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Chaigneau Voyages: tirer le tourisme en autocar vers le haut

Producteur | publié le : 01.04.2015 | Dernière Mise à jour : 01.04.2015

Auteur

  • Catherine Mautalent

Entreprise Les Cars du Bocage et Chaigneau Voyages. Sous ces deux noms, deux activités. La première est le transport (scolaire et navettes), la seconde le tourisme, représentée par quatre agences de voyages ainsi qu’une production GIR et groupes constitués. Un segment touristique qui a été plus particulièrement développé ces dernières années.

Pouzauges en Vendée. C’est là que commence l’histoire de l’entreprise familiale Les Cars du Bocage, dont les premières pages ont été écrites par Maurice (alors chauffeur poids-lourd) et Odette Chaigneau. C’était en 1958, le garage était à cette époque sous le domicile familial… Marchés, foires ou encore pélerinages constituaient alors la base de l’activité, avant qu’elle ne se déploie avec la mise en place des ramassages scolaires. En 1976, un terrain situé à Pouzauges est acquis afin d’y installer l’entreprise, un siège social qui n’a pas bougé depuis. La même année, Patricia Guignard – l’un des trois enfants de Maurice et Odette – intègre Les Cars du Bocage, assurant le secrétariat. Une intégration « naturelle », sans aucune obligation. Elle est aujourd’hui directrice administrative. Bien des années plus tard, exactement en 1984, la société Les Cars du Bocage devient une SARL. Tandis que la première agence de voyages voit le jour en 1985 au siège de Pouzauges, résultat d’une mise en conformité avec la loi imposant de séparer les activités transport et tourisme. Chaigneau Voyages nait. Avec aussi pour objectif de développer la partie production autocar.

En 1990, année durant laquelle Maurice Chaigneau prend sa retraite, Franck – frère de Patricia – arrive à son tour dans l’entreprise, après avoir fait ses armes chez un autre autocariste, basé lui, à Clamart en région parisienne. Il prend alors la gérance.

Entre temps, un autre frère, Didier, participera, lui aussi, au développement de l’entreprise entre 1981 jusqu’à son décès en 2005.

Et c’est encore en 1990 qu’est embauché un commercial, Serge Daviaud, afin de développer l’activité tourisme de l’entreprise, dont le parc véhicules était alors de 20 autocars. « Avec la volonté de mettre en avant notre propre production, notre production autocar », insiste Franck Chaigneau. Ce qui n’empêche pas l’entreprise de signer un partenariat exclusif avec Salaün Holidays sur le département en 1997 qui, reconnaît Patricia Guignard « a permis de booster nos ventes ». Un partenariat encore aujourd’hui d’actualité.

En 1997, toujours, est mis en place un service de navettes gares et aéroports. Dix ans plus tard, Chaigneau Voyages ouvre une nouvelle agence de voyages à La-Roche-sur-Yon (85), et en même temps adhère au réseau Afat (Selectour Afat depuis…).

En 2008 est créée la marque « Vision’ère », marque déposée et apposée sur les autocars (« Vision’ère by Chaigneau Voyages ») « pour tirer le voyage en autocar vers le haut en offrant à bord des véhicules un confort optimal », explique Franck Chaigneau. Passant de fait par l’achat de véhicules en adéquation avec la démarche, à l’exemple d’un TX17-Astronef de Van Hool ou d’un Lion’s Coach de Man. Une gamme d’autocars « grand luxe » (deux aujourd’hui arborent cette marque sur les huit dédiés au grand tourisme), dont l’espacement entre les sièges est de près d’un mètre, avec inclinaison du dossier, des reposes-mollets, des plaids et bloques-nuques fournis, et proposant un « nouvel espace voyage » pour « découvrir le voyage autrement » comme le mentionne le document publicitaire de l’entreprise. « C’est une prestation que l’on facture en conséquence, et qui est d’environ 10 % plus chère qu’en autocar tourisme ou grand tourisme classique », ajoute Franck Chaigneau. En janvier 2010 s’ouvre à Montaigu (85) une troisième agence de voyages, puis la même année est racheté un point de vente basé à Fontenay-le-Comte (85) situé dans une galerie marchande.

Et en 2012 paraît la première brochure groupes… imprimée, avec en parallèle la volonté affichée de développer le segment GIR. Le tout sur la base d’une production maison. En autocar sur des formules journées et mini-séjours.

À la même époque, les autocars exploités en tourisme et grand tourisme n’arborrent plus le nom Les Cars du Bocage (réservés à l’activité scolaire), mais Chaigneau Voyages « pour renforcer notre image de voyagiste », explique Franck Chaigneau. Le logo de l’entreprise, lui, avait changé un an auparavant pour un nouveau graphisme, là encore, « plus marqué voyagiste ». Enfin, en ce début d’année 2015, le service groupes a pris ses nouveaux quartiers au centre-ville de Pouzauges partageant ses locaux avec l’agence de voyages classique. « L’année dernière, nous avons enregistré une forte progression sur l’activité tourisme que nous avons d’ailleurs particulièrement boosté, souligne Franck Chaigneau. D’autant que parallèlement, nous avions perdu des lignes scolaires à la rentrée 2013 (12 sur 35, ndlr), il a donc fallu pallier cette situation ».

