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Les Andes et bien plus

Destination | publié le : 01.05.2015 | Dernière Mise à jour : 01.05.2015

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Les Andes et bien plus

Crédit photo Thierry Joly

Auteur

  • Thierry Joly

Equateur De petite taille, ce pays d’Amérique du Sud offre une incroyable palette de paysages et d’écosystèmes parfois uniques au monde. Il possède également un riche patrimoine colonial et une population indienne attachée à ses traditions.

Si l’Equateur jouit d’une bonne notoriété auprès des voyageurs français, il est en revanche presque exclusivement vu comme une destination andine, alors que l’un de ses attraits majeurs est sa diversité. Le pays a certes pour coeur et comme épine dorsale la Cordillère des Andes qui le traverse de part en part, mais il englobe égalemment une vaste portion de forêt amazonienne ainsi qu’une plaine littorale au climat tropical jalonnée de plages baignées par les eaux du Pacifique. Par ailleurs, à un millier de kilomètres au large surgissent des flots les mythiques îles Galàpagos.

Porte d’entrée de la plupart des groupes, perchée à une altitude de 2 850 m, la capitale Quito surprend d’emblée en dévoilant aux yeux des visiteurs le plus vaste ensemble d’architecture coloniale d’Amérique du Sud. Bien restauré, ce quartier, où il est parfaitement sûr de se promener, se compose de places animées et de rues étroites bordées d’une myriade de monuments historiques. Plusieurs maisons coloniales, avec patio des XVIe et XVIIe siècles, ont ainsi été transformées en musée ou meublées à la mode du XIXe siècle, et donnent une idée de la vie de la haute société équatorienne après l’accession à l’indépendance. Aussi cossues soient-elles en terme d’opulence, elles font pâles figures comparées aux édifices religieux. Le joyau en est l’église de la Compania de Jesus, sommet du baroque latino américain, où tout n’est que dorure et dont la décoration mêle influences espagnoles, mauresques et indiennes. Quoi qu’un peu moins exhubérantes, l’église du Sagrario et celle du Monastère San Francisco éblouissent également par leur riches intérieurs.

Plus sobre et plus massive, la cathédrale a, elle, les faveurs des Sud-Américains et des amateurs d’histoire car elle abrite la tombe du Maréchal Sucre, héros et grand artisan de l’indépendance du continent. Elle jouxte le Palais du Gouvernement devant lequel se tient chaque lundi midi la cérémonie du changement de la garde mettant en scène des fantassins et des cavaliers en uniformes du XIXe siècle. Un spectacle apprécié des touristes tout comme une montée au sommet d’El Panecillo, colline surmontée d’une curieuse statue de la Vierge ailée d’où la vue embrasse tout le quartier colonial.

La ville ne recèle en revanche aucun vestige des Incas bien qu’elle fut déjà à cette époque une cité importante où naquit leur dernier empereur, Atahualpa. Mais, après son assassinat par les Espagnols, son général en chef décida de la raser pour ne rien laisser aux Conquistadors. Pour voir des témoignages de cette civilisation, il faut aller au musée National qui renferme de riches collections précolombiennes. Autre attraction majeure, la Mitad del Mundo est l’emplacement de la latitude zéro tel que déterminé au XVIIIe siècle par une mission scientifique française menée par La Condamine. Elle est matérialisée par un monument érigé en 1936 pour commémorer le bicentenaire de l’expédition et une ligne jaune au-dessus de laquelle les touristes aiment se faire prendre en photo un pied dans chaque hémisphère. Petite anecdote: les moyens scientifiques modernes placent l’Equateur à quelques centaines de mètres de là, à l’endroit précis où s’élèvent les ruines d’un temple Inca. A proximité, il faut aussi voir le volcan Pululahua dont le cône s’est effondré donnant naissance à un cratère de 400 m de profondeur et cinq kilomètres de diamètre que les paysans se sont appropriés et ont transformé en jardin d’Eden. Le long de la route y menant, de nombreux restaurants proposent une spécialité appréciée des gourmets équatoriens, le cochon d’Inde roti dont la cuisson se fait sur des braséros.

