’en septembre 2016… Elle fait 20 pages avec un sommaire thématique, des « incontournables « à la « billetterie sur-mesure » pour les comités d’entreprise, en passant par « techniques et coulisses », « rendez-vous avec l’histoire », « transports », « au fil de l’eau », « balades urbaines », « idée week-end/court séjour » (le département peut se prévaloir d’avoir une large capacité d’hébergements groupes) ou encore le « Grand Paris » en partenariat avec les départements voisins. Et que ce soit en demi-journée, journée ou plus, aucun horaire n’est indiqué, « un choix volontaire car parfois le programme peut s’inverser », indique Katia Dasset-Marlier, se félicitant par ailleurs que « 80 % de l’offre est reprise telle quelle ». Sans oublier plusieurs exclusivités uniquement proposées via Seine-Saint-Denis Tourisme!
Pas moins de 6000 exemplaires sont édités, 4000 sont envoyés par courrier, à destination de l’ensemble des prescripteurs de voyages en groupe basés en Ile-de-France, dans le Nord/Pas-de-Calais, la Picardie, la Lorraine, la Normandie, la Bretagne (sauf le Finistère) ou encore la région centre (sauf le Loiret). Mais – bon à savoir – seuls les professionnels bénéficient d’une remise de 5 % sur les forfaits… Tandis qu’une gratuité est appliquée pour le conducteur, et une supplémentaire selon les sites. L’année où la brochure ne paraît pas, « nous renvoyons la première sortie en pdf à nos clients », précise Katia Dasset-Marlier, ajoutant par ailleurs que « les tarifs avec les prestataires sont négociés pour deux ans ». Sites et restaurants compris. « Si toutefois des changements interviennent, comme par exemple des modifications de tarifs, nous envoyons à nos prescripteurs de voyages en groupes un e-mailing, poursuit-elle. De plus, tout changement est aussitôt mentionné sur notre site web ».
Un site web qui a pris de l’importance en 2012 lorsque la structure institutionnelle a choisi de le développer et surtout de le relooker totalement, tant dans la forme que dans le fond. De le rendre le plus attractif et complet possible. Et en travaillant le référencement. Ce qui a aussi été une des raisons d’un changement de rythme de la parution de la brochure groupes. « Et on n’a pas eu moins de groupes pour autant! », glisse Katia Dasset-Marlier. D’autant que ce dernier marché y a fait l’objet d’une attention particulière avec, par exemple, des entrées par thématiques et publics (scolaires, petits groupes et professionnels). « Nous y avons notamment inséré des produits dédiés aux autocaristes en tenant compte de l’accessibilité des autocars », souligne la chargée de la production et commercialisation groupes. Si on y trouve, bien sûr, des offres mentionnées en brochure, elles sont complétées par plusieurs autres, conçues et mises en ligne en temps réel. On peut aussi y faire des demandes de devis, y sont également positionnées les actualités départementales. Parallèlement est adressée tous les trimestres une newsletter , et ponctuellement d’autres sont spécialement conçues pour être envoyées aux autocaristes selon l’actualité du moment. Trois personnes sont en charge du site, mais Katia Dasset-Marlier et sa collègue Marina Jézo, ont pour mission de « l’alimenter » en matière d’offres groupes. Et ce, « plusieurs fois par semaine », glisse Katia Dasset-Marlier. Un choix et un investissement qui a porté ses fruits: « 80 % de nos clients groupes qui passent par le web sont des nouveaux clients », poursuit-elle.
Une brochure, un site web, Seine-Saint-Denis Tourisme ne s’arrête pas là pour promouvoir son offre. A ces dispositifs, la structure institutionnelle y ajoute des rencontres sur le terrain, auprès des autocaristes belges notamment.
