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Des groupistes se… regroupent

Producteur | publié le : 01.07.2015 | Dernière Mise à jour : 01.07.2015

Auteur

  • Catherine Mautalent

Initiative Producteurs spécialisés sur le marché groupe, ils ont choisi de se rassembler dans un GIE sous le nom de Cercle Economique des Agences Groupistes (CEAG). Ils sont aujourd’hui neuf membres fondateurs, avec à sa tête Sylvain Lament, qui dirige Syltours. Explications.

Dans la famille des producteurs, il y a les tour-opérateurs, les réceptifs et… les groupistes. Des professionnels qui ont choisi de faire du marché groupe leur spécificité. Un métier nécessitant des compétences particulières. Au-delà de la connaissance du produit (ce qui est aussi valable pour les individuels), il faut évidemment adapter celui-ci au marché concerné. Après interviennent des techniques caractéristiques sur la gestion du groupe, mais aussi commerciales, sans oublier les contenus des programmes conçus la plupart du temps sur-mesure. Une méthodologie donc particulière. Et un travail effectué très en amont. Un métier finalement à part contrairement aux autres métiers du tourisme. C’est une des raisons qui a conduit à la création en cette année 2015 du Cercle Economique des Agences Groupistes (CEAG) à l’initiative de professionnels. Sylvain Lament, qui dirige Syltours à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), en est aujourd’hui le président. Il explique pour Tourisme de groupe pourquoi cette nouvelle entité a vu le jour, comment elle va fonctionner et surtout quels objectifs elle vise.

Comment est né le projet?

J’aurais tendance à dire d’une manière « très accidentelle »…dans le sens où l’on s’est retrouvé un jour à trois ou quatre autour d’une table suite à différents événements qui étaient intervenus dans la profession. La faillite de Consult Voyages/Traces avait donné lieu à certaines prises de position, et en particulier de l’APST, concernant les groupistes, alors quelque peu « malmenés »…

Lors de nos échanges, nous nous sommes rendus compte que nous avions évidemment des préoccupations communes, et qu’il pouvait être intéressant de mettre en place des synergies pour essayer de faire évoluer notre métier. Un métier qui n’est pas toujours bien perçu, critiqué et mal connu.

Mais, il faut savoir que nous représentons un gros volume d’affaires, comme de passagers sur un certain nombre de destinations. Les groupistes constituent une profession adulte, organisée, structurée, et donc en mesure d’être fédérée où tout le monde sera gagnant. Les clients compris.

Pour quelles raisons? Dans quel but?

Un des objectifs est de mutualiser un certain nombre d’achats, faire des économies d’échelle, avoir moins de frais, des flottes de voiture à notre assurance responsabilité civile en passant par les mutuelles, les assurances bagages…, tout en gardant notre indépendance sur notre production. Un dernier aspect fondamental. En nous rassemblant, nous nous donnons les moyens de nous faire entendre en parlant d’une seule voix. L’intérêt est de pouvoir échanger entre nous, en nous permettant aussi de mieux gérer nos entreprises pour être plus performant sur un marché.

Est-ce aussi lié à un problème de représentativité de ce métier?

Je pense qu’il en effet très important d’être représenté. Aujourd’hui, il y a véritablement un manque à ce niveau quant à notre métier. Au Snav, par exemple, les groupistes font partie d’un ensemble composé également de tour-opérateurs généralistes et de réceptifs. Nous, nous voulons être indépendants par rapport à notre activité afin de mettre véritablement en avant nos préoccupations propres. D’ailleurs, un certain nombre de nos fournisseurs – compagnies aériennes, GDS… – ont particulièrement réagi de façon positive à notre initiative, et se disent prêts à nous soutenir. Le seul commentaire négatif que j’ai pu entendre est de ne pas avoir fait le choix de nous inscrire dans une instance professionnelle existante. Mais, je le répète, il y avait pour nous nécessité à vouloir rester indépendant et à parler un même langage au nom de personnes issues du même métier, de la même corporation. Nous avons tous, groupistes, les mêmes problématiques, qui ne sont pas celles des tour-opérateurs, des distributeurs, des réceptifs…

Quelle est sa forme juridique? Comment est-il organisé?

Nous avons choisi le Groupement d’intérêt économique (GIE) dont les statuts ont été déposés en mai dernier. C’est une forme plus souple qu’une association ou qu’un syndicat. Elle donne davantage de liberté. Au niveau de la structure, et comme les statuts d’un GIE nous l’imposent, il y a un président, un vice-président, un trésorier et un secrétaire.

Quel est le profil des groupistes adhérents?

