Entre la signature d’un partenariat avec La Poste, deux mariages en sa mairie de Neuilly-sur-Seine et un voyage à Expo Milano 2015 en compagnie du Président de la République, Jean-Christophe Fromantin, député-maire, président de l’association Expo France 2025, répond à quelques questions de Tourisme de groupe.
Le modèle traditionnel des expositions universelles est quelque peu suranné. On est aujourd’hui dans un monde où la transversalité, la communication, l’interconnexion s’imposent. Le concept de pavillons alignés dans un espace clos où chacun montre ses forces ne fait plus de place aux innovations. Notre objectif est d’avoir un village central, où tous les pays seraient présents de manière équitable, bénéficiant d’un traitement identique. Aujourd’hui, un tiers seulement des pays ont des pavillons. Nous défendons un projet plus universel qui permette les échanges et la convivialité tout en s’appuyant ensuite sur une douzaine de grands sites associés au site central qu’ils complètent, que ce soit dans le périmètre du grand Paris ou les métropoles de province. La philosophie du projet est compliquée parce que nous devons anticiper sur ce que nous ne connaissons pas encore. Elle est centrée sur l’Homme et sur les territoires.
Si l’on ne se fixe pas une échéance, on ne se lance pas, et on risque de toujours repousser l’organisation d’une telle exposition. Le principe d’une exposition universelle est justement d’avoir une masse de défis à relever, des difficultés suffisamment fortes pour être poussées à l’innovation et transcender les problèmes. C’est l’occasion de s’interpeller soi-même, d’inventer de nouvelles réponses. Notre projet repose sur des innovations complexes et zéro argent public. Nos ancêtres du XIXe siècle n’auraient jamais conçu huit kilomètres de trottoirs roulants, érigé la tour Eiffel ou mis en place des navettes à vapeur sur la Seine sans cette folie créatrice à laquelle poussent les expositions universelles.
D’ici 2025, on aura inventé d’autres modes d’hébergement. Il y aura des systèmes de réservation différents, des possibilités à domicile, des régulations nouvelles des hébergements alternatifs qui complèteront l’offre traditionnelle.
Les deux tiers de l’exposition 2025 à Paris seront immatériels, ce qui allègera la difficulté d’autant. Les sites s’adosseront sur l’existant et l’exposition s’adaptera aux contraintes de transport en s’appuyant sur ce qui aura pu être réalisé.