Belgique Créé il y a vingt-et-un ans sous le nom de parc Paradisio, Pairi Daiza a pris une réelle ampleur depuis qu’il a changé de nom en 2010. Construit dans les ruines d’une ancienne abbaye, dans le Hainaut wallon, le lieu se laisse inspirer par les cultures et les natures si variées du monde.Le dépaysement est total, sauf pour les animaux qui y sont comme chez eux.
Si Georges Moustaki était encore de ce monde, nul doute qu’il aurait trouvé réponse à sa question: Pairi Daiza! Et ça rime avec le lalala de la chanson!
Cet extraordinaire jardin animalier blotti dans la campagne gentiment vallonnée du Hainaut, à une heure de Lille, a tout d’un rêve éveillé et d’un voyage inattendu à travers les merveilles des natures et des cultures du monde. Car tout est ici imbriqué. Il y a là des jardins thématiques, dont Tourisme de groupe reparlera dans une prochaine édition, des bâtiments reconstituant les temples et les habitats les plus variés, construits par des artisans venus spécialement en Belgique pour les bâtir selon les traditions de leur pays d’origine, et bien sûr des animaux, environ 5 000 qui retrouvent ici l’écosystème auxquels ils sont habitués. Cinq mille plus un, car un éléphanteau d’Asie vient tout juste d’y naître en mai…
Il y avait un jardin et aujourd’hui la terre toute entière, ou presque. Le domaine de Cambron appartenait depuis le XIIe siècle et jusqu’à la Révolution française à l’ordre des Cisterciens qui avait érigé ici l’une de ses premières abbayes sous l’impulsion de Bernard de Clairvaux. Il en reste aujourd’hui quelques bâtiments, fidèlement restitués, mais aussi utilement aménagés pour accueillir animaux comme visiteurs, et donner au lieu cette authenticité qu’il cultive. Dans les années 1990, pourtant tout n’était que ruines. Eric Domb a eu le coup de foudre pour ce domaine. Changeant de vie et de carrière professionnelle, il en a fait l’un des parcs les plus réputés d’Europe, régulièrement récompensé pour ses multiples qualités. Ouvert en 1994 sous le nom de Parc Paradisio, il s’est tant transformé qu’en 2010 il a pris le nom de Pairi Daiza, « jardin clos » en persan d’antan. Une enceinte de trois kilomètres de long, en passe d’être repoussée, ceinture les 55 hectares du parc, l’un des plus vastes d’Europe. Depuis l’an dernier, il peut en partie se parcourir en train à vapeur, authentique lui aussi, en une quinzaine de minutes, traversant les différents mondes de Pairi Daiza ou encore en carriole tirée par des chevaux.
Car il n’y a pas qu’un seul jardin sur cette terre, mais sept univers, au nom aussi poétiques que le décor naturel du parc: la « Terre des origines » et ses grands fauves, la « Volière-cathédrale » pour les animaux ailés, la « Porte des profondeurs » qui s’ouvre à l’intérieur d’un château néoclassique et entraîne les visiteurs au fond des mers, la « Vallée de la source » avec son village des rapaces, la « Lagune et ses îles », où vivent lémuriens et échassiers, « Mura Mura Territory » où la terre vire à l’ocre et les grands kangourous d’Australie côtoient les dragons d’eau, « Ganesha, royaume des sourires et des sagessses », où l’éléphant d’Asie se sent chez lui et les macaques à crête font des facéties. Un huitième monde doit s’ouvrir progressivement à partir de cet été, la « Terre du froid », pour se perdre dans les prairies canadiennes et les forêts de Laponie. Mais les amateurs de botanique trouveront aussi l’inspiration à la « Cité des immortels » en se promenant dans le jardin à la chinoise, le plus grand d’Europe, à moins que le « Jardin d’Eden » ne les attirent irrésistiblement. Et comme on est sur le vieux continent, à l’entrée et à la sortie, la ferme héberge des animaux de chez nous, finalement très exotiques pour les urbains que nous sommes devenus.
En une heure et quart environ, une visite guidée va à l’essentiel. Et il n’en manque pas! Ni côté nouveautés, ni côté raretés.
