Comment travaillent-elles? Quelles sont leurs difficultés? Ou encore comment voient-elles l’évolution de leur métier? Des questions que Tourisme de groupe a posé à cinq agences événementielles.
Elizabeth Bussenault
Your Events Production
Neuilly
Your Events Production conçoit et produit des événements sur-mesure en apportant son expertise métiers sur tous les types d’opérations, que ce soit en communication interne ou externe, en France comme à l’international.
Your Events Production détient une licence d’entrepreneur de spectacles 2 et 3, elle est immatriculée. Elle est, par ailleurs, membre de l’APST.
Karine Adenet
Connect Factory
Paris La Défense
Connect Factory, récemment devenu le Pôle Corporate de l’agence d’activation de marque psLIVE, fait partie de Dentsu Aegis Network France, quatrième groupe mondial en communication.
Spécialiste de la communication événementielle btob sur le marché français, Connect Factory répond à des projets de dix à 10 000 personnes! Elle accompagne ses clients sur tous les enjeux spécifiques liés à la communication institutionnelle (RH et RSE), la communication commerciale et le tourisme d’affaires.
Alice Vade
Evénement d’elles
Paris
Créée en 2006 par Anne Presson, Peggy Boitel et Isabelle Legrand, l’agence Evénement d’elles s’est développée petit à petit et regroupe à ce jour sept personnes. Roadshows, incentive, séminaire, salons…, elle propose son expertise de la conception à la réalisation des événements. Depuis 2014, l’agence produit son propre événement: « le Printemps de l’Optimisme », incubateur d’énergie positive.
Stephanie Priou
Hopscotch Travel
Paris
Hopscotch Travel et Hopscotch Event font partie de Hopscotch Groupe, déployant également d’autres activités (congrès, luxe…). Concevoir sur-mesure des voyages « inédits et singuliers » en France et à l’étranger constitue son activité.
Julie Zeller
Publicis Events
Paris
Depuis vingt ans, Publicis Events conçoit et réalise des événements au service de la stratégie des marques et des institutions. L’agence regroupe 40 collaborateurs permanents.
Elizabeth Bussenault
Your Events Production
Nous organisons une trentaine d’événements chaque année. Nos clients sont des entreprises, les cibles peuvent être internes (à destination des collaborateurs, des managers, de la force de vente…) ou externes (voyages de presse, soirées clients, grands comptes…).
Alice Vade
Evénement d’elles
Agence à taille humaine, Evénement d’elles organise entre 30 et 50 événements qui réunissent quelque dizaine de personnes à plus de 15 000. Automobile, bricolage, logement, institutionnels, agences de communication, nos clients sont issus de secteurs très divers, ce qui nous engage à développer encore plus notre créativité.
Stephanie Priou
Hopscotch Travel
Nous intervenons sur plusieurs segments: incentive en France et à l’étranger, voyages de fidélisation client, de récompense interne (challenge) et concessionnaires, séminaires et conventions en France et à l’étranger, conciergerie (traitement des clients pour les maisons de luxe), mais aussi voyages de presse, d’études et d’expériences.
Nos clients sont très variés, ils vont d’Accorhotels à la Société Générale, en passant par les ministères de la Justice et de l’Ecologie, la SNCF, Renault; Orange… Nous traitons environ dix groupes par an dont les tailles varient de 50 à 200 personnes par groupe.
Julie Zeller
Publicis Event
Nous réalisons plus de 150 événements par an, en France comme à l’international, et ce dans le cadre d’événements d’entreprise (séminaires, conventions, conférences, soirées…), d’activation de marques (lancement produits, roadshows, espaces éphémères, expositions…) et d’événements institutionnels (forums, inaugurations, sommets internationaux…).L’an passé, nous avons organisé une centaine d’événements dont huit hors de Paris.
Karine Adenet
Connect Factory
Nous organisons entre 500 et 600 événements chaque année: congrès médicaux, voyages incentives, lancement de produits, voyages d’études, séminaires… Nos clients se partagent entre laboratoires pharmaceutiques, sociétés du secteur privé toutes activités confondues (agro-alimentaire, assurance, automobile, bancaire, informatique…) et entreprises de service public.