Et ce, une fois par an pendant trois à quatre jours. « Dix à 12 rendez-vous sont programmés à chaque fois, ajoute Katia Sékula, chef de projet promotion tourisme de loisirs. Deux partenaires accompagnent Seine-Saint-Denis Tourisme en alternance: le Centre des Monuments Nationaux, la Cité des Sciences et le musée de l’Air et de l’Espace. Ces rencontres permettent de présenter les nouveautés du territoire, faire un point sur les besoins des autocaristes et proposer des solutions adaptées ».
D’autre part, et cette fois deux fois par an, est mise en place « la tournée du Nord-Est Parisien ». Le principe: aller à la rencontre des professionnels du tourisme français (deux villes sont choisies dans l’année). « Nous organisons un partenariat avec un lieu emblématique du département sélectionné, puis nous invitons les professionnels à assister à une présentation du Nord-Est Parisien et de ses sites touristiques », explique Katia Sékula. Cette opération se déroule sur une matinée, et réunit entre 30 et 35 professionnels. « A noter que les comités d’entreprise du département sont également invités à participer à cette tournée », ajoute-t-elle. Et puis, tous les deux ans depuis 2013, professionnels mais aussi comités d’entreprise (clients et prospects) se retrouvent également sur une journée, composée le matin d’un éductour (en fait sept éductours au choix en simultané sur tout le territoire, soit 18 sites visités) et l’après-midi d’un workshop rassemblant une quarantaine d’exposants.
La première édition « le Nord-Est Parisien fait son cinéma » a eu lieu à La Cité du Cinéma, la seconde – « Le Nord-Est Parisien donne le rythme » à la Philharmonie de Paris. Environ 200 personnes y participent, en majorité des comités d’entreprise et des associations. « Ce sont de bonnes occasions de mieux faire connaître les attraits de notre destination, mais si les retours ne sont pas immédiats », indique Katia Dasset-Marlier.
En 2014, Seine-Saint-Denis Tourisme a de son côté participé, et pour la première fois, à un workshop organisé par les Cars Moreau, « une bonne expérience, nous avons eu de bons retours », confie-t-elle. De 2009 à 2011, la structure institutionnelle a exposé au MAP Pro, puis a renouvelé en 2014 à l’invitation du comité régional du tourisme d’Ile-de-France. Mais, faute de budget, ces participations à des salons ne sont plus la priorité.
Reste que Seine-Saint-Denis Tourisme participe au workshop du Club Destination Groupes de la Rn2D (il a lieu tous les deux ans), ainsi qu’à un salon dédié aux comités d’entreprises (Eluceo) qui se tient au Stade de France.
Sans oublier le WTM à Londres, les Rendez-vous en France… Autant d’actions et d’initiatives qui a permis à la structure institutionnelle de « gagner en visibilité », sur le plan touristique.
Enregistrant même une hausse de fréquentation des groupes (et encore plus depuis l’arrivée de la Cité du Cinéma en 2012). « Et en cette année 2015, nous allons encore faire mieux! », se réjouit Katia Dasset-Marlier.
En témoignent les premiers chiffres enregistrés à juin dernier: 282 groupes accueillis (contre 185 à juin 2014) et un chiffre d’affaires de 239 037 euros (contre 153 902 euros à juin 2014 ). Renforçant et confortant ainsi la réalité touristique départementale.
Grands sites
Le Marché aux Puces de Paris Saint-Ouen (1 700 boutiques réparties sur sept hectares); le Stade de France à Saint-Denis (inauguré en 1998, il ouvre ses portes aux visiteurs hors manifestations); la Cité du Cinéma à Saint-Denis (imaginé par le réalisateur et producteur Luc Besson, le site est une invitation à découvrir les coulisses du 7e art); la Philharmonie de Paris (installée dans le Parc de la Villette, elle regroupe le bâtiment conçu par Jean Nouvel et l’ancienne Cité de la Musique); la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris (lieu dédié aux sciences); la Géode à Paris (son écran hémisphérique recouvre la quasi-totalité de la salle qui compte 400 places); le Parc de la Villette à Paris (le plus grand parc urbain d’Europe d’une superficie de 55 hectares); la Basilique cathédrale de Saint-Denis (chef-d’œuvre de l’art gothique et nécropole royale de France).
