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Un balcon sur la dolce vita

Suisse | publié le : 01.09.2015 | Dernière Mise à jour : 01.09.2015

Tessin Et si, aujourd’hui, La dolce vita, ce n’était pas en Italie mais en Suisse qu’on pourrait encore la trouver? Les cabriolets de luxe, les routes en lacet, les lacs aux reflets argentés, les hôtels fleuris et les villages colorés, tout cela demeure dans le seul canton italophone de la Suisse. Tout cela, et bien plus.

C’est une Suisse un peu à l’écart, réservée à ceux qui recherchent diversité et contrastes, un heureux mélange entre le sérieux helvétique et le charme latin. Le Tessin(1), qui a la taille d’un demi-département français (soit 2 800 km2) et guère plus d’habitants (350 000), surplombe l’Italie où filent la plupart de ses cours d’eau. Dégringolant du col du Saint-Gothard, entre Valais et Grisons, le canton le plus méditerranéen de la confédération semble faire bande à part. C’est le seul de langue italienne, ce qui le démarque de tous les autres, même si dans les Grisons voisins, certaines vallées ont aussi la langue de Dante en usage.

Parfois surnommé « Suisse des palmiers », le Tessin affiche un climat méditerranéen, et se présente comme le plus tempéré de la confédération. Mais c’est aussi un canton alpin, avec des montagnes abruptes qui culminent à plus de 3 400 m d’altitude et des vallées encaissées taillées par les glaciers, où il fait bon partir en randonnée le long des torrents qui apportent fraîcheur en été et des activités sportives à volonté. Les glaciers lui ont – en outre – fait cadeau de lacs sertis de montagnes, Majeur et Lugano, pour ne citer que les plus grands que Suisse et Italie ont en partage.

Le décor est planté en atterrisant à l’aéroport de Lugano(2), capitale économique du canton. Les montagnes forment d’étranges cônes pointant leurs arrondis et leurs massifs forestiers à près de 1 000 m autour du lac, 1 500 m même pour certains. L’agglomération peut bien réunir 130 000 habitants, la nature s’impose avant tout et partout. Le sportswear se porte aussi bien que le costume dans la quatrième place bancaire du pays.

Funiculaires plus que centenaires

Quant aux randonneurs, ils ont l’embarras du choix pour emprunter les sentiers qui serpentent dans les sous-bois environnants. Les plus pressés peuvent même gagner les sommets en empruntant des funiculaires plus que centenaires, l’un grimpant vers le mont Brè, à l’est de la ville, l’autre, au sud se hissant tout en haut du monte San Salvatore. Dans les deux cas, le panorama sur les Alpes, les vignobles du Mendrisiotto, pointe helvétique tournée vers Milan, la plaine lombarde et les lacs est spectaculaire. Pour faire durer le plaisir, les groupes peuvent aussi profiter de cette vue exceptionnelle en se restaurant sur place, tout en haut au dessus de Lugano(3) et de son féérique décor naturel.

En ville aussi, la restauration, souvent inspirée par la cuisine méditerranéenne mais aussi imprégnée des traditions alpines et à base de produits locaux d’une qualité indéniable, mérite de s’attarder. Près du rivage ou aux terrasses des places aux couleurs chatoyantes, le temps semble suspendu. On a beau être en Suisse, le farniente gagne immanquablement. Etre là, c’est déjà se reposer. À moins que ne soit plus fort encore le désir de visiter le musée cantonal de l’Art. Il expose des œuvres contemporaines en attendant d’être transféré et réuni avec le musée d’Art de Lugano dans un édifice moderne de verre et d’acier (le LAC) qui pointe vers le lac justement. Sans parler du shopping, mais là tout est affaire de budget. Il reste que les vitrines le long des rues vite en pente, et parfois pavées, demeurent plaisantes à regarder.

A flanc de montagne et à fleur d’eau

Mais il est d’autres attraits encore. À force de contempler le ballet des bateaux blancs qui glissent sur le lac, la tentation de monter à bord finit par l’emporter. La société de navigation du Lac de Lugano(4) propose de multiples options et des fréquences régulières (tarif groupes à partir de dix pax, avec une gratuité pour neuf payants). Mais il est des escales à ne pas manquer, comme celle de Gandria, petit hameau dont les maisons semblent empilées les unes sur les autres à flanc de montagne et à fleur d’eau, avec jetée sur pilotis et barques colorées qui ballottent sur l’eau. Le bateau longe ensuite les rivages, au point de permettre de respirer les senteurs des forêts omniprésentes, des prés fraîchement fauchés ou de la cuisine des grotti, ces havres de tranquillité, où la roche sert de garde-manger, et la table des mets locaux. Ce sont d’autres tables que propose l’enclave italienne de Campione, celles réservées aux joueurs de poker et aux férus de casinos. Le bâtiment, monumental, dû à l’architecte tessinois Mario Botta, ne passe pas inaperçu, par ses volumes le jour, ses illuminations la nuit. Retour en Suisse, quelques mètres plus loin, avec à l’escale de Brusino Arcizio, la possibilité d’emprunter un téléphérique qui mène à Serpiano, et permet des randonnées dans le massif du Monte San Giorgio.

