Menu

Le choix de la diversification touristique

Destination | publié le : 01.04.2015 | Dernière Mise à jour : 01.04.2015

Image

Le choix de la diversification touristique

Crédit photo Jean-François Bélanger

Auteur

  • Jean-François Bélanger

République dominicaine Dominée par les plus hautes montagnes des Antilles, dotée de plages magnifiques, la destination s’est vite imposée parmi les stars des Caraïbes. Elle n’a pas manqué de séduire la clientèle française qui a pris, peu à peu, la place de ses premiers marchés européens. Aujourd’hui, ses promoteurs cherchent à diversifier son tourisme autour du balnéaire, à travers d’autres approches, comme celles de l’art de vivre et de la culture par exemple.

Des plages pour des vacances balnéaires et des souvenirs illustrés d’images idylliques de palmiers et de vie facile, à prix mesuré, c’est ce dont se souviennent traditionnellement les touristes à leur retour. À prix mesuré, effectivement, car la République dominicaine a aussi été précurseur, en matière de prestations hôtelières, l’une des premières à proposer les formules all inclusive. C’est bien là, le cliché que l’on a de cette partie de l’île d’Hispaniola, la plus peuplée des Antilles, la deuxième en superficie derrière Cuba, découverte en 1492, comme d’autres, par Christophe Collomb. Et c’est sans doute pour tout cela que les Français figurent aujourd’hui parmi les premiers visiteurs de la République dominicaine. Selon les chiffres fournis par la banque centrale du pays, pour l’année dernière, ce sont les États-Unis (1,7 million de visiteurs) et le Canada (700 000) qui, proximité oblige, sont les premiers marchés internationaux du pays. En ce qui concerne l’Europe, l’Allemagne, avec 230 000 arrivées vient de prendre le leadership, d’un souffle, à la France (229 000), devant la Russie (180 000), l’Espagne (150 000) et le Royaume-Uni (126 000). L’industrie touristique demeure un élément clé pour le développement économique du pays. Le nombre de touristes continue d’augmenter régulièrement, en dépit de la baisse de la clientèle européenne, à laquelle se substituent progressivement des touristes en provenance de nouveaux marchés émetteurs. C’est pour cela que la diversification de l’offre touristique reste si indispensable, notamment pour la clientèle européenne, afin que la République dominicaine conserve son positionnement de leader sur l’axe Caraïbes. Les efforts de promotion des pouvoirs publics, ainsi que les projets d’expansion du secteur privé, vont dans ce sens. Et les thématiques de l’art de vivre et la culture y contribuent, celles du tabac et du rhum s’inscrivent opportunément dans cette stratégie.

Championne du monde du cigare

Depuis que les géniaux éleveurs de tabac cubains sont arrivés en République dominicaine, après s’être brouillés avec Fidel Castro dans les années 60, apportant semences et savoir-faire, ils ont fait le bonheur de cette nouvelle terre, et l’élève a dépassé le maître.

Cette histoire, plusieurs industriels exploitants locaux, qui sont aussi souvent liés aux majeurs mondiaux de l’industrie du tabac, ont souhaité la mettre au service du tourisme. Comme on peut envisager chez nous la visite d’une usine ou d’une cave, ici, les manufactures de cigares s’ouvrent au public. C’est par exemple le cas de la Tabacalera de Garcia (General Cigar), proche de La Romana, dans le sud-est de l’île. C’est le plus important site de fabrication de cigares au monde: annuellement, 40 millions d’unités, de différentes marques haut de gamme (Cohiba, Bolivar, Partagas…) sortent des mains de 5 000 employés, alors que 650 millions sont fabriqués parallèlement à la machine. On peut assister aux multiples et complexes tâches qui jalonnent le parcours d’une feuille de tabac, depuis son arrivée, jusqu’à la mise sous cellophane, puis la disposition en boîte du cigare fini. Une multitude d’opérations spécialisées et de contrôles effectués par une main d’œuvre experte en la matière, pour une activité en continue, sept jours sur sept et 24 heures sur 24, dans cette unité qui affiche avec fierté sa certification Iso 14 001. Ici, l’industrie du cigare veut assumer sa vocation sociale et son rôle de leader en la matière: « nous sommes impliqués dans beaucoup des secteurs d’assistance: nous intervenons dans l’aide à la scolarité, aux sports, à la santé… de nos employés », explique Jhonys Diaz, patron de la General Cigar, propriété d’une société scandinave basée aux États-Unis.

Autre cas similaire: celui de l’atelier de fabrication de Davidoff, proche de Santiago de Los Caballeros. Là, on peut même constater la pollinisation des fleurs du tabac et assister de la même façon à la succession des tâches de fermentation, maturation, séchage, assemblage, roulage, contrôle…Ces derniers étant peut-être ici encore plus nombreuses et encore plus stricts. Car le cigare est un produit de luxe et ne doit souffrir d’aucune imperfection. Selon la qualité, on peut en trouver à partir d’un euro pièce mais son prix, pour des séries limitées, peut dépasser les 400 euros!

