Paris Le 2 décembre 2014, la revue « Bonheur » du Lido a tiré sa révérence après plus de 7 000 représentations en dix ans, laissant la place au début du mois d’avril dernier à « Paris Merveilles ». Une 27e production signée Franco Dragone, totalement revisitée, à travers 22 tableaux et le retour du French Cancan.
Le 3 avril dernier, l’un des cabarets les plus mythiques (et incontournables) de Paris, Le Lido, a tourné une page de son histoire… Quatre mois de travaux ont été nécessaires pour créer sa nouvelle revue baptisée “Paris Merveilles”, une “redécouverte enchantée de la capitale où l’on suit une jeune femme partie de sa chambre sous les toits pour gagner peu à peu ses galons et devenir la meneuse de la revue du Lido”, explique Franco Dragone, auquel la direction du cabaret (le groupe Sodexho) a fait appel pour donner un nouveau souffle créatif au genre. Vingt-cinq millions d’euros ont été investis pour “dépoussiérer” le spectacle de cabaret en faisant entrer le Lido dans une nouvelle ère, une nouvelle dimension.
Le Lido a ainsi profité de la création de sa 27e production pour rénover son hall d’accueil dans des tons bleus et or ou encore remettre à neuf sa salle panoramique de 2 000 m2. Avec une scène démultipliée par la vidéo et les projections (cinq écrans de lumières LED et six rideaux différents servant de supports) ainsi qu’un monumental escalier aux volutes Art Nouveau. Le nouvel écrin permet à tous les spectateurs, quelle que soit leur place, de profiter dans les meilleures conditions de la revue menée par 32 jeunes femmes et 14 jeunes hommes, dont les fameuses Bluebell’s girls.
Et près de 500 auditions aussi bien en Europe qu’aux États-Unis pour constituer la nouvelle troupe! Quarante six artistes, mais également pas moins de 600 costumes, 250 paires de souliers et 200 chapeaux et coiffes, des costumes haute couture conçus par un ancien collaborateur de Jean-Paul Gauthier et Christian Lacroix.
Côté musiques, une bande-son et des chansons ont été aussi spécialement créées pour l’occasion, sur une partition allant du swing au soul, du jazz à la romance. Et pour la première fois de son histoire, le Lido accueille pour sa nouvelle revue “Paris Merveilles” une chanteuse, Manon Trinquier, une ex-candidate de l’émission The Voice sur TF1. La jeune femme, âgée de 24 ans et à la voix grave, a signé pour un an et demi.
Deux soirs par semaine (les lundis et mardis), elle sera remplacée par sa doublure Amalya, elle-même repérée dans l’émission musicale. Enfin, côté restauration, le cabaret a enrichi ses menus, en s’appuyant toujours sur une cuisine traditionnelle française, préparée sur place à base de produits du terroir et complétés cette saison de desserts griffés Le Nôtre. Servis par un personnel en salle, qui lui aussi a enfilé de nouveaux “costumes”. Le décor est planté, place au spectacle que Tourisme de groupe a pu découvrir dernièrement.
Sur les Champs-Elysées, un soir de semaine, ils étaient nombreux – touristes et Parisiens – à s’arrêter devant le 116 bis où l’affiche “Paris Merveilles” occupe toute la devanture.
À l’intérieur, une longue file d’attente a investi le long couloir qui mènera, d’abord au vestiaire (obligatoire), avant de prendre place dans la salle aux 1 132 couverts. Avec banquettes ou chaises, respectivement habillées de cuir rouge et de velours rouge.
La scène réserve encore ses surprises derrière un large rideau bleu devant lequel trône en lettres géantes et scintillantes “Paris Merveilles”.
Il est 19 h, le ballet des serveurs a déjà commencé, les photographes sont déjà à l’affût des premiers portraits à réaliser, les premiers bouchons de champagne sautent… le tout dans une ambiance musicale jazzy.
Moins d’une heure plus tard, le rideau s’ouvre sur un impressionnant orchestre mécanique au décor Art Nouveau se partageant la scène avec un contrebassiste et un chanteur/guitariste. Et première mélodie avec Sous le ciel de Paris, avant d’enchaîner sur des balades américaines, des envolées espagnoles, cubaines, et revenir sur des standards français comme A Bicyclette ou américains (In the Moon, Just a Gigolo…), en passant par quelques airs disco, prétextes à inciter les clients à venir fouler la piste de danse.
Pendant ce temps, un étrange personnage à la coupe de cheveux improbable erre entre les tables… Derniers applaudissements, l’orchestre et les deux musiciens s’éclipsent. Le rideau se referme pour quelques minutes. Un danseur de hip hop tout de rouge vêtu prend place sur scène… Jusqu’à 21 h.
Défilent alors en noir et blanc sous l’œil rieur d’une demi-lune des images de Paris, suivies d’un jeu d’ombres chinoises allant et venant, diminuant et grandissant, évoquant les pas d’une ingénue qui rève de devenir une bluebell. Elle fera ensuite ses premiers pas sur scène accompagnée de boys en tenue de groom au cœur d’une troupe de danseuses. Son rêve va prendre forme lorsqu’apparaît Manon, la meneuse de revue, cheveux rouges et silhouette plantureuse, à l’opposé des Bluebell longilignes, pour entraîner les spectateurs dans un Paris qui swingue.
