Seine-Maritime Deux nouveaux sites sont venus enrichir l’offre touristique rouennaise: le Panorama XXL (en décembre 2014) et l’Historial Jeanne d’Arc (en mars 2015). Visites guidées.
Il était une fois Rome en l’an 312… Il était une fois Jeanne d’Arc… Deux histoires que la ville de Rouen en Seine-Maritime à souhaiter raconter à ses visiteurs. La première à travers le Panorama XXL, la seconde au sein d’un Historial. Prémices d’autres projets à venir qui viendront compléter l’offre touristique rouennaise.
En effet, car si le succès se confirme durant les cinq premières années pour le Panorama XXL, il pourrait être le précurseur d’un projet plus définitif et plus vaste d’installation d’un pôle muséal permanent dédié aux grands formats, les « XXL ». Ce nouvel équipement, pérenne, qui prendrait place dans l’éco-quartier Flaubert, rive gauche à Rouen, accueillerait des panoramas plus anciens, comme ceux du Louvre à Paris et qui à ce jour ne sont pas visibles par le public. Quant à l’Historial Jeanne d’Arc, il devrait s’intégrer d’ici quatre ans dans un parcours plus large aménagé à travers la ville.
Le Panorama XXL a ouvert ses portes le 20 décembre 2014, et il est le seul lieu en France de ce type. De quoi s’agit-il? Une explication historique s’impose. Un panorama, forme artistique très populaire au XIXe siècle, est une peinture circulaire à grande échelle exposée à l’intérieur d’une construction cylindrique de façon à ce que l’œil du spectateur placé au centre ne rencontre que le tableau qui l’enveloppe. Inventés dans les années 1780 en Angleterre, les panoramas sont exposés dans des rotondes construites spécialement pour les abriter. Ils connaissent notamment une grande vogue au tournant du XXe siècle, époque à laquelle Paris devient la capitale mondiale des panoramas. Entre 1870 et 1900, on estime à 100 millions le nombre de spectateurs ayant vu un panorama en Europe. Nombre d’entre eux sont visibles aujourd’hui aux États-Unis, en Belgique, en Suisse, en Autriche…
Mais, jusqu’au 20 décembre dernier pas en France, où ils avaient d’ailleurs progressivement disparu avec le développement du cinéma. L’arrivée de ce panorama sur le territoire hexagonal est donc une première. On le doit à l’artiste allemand Yadegar Asisis, qui a relancé et renouvelé le genre à travers des œuvres gigantesques, spectaculaires et réalistes venant restituer des lieux disparus ou inaccessibles.
Le Panorama XXL de Rouen est situé sur les quais de Seine, rive droite, et présente actuellement « Rome 312 » faisant « revivre » un épisode historique: le triomphe de l’empereur Constantin et de son armée après sa victoire sur Maxence. De l’extérieur, la structure métallique formant une rotonde de 35 m de haut surprend, et d’un premier abord, on pourrait penser à une vaste cuve destinée à stocker des marchandises.
Mais, une fois la porte franchie, c’est tout autre… À l’entrée, les groupes disposent d’un accueil spécifique: caisse et espace d’attente. S’ils sont accompagnés d’un médiateur (nous le conseillons…) leur sont remis un audiophone destiné à bien entendre ses commentaires apportés lors de la découverte du lieu. Il faudra alors passer par deux salles, l’occasionpour lui d’évoquer le contexte historique de Rome en 312 et la civilisation romaine, puis l’aspect technique sur la conception de l’œuvre de l’artiste. « Dans ses grandes lignes, car il ne faut pas trop en dire et garder l’effet de surprise », glisse Sébastien, médiateur. Deux portes à passer… et premiers sons de musique, les visiteurs se trouvent au centre de la rotonde. Quelques minutes d’attente pour s’imprégner du lieu, et direction le dispositif ascensionnel central pour se rendre à 15 m de hauteur (et une vingtaine de marches à monter ensuite).
Comme si les visiteurs allaient au sommet de la colline du Capitole, un des points les plus élevés de Rome. Et le panorama (c’est le cas de le dire) est à couper le souffle! Impressionnant et réaliste, on se croirait dans la ville éternelle. Fonds sonore (musique mêlant chants et sons d’instruments antiques et contemporains, bruits des fers à chevaux, des roues de charettes, clameurs, gazouillis d’oiseaux…) et effets de lumières à l’appui (on passe du jour à nuit en boucle toutes les 15 mn).
Avec devant les regards au fil de ce parcours circulaire: le forum de Trajan, les petits forums impériaux, le forum romain, les collines de Rome (le Palatin et l’Aventin), la plaine du Champ de Mars, les temples…
Le soin apporté aux détails dans l’architecture comme dans les tenues du simple citoyen ou des soldats n’échapperont pas aux observateurs attentifs. « Nous intervenons pour raconter l’histoire de Rome à cette époque, aborder l’architecture romaine, la vie quotidienne, les gladiateurs…, mais notre rôle est avant tout de répondre à toutes les questions que pourraient se poser les visiteurs, souligne Sébastien, et nous adaptons nos commentaires en fonction des attentes du groupe ».