Des pistes gourmandes

Partant de là peuvent s’organiser à l’attention des visiteurs, des « cigars master class », pour être initié à la culture du tabac et du cigare, des « cata », c’est-à-dire des séances de dégustation comparatives, un peu à la manière des wine tasting. Et l’on peut repartir avec sa boîte de cigares personnalisée, après pourquoi pas, avoir mis la main à la pâte. Des visites qui peuvent prendre autour des quatre à cinq heures, avec ou non le déjeuner organisé sur place. « L’organisation peut prendre en charge les groupes depuis la France ou depuis les principaux aéroports de l’île ou des hôtels et resorts avec des transferts, en autocar, en hélicoptère ou en avion privé », précise Vincent Krembel, ambassadeur de la marque Davidoff, basé à Bâle. Une illustration qui permet de constater qu’il est possible d’envisager la République dominicaine en complément, ou sous d’autres aspects, que le strict côté balnéaire. D’autres pistes existent, avec des thématiques toujours dans l’art de vivre. C’est le cas du rhum. Il est convenu de dire, en effet, que l’on trouve en République dominicaine deux des dix meilleurs rhums du monde. Près de Puerto Plata, un peu plus au nord de Santiago de Los Caballeros, c’est le cas de la rhumerie Brugal, fondée par les Espagnols dès 1888. Elle s’enorgueillit de toujours appartenir à sa famille d’origine, et propose un intéressant site de visite et d’accueil pour les groupes avec, pour le plus impressionnant, le site d’embouteillage. Cigares, rhum… que l’on pourrait aussi compléter, comme souhaite le faire Step Travel (voir encadré) à d’autres visites, toujours dans le même ordre d’idées culturel et d’art de vivre: le cacao, le café…

Le Procigar Festival: le summum du top

C’est désormais un rituel depuis une dizaine d’années, le Procigar Festival réunit tout ce que la planète compte d’inconditionnels du cigare haut de gamme, celui qui est fabriqué et roulé à la main. Sa huitième et dernière édition s’est tenue du 15 au 20 février derniers, comme les précédentes, juste avant le carnaval traditionnel, à Santiago de Los Caballeros, deuxième ville du pays, capitale mondiale du cigare et considérée comme le véritable poumon économique de la République dominicaine. La destination est devenue le premier pays producteur de cigares au monde. Et ils représentent l’un de ses principaux produits d’exportation. Plus de 210 millions de cigares Premium, c’est-à-dire fait à la main, constituent près de la moitié du marché mondial. Ils sont exportés à destination de 160 pays à travers la planète. À cela, on peut ajouter 3,7 milliards d’autres unités moins prestigieuses, des cigares qui sont fabriqués à la machine. Au total, l’industrie du tabac totalise annuellement 600 millions de dollars, contribuant à hauteur de 1 % du PIB du pays. À ce Procigar Festival participent environ 300 passionnés ou professionnels du milieu du cigare, en provenance d’une vingtaine de pays. En la circonstance, certains amateurs n’hésitent pas à mettre la main à la poche pour toucher du doigt la réalité de leur passion et explorer in situ son histoire. Du fait de la proximité et du poids majoritaire du marché, les Américains sont les plus nombreux, mais on voit aussi de plus en plus d’Asiatiques, pour qui le cigare rejoint leur goût pour le raffinement et le luxe, tout en confortant la reconnaissance d’un certain statut social. Au total, le marché du cigare, au niveau mondial a augmenté de 3 % au niveau mondial en 2013.

Step Travel se lance dans l’incentive

Step Travel, jeune agence créée en janvier dernier, a saisi l’occasion fournie par le huitième Procigar Festival, qui vient de se tenir en République dominicaine en cette fin février, pour annoncer une production spécifique, pour des minigroupes. Une initiative qui sera mise en musique par Robert Marre (en photo), qui vient de rejoindre cette agence de voyages, après une carrière passée en tant que responsable des achats au siège du groupe Safran, en région parisienne: « j’ai souhaité mettre mon expérience en matière de négociation des prestations aériennes, hôtelières, de location de voitures… au profit de Step Travel », explique-t-il. La République dominicaine sera donc la première destination qu’il proposera au voyagiste, jusque-là orienté vers l’Europe de l’Est. « L’univers du cigare est passionnant et qualitatif. Il suscite auprès de la clientèle de la curiosité, d’autant que plusieurs sites d’exploitation dominicains disposent des installations nécessaires à l’accueil de groupes, pour des opérations de découvertes et d’initiation, justifie-t-il. Nous proposerons ce type de voyages à destination de l’univers du tabac, avec la possibilité de coupler avec d’autres thématiques dominicaines, orientées elles aussi sur l’art de vivre… avec un déroulé similaire », ajoute Robert Marre. Au total, des activités sur quelques jours, qu’il pourrait compléter de deux ou trois autres en séjour balnéaire.

« Je souhaite livrer un produit fini qui sera de qualité; il devrait être disponible sur le marché dès 2016 », prévoit Robert Marre.

Div qui contient le message d'alerte

Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire

Mot de passe oublié

Déjà abonné ? Créez vos identifiants

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ? Remplissez les informations et un courriel vous sera envoyé.

Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format