Une Suisse en miniature

Mais juste en face, le petit bourg de Morcote(5) est une autre escale à découvrir à tout prix pour ses vieilles bâtisses, ses arcades ombragées, sa végétation méditerranéenne et ses chemins champêtres. Bucoliques ou pavés, certains mènent naturellement à l’église haut perchée qui domine lac et village. A proximité mais un peu plus haut encore, le cimetière se visite aussi pour la vue, ses tombes monumentales, ses sculptures et ses célébrités.

En bus ou en bateau, le retour vers Lugano passe par Melide où est implanté le parc d’attractions Swissminiatur(6). Ouvert tous les jours de la mi-mars à la quasi fin octobre, mais plus exceptionnellement en hiver, cette petite Suisse réunie dans un mouchoir de poche donne à voir les principaux monuments de la confédération (plus de 120 savamment mis en scène) et ses paysages emblématiques. Les téléphériques rouges et blancs rappellent les jouets d’antan, les trains vont et viennent, les avions s’apprêtent à décoller à l’aéroport de Zurich, les bateaux de croisière croisent les péniches, donnant finalement un aperçu d’une Suisse qui bouge sans cesse économiquement tout en maintenant bien vivaces ses traditions et en bel état ses sites historiques.

Patrimoine mondial et curiosités locales

Les forteresses de Bellinzone(7) représentent le Tessin. Pour Swissminiatur comme pour l’Unesco, qui a classé cet ensemble remarquable au Patrimoine mondial de l’Humanité. La capitale administrative du canton, dont l’agglomération ne dépasse pas les 50 000 habitants, occupe le cœur d’une vallée qui va s’élargissant vers l’ouest et le lac Majeur. Stratégique s’il en est, elle verrouille le passage vers le nord, à moins que ce ne soit dans l’autre sens, comme les Lombards, qui ont longtemps occupé cette région et ses trois châteaux, l’entendaient. Du cœur de la ville, aux bâtisses décorées et aux façades ornées de fresques remontant pour certaines aux Moyen-âge, non loin de cette curiosité que constitue l’église réaménagée en ruelle, l’accès à Castel Grande, la plus imposante des forteresses, se fait par un ascenseur creusé dans le rocher. Des institutions culturelles occupent aujourd’hui les locaux, mais il est possible de se hisser tout en haut des tours pour jouir d’une vue spectaculaire sur la ville et la vallée, les murailles et les deux autres forteresses qui accueillent également des musées. Bâtiments défensifs plus que villégiatures pour les familles de Côme et de Milan qui en avaient possession, ils ont fini par intéresser davantage les Confédérés qui ont mené nombre d’incursions en deçà du Saint-Gothard. En 1803, le canton du Tessin rejoint les autres Helvètes, non sans s’offrir la particularité d’avoir une capitale tournante tous les six ans entre les trois principales bourgades (Lugano, Locarno et Bellinzone) jusqu’à ce que la raison économique l’emporte et Bellinzone avec elle. Voilà qui devait néanmoins faire le bonheur de la population durant le carnaval, Rabadan en dialecte local, qui est aujourd’hui encore l’un des plus courus de Suisse.

Romantisme en lac Majeur

A 25 km de là, ce sont d’autres festivaliers que draine Locarno(8), célèbre dans le monde entier pour son festival international du film(9) qui se tient traditionnellement avant la mi-août (la 69e édition est programmée du 3 au 13 août 2016). Cet événenement et quelques autres font d’ailleurs de Locarno la capitale culturelle du canton. Le cinéma, mais pas seulement en effet, avec la ville voisine d’Ascona, où se retrouvent artistes et galeries d’art. L’agglomération située sur les rives septentrionales du lac Majeur baigne de lumière et irradie de son charme et pas seulement au moment des camélias et de leur festival de couleurs (16 au 20 mars 2016). La grand’place de Locarno et ses terrasses tout comme l’enfilade de restaurants sur les rives du lac à Ascona incarnent La dolce vita par excellence, la prospérité facilitant l’insouciance. Pour peu qu’une Vespa vienne à passer ou un cabriolet cheveux au vent, et voilà que le Tessin dérobe à l’Italie sa douceur de vivre légendaire. Et pas seulement sa dolce vita d’ailleurs. Une excursion en bateau jusqu’aux îles de Brissago(10), et voilà que le romantisme se fait suisse. Autour d’une demeure bourgeoise du début du XXe siècle construite par un baron allemand, aujourd’hui restaurant à prix raisonnables et hôtel de dix chambres.L’aménagement d’un jardin botanique à la végétation aussi luxuriante qu’exotique contribue à faire de l’île Saint-Pancrace un paradis de la promenade en amoureux.