Positionnement sur les voyages scolaires

Aujourd’hui, le service commercial groupes est composé de quatre personnes, avec à sa tête Serge Daviaud, responsable commercial groupes. « Le travail est mutualisé, chacun opérant sur les mêmes missions, de la production à la commercialisation, en passant par les devis, la réservation, le suivi des dossiers… », indique Franck Chaigneau. Une clientèle groupes que l’entreprise vendéenne a toujours travaillé (associations, clubs du troisième âge…), et dans un premier temps sur une zone de chalandise limitée à Pouzauges et ses communes alentours.

Et côté offre: la France et les pays limitrophes. Pas de démarche commerciale à l’époque, pas de brochure, il s’agissait essentiellement de répondre à la demande, mais « des clients fidèles », glisse Patricia Guignard. Il faudra attendre les années 90 pour que Chaigneau Voyages commence à éditer des feuillets suggérant des programmes. Toujours en autocar. Mais cette fois, avec l’appui de Serge Daviaud, qui venait d’être embauché en tant que commercial groupes.

Et un challenge: développer une nouvelle clientèle, à la fois en élargissant la zone de chalandise, et en s’intéressant notamment aux comités d’entreprise ainsi qu’aux scolaires via les écoles. Sur ce dernier segment, un document d’appel de quatre pages (5 200 exemplaires édités) fera l’objet d’une parution annuelle. En 2015, il est toujours édité. Destiné aux classes primaires, secondaires et techniques, il propose des séjours en France et à l’étranger. Clé-en-main et à la carte. En autocar et en avion. « Une offre qui s’est bien développée au fil des ans, qui marche bien », relève Patricia Guignard. « Cette activité représente près de 50 % de notre volume d’affaires sur notre production tourisme », renchérit Franck Chaigneau, soulignant par ailleurs qu’il s’agit d’une clientèle fidèle.

Du côté des comités d’entreprise, c’est un peu différent. « C’est un marché complexe où la concurrence est forte et dont les décideurs changent régulièrement, constate Serge Daviaud. Nous sommes dans un milieu rural et il n’y a pas de très grosses entreprises. De plus, elles sont régulièrement sollicitées en direct par les tour-opérateurs ». Et ces comités d’entreprise sont plus demandeurs de produits séjours avec un acheminement aérien, donc finalement « apportant peu de valeur ajoutée sur la vente », poursuit-il. D’où la nécessité, selon le responsable commercial groupes, de leur construire des produits plus originaux, hors des sentiers battus, afin de pouvoir les intéresser (type rallye, par exemple). En d’autres termes: leur faire du sur mesure. Un moyen de se démarquer de la concurrence. « Depuis deux ans, je constate que ces comités d’entreprise ne sont finalement pas si individuels que la tendance ne laisse le penser, et qu’au contraire, reviennent à des envies de voyages en groupe », relève Serge Daviaud. À ce jour, cette clientèle constitue 11 % du volume d’affaires de Chaigneau Voyages.

Une brochure commune « groupes et GIR »

Pour les autres segments de clientèle (associations, clubs…), que Chaigneau Voyages continuera parallèlement à travailler tout au long de ces années, une première brochure groupes verra le jour en 2012 (elle est parue en octobre 2011). Un moyen de développer cette activité tourisme et surtout de permettre de s’appuyer – commercialement parlant – sur un support papier destiné à rendre plus visible l’offre proposée. Une parution (elle fait une trentaine de pages) qui en cette année 2015 n’est plus estampillée que « groupes », mais « groupes et individuels » en raison de l’arrivée d’une rubrique « programmation datée », afin de développer le GIR et le minigroupe. Si la première édition était uniquement axée sur le produit autocar, les suivantes seront étoffées par de l’avion. À minima cependant. Sept produits sont insérés dans la version 2015 (Corse, Italie, Allemagne, Irlande, New-York, Pérou…) qui côtoient quelques offres croisières. L’essentiel étant concentré sur une programmation autocar d’un à dix jours, à l’exemple d’un « Castille-Andalousie ». Sans oublier des pages dédiée aux événements, aux « ludiques » (rallyes, sport…), aux parcs d’attractions et animaliers ou encore aux cabarets et repas animés. La brochure est envoyée aux clients et aux prospects, décideurs groupes quels qu’ils soient. « Même si les clients n’achètent pas tous les voyages mentionnés en brochure, elle permet de créer la demande en rendant visible une offre suffisamment large, relève Franck Chaigneau. Montrer ce que l’on est capable de faire, être force de propositions et les inciter à venir nous consulter ». En cela, la brochure est un « support de communication important », poursuit-il. Même si « 90 % du travail du service groupes consiste à faire du sur mesure », glisse de son côté Serge Daviaud. La production est, bien sûr, maison. Si Chaigneau Voyages dispose d’un site web depuis plusieurs années maintenant, il est actuellement « en cours de refonte totale dans l’objectif d’être plus dynamique et ergonomique », annonce Franck Chaigneau. Si pour la clientèle individuelle, il devrait permettre de se pré-inscrire sur un programme, pour les groupes il offrira la possibilité de consulter la brochure en pdf ou encore d’y découvrir des sélections de produits. Tout en gardant la présence d’un formulaire de demande de devis. « Aujourd’hui, nous avons au moins une demande par jour de décideurs groupes qui sont de nouveaux clients », relève Serge Daviaud. La nouvelle version devrait être opérationnelle dans le courant de cette année 2015.