La troupe prend le relais dans un Paris populaire, légendaire, au son de l’accordéon et du violon en live pour un tango sous une tour Eiffel en image de synthèse brillant de mille feux. Bluebell en tailleur sexy, jupes fendues et seins nus. Manon reprend le micro, nouvelle chanson. Et ça envoie! Avant de laisser la place à une première attraction: une avaleuse de sabre pendant que se prélassent des danseuses sur un canapé. Les spectateurs retiennent leur souffle, elle aussi sans doute… Mais tout se passera comme prévu. Et revoilà le danseur de hip hop jouant aussi le magicien, tout en mouvements saccadés et précis ou glissant sur la scène façon Moonwalk.
Une prestation impeccable, et qui ouvre sur le tableau suivant, emprunt de douceur sur une partition classique. Les bluebell se font alors danseuses étoiles, certaines arborant une imposante coiffe représentant un cygne, en blanc et noir.
Elles seront mêmes rejointes sur scène par deux vrais cygnes… Mais, ce moment de poésie sera enveloppé d’une fumée blanche s’échappant des entrailles de la scène, qui discrètement disparaîtra, pour ressurgir en un jardin de jets d’eau versaillais et son ballet de naïades. Rafraîchissant. Et c’est en couple que se poursuit le spectacle avec une attraction… tout en contorsions, en équilibre et en souplesse.
Très applaudi lorsqu’entre en scène à nouveau Manon et les Bluebell très légèrement vêtues, avant d’opter pour une tenue glamour: jupes amples arborant une cascade de strass montés un à un sur le taffetas des robes. Tournoyant et tournoyant encore alors qu’apparaît à nouveau une fumée blanche d’où surgit un vaste lustre, avec ses 40 000 perles et ses cinq mètres de haut, auquel sont accrochées des danseuses pour une chorégraphie langoureuse dans le vide. Des notes de tambour ramènent les spectateurs sur terre, sur lesquelles vont et viennent des éventails faits de larges plumes blanches et rouges aux mains des Bluebell. Tout en grâce.
La musique se fait plus douce, tandis que la salle s’éclaire soudainement. Les premières notes de musique ne trompent pas: place au célèbre French Cancan! Modernisé et revisité offrant un tourbillon de plumes roses sous des jupons de velours noir. Toujours aussi entraînant. Le temps de reprendre son souffle, voici que débarque sur scène celui qui à l’arrivée des clients errait de table en table… Un clown qui ne dira mot, jouant de bruits et de gestes pour amuser le public. Les faire participer aussi. Mais, fini de rire, l’ambiance est militaire avec une armée de danseuses venant reprendre le terrain. Un petit tour de magie avec le danseur de hip hop. Le temps que la scène se transforme en patinoire pour admirer différentes figures aériennes réalisées en couple.
Le rideau s’ouvre une dernière fois sur un monumental escalier d’où descend notre ingénue qui voulait être Bluebell. Son rêve s’est réalisé. La musique s’emporte, Manon vient à nouveau donner de la voix, danse même, la troupe est au complet pour le final. Déjà! En une heure quarante cinq minutes, le Lido n’a pas perdu son âme, mais a bousculé les codes de la revue traditionnelle de strass et de plumes.
“Paris Merveilles” est un spectacle audacieux, innovant, qui met d’abord en valeur ses Bluebell’s girls.
En dîner-spectacle, trois menus – au lieu de quatre auparavant – sont désormais suggérés aux professionnels du tourisme de groupe. Dans le détail, il s’agit d’une « soirée Etoile » (avec eau, café et mini-programme offerts), d’une « soirée Champs-Elysées » (kir, eau, café et mini-programme offerts) et enfin une « soirée Triomphe ». Autre nouveauté: les menus se déclinent sur plusieurs choix en entrée, en plat et en dessert. Deux choix sont ainsi proposés pour les menus correspondant aux offres « soirée Etoile » et « soirée Triomphe », trois pour la prestation « soirée Champs-Elysées », qui inclut également un accueil coupe fil et un emplacement privilégié. Différentes propositions qui, bien sûr, devront être validées avant l’arrivée du groupe.
Des offres « Champagne-spectacle » incluant un « service premier » à 23 h, et « matinées » (comprenant le déjeuner, le spectacle et une après-midi dansante) viennent compléter le dispositif commercial.
Une gratuité est appliquée pour 25 payants (dans le cadre du dîner-spectacle et de l’offre « Champagne-revue » à 21 h), et une pour 15 payants (« Champagne-revue » à 23 h).
Ce qui ne change pas: la commission accordée aux professionnels.
À savoir également: le vestiaire est désormais gratuit dans toutes ces offres, des offres qui s’aplliqueront jusqu’au 31 mars 2016.