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La ruée des professionnels français au Portugal

Destination | publié le : 01.04.2015 | Dernière Mise à jour : 01.04.2015

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La ruée des professionnels français au Portugal

Crédit photo Jean-François Bélanger

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  • Jean-François Bélanger

Marché Avec une progression des nuitées hôtelières de 80 % en dix ans, et de 20 % rien que sur cette dernière année 2014, le Portugal continental et ses îles confirment bien que cette destination a su mettre en avant ses qualités pour récupérer une grande partie de la clientèle française qui ne se rend plus dans les pays du Maghreb…

Jean-Pierre Pinheiro, directeur de l’office national du tourisme du Portugal pour la France, présent à la dernière édition du salon professionnel de la Bourse du Tourisme de Lisbonne (BTL) en février, se réjouit depuis quelques années du marché dont il a la charge. « En 2014, nous estimons la fréquentation française à deux millions de visiteurs, dont 1,6 million venus par le mode aérien, le reste par voie terrestre: autocars ou voitures. Selon les statistiques hôtelières, le marché français a représenté, toujours pour cette même année, environ un million de clients, c’est-à-dire une progression de près de 20 % par rapport à l’année précédente », précise-t-il. Des chiffres qui contribuent à faire flamber le secteur touristique portugais. Toujours sur l’année dernière, les recettes touristiques ont représenté 10,3 milliards d’euros, en progression de 12,4 % par rapport à 2013, et le marché français a contribué à hauteur de 1,8 milliard d’euros, en progression de 10,5 %.

Des chiffres qui s’expliquent de plusieurs façons. Laura Schweitzer, de l’agence Ewenements, présente à Lisbonne à l’occasion du dernier BTL, les résume assez bien: « nous organisons des voyages en groupe pour des événements en France et à l’étranger. Le Portugal bénéficie d’une bonne image et d’une bonne notoriété, portées par le bouche à oreille sur les marchés. Les activités sont multiples: nautiques, excursions variées à la fois nature, culture, gastronomie…, avec un service satisfaisant. Il n’y a pas de problème d’insécurité ici et le tout est proposé à des tarifs compétitifs », constate-t-elle. Pourtant, les pistes de croissance subsistent encore. Car, si la France a ravi, en 2014, la troisième place à l’Allemagne dans la hiérarchie des marchés internationaux, en terme de nombre de visiteurs, elle reste assez loin du pays d’outre-Rhin, en ce qui concerne le nombre de nuitées.

Augmenter le nombre de nuitées

Car la clientèle française reste particulièrement atypique. Alors qu’avec ses plages, ses équipements en hébergement et son climat, l’Algarve est la première région touristique du Portugal pour l’ensemble des différents marchés internationaux, la clientèle française privilégie, elle, les villes de Lisbonne et de Porto. « Avec la multiplication des relations aériennes par les low cost, les city-breaks font un carton sur le marché français », constate Jean-Pierre Pinheiro. Ce qui a pour conséquence une multiplication des courts séjours. Ainsi, « la durée moyenne des séjours des Français n’excède pas trois nuits », ajoute-t-il. C’est aussi ce qui explique que l’Allemagne, avec un nombre de visiteurs inférieur, dépasse largement la France en ce qui concerne le nombre des nuitées. Des pistes sont en cours d’exploration pour attirer le marché français vers des séjours plus longs. Elles vont se concrétiser dès cet été: « nous allons travailler dorénavant sur l’allongement de la durée des séjours des Français grâce notamment à deux voyagistes influents sur le marché hexagonal qui vont ouvrir prochainement des hôtels-clubs, un Lookea à Albufeira en Algarve, et un Framisima à Troia dans l’Alentejo. D’autres voyagistes vont s’engager aussi en Algarve et, pour 2016, des négociations sont en cours avec un important voyagiste français pour un autre établissement hôtelier. Rien que pour cette année, nous tablons sur 150 000 nuitées supplémentaires », annonce Jean-Pierre Pinheiro.

