DubaïIl faut le voir pour le croire. L’émirat de Dubaï, par une inimaginable audace a transformé en une cinquantaine d’années un petit village de pêcheurs en une métropole d’envergure internationale qui n’en finit plus d’anticiper sur le futur et de titiller les limites du possible. Dans le tourisme aussi, Dubaï repousse toujours plus loin ses ambitions, jouant de ses atouts uniques au monde et du développement vertigineux de ses connexions aériennes pour grimper quatre à quatre les marches vers le succès.
Et si l’on envoyait tout balader, la crise, les courbes molassonnes, le goût de la décroissance, les rêves étriqués et les espoirs rabougris? Et si l’on s’offrait une parenthèse à six ou sept heures d’ici, sous le soleil 365 jours par an, sans autre obstacle que le temps qui file inexorablement, là-bas aussi?
À présent que le « toujours plus » d’avant s’est transformé en toujours moins tout le temps, il est revigorant de faire comme si de rien n’était, de passer du peu au trop, du diminutif au superlatif. Rendez-vous avec la démesure, avec l’enthousiasme, quitte à frôler l’indécence parfois, mais ça c’est un retour de surmoi d’occidental, rendez-vous à Dubaï.
La douceur printanière, qui dépasse 30o à minuit passé, et le sentiment de sécurité ambiant facilitent un atterrissage en douceur au coeur de la ville. Le confort exceptionnel de l’hôtel Oberoi Dubaï ne peut qu’amplifier ce bien-être. L’agitation sera pour le lendemain. Par où commencer, que visiter, comment se situer dans cette ville posée entre mer et désert? Il y a tant à faire, tant à voir que, d’avance, le séjour semble déjà trop court. Il y a bien sûr l’incontournable gratte-ciel le plus élevé du monde, la tour Burj Khalifa qu’on aperçoit au loin tutoyant le ciel d’azur. Elancée, quand on culmine à 828 m de hauteur, il est difficile de ne pas l’être, élégante comme la fleur du désert dont son architecture s’inspire, cette tour effilée constitue un excellent poste d’observation sur des kilomètres à la ronde. De là haut au 125e étage du café-restaurant At the Top ou, à présent, aussi au 148e étage où se trouve la plateforme d’observation, la ville ressemble à une création du jeu de stratégie Simcity. Les bassins aux eaux turquoise qui irriguent les constructions modernes tout autour du gratte-ciel renforce cette impression. Et, tout près finalement, le désert est là, tout d’ocre et de jaune pâle.
Envoûtant le désert, certainement, mais les créations humaines à Dubaï aussi. Aucune tour n’inspire l’ennui, des torsades ici, des inclinaisons là, le spectacle, même immobile, de ces prouesses d’architecture et d’imagination est tout simplement fascinant. En tant d’autres endroits le regard se laisse ainsi emporter, devant Burj al Arab, comme une voile géante gonflée par les vents du golfe arabo-persique vers lequel elles s’avance, devant ces édifices ultra-modernes, de verre et d’acier, que des jeux de lumière semblent mettre en mouvement quand la nuit est tombée. D’autres lieux encore, comme ces gigantesques galeries marchandes où le décor vaut à lui seul la visite. Le décor et pas seulement lui. L’aquarium du Dubaï Mall et ses 33 000 espèces aquatiques a l’élégance d’offrir les tribulations des poissons à la vue de tous les passants qui se promènent dans la galerie marchande. Derrière un épais mur de verre haut d’une trentaine de mètres, le ballet multicolore, indolent ou nerveux ne cesse jamais. L’aquarium, qui compte parmi les plus beaux du monde, héberge 400 requins et raies. Plus loin, c’est la vaste patinoire et une impensable chute d’eau qui attirent les passants entre deux contemplations de vitrines. Pour le choix, il y a le choix. Pour les affaires, mieux vaut patienter jusqu’au moment des soldes, en janvier, ou profiter des promotions, car si le choix est là, les tentations aussi! Chaque mall de Dubaï a son état d’esprit, parfois très kitsch, parfois très élégant. Les transports publics modernes et efficaces ou les taxis, nombreux et disponibles, permettent de passer d’un quartier à l’autre, d’une ambiance à l’autre très aisément.
Mais à un moment ou un autre, il faudra aussi se jeter à l’eau, enfin prendre le bateau pour faire le tour de The Palm, ces terres en forme de palmier gagnées sur la mer, ou filer pour se divertir au milieu de nulle part vers l’île du Liban, la seule de l’archipel artificiel en forme de mappemonde, à être vraiment construite. Plus classiquement aussi, à bord des vieux abras pour traverser le creek qui irrigue la vieille ville. Le creek, naturel au départ, a été rallongé de plusieurs kilomètres, mais les façades des vieux immeubles qui s’y reflètent ont conservé l’authenticité des origines. Il faut se rendre au musée historique de Dubaï, installé dans l’enceinte du Fort Al Fahidi construit autour de 1787 pour plonger, comme autrefois, comme avant l’emballement urbain, avec les pêcheurs de perles de culture et filer à travers un souk à l’ancienne. Les souks de toujours dans la vieille ville ont été rénovés, mais entre épices et or, ils permettent d’avoir un peu de la saveur d’antan.
C’est aussi le cas en se rendant dans le désert par des chemins poussiéreux qui font un peu oublier pour les derniers kilomètres le réseau routier en excellent état des Emirats. A bonne distance de la ville, au milieu des dunes, des fauconniers expliquent tout l’art de cette discipline qui parvient à prendre le contrôle du plus libre des animaux. Immanquable aussi, l’offre de repas traditionnel servi à l’abri des vents mais sous le ciel étoilé du désert émirati. Une autre forme de confort et de dépaysement aussi apaisante que la ville au loin est stimulante.
Désignée fin 2013 pour organiser l’exposition universelle de 2020, Dubaï a commencé dans la foulée à s’y préparer. Un peu plus de 2000 jours nous séparent de l’inauguration de cette manifestation d’envergure internationale qui se déroulera du 20 octobre 2020 au 10 avril 2021. La ville la plus futuriste des Emirats arabes unis (E.A.U.) a prévu d’attirer à cette occasion quelque 25 millions de visiteurs, dont 70 % d’étrangers. Le thème choisi est à l’image du pays hôte: " connecter les esprits, construire le futur ". Dubaï n’avait aucune peine à convaincre sur ce sujet-là, tant le cosmopolitisme de la cité saute aux yeux et le futur y semble toujours proche. Dubaï s’est déjà positionné comme un hub majeur des liaisons aériennes et le futur se construit sous les yeux de ses visiteurs. Même le tourisme n’est pas en reste avec le lancement de Dubai360, l’application pour appareils mobiles et ordinateurs la plus complète et minutieuse jamais conçue pour faire découvrir la destination comme si l’on y était. À visiter du bout des doigts sans même avoir à lever le petit doigt. Le projet de l’exposition n’y figure pas encore, le dossier étant en cours de finalisation, mais il promet de s’insérer à merveille dans l’extravagance savamment maîtrisée du développement urbain. Bien dans l’air du temps, les sous-titres de la future Expo Dubaï 2020 sont finalement très raisonnables: durabilité, mobilité, opportunités (de développement de l’emploi). Derrière ces concepts fourre-tout, Dubaï compte se pencher sur l’avenir de la planète et solliciter les esprits du monde entier pour inventer le monde de demain.