Marché Souvent victime de sa réputation de pays divisé, l’île de Chypre se défend en faisant valoir sa variété, avec pour objectif d’augmenter de 20 % la fréquentation française cette année.
Lan dernier, 29 166 touristes français ont choisi Chypre pour leurs vacances, soit une augmentation de 7,3 % par rapport à 2013, selon l’office de tourisme.
Pourtant, la France n’est qu’à la 12e position des marchés internationaux qui alimentent le tourisme sur l’île d’Aphrodite, loin derrière le Royaume-Uni, ancien pays colonisateur, en tête avec 950 000 touristes l’an dernier, ou la Russie et ses 600 000 arrivées, en deuxième position. Au total, l’île a accueilli près de 2,4 millions de touristes en 2014.
« Nous sommes trop dépendants des marchés russe et britannique », déplore pourtant Doros Georgiades, responsable du marché français à l’office de tourisme. Pour sortir des sentiers battus, et couvrir les pertes du marché allemand en baisse de près de 10 % l’an dernier, soit moins de 200 000 arrivées, les Chypriotes comptent miser sur la clientèle française. « L’objectif est d’augmenter cette année de 20 % sa fréquentation », espère ainsi Doros Georgiades.
Avec ses 86 000 lits au total, l’île compte dérouler un tapis rouge aux futurs arrivants. « Pour obtenir une meilleure visibilité, nous allons déployer une campagne sur internet en investissant 200 000 euros. Nous lancerons un appel d’offres pour cet été », ajoute-t-il. Selon lui, « le tourisme chypriote est mûr pour le marché français ». Et d’insister: « Nous espérons que 2015 sera une année française ». Côté accueil, il illustre, confiant: « Chez Fram par exemple, le staff parle français. Le tour-opérateur toulousain a créé un environnement accueillant ». Le voyagiste gère en effet un Framissima à Paphos dans le Sud-Ouest de l’île, comptant 424 chambres, dont 100 à 200 réservées à sa propre clientèle. En un an (d’avril 2014 à avril 2015), l’établissement a accueilli 10 000 clients, et table sur 20 000 d’ici l’an prochain.
Mais comment se délester d’une réputation de pays partiellement occupé? Depuis 1974, la Turquie a mis la main sur 37 % du territoire, soit la quasi-totalité du Nord de l’île, dont la péninsule de Karpas, ce doigt pointé vers le Moyen-Orient, réputée pour ses plages de sable fin. Si les Chypriotes peuvent franchir à leur guise les check points, ces postes de sécurité délimités par des plots et des cabanons de fortune le long de la ligne d’occupation, l’office de tourisme les déconseille aux touristes. En effet, passée cette démarcation, ils ne sont plus assurés.
Pourtant, même à Nicosi, capitale chypriote divisée en deux, les rues sont calmes et sûres. Dans le centre-ville du côté »grec« , les grandes enseignes internationales se succèdent: Topshop, Guess, Starbucks, Subway… et les locaux, très accueillants, se promènent insouciants entre les ficus et les nombreux chats sauvages.
Dans le Sud de cette jeune république (depuis 1960), rien ne rappelle la présence turque. Malgré le souvenir saillant des bombardements turcs, les locaux souhaitent présenter leur île comme une destination touristique à part entière en promouvant le potentiel du territoire.
« L’activité balnéaire reste l’offre touristique la plus attractive de Chypre, reconnaît Doros Georgiades, Mais nous développons d’autres types d’activités pour les individuels comme pour les groupes, et ce que ce soit en terme de tourisme sportif, culturel, d’affaires… », énumère-t-il. Pour preuve: quatre golfs et un cinquième attendu d’ici la fin de l’année près de Paphos, à la nouvelle marina de Limassol (500 millions d’euros investis), des sentiers de randonnées sur les hauteurs du Troodos, de nombreux sites archéologiques récemment restaurés, ou même une station de ski située à 1850 m d’altitude, ouverte quelques mois en hiver.
Autre argument de vente pour les voyagistes français: l’activité vinicole de l’île (9 000 hectares cultivés), qui en plus de planter de splendides décors de vignes cultivées en plateaux, offre aux touristes la possiblité de visiter les exploitations locales, assortie de dégustations. Enfin, lieu emblématique de l’île, le rocher où la déesse Aphrodite serait sortie de l’écume… Bien que n’étant qu’un simple mont de pierre, il permet d’apprécier la clarté des eaux turquoises de l’île.
La compagnie aérienne grecque Aegean Airlines, membre de Star Alliance, propose trois vols hebdomadaires directs au départ de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle (Terminal 1) vers Larnaca, de mars à octobre tous les lundis, jeudis et samedis. L’hiver, deux liaisons directes hebdomadaires sont opérées: les jeudis et dimanches.
En outre, Aegean Airlines propose des vols au départ de Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Nantes vers Larnaca, via Athènes, deux fois par semaine en été. Depuis la capitale grecque, quatre vols directs hebdomadaires à destination de Paphos en juillet et en août sont mis en place.