Des volcans à perte de vue

Si le temps est dégagé, faites également monter vos clients en téléphérique au sommet du volcan Pichincha qui offre un panorama sans égal sur la capitale, depuis son berceau historique niché dans une vallée jusqu’aux quartiers plus modernes qui ont colonisé les flancs des montagnes adjacentes.

Du haut de ses 4 680 m, il donne également un premier aperçu de ce qu’est la Cordillère des Andes, une succession de volcans éteints, assoupis ou actifs entrecoupés de vallées où toutes les images d’Epinal de l’Amérique du Sud attendent les voyageurs: villes et villages blottis autour d’une église et de quelques bâtiments coloniaux, population indienne qui cultive les champs comme jadis et reste attachée à ses traditions vestimentaires, lamas et vigognes qui déambulent dans le paramo, une lande d’altitude composée de broussailles et de mousses poussant sur un sol humide.

La plupart des touristes commence sa découverte par une boucle au Nord de Quito, une région de lacs et de volcans densément peuplée et prospère où les habitants de la capitale aiment faire une escapade le week-end. Les Indiens qui y vivent sont renommés pour leur artisanat qu’ils viennent vendre sur le marché d’Otavalo, de ce fait l’un des plus colorés d’Equateur. Articles en cuir, céramiques, lainages et textiles sont fabriqués et ausi disponibles dans les charmants villages voisins de Peguche, Iluman, Agato et Cotacachi. Couplez la visite de ce dernier avec une balade au lac Cuicocha, niché dans le cratère d’un volcan et unique en son genre car des éruptions ont fait émerger deux îles de ses eaux. C’est l’une des grandes attractions naturelles de cette région avec le volcan Coyambe dont le sommet enneigé culmine à 5 790 m.

De là, il ne faut que quatre heures pour atteindre l’Amazonie à l’issue d’un trajet des plus spectaculaires. Après avoir passé un col à 4 200 m d’altitude, la route effectue en effet une plongée vertigineuse de plus de 3 500 m jalonnée de superbes points de vue et de multiples cascades. Au bout du chemin, c’est un autre décor qui attend les groupes avec végétation luxuriante, moiteur, moustiques et village à l’ambiance de bout du monde.

Dans les circuits classiques où une seule nuit y est prévue, il ne faut pas s’attendre à côtoyer des tribus amazoniennes au mode de vie authentique ou à voir des animaux sauvages autres que singes ou oiseaux. Des expériences qui requièrent de pénétrer profondément dans la région. Or les séjours se font généralement dans les environs de Tana où la forêt est grignotée par l’agriculture et où les indiens d’Amazonie sont acculturés et souvent métissés avec ceux des hautes terres comme les Qechuas.

Le dépaysement est toutefois garanti par des balades en pirogue sur des cours d’eau au bord desquels des chercheurs d’or traquent la moindre paillette, des randonnées dans des bosquets de forêt primaire préservée, la visite de centres de réhabilitation pour animaux sauvages, une initiation au tir à la sarbacane et une dégustation de chicha, boisson locale à base de yucca fermenté.

La Cordillère en train

Au retour de cet intermède amazonien, ou à l’aller, il convient de s’arrêter pour admirer de près quelques-unes des plus hautes cascades du pays et découvrir les environs de Banos.

Située à 1 800 m d’altitude, cette petite ville depuis longtemps courue pour ses eaux thermales ferrugineuses est la capitale équatorienne des activités à sensations fortes comme canyoning, rafting, saut à l’élastique et tyrolienne au-dessus de la canopée. L’endroit idéal pour apporter une touche d’adrénaline au voyage. Avec un peu de chance, il est en outre possible d’y observer le volcan Tungurahua cracher fumée, cendres ou lave. Dans la charmante église en basalte de Banos plusieurs fresques rappellent ses principales éruptions.