Marque de confiance et de reconnaissance, la Chine a prêté pour quinze ans deux pandas géants qui sont arrivés l’an dernier. Hao Hao et son compagnon Xing Hui ont chacun leur jardin, et passent de la grotte à la forêt de bambous, des distractions à la source d’eau fraîche au gré de leurs humeurs. S’ils aiment vivre en solitaire, ils sont aussi faciles à observer dans leur espace réservé. C’est d’ailleurs une des caractéristiques du parc cette proximité avec les animaux. Un tête-à-tête avec la girafe est tout à fait possible, même sans rendez-vous… Quant aux lémuriens de Madagascar, que l’on peut nourrir dans sa main à heure fixe, ils ne demandent pas notre avis et bondissent d’une épaule à une toiture, d’une corde tendue entre deux arbres au sac à dos d’un passant. A heure fixe aussi, on peut observer le fauconnier libérer son animal fétiche, mais là on préfère qu’il ne se pose que sur son bras à lui. Derrière un mur de verre, les visiteurs peuvent, à la bonne heure, observer le bain des hippopotames ou découvrir plus loin les galeries que creuse le wonbat, un marsupial de Tasmanie, également plus gros mammifère à percer des tunnels pour se faire un terrier. Autre nouveau venu: le rat-taupe nu. Il vit en colonie – on les a vus blottis les uns contre les autres dans leurs tunnels en tube transparent – et ont mis en place une société qui a ses propres règles et hiérarchies, à la manière des fourmis et des termites.
Emblématique aussi de quelques parcs à travers l’Europe, le léopard (ou la panthère des neiges féline) et impressionnant a trouvé son refuge à Pairi Daiza. Son somptueux pelage le dispute à ces autres fauves, le vif léopard d’Afrique tacheté de noir sur fond roux, le tigre blanc du Bengale, sans perturber le lion qui prend sa pose de majesté. Deux autres des cinq espèces reines du monde animal sont présentes à Pairi Daiza, avec Suzy, l’éléphante d’Afrique et le rhinocéros blanc, dont il ne reste pas même deux dizaines de milliers d’individus à travers le monde.
D’autres nouveautés encore sont arrivées cette saison: les takins dorés de l’Himalaya, sortes de chèvres de deux mètres de long et 1 m 30 au garrot, à ne pas laisser à la portée des alligators du Yang Tsé, même s’ils ne mesurent qu’un mètre cinquante en moyenne, tandis que la Cité des immortels héberge aussi une autre espèce en danger: la salamandre géante de Chine.
Dans un autre espace, un couple de fourmiliers géants tire régulièrement la langue, non loin du nouvel enclos des loutres, géantes elles aussi. Heureusement qu’elles n’ont pas accès au bassin des carpes koï, aux vives couleurs et de bon poids (20 kg). Quant aux pélicans, ils se baladent librement autour de la lagune, s’amusant à se mêler aux passants.
Il y a toutes ces nouveautés, mais aussi des nouveaux-nés. Outre l’éléphanteau de mai, chaque année apporte son lot de bébés. Rien que depuis 2015 sont ainsi venus au monde un girafon, un maki catta, un kangourou, deux pélicans, trois phacochères et ce n’est pas fini!
Depuis sa fondation, Pairi Daiza s’est engagé dans des programmes de conservation des animaux, une quarantaine en tout, que ce soit de mammifères, comme les éléphants d’Asie, ou de reptiles, d’oiseaux ou de poissons. Des animaux menacés ou en danger bien souvent. Ceux qui vivent dans le parc n’ont pas été capturés dans la nature, mais proviennent d’autres zoos ou de particuliers mal inspirés qui ne peuvent plus s’occuper de leur caprice d’un jour.
Ainsi va la vie à Pairi Daiza, comme un voyage d’émerveillements en étonnements, de la rizière indonésienne à la terre rouge de l’Afrique et de l’Australie, de pierres polies par les torrents des Indes au raffinement des bonsaïs, des fougères arborescentes de Nouvelle-Zélande aux steppes froides du nord, de temples à la manière d’Angkor en tour médiévale (où s’agrippent à la renverse les chauves-souris).
Le rêve d’Eric Domb apparaît sans limite dans la recherche de l’authenticité et le rapprochement de l’homme et de la nature.