L’an passé, nous avons traité environ 400 dossiers conventions/roadshows et soirées, 210 dossiers congrès/ sympo/RP et 30 dossiers voyages/séminaires.Ces chiffres devraient être équivalents pour cette année 2015.
Elizabeth Bussenault
Le marché des agences événementielles est devenu encore plus concurrentiel qu’auparavant, les annonceurs ont des budgets en baisse et la visibilité est le plus souvent à court ou moyen termes avec des délais de réalisation toujours plus courts. En France, la communication événementielle n’est pas un marché naturel, et n’est pas encore totalement intégrée dans le mode de fonctionnement des entreprises. C’est un marché qui n’est pas encore mature et qui manque de structuration. Un marché concurrentiel par essence, qui est régi par des compétitions permanentes entre les agences et où les contrats sont pour la plupart remis en question chaque année. Chez les annonceurs, les services achats sont devenus quasi-incontournables. On constate toutefois une professionnalisation qui va de pair avec une reconnaissance de la valeur ajoutée et du savoir-faire des agences, ce qui n’était pas le cas il y a encore peu de temps. Cependant, tout ceci est à tempérer, car on assiste depuis quelques mois à une nouvelle augmentation des consultations et des appels d’offres, et bien que la réduction de l’activité soit loin d’être négligeable, plusieurs signaux semblent être en train de revenir au vert.
Alice Vade
Depuis quelques années, nous remarquons une fâcheuse tendance chez les annonceurs: les briefs sont envoyés au dernier moment et les délais se raccourcissent. Au-delà du rythme soutenu que cela nous impose, cela contraint notre créativité, et ne nous permet pas de négocier les meilleurs prix pour les prestations que nous sous-traitons. Par ailleurs, certains clients pratiquent des consultations déloyales mettant en concurrence jusqu’à six ou sept agences parfois pour des projets qui n’en nécessiteraient que deux ou trois. Sans compter que les annonceurs remettent quasi-systématiquement en concurrence les agences après chaque projet.
Karine Adenet
Si les entreprises ont des visées stratégiques à long terme, elles décident en revanche d’organiser leurs événements assez tardivement et par voie de conséquence s’adressent également aux agences au dernier moment. Nous avons donc peu de visibilité sur les plannings et la gestion des équipes à mobiliser est complexe. Deux raisons, à mon sens, expliquent ce phénomène. Il y a, d’une part, l’avénement du web ainsi que des nouvelles technologies: tout va plus vite, tout est démultiplié, les échanges sont quasi-instantanés, c’est l’avènement de l’immédiateté. De ce fait, clients comme agences, à chacun de se dire que tout peut être fait plus rapidement. D’autre part, cette tendance est aussi liée à la crise économique que nous traversons depuis quelques années, et aux incertitudes et inquiétudes qu’elle génère. Les entreprises, de plus en plus prudentes et attentistes, obtiennent des budgets restreints et/ou sur le tard, et demandent en contrepartie aux agences plus de réactivité , de conseils et de créativité.
Stephanie Priou
Il existe une forte concurrence des acteurs sur notre marché. Elle s’accélère d’une année sur l’autre… Par ailleurs, de plus en plus d’agences de repèrages ne se contentent plus de rechercher des lieux, mais y ajoutent des prestations, et par voie de conséquence arborent des profils agences.
Julie Zeller
Nous rencontrons principalement deux difficultés: la mise en concurrence quasi-systématique et le manque de visibilité à long terme.
Elisabeth Bussenault
Après une très bonne année 2014, celle de 2015 s’est caractérisée par une forte activité tempérée en raison du manque de visibilité à long terme.
Alice Vade
2014 et 2015 ont été pour nous de très bonnes années, en quantité d’affaires et en valeur.
Nous travaillons énormément, mais sommes récompensés par la fidélité de nos clients et le bouche-à-oreille.
Nous en sommes très fières et faisons tout pour que cela continue!