Une fois arrivés dans la partie centrale de la Cordillère, la ville de Lacatunga fait figure d’étape obligée. Non seulement pour son patrimoine colonial et la Fiesta de la Mama Negra, une importante fête religieuse organisée en septembre et novembre, mais aussi pour les attraits de ses alentours comme le marché de Saquisili, l’un des plus typiques du pays, et le lac volcanique aux eaux émeraudes de Quilotoa. Le parc national du Cotopaxi, plus haut volcan actif au monde avec 5 897 m. Formant un cône presque parfait, il est couronné de glaciers dont le bas est, malgré une altitude proche de 5 000 m, aisément accessible par une route cahoteuse suivie d’une courte marche. Le paramo qui l’entoure est en outre l’habitat de chevaux sauvages, de lamas, de condors et d’ours à lunettes très rarement visibles. Guère éloigné, le point culminant de l’Equateur est le Chimborazo, volcan éteint de 6 310 m qui compose une superbe toile de fond à la ville de Riobamba dont le centre colonial vaut lui aussi le coup d’œil.

Cette région offre un cachet andin et indien encore plus marqué qu’ailleurs. La petite ville de Guamote en est un bon exemple avec ses maisons anciennes, son marché coloré, son atmosphère et son centre traversé par la ligne de chemin de fer construite au début du XXe siècle pour relier le littoral à Quito. Plus aucun service régulier n’existe, mais des trains touristiques circulent sur certains tronçons, le plus spectaculaire étant le Nariz del Diablo.

Partant d’Alausi, ville occupant un replat à flanc de montagne, il s’agit d’un trajet d’une dizaine de kilomètres avec un dénivelé de 800 m où la voie ferrée zigzague au bord d’un vertigineux canyon jusqu’à la bourgade de Sidambe où petit musée sur la tribu indienne locale et danses folkloriques attendent les passagers.Tout aussi incontournable est la visite d’Ingapirca, le seul site Inca d’importance du pays. Rien de comparable, toutefois, avec les vastes vestiges visibles au Pérou car un seul bâtiment est encore debout. Mais ce temple dédié au soleil est unique par sa forme ovale et un sentier mène à d’intéressants pétroglyphes situés à proximité.

Charme colonial

Le tout dans un cadre bucolique et verdoyant que l’on retrouve jusqu’aux abords de Cuenca, la troisième ville du pays et assurément celle ayant le plus de charme grâce à son centre historique.

Inscrit au Patrimoine de l’Unesco, comme celui de Quito, il est plus petit mais plus homogène avec quantité d’édifices du XVIe siècle et une rue où les maisons du XVIIIe et XIXe siècles semblent suspendues au-dessus de la rivière Tomabamba. Une véritable invitation à la flânerie. Cependant, plusieurs lieux méritent que l’on s’y attarde.

Citons la cathédrale surmontée de coupoles en céramique bleu pâle, le musée des Cultures Aborigènes et sa riche collection archéologique, ainsi que le musée Pumapungo dont les collections précolombiennes et ethnographiques incluent de rares têtes réduites provenant de tribus amazoniennes. Sans oublier un atelier de fabrication de panamas car ce célèbre chapeau de paille est d’origine locale et ne vient pas du pays éponyme.

Très rares sont les groupes à poursuivre plus au Sud et c’est dommage car cette région ne manque pas d’attraits: villages authentiques comme Saraguro, architecture coloniale de Loja, faune et flore du parc national Podocapus, paysages vallonnés et douceur de vivre de Vilcabamba.

En revanche, pas question de quitter la région de Cuenca sans voir le parc national Cajas, d’autant qu’il est aisément et rapidement accessible car traversé par la route conduisant vers le Pacifique.

Etagé entre 2 800 et près de 4 500 m d’altitude, façonné par les glaciers, il offre en effet des paysages grandioses et austères de landes constellées de centaines de lacs et de points d’eau pour certains couverts de roseaux.