Il y a aujourd’hui* neuf membres fondateurs (voir encadré) dont chacun a un siège social basé à Paris. Pour l’instant. Car nous comptons bien agrandir le cercle à d’autres entreprises installées en province. Nous avons d’ailleurs déjà eu des demandes de leur part. Quant à leurs profils, ils sont évidemment très différents. Nous ne nous fixons pas d’objectif quant au nombre de membres, mais on n’a pas de limite. Je pense que plus on sera, plus les échanges seront constructifs pour tous. Et nous n’excluons pas d’accueillir des autocaristes, d’autant que le marché groupes en province est principalement tenu par ces professionnels.

Tout groupiste peut-il adhérer?

Bien sûr, tout groupiste peut adhérer, avec pour première condition de réaliser au moins 50 % de sa production sur du groupe. Nous considérons qu’à partir de ce pourcentage, l’activité est principale. On sait très bien qu’aujourd’hui tout le monde fait du groupe. Mais, des entreprises qui en font pour remplir leurs avions, ou celles qui n’en font que quelques-uns par an, ne nous intéressent pas. Il faut par ailleurs être parrainé par deux membres fondateurs, avant de passer à un vote collectif pour accueillir ou non un nouvel adhérent.

Il y a également une cotisation annuelle (Sylvain Lament ne souhaite pas en préciser le montant, ndlr), qui permet de bénéficier de différents services que nous sommes actuellement en train de mettre en place. Je tiens à redire ici que chacun des membres reste indépendant sur sa production, donc forcément concurrents, mais cela ne constitue en aucun cas un frein au dialogue. On est là avant tout pour échanger, pour ne pas rester isolé, et prêts à parler de tout sauf des clients!

Quels vont être les premiers dossiers sur lesquels va plancher le CEAG?

Pour l’instant, nous allons commencé à nous attaquer à des choses « relativement simples », mais néanmoins préoccupantes. L’assurance est un des dossiers, par exemple, sur lequel nous comptons travailler.

En effet, dans nos échanges, nous nous sommes aperçus qu’un certain nombre d’entre nous n’était peut être pas suffisamment assurés en responsabilité civile, ou en tout cas que nous pouvions faire mieux que ce que nous faisons aujourd’hui. Notre objectif va donc consister à trouver des solutions pour être assuré pour moins cher auprès des compagnies. En d’autres termes, il s’agira de mutualiser de manière à faire en sorte que nos contrats soient revus à la baisse. Je pense que l’on peut faire de réelles économies d’échelle sans jouer sur notre production.

D’autres dossiers seront sans doute mis sur la table, comme les frais généraux, l’informatique…

Mais, la création du Cercle Economique des Agences Groupistes est récente, il nous faut procéder étape par étape. Il s’agissait d’abord de border le côté administratif de cette nouvelle entité, ce qui prend déjà du temps. La « machine » doit se roder avant de se pencher sur des dossiers plus « complexes ».

Comment va se positionner le CEAG vis-à-vis du Snav ou du Seto? Quelle a été leur réaction à l’annonce de sa création?

Le Snav et le Seto ont bien réagi, et ont pris acte de notre volonté d’indépendance. A partir du moment où l’on va apporter à nos adhérents du service, cela sous-entend que nous allons « faire du commerce » (d’où l’intérêt de se constituer en GIE) par le biais d’opérations conjointes. Il s’agit d’améliorer nos coûts de production, faire des propositions dans ce cadre à nos ayants droits. Dans un syndicat, cette notion de commerce est évidemment exclue… Il faut bien comprendre qu’en aucun cas la création de cette nouvelle entité est le résultat d’une sécession face aux instances existantes. On n’est pas en révolution contre elles, c’était juste un besoin de se rassembler, d’échanger, de confronter nos idées, de trouver des synergies, de réfléchir ensemble à nos problématiques groupes… afin d’être mieux entendus et ainsi défendre nos entreprises.

Comment se comporte l’activité des groupistes aujourd’hui?

L’une des choses qui sera intéressante via le Cercle Economique des Agences Groupistes va être justement de pouvoir confronter l’évolution des uns et des autres. Dans ce cadre, il n’est pas exclu qu’un baromètre voir le jour…

En attendant, je dirai que notre secteur d’activité a globalement maintenu son chiffre d’affaires pendant la crise. Une activité qui résiste plutôt pas mal contrairement à tous les autres métiers. Je ne dis pas que l’on fait de la progression, mais cela se maintient.

(*) A fin mai…

Syltours

La société de Sylvain Lament (55 salariés) est installée à Boulogne-Billancourt (92) et dispose de 14 bureaux en province.

Syltours, spécialisée dans les circuits moyen et long-courriers, a pour principale clientèle les CE (à 80 %). Le groupiste fait voyager entre 20 000 et 25 000 clients par an, et a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 37,5 millions d’euros.

Les membres du CEAG

• Altis

• Amérasia (trésorier)

• Partir/Visiteurs (secrétaire)

• SPVA

• Syltours (président)

• Time Tours

• Tours Squere (vice-président)

• Transunivers

• Voyages Plus

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