Réceptif La destination France est l’un des trois pays au monde les plus filmés. Film France, la Commission nationale du film, estime à 500 millions par an en moyenne le nombre de personnes visionnant des images de notre pays à l’occasion de la sortie d’un film au cinéma ou à la télévision. Des images qui agissent comme de puissants moteurs de visites, ambassadrices virtuelles de l’Hexagone dont la portée en terme de marketing touristique est indéniable.
En cette année 2015, le cinéma souffle ses 120 bougies. C’est, en effet, en 1895, que les frères Lumière présentaient le “cinématographe”, leur nouvelle invention, dans un salon parisien. Et les spectateurs, nombreux, virent pour la première fois des ouvriers sortir d’une usine lyonnaise, avant de découvrir un bébé batifolant dans le jardin d’une maison du sud de la France, de voir défiler des congressistes prenant le bateau à Neuville-sur-Saône, ou encore un train entrant en gare de La Ciotat… Le grand écran était né.
Pour célébrer le premier tournage de l’histoire des salles obscures, ainsi que l’anniversaire de la première présentation cinématographique, le Grand Palais à Paris présente depuis le 27 mars dernier (et jusqu’au 14 juin prochain) l’exposition “Lumière! Le cinéma inventé”. Les 1500 films des frères Lumière sont projetés pour la première fois dans leur intégralité, tandis que 200 de leurs réalisations sont restaurées à cette occasion. L’exposition retrace l’histoire de l’invention du cinéma à travers le patrimoine immense légué par Auguste et Louis Lumière. Les deux frères avaient dédié leur vie à l’image et à l’animation. Ils sont aussi à l’origine de la photographie en couleurs qui a vu le jour en 1903.
Depuis, le cinéma s’est développé, attirant toujours plus de monde (selon Unifrance, les films français ont réalisé 144,1 millions d’entrées à l’étranger et 83,3 millions en France en 2012). Non seulement, il est de plus en plus accessible partout, à n’importe quelle heure de la journée et pour n’importe qui grâce à l’avancée technologique, mais il continue aujourd’hui à se multiplier sous différentes formes en touchant d’autres secteurs dont le tourisme. Les films qui sont produits chaque année ne sont plus simplement regardés par le grand public, mais vont jusqu’à être exploités de différentes manières: les spectateurs-consommateurs y voient une telle fascination qu’ils désirent emboîter les pas des acteurs sur les lieux de tournage, revivre les plus belles scènes. C’est ainsi qu’est né le ciné-tourisme en France.
Un ciné-tourisme qui a un fort impact sur un territoire à la fois sur son image (la visibilité d’une destination est ainsi accrue) et son positionnement marketing. Le cinéma est, en tout cas, considéré comme l’une des sources de communication les plus efficaces pour atteindre les consommateurs.
Et la concurrence est rude entre les différentes regions françaises, pour attirer les producteurs de films. “Mais, les régions les plus attractives demeurent les mêmes depuis plusieurs années, souligne Atout France dans son ouvrage Tourisme et cinéma, édité en novembre 2014. Dans l’ordre, derrière Paris et l’Ile-de-France, on trouve Provence Alpes Côte d’Azur, Rhône-Alpes, Aquitaine et le Nord/Pas-de-Calais”. Quant aux tournages de fiction pour la télévision française, c’est l’Ile-de-France qui est le territoire le plus convoité (49 %), suivie par Provence Alpes Côte d’Azur (14 %), Rhône-Alpes (7 %), Aquitaine (6 %), Poitou-Charentes (4 %) à égalité avec le Nord/Pas-de-Calais, toujours selon Atout France. Aujourd’hui, 190 films de longs métrages (fictions, documentaires, films d’animations) sont tournés chaque année sur le territoire hexagonal.
De nombreux bureaux d’Accueil de tournages ont vu le jour dans toutes les régions françaises. Certains d’entre eux sont même implantés au sein des agences de développement touristique, “pour des raisons évidentes d’efficacité”, confiaient unanimement la plupart de leurs représentants. Les opérateurs de tourisme sont évidemment bien placés pour identifier des atouts, et en premier lieux les décors. Ces bureaux, dont la mission est de faciliter les tournages en région et d’assister les équipes de production, peuvent s’appuyer sur un patrimoine cinématographique fait de décors emblématiques (à l’exemple du beffroi de Bergues dans Bienvenue chez les Ch’tis), un studio ou un lieu de tournage évocateur d’un lieu (Plus belle la vie et Marseille), une salle de cinéma chargée d’une histoire singulière (le Louxor à Paris). Sans oublier les festivals (Cannes ou Deauville pour les plus anciens) dont une centaine est organisée en France, et qui font beaucoup pour le rayonnement de leurs villes d’implantation, tant sur un plan national qu’international, ou encore des lieux (maison, tombe) liés à l’histoire personnelle d’hommes et de femmes du 7e Art renommés (acteurs, réalisateurs).
Autant de lieux, véritables ambassadeurs virtuels de la destination France, venant nourrir l’imaginaire des futurs touristes et compléter efficacement le marketing touristique. À travers des films souvent si emblématiques d’un territoire qu’ils en deviennent même un élément de son patrimoine.
Les noms de Louis Lumière et de son frère Auguste, son aîné de deux ans, sont indissociables. Fils d’un industriel franc-comtois spécialisé dans la fabrication de matériel photographique, les frères Lumière ont joué un rôle primordial dans l’histoire du cinéma.
L’exploit a eu lieu en 1895. Non que les frères Lumière aient alors inventé du jour au lendemain le principe d’enregistrement photographique du mouvement, ni même la projection sur écran d’images animées. Ces techniques avaient déjà été pressenties et expérimentées par Emile Reynaud et Thomas Edison. Aidé de son frère, Louis Lumière ne fait alors que rendre leur exploitation possible par l’utilisation d’une pellicule perforée et d’un mécanisme simple d’enclenchement. Ainsi naît le “cinématographe”, première caméra servant à la fois à la projection et au tournage des films. C’est une caméra de cinq kilos à peine. Les frères lumières en déposent le brevet le 13 février 1895. Leur film, La sortie de l’usine à Lyon, est le premier de l’histoire du cinéma. Il est projeté en public, avec un immense succès, au salon indien du Grand Café de Paris, le 28 décembre 1895.
La publication Tourisme et cinéma – comment développer son territoire par les tournages des audiovisuels élaborée par Atout France en partenariat avec Film France, vise à aider les collectivités et établissements publics propriétaires de sites de tournage à s’appuyer sur le cinéma afin de dynamiser leur attractivité touristique. Acteurs publics et privés y trouveront également des pistes pour valoriser leurs projets avec, notamment, des informations sur les décors mobilisables ainsi que sur le crédit d’impôt international afin de maîtriser les coûts et optimiser leurs stratégies de promotion ciblées en amont, pendant et après le tournage. Objectif: permettre à chacun de mieux se positionner sur ce marché à fort potentiel et d’optimiser les retombées générées sur son territoire.