Industries et techniques
L’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle (visite en autocar); les coulisses de la tour Eiffel; la gare du Nord; la gare de l’Est; le Conservatoire Citroën…
Histoire
Le Mémorial de la Shoah à Drancy (complémentaire au Mémorial de la Shoah de Paris, celui de Drancy permet de rentrer au cœur de l’histoire du plus grand camp d’internement des juifs en France durant la Seconde Guerre mondiale avant leur déportation).
Musées
Le musée de l’Air et de l’Espace du Bourget (installé au sein de l’aéroport du Bourget, il offre une vision complète de l’aéronautique et de l’astronautique. Il possède près de 150 aéronefs et plus d’un millier de pièces liées à l’aviation allant des premiers planeurs datant de la fin du xixe siècle au moteur Trent 900 Rolls Royce de l’Airbus A380 acquis en 2013); le musée d’Art et d’Histoire à Saint-Denis (installé dans un ancien couvent vestiges du Moyen-âge, une collection sur la Commune de Paris de 1871…); le musée de l’Histoire vivante à Montreuil (les faits divers en banlieue à travers un quotidien du xixe siècle: Le Petit Journal).
Fluvial
Balades sur les canaux de l’Ourcq, de Saint-Denis et une partie de la Marne (Canauxrama, Paris Canal…); croisières thématiques.
…Et des exclusivités
Le service des Canaux de Paris (gestion des sept écluses télécommandées du canal Saint-Denis – 25 pax max.); les réserves du musée des Arts et Métiers à Saint-Denis (objets et dessins témoins de l’histoire des techniques du xviie siècle à nos jours – 20 pax max.); les Archives nationales à Pierrefitte (découverte du parcours d’un document depuis l’inventaire jusqu’à la salle de consultation au public en passant par son lieu de conservation et l’atelier de restauration – 20 pax max.); visite thématique « la Route des Indes » à La Courneuve (un « voyage » à la rencontre d’une population originaire d’Inde, du Sri Lanka, du Pakistan et du Bangladesh installée à La Courneuve – 15 pax max.)
– CA 2014: 297 652 euros (222 294 euros en 2013)
– Nombre de groupes accueillis l’an passé: 349 dont 39 % issus d’associations et de clubs, 19 % de scolaires, 17 % via les collectivités, 5 % en provenance de comités d’entreprise, 5 % issus d’entreprises et 3 % amenés par les autocaristes et les tour-opérateurs.
– Les groupes proviennent principalement de Seine-Saint-Denis (18 %), de Paris (16 %) et des Hauts-de-Seine (12 %).
– 73 % des ventes concernent les visites sèches, 18 % les journées et 8 % les demi-journées.
– Le Top 3 des ventes: la Cité du Cinéma à Saint-Denis, le Stade de France à Saint-Denis et ex-aequo l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle avec les croisières sur le Canal de l’Ourcq.
L’Espace Pierre Cardin, jusqu’alors programmé en brochure par Seine-Saint-Denis Tourisme, a quitté Saint-Ouen pour s’installer dans le VIIIe arrondissement de Paris. De fait, le lieu n’est plus mis en avant dans l’offre départementale.
• En juin dernier, le musée de l’Air et de l’Espace du Bourget s’est refait une jeunesse avec l’arrivée de nouveaux avions militaires datant de la Seconde Guerre mondiale, en rénovant son hall et en accueillant une exposition permanente sur le régiment Normandie-Niemen.
• La Cité du Cinéma a changé ses tarifs passant à 12,50 euros/pers. sur une base 20, au lieu de 19 euros/pers. sur une base 30.
• Le Stade de France sera fermé à la visite en mai et juin 2016 pour cause de Coupe d’Europe de Football.