Pour une journée – moins ce serait vraiment dommage – juste pour oublier l’actualité et son brouhaha, le quotidien et ses tracas, le remède est là, à Pairi Daiza.
L’an dernier, Pairi Daiza a reçu plus de 1,4 million de visiteurs, dont bon nombre en groupe (à partir de 20 pax). Un stationnement gratuit pour 150 autocars est prévu.
Le service ad hoc, qui travaille avec les autocaristes, tour-opérateurs ou encore agences de voyages traite en moyenne 3 300 dossiers par an de 20 à 200 pax. Au delà, c’est le service événementiel qui prend la relève, car il existe aussi des offres Mice et des possibilités de réservation hors des horaires d’ouverture (de 10 h à 18 h, même 19 h en juillet et août, 17 h 30 après le passage à l’heure d’hiver). Les scolaires y viennent nombreux, mais les seniors ne sont pas les derniers non plus. Les groupes mixtes, d’adultes et d’enfants, sont aussi importants. « Nous mettons en place un service adapté à chaque groupe, indique Sonia Urbain, responsable de la centrale de réservation groupes. Nous les accueillons dès le parking pour les amener jusqu’au contrôle de l’entrée ». La possibilité de prendre un petit-déjeuner ou une collation à partir de 10 h 15 est proposée.
Le parc est intéressant durant toute la saison, qui court cette année jusqu’au 11 novembre, et sera ouvert en 2016 vraisemblablement du 26 mars au 6 novembre (dates à confirmer). « Les groupes sont accueillis tout le temps, sauf les jours fériés avec pont et week-end associés », précise Sonia Urbain. Pour les adultes, les bons jours pour visiter le parc sont le mercredi et le jeudi. La responsable de la centrale de réservation conseille d’éviter la dernière semaine de juin, période de promenades scolaires, mais sinon le reste du mois est parfait, de même que septembre. Plus tôt, les fleurs du printemps sont aussi une bonne raison de visiter le parc. En cas de pluie, plusieurs espaces clos permettent de poursuivre la visite en attendant la fin de l’averse.
Plusieurs formules sont proposées aux groupes fréquentant Pairi Daiza, avec ou sans visite guidée, avec ou sans restauration. En semaine, il est possible de réserver un espace pour déjeuner où le service est assuré aux tables, comme dans la serre Oasis ou à la Brasserie, ou alors libre pour profiter du buffet chinois du Temple des délices. Le samedi et le dimanche, ce restaurant typiquement oriental est réservé aux individuels. Si les réservations groupes doivent se faire au moins dix jours ouvrables avant la visite, pour des questions de disponibilité aux restaurants, mieux vaut s’y prendre bien plus longtemps à l’avance, y compris en posant des options.
Un circuit de 75 mn qui va à l’essentiel est disponible. Chacun des 32 guides (ils seront 40 en 2016) accompagne jusqu’à 25 personnes maximum pour que la visite se passe plus confortablement.
Côté transport
Le domaine de Cambron où est installé Pairi Daiza se trouve sur la commune wallonne de Brugelette, à 75 km du centre de Lille, à 60 km de Valenciennes ou encore à 43 km de Maubeuge.
Côté restauration
Le pique-nique est autorisé, mais les espaces des restaurants sont eux aussi un voyage en soi!
L’Oasis, le plus grand, est en même temps une vaste serre où les oiseaux chantent et la verdure est omniprésente. Il peut accueillir jusqu’à 800 convives qui apprécient les plats les plus populaires, auprès des petits comme des grands.
La Brasserie, où l’on produit la bière de l’Abbaye de Cambron selon les recettes artisanales traditionnelles, sert dans un cadre somptueux une cuisine franco-belge et se transforme en salon de thé après 15 h.
Le Temple des délices propose un buffet chinois très varié à ses 250 convives installés dans un décor typique où les boiseries, les lampions et autres références dépaysent autant que l’excellente cuisine.
D’autres possibilités de se nourrir ou de se faire plaisir sont dispersées à travers le parc, à consommer sur place ou à emporter, des nouilles chinoises aux plats à base d’insectes du « Bon Fou Fou » africain, des saucisses grillées aux gaufres.