Groupes constitués: l’essentiel de la clientèle

Pour rester en contact avec ses clients groupes et individuels, Chaigneau Voyages fait partir chaque mois une newsletter, aux côtés d’envois ponctuels à l’occasion d’un événement particulier ou pour lancer une offre spéciale.

Par ailleurs, et toujours ciblant les deux segments de clientèle, l’entreprise organise une « conférence », l’occasion de faire quelques coups de projecteurs sur des destinations. Elle a lieu une fois par an au moment de la sortie de la brochure. Chaigneau Voyages expose aussi à des salons ciblés, comme ceux dédiés aux seniors et aux comités d’entreprise.

Pour la clientèle individuelle (et uniquement sur l’activité distribution) est proposée une carte de fidélité. Il suffit d’accumuler un certain nombre de points à chaque voyage acheté pour bénéficier d’une remise. « Un système qui marche bien », glisse Patricia Guignard. Concernant les groupes, Chaigneau Voyages organise depuis plusieurs années, mais de façon ponctuelle, des eductours (le dernier a eu lieu en 2013), en partenariat avec la destination choisie, un eductour de deux jours en France mobilisant à chaque fois un autocar. Clients et prospects sont ici sollicités, moyennant une petite participation pour le décideur, une autre plus importante pour l’accompagnant. « La participation est remboursée dès le premier voyage, quel qu’il soit, pour le décideur, quant à l’accompagnant, il en sera de même mais s’il part sur un voyage d’au moins deux jours », précise Franck Chaigneau.

Et puis, l’entreprise fait ponctuellement des publicités dans un magazine dédié aux seniors, avec parallèlement une présence dans l’Intermarché de Montaigu via un diaporama qui tourne quotidiennement en boucle au-dessus des caisses. « L’agence de voyages de Montaigu est mise en avant, et ce pour un coût tout à fait abordable », indique Franck Chaigneau, sans cependant en dire plus.

Aujourd’hui, sur sa production maison, Chaigneau Voyages touche 90 % de groupes constitués et 10 % de GIR. Avec la difficulté sur ce dernier segment de clientèle de ne pas toujours pouvoir remplir un autocar. Une situation, qui à l’instar d’autres autocaristes, conduit à proposer de mixer sur un même voyage un groupe, qui peine à fédérer un minimum de participants requis, avec des individuels. « Une alchimie qui n’est pas toujours bien vécue, reconnaît cependant Serge Daviaud, mais où chacun trouve finalement son compte. Le voyage est assuré tandis que le groupe a bénéficié d’un tarif attractif ».

Quant au voyage en autocar, il n’y a aucun doute pour Franck Chaigneau: « il a encore beaucoup d’avenir, même s’il sera amené à évoluer ». Plutôt sur de courtes et moyennes distances, selon lui.

Une évolution qu’anticipe déjà le gérant de Chaigneau Voyages, en ne cachant pas son souhait de développer une activité réceptive.

Vite dit…

En cette année 2015, Chaigneau Voyages dispose d’un autocar pouvant accueillir une personne en fauteuil roulant. De plus, pour faciliter le transport de bagages volumineux, l’entreprise a investi dans une remorque.

Chaigneau Voyages

→ Volume d’affaires 2014: 5,360 millions d’euros dont 50 % en revente TO, 32 % via les groupes, 11 % en billetterie et 7 % en GIR.

→ 47 % des groupes sont des scolaires, 42 % des associations/amicales et 11 % des comités d’entreprise.

→ Les groupes proviennent de Vendée et des départements limitrophes.

→ Quatre points de vente en Vendée: Pouzauges, La Roche-sur-Yon, Montaigu et Fontenay-le-Comte (ce dernier point de vente est situé dans une galerie marchande).

→ Membre du réseau Selectour Afat

→ Les destinations privilégiées en 2014 ont été, pour la France, la région nantaise, le Saumurois, le Morbihan, Paris ou encore l’Ardèche Vercors. Côté étanger: l’Espagne, l’Italie et le Portugal.

→ Les tendances 2015: les mêmes destinations que 2014, avec cependant de nouvelles destinations à l’exemple de la Charente-Maritime pour la France, et de l’Irlande pour l’étranger.

Les Cars du Bocage

→ Chiffre d’affaires 2014: 2,2 millions d’euros dont 59 % réalisés via le tourisme, 37 % en scolaire et 4 % dans le cadre des navettes aéroports/gares.

→ 26 lignes scolaires en Vendée.

→ 24 autocars de marques Iveco Bus, Temsa, dont huit de tourisme et grand tourisme de marques Man-Neoplan et Van Hool.

→ 35 salariés dont 30 conducteurs

→ Siège social: Pouzauges en Vendée.

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