La visite se poursuit au niveau inférieur (soit à 10 m de hauteur) de manière à saisir une vision plus proche du panorama, mieux scruter les petits détails d’une œuvre qui se déploit sur 101 m.
Avant de descendre à nouveau à six mètres du sol pour être cette fois au plus près des scènes de vie, puis terminer par une dernière salle où sont projetés deux films de dix minutes chacun évoquant la genèse de « Rome 312 » et la démarche de l’artiste.
À partir de l’automne prochain, « Rome 312 » laissera la place à « Amazonie » qui plongera les visiteurs dans la forêt amazonienne à la découverte de sa nature luxuriante et de sa biodiversité. Puis, à partir du printemps 2016 sera présentée « Rouen gothique », un panorama représentant la ville au temps de Jeanne d’Arc.
Jeanne d’Arc, qui depuis le 25 mars dernier dispose d’un Historial installé dans le centre historique de Rouen… Ville où le souvenir de celle que l’on nomme « la Pucelle d’Orléans » est déjà présent dans différents lieux du patrimoine et paysage urbain: le Donjon où elle fut prisonnière et menacée de torture, l’Abbatiale Saint-Ouen où elle abjura, la place du Vieux Marché où elle fut brûlée et le palais archiépiscopal où fut prononcée sa condamnation en 1431, avant d’y être réhabilitée en 1456.
C’est la crypte romane et gothique du palais, rénovée (salles jusqu’alors fermées au public) pour l’occasion de fond en comble, qui sert aujourd’hui d’écrin à l’Historial Jeanne d’Arc.
L’imposant bâtiment en partie médiéval, classé aux monuments historiques, vaut le détour. Sa restauration a été imaginée et conduite en cohérence avec le scénario muséographique, dont le parcours s’appuie sur les dernières technologies: des reconstitutions numériques de paysages et de personnages, des bornes multimédias interactives, des hologrammes, des projections 3D sur verres… Quant aux textes et récits, ils sont courts (« grand public »), et vont à l’essentiel.
Après avoir descendu quelques marches pour se rendre dans la crypte, chaque groupe de 25 personnes maximum (un toutes les 15mn) est accueilli dans une première pièce où progressivement les lumières vont s’éteindre pour écouter Jean Juvenal des Ursins apparaissant en hologramme (sous les traits du comédien Bernard Alane), l’ecclésiastique qui a présidé le second procès de Jeanne.
Une entrée en matière, non pas sur la naissance de Jeanne, ni par sa condamnation à mort, mais par son procès en annulation de 1456. L’occasion de rappeler aussi le contexte historique de l’époque. À savoir: c’est la seule pièce du parcours où les visiteurs sont debout une dizaine de minutes, car ensuite des bancs sont mis à disposition. Sous la conduite d’une accompagnatrice de l’Historial, chaque groupe est amené d’une pièce à l’autre, et à chaque fois elle fait quelques commentaires historiques succincts sur chacune d’entre elles…
Deuxième étape, voici racontée l’enfance de Jeanne, les voix de Sainte Catherine et de Sainte Marguerite qu’elles a entendues, la cascade de l’arbre aux fées, avant de rejoindre Vaucouleurs, puis Chinon. Des extraits de films sont projetés sur le mur de la crypte, tandis que sur les côtés s’expriment les proches de Jeanne, en hologramme sous les traits là encore de comédiens (ils sont une vingtaine en tout). Quelques marches à monter, les visiteurs pénètrent dans les anciennes cuisines médiévales, là où vient le temps pour Jeanne de rencontrer le roi Charles VII, d’évoquer les prophéties. Avec pour écran la grande cheminée du palais.
Le parcours se poursuit par la victoire d’Orléans, le sacre du roi à Reims et la capture de Jeanne. Là où autour d’une colonne centrale a été aménagée une grande table de verre sur laquelle sont projetées différentes phases de la bataille d’Orléans, du sacre et des revers de Jeanne jusqu’à sa capture. Cartes et enluminures à l’appui.
Mais, l’épopée de la « Pucelle d’Orléans » ne s’arrête, bien sûr, pas là, et pour connaître la suite, il faut prendre un escalier à vis (80 larges marches environ à monter, un ascenseur est également à disposition) pour atteindre les combles. Accompagnés par la musique joyeuse d’un troubadour. Avant de faire silence car à présent les visiteurs vont assister au « procès du procès » en condamnation, et à la confrontation de différents témoins qui doivent répondre aux questions de Jean Juvénal des Ursins. Ici, la scénographie circulaire a pour objectif d’immerger le public dans une salle de tribunal, en plaçant autour de lui huit hauts écrans. Avant qu’il ne se retrouve cerné par les flammes du bûcher tandis que sonnent les cloches… Une dernière partie un peu plus longue que les autres.