Des accords de co-branding en gestation

Pour mettre en musique cette stratégie de poursuite de la croissance, l’office national du tourisme va investir dans deux directions, en France. Jean-Pierre Pinheiro: « pour ce qui est des ventes directes, nous allons augmenter nos investissements dans la communication on line. Et pour ce qui est des produits packagés, ceux qui sont à même d’élargir la durée des séjours, nous nous appuierons sur les réseaux de distribution traditionnels, et sommes ouverts à négocier avec les voyagistes et les compagnies aériennes pour signer des accords de promotion co-financés et co-brandés. De plus, dans le domaine spécifique du tourisme d’affaires, pour l’organisation des conventions et séminaires, nous allons organiser en novembre prochain, à Paris, notre premier workshop s’adressant aux agences de ce secteur ». D’une façon générale, la délégation française emmenée par l’office national du tourisme du Portugal et la compagnie Tap Portugal, présente au dernier salon BTL de Lisbonne, est déjà convaincue de l’intérêt de la destination. Les agences qui ne la programment pas encore, souhaitent le faire et celles qui la programment déjà veulent renforcer leurs propositions. Les moyens supplémentaires apportés par l’office national du tourisme du Portugal, devraient donc permettre de poursuivre, encore quelque temps, la formidable dynamique de croissance que connaît la destination portugaise sur le marché français.

Paula Oliveira, directrice générale de Tourisme Lisbonne

« Si la France est le troisième marché international du Portugal, derrière le Royaume-Uni et l’Espagne, elle est devenue le deuxième marché de la ville de Lisbonne, juste derrière l’Espagne, mais devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. Entre 2009 et 2014, le nombre de visiteurs français à Lisbonne, a augmenté de 86 % et le nombre de nuitées de 108 %. Depuis la France, Lisbonne bénéficie d’une desserte aérienne de qualité: nous avons décompté 212 vols par semaine en hiver et 239 vols en été. L’année dernière, nous avons enregistré 11 millions de nuitées, pour une fréquentation supérieure à 500 000 visiteurs internationaux, ce qui correspond à une progression de 15 % par rapport à l’année précédente. Le tourisme de loisirs représente environ 60 % de ces chiffres et le tourisme d’affaires 40 %. Ce sont le bon rapport qualité/prix, la qualité du service et, d’une façon générale, le sentiment de sécurité qui expliquent ces bons résultats. Mais nous pensons avoir encore des marges de progression. Rien qu’à Lisbonne, nous allons enregistrer, cette année, l’ouverture de plus d’une quinzaine d’hôtels supplémentaires. Même si nous comptons plusieurs sites d’accueil de congrès ou de convention, pour les groupes affaires, la grande question reste celle de la construction d’un véritable centre de congrès. C’est un sujet récurrent depuis longtemps. Avec les résultats obtenus ces derniers temps sur ce segment, et avec la perspective des prochaines élections de septembre prochain, nous espérons que ce dossier va enfin avancer ».

Tap Portugal augmente ses fréquences pour l’été

En 2014, la compagnie Tap Portugal a transporté 1,194 500 million de passagers entre la France et le Portugal, et a contribué à l’essor de la destination, grâce notamment à ses vols réguliers depuis Paris, Bordeaux, Lyon, Marseille, Nice, Toulouse et depuis février dernier, Nantes. Ces chiffres représentent une augmentation du trafic de 4 %, par rapport à 2013. Pour accompagner sa montée en puissance, la compagnie aérienne va opérer cet été 162 vols hebdomadaires, contre 158, l’été dernier.

Richard Dilon, directeur général de Destino Mundo (Marseille)

Voyagiste on line depuis trois ans, Destino Mundo était jusqu’à présent surtout impliqué sur les voyages sur mesure, pour les individuels, principalement à destination de l’Amérique du sud et du Brésil en particulier, du Mexique et aussi de l’Asie: « dans notre processus de développement, nous souhaitons dorénavant nous appuyer sur des propositions de voyages pour des groupes d’une dizaine de personnes, en moyen-courrier », explique Richard Dilon, son directeur général. Jusqu’alors Destino Mundo ne travaillait qu’occasionnellement sur la destination Portugal, pour quelques groupes ponctuels, mais aujourd’hui, il souhaite passer à la vitesse supérieure, tout en se démarquant par rapport aux voyagistes généralistes, en travaillant des programmes de niches ou thématiques: « des produits plus complexes qui peuvent associer plusieurs régions comme Lisbonne et Porto, Lisbonne et l’Algarve… », poursuit-il. Des propositions qui peuvent se faire avec des hébergements en location ou dans l’hôtellerie classique. Comme d’autres professionnels du tourisme, Richard Dilon relève les qualités de la destination: « le service est bon, beaucoup de gens parlent français et les prix restent corrects. Nos programmes proposés via le net seront prêts pour l’été 2016 ».

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