Stephanie Priou
Je dirais seulement que le marché est stable depuis quatre ans.
Julie Zeller
Force est de constater que les années 2014 et 2015 sont plutôt encourageantes.
Karine Adenet
2014 et 2015 ont été deux bonnes années, en croissance avec le gain de nombreuses opérations. Nous avons acquis pas moins d’une dizaine de clients sur chacune des deux années.
Elizabeth Bussenault
Plusieurs tendances se dégagent pour les années à venir, comme la flexibilité qui est devenu le mot d’ordre du secteur, ou encore la démarche RSE qui devient une composante à prendre en considération de manière systématique dans la conception d’un événement.
Par ailleurs, les événements doivent dorénavant s’intégrer dans la stratégie de l’annonceur, et ne plus être des événements de type One-Shot et éphémère. L’événement est une empreinte indélébile, et on s’aperçoit qu’il n’est pas rare que la stratégie globale découle de l’événement et non plus le contraire.
Mais, la principale mutation du secteur de ces dernières années se situe dans les opérations qui associent à l’événement de la production de contenus. Le but est d’utiliser les réseaux sociaux pour démultiplier l’impact de l’événement. Ainsi, l’annonceur bénéficie, au-delà du succès de son événement, d’une couverture médiatique et d’une notoriété puissante et fédératrice du fait de la vitalité de l’information.
Enfin, il est impératif d’anticiper ces évolutions et de créer des moyens de mesurer l’impact à moyen et long termes des événements.
Les annonceurs attendent à présent une solution et un accompagnement global de la part des agences, ne se limitant plus à un simple planificateur d’événement, mais bien à un partenaire, capable de conseiller son client en amont dans le cadre d’une problématique stratégique jusqu’à des analyses de mesure d’impact post-opération.
Alice Vade
Nous attendons beaucoup du futur et du renouvellement de notre secteur. Cette période est passionnante car de nouveaux outils, de nouveaux enjeux arrivent sur le marché: la digitalisation des événements, le développement durable, la globalisation du marché, l’innovation… Nous, agences, devons nous remettre sans cesse en question. Les pratiques évoluent, le marché aussi, et nous devons nous adapter et même en prendre la tête si nous souhaitons rester dans la course. Nous attendons de la même manière l’évolution de nos clients. Pour eux et pour nous, je crois qu’il est nécessaire que la compétition se base sur la créativité plutôt que sur le prix qui nous force à essorer les tarifs jusqu’à mettre en délicatesse nos prestataires, et proposer des choses parfois grossières, alors que notre objectif est d’offrir à nos clients une expérience inoubliable. Enfin, je m’interroge sur l’évolution du secteur sur un point en particulier: serons-nous toutes obligées de proposer des offres à 360° ou à l’inverse devrions-nous nous spécialiser davantage?
Karine Adenet
Les métiers de l’événementiel sont en perpétuelle évolution, que ce soit au niveau des formats, des contenus ou encore des animations proposés. Nous repensons continuellement notre manière de développer des concepts événementiels en puisant notamment nos idées dans les grandes tendances de l’année en cours, qu’elles soient sociétales, technologiques ou bien médiatiques.
De l’omniprésence du Smartphone, aux objets connectés en passant par le cinéma expérientiel, il est indéniable qu’à l’heure du tout numérique, le digital apporte de nouvelles opportunités à l’événementiel.
En effet, longtemps cantonné à la communication interne et au btob, l’événementiel est aujourd’hui un moyen de célébrer la relation à la marque, l’émotion, le partage grâce à l’usage du digital.Un événement ne peut donc plus se concevoir sans y intégrer le digital et/ou les réseaux sociaux, que ce soit dans sa promotion ou même dans sa conception.
Stephanie Priou
Nos offres vont continuer à fondamentalement se repenser , avec pour objectif d’en développer la pertinence et la valeur ajoutée.
Julie Zeller
L’avenir? Un métier qui doit s’adapter aux défis de la digitalisation, et un marché qui soit moins en « dents de scie »…