C’est là que commence la découverte libre des derniers espaces (sans la présence de l’accompagnatrice de l’Historial).
À commencer par le petit comble où Jean Juvenal des Ursins apparaît sur un écran en trois dimensions pour évoquer l’injustice faite à Jeanne, en donnant la sentence définitive du procès de réhabilitation en 1456, et de terminer par le destin de Charles VII. Sur les murs: des panneaux évoquant les 115 témoins du procès de réhabilitation, la description de la libération de la ville de Rouen par Charles VII et enfin le roi.
Il est ensuite proposé d’emprunter la Tour de Guet (dix personnes à la fois) pour avoir un panorama sur la ville normande.
Avant de rejoindre le dernier espace: la Mythothèque. A partir de là, la visite change de ton et de forme. On y raconte l’histoire… de l’histoire de Jeanne d’Arc. Sa postérité, sa légende, ses représentations dans la littérature, au cinéma (Jeanne en cheveux longs, la coupe au bol ou le crâne rasé), ou encore à travers ses récupérations politiques…
Cinq tables numériques permettent d’aborder nombre de thématiques en lien avec Jeanne d’Arc, tandis que quatre bornes interactives sont consacrées à des interviews d’historiens.
Un cabinet de curiosités clôt ce parcours, avec une exposition d’affiches et d’objets dérivés liés à Jeanne d’Arc. Et petit plus: la possibilité – si les lieux ne sont pas utilisés par l’archevêché dont il y en a la propriété – de terminer la visite par la découverte de la Salle des États et la chapelle d’Aubigné datant toutes deux du XVIIIe siècle, et complétement restaurées pour l’occasion.
L’office de tourisme de Rouen-Vallée de Seine a conçu deux programmes intégrant les nouveaux sites de la ville: « Rouen et le Panorama XXL » (visite guidée des incontournables de la cité, déjeuner et découverte du Panorama) et « Historial Jeanne d’Arc » (visite guidée sur les pas de « la pucelle d’Orléans » à travers Rouen, déjeuner et Historial).
Pour les groupes, il est également proposé des billets couplés pour découvrir les deux nouveaux sites rouennais.
Contact: 02 32 08 32 46 ou 36 54 ou 32 48.
Ouvert le 20 décembre 2014, le Panorama XXL avait accueilli 57 000 visiteurs au 23 avril 2015. Par ailleurs, le nombre de groupes prévus et ayant réservés une visite au Panorama XXL d’ici le 20 septembre prochain (au terme de la présentation « Rome 312 ») est de 52 pour les adultes et de 145 pour les scolaires.
– Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h du 01/10 au 30/04, de 10 h à 19 h du 02/05 au 40/09 (les groupes sont accueillis dès 9 h 30).
– Visite libre (réservation obligatoire sept jours à l’avance) ou guidée (réservation obligatoire 21 jours à l’avance) par un médiateur (comptez une heure environ).
– Tarif base dix pax, gratuité conducteur et à partir de 35 pax pour un accompagnateur.
– Pas de restauration sur place, mais des restaurants situés à proximité immédiate.
– Dépose des groupes Quai Boisguilbert, stationnement Pont Flaubert.
Contact au 02 35 52 95 29 –
Ouvert le 25 mars 2015, l’Historial Jeanne d’Arc a accueilli 10 000 visiteurs au 23 avril 2015. Durant cette même période, 29 dossiers groupes ont été traités représentant 682 scolaires et 432 adultes. Ces groupes étaient à 63 % issus d’associations et à 26 % de professionnels du tourisme.
– Ouvert du mardi au dimanche de 09 h 45 à 19 h 45 (départ de la dernière visite à 18 h) du 01/10 au 31/05, de 09 h 45 à 19 h 45 (départ de la dernière visite à 18 h) les mardis, jeudis et dimanche du 01/06 au 30/09 et de 09 h 45 à 20 h 45 (départ de la dernière visite à 19 h) du 01/06 au 30/09. Les premières visites commencent à 10 h.
– Parcours multimédia (1 h 15 environ) accompagné par une personne de l’Historial. Ensuite, découverte libre de la Tour de Guet ( accessible par groupe de dix pax) et de la Mythothèque. Le déroulement de la visite est conditionné par la programmation des dispositifs multimédias, la scénographie a donc été conçue selon un timing précis avec un départ enclenché automatiquement toutes les 15 mn. Et par groupe de 25 pax maximum à chaque départ.
– Tarif sur la base de dix pax, gratuité conducteur et une supplémnetaire pour 25 payants..
– Pas de restauration sur place, mais des restaurants situés aux alentours.
– Dépose des groupes Place Haute Vieille Tour, stationnement Pont Flaubert.
Contact au 02 35 52 48 02