Le littoral équatorien recèle quant à lui quelques belles plages, des poches de forêt tropicale, et de juin à septembre il est possible d’observer des baleines à bosse autour de l’île de la Plata.

Ceci étant, dans cette région, la quasi-totalité des groupes se contentent de visiter les principaux sites de Guyaquil, à savoir le quartier historique de Las Penas et le Malecon, promenade de 2,5 km ponctuée de restaurants, de jardins et d’attractions qui longe l’estuaire du rio Guayas.

La capitale économique de l’Equateur n’est en effet bien souvent qu’une brève halte avant le retour en France ou l’envol pour les Galàpagos qui se découvrent par des croisières ou des excursions en boucle à la journée depuis un hôtel.

Jamais reliées au Continent, sommets émergés de volcans sous marins, les 19 îles composant l’archipel offrent un spectacle unique au monde et l’impression de voyager dans le temps y prend tout son sens à la vue de certaines scènes.

Des centaines d’iguanes se prélassant au soleil sur des champs de lave déchiquetés, tortues géantes et manchots se faufilant entre des rochers, ciel rempli d’albatros, de frégates et de très photogéniques fous à pieds bleus, mer peuplée d’orques, d’otaries, de lions de mer et de dauphins,… Tout ramène aux premières heures de la création.

Douze jours minimum

Les distances étant réduites et le réseau routier en excellent état, un circuit de 12 – 13 jours au départ de Paris avec arrivée à Quito et retour depuis Guayaquil est suffisant pour découvrir à un rythme soutenu toutes les facettes de l’Equateur. Il faut, en revanche, prévoir un ou deux jours de plus pour aller au cœur de l’Amazonie où vivent des Indiens conservant leurs traditions et trois/quatre jours supplémentaires pour ajouter les Galapagos au programme. Une extension qui représente un surcoût non négligeable. Pour être sûr de voir les sommets des Andes, une seule solution, aller en Equateur entre juin et septembre. Durant tous les autres mois, ils sont quasiment toujours couronnés de nuages, ceux-ci étant de plus en plus nombreux au fur et à mesure que le jour avance. Hormis cela, les conditions sont bonnes jusqu’en mars, et décembre donne l’occasion d’assister aux fêtes de Quito. En ce qui concerne les autres régions, l’Amazonie peut connaître de fortes pluies de mars à juillet et les Galapagos se visitent tout au long de l’année. Quoi que demeurant très raisonnable, le coût de la vie est un peu plus élevé que dans les pays voisins, la conséquence de l’adoption du dollar comme monnaie nationale en 2000. En revanche, la sécurité y est bien meilleure. Il n’y a que dans certains quartiers de Quito et à Guayaquil qu’il faut faire attention et ne pas se promener seul.

Sydney Roturier, Pdg de Caractères d’Amériques

Quelle est l’importance actuelle de cette destination et ses perspectives d’avenir?

La demande est moins forte que pour le Pérou, mais est substantielle et régulière depuis une dizaine d’années avec parfois des groupes importants ou privilégiant le contenu du voyage au prix. C’est une destination qui va continuer à se vendre sur ce principe et qui peut même monter encore en termes de volume.

Quels sont les atouts de l’Equateur?

C’est une destination très complète, très authentique et très représentative de l’Amérique Latine avec volcans, Amazonie, paysages spectaculaires des Andes, villes coloniales, côte Pacifique, site Inca et marchés typiques.Tout ça en peu de kilomètres, ce qui donne la possibilité de faire des circuits courts ou longs et d’avoir une gamme étendue de niveaux de prix « de bon marché » à très haut de gamme. Par ailleurs, hors Galàpagos, c’est probablement la destination la moins chère d’Amérique du Sud, et elle ne souffre pas d’informations négatives vraies ou fausses comme d’autres pays de la région.

Les Iles Galapagos sont-elles à votre avis incontournables et pourquoi?

L’Equateur vaut le détour pour sa diversité, même sans les Galàpagos. Mais, si le budget le permet, finir sur ces îles mythiques est un vrai « plus ».

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