Accrobranches, tyrolienne ou méditation

Mais le Tessin ne se visite pas les yeux dans les yeux, bien plutôt les yeux grands ouverts, comme en se rendant au mont Tamaro. Bon, on peut faire étape avant (ou plus vraisemblablement après) à Splash & Spa(11) et ses toboggans, jacuzzi, massages, bains thermaux à Rivera. Mais partant de là, une télécabine conduit les passagers en deux temps jusqu’à plus de 1 500 m d’altitude à l’Alpe Foppa. Une première étape permet à tout un chacun, petits ou grands, de se percher dans les arbres et de courir de l’un à l’autre grâce à l’accrobranches aménagé à deux pas de la gare intermédiaire. En poursuivant plus haut encore, d’autres activités ludiques sont proposées, comme une descente en luge et en zigzags des pentes du mont Tamaro(12) ou une glissade en tyrolienne non moins impressionnnante. Des chemins de randonnée courent à travers les alpages où, durant l’été, les vaches font résonner leurs clochettes en paissant tranquillement comme si les touristes faisaient partie du paysage au même titre que les sculptures géantes éparpillées dans la pente. Près du restaurant, parfaitement adapté aux groupes avec son buffet de produits locaux, Mario Botta a construit une église originale, à la fois simple et complexe, contemporaine comme la cathédrale d’Evry dont il est également l’architecte. Intelligente dans sa conception, naturelle dans sa construction, elle est comme en suspension entre ciel et vallée, certainement propice à la méditation, à découvrir sans l’ombre d’un doute. De là haut en tout cas, le Tessin est bien plus suisse qu’italien. En s’éloignant un peu des lacs, la dolce vita prend vite du mollet!

www.ticino.ch

L’aéroport de Lugano est connecté avec les aéroports internationaux de Zurich et Genève. Depuis Paris, il faut compter trois heures. Le Tessin est aussi facilement accessible depuis l’aéroport de Milan. En train, le voyage dure entre 7h30 et 8h30. Par la route, Lugano est à 75 km de Milan, 215 de Gênes, 300 de Lausanne et 260 de Bâle.

http://luganoturismo.ch/fr

http://www.lakelugano.ch/fr.

http://morcoteturismo.ch/

www.swissminiatur.ch/fr/

www.bellinzonese-altoticino.ch

www.ascona-locarno.com/fr

www.pardolive.ch/

www.isolebrissago.ch/fr

http://splashespa.ch/

www.montetamaro.ch

Des activités variées

Si propice au farniente et à la douceur de vivre, le Tessin n’en propose pas moins quantité d’activités et de découvertes. Michel Cavadini, responsable du marché français, et Julia Roos, chef de produit, à l’office de tourisme du Tessin n’en finissent pas de dessiner la palette d’activités et de nouveautés offerte par le canton.

Qu’il s’agisse de découvrir la fabrication du fromage dans les montagnes du Saint-Gothard, de créer son propre chocolat à l’occasion d’un atelier proposé par Alprose à Casiano (www.alprose.ch), de vivre une journée complète dédiée à la gastronomie et à la dégustation des produits locaux, de s’occuper soi-même de ses charcuteries au château Montebello de Bellinzone avec l’atelier Ticinella (www.ticinella.com), d’admirer les jambons mis à sécher dans des huttes autour du lac Ritom, accessible par l’un des funiculaires les plus abrupts au monde, de se livrer à du canyoning sur de nombreuses rivières dégringolant des sommets enneigés, d’emprunter le tout nouveau pont tibétain du mont Carasso, de se lancer dans toutes sortes d’aventures entre escalades et torrents, de courir le marathon du lac Majeur à Ascona-Locarno mi octobre (le 18 cette année)… Il y a largement de quoi s’occuper sans quitter le Tessin. De quoi aussi compléter le programme des festivités, lui aussi très varié, comme ces « Harley Days » à Lugano, début juillet, réunissant des motards tatoués et engins impressionnants de tous âges, les nombreux festivals de jazz durant l’été à Ascona ou encore Lugano, la découverte des faucons et autres rapaces à Ascona de mars à novembre (http://falconeria.ch), les joies du carnaval de Bellinzone, durant la semaine « Rabadan », les nombreuses dégustations de vins locaux pendant la fête d’automne et fête des vendanges de Lugano début octobre, les multiples occasions de savourer châtaignes et marrons à l’automne, comme à Ascona le 3 octobre, la fête du vin à la foire de la saint Martin à Mendrisio le 11 novembre… Bref, comme le veut le slogan du nouveau site web de Tourisme Tessin (www.ticino.ch), « il n’y a qu’à se laisser inspirer en écoutant ses désirs ».

Hébergement et restauration

Les offres d’hébergement, longtemps plutôt haut de gamme avec plusieurs quatre étoiles (hôtel de la Paix dans la tradition suisse, par exemple) et cinq étoiles (Grand hotel Eden, Villa Principe Leopoldo, Splendide Royal…) s’élargissent à la moyenne gamme aujourd’hui, notamment avec le groupe Accor comme de plusieurs Ibis à Lugano et Locarno ainsi qu’un Novotel, d’hôtels habitués à recevoir les autocaristes comme le Delfino de Lugano et bien d’autres.

Dans tous les cas, le personnel parle français, comme souvent au Tessin.

Pour se restaurer, les offres sont abondantes, comme la nourriture, mais les groupes trouveront facilement place à Lugano à la pizzeria Tango ou au restaurant Mary.

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