OT De son image maritime, l’office de tourisme et des congrès de Dunkerque en a fait un atout. Comme en témoigne l’offre touristique conçue et commercialisée par la structure institutionnelle auprès des groupes. Mais, la ville réserve d’autres curiosités, qui viennent se combiner à des étapes situées aux alentours, prétextes à étoffer une programmation dévoilée en brochure et en ligne. En attendant de franchir un nouveau cap en 2016.
L’histoire de Dunkerque (de Duun-kerke, l’église des dunes en flamand) est liée à la mer du Nord. La ville se développa autour de son port, et suscita de nombreuses convoitises. La « cité de Jean Bart », célèbre corsaire, a appartenu au comté de Flandre, au royaume d’Espagne, au royaume d’Angleterre et au royaume de France. Elle devint définitivement française en 1662. Sévèrement bombardée par les Allemands durant la Première Guerre mondiale, elle fut aussi le théâtre de l’opération Dynamo et du siège de Dunkerque durant le second conflit mondial. « Elle fut reconstruite, non pas à l’identique, mais dans l’objectif de faire une ville nouvelle », raconte Onno Ottevanger, responsable production touristique au sein de l’office de tourisme et des congrès de Dunkerque. Aujourd’hui, la ville est au centre de la communauté urbaine de Dunkerque Grand Littoral regroupant 18 communes. Via des accords avec d’autres villes de la Côte d’Opale et celles de la Flandre Occidentale belge, l’agglomération dunkerquoise serait même vouée, à terme, à appartenir à une métropole s’étendant de Boulogne-sur-Mer à Ostende en Belgique. « C’est en discussion depuis plusieurs années maintenant », confirme Otto Ottevanger. En attendant et depuis 2011, les Dunes de Flandre (700 hectares classés, des plages qui s’étendent sur 15 km de Dunkerque à Bray-Dunes près de la frontière belge) ont initié une démarche « Grand Site », à l’instar de la Dune du Pilat, du Pont du Gard, de la Baie de Somme ou encore du site des Deux Caps Blanc-Nez et Gris-Nez. « Il s’agit d’un projet de développement touristique durable qui valorise et fait découvrir le patrimoine comme les racines du territoire », explique Otto Ottevanger. Pour les Dunes de Flandre, la démarche « Grand Site » propose quatre thématiques: nature et découverte, histoire et mémoire, culture et patrimoine ainsi que sports et sensations.
De son image maritime, Dunkerque en a fait un atout. Comme en témoigne l’offre touristique développée, conçue et commercialisée par la structure institutionnelle, et en particulier auprès de la clientèle groupes. « 70 % de nos ventes incluent au moins une prestation liée à ce patrimoine maritime, c’est incontournable », indique Onno Ottevanger. A l’exemple, et ce dès la première page de la brochure Groupes 2015 de voir le produit « surprenants paysages portuaires »… Aux côtés, bien sûr, d’autres offres qui vont au-delà du territoire dunkerquois, puisque la structure institutionnelle est office de tourisme de pôle. « Concrètement, cela signifie que nous couvrons toute la partie touristique du littoral de Gravelines à Bray-Dunes (« Flandre Côte d’Opale », ndlr), tandis qu’à l’intérieur des terres, notre compétence s’étend jusqu’à Cassel, et inclut des villes comme Esquelbecq ou encore Bergues », détaille Onno Ottevanger. Soit au total un rayon d’une trentaine de kilomètres autour de Dunkerque. « Cela permet de mener des actions concertées avec les différents partenaires et ainsi de proposer une offre plus large (sur le périmètre, seul l’office de tourisme de Gravelines est habilité à commercialiser, ndlr), d’avoir une image plus cohérente de la destination », poursuit-il. Et un atout pour l’office de tourisme
Depuis 1983, Dunkerque dispose d’un palais des congrès, le Kursaal, qui offre 1 500 m2 de surface exploitable, et des salles avec vue sur la mer. En 2011, un Dunkerque meeting guide avait été édité… En cette année 2015, une nouvelle édition est annoncée (elle mettra en avant les atouts de la ville dans ce domaine, dévoilera les sites adaptés, donnera des idées ou encore listera le parc hôtelier…).
Une édition papier qui sera, parallèlement, couplée à la création d’un site en ligne dédié.
Pour les groupes loisirs, un marché travaillé de façon structurée et organisée par l’office de tourisme depuis 1997 avec la création d’un service commercial, une brochure dédiée est à leur disposition (idem pour les groupes scolaires). Elle est annuelle et paraît en septembre. Elle existe même en version anglaise et néerlandaise, « avec un contenu adapté à chaque nationalité car les demandes sont différentes », glisse Onno Ottevanger.
Une brochure, qui, a commencé par se présenter sous forme de fiches-produits (une dizaine) distribuées à l’époque dans les salons professionnels comme le Mitcar ou encore Cars et Bus à Courtrai, et parallèlement envoyées aux autocaristes, aux associations et clubs, des cibles basées principalement en région Nord/Pas-de-Calais. Ces fiches-produits se transformeront par une lettre de quatre pages trimestrielle se limitant aux nouveautés, à l’événementiel et à quelques produits-phares. En 2004, changement de cap. La marque destination « Flandre Côte d’Opale » voit le jour, et se concrétise par des partenariats avec différents prestataires du territoire. Visites guidées, journées, hôtels, restaurants… y sont rassemblés sur une vingtaine de pages. Elle paraîtra jusqu’en 2006. Avant de passer dans un format à l’italienne, puis condensée par un document plus light, « pour des questions de coût », justifie simplement Onno Ottevanger.
Il faudra attendre 2010 pour retrouver une brochure dans un format classique, comme celle proposée en cette année 2015, dont le contenu dévoile des offres journées, les visites guidées, un séjour de deux jours, des sites à la carte et thématique (art contemporain). Sans oublier les nouveautés (voir encadré) que l’équipe du service production s’attache à insérer dans chaque édition annuelle, en fonction de l’actualité événementielle, d’ouvertures de sites ou par des remaniements de programmes.
Une production maison – mais non exhaustive – qui se veut la vitrine de l’offre dunkerquoise et de ses alentours. « 50 % de nos produits présentés en brochure sont repris tels quels, révèle Onno Ottevanger, l’autre moitié est du sur mesure ». Outre la région Nord/Pas-de-Calais, elle est depuis également envoyée en Picardie et en région parisienne (la brochure en français est tirée à 3 500 exemplaires).
Les tarifs mentionnés sont définis « à partir de » sur la base de 40 personnes. Si la gratuité est systématique pour le conducteur, une seconde peut être appliquée au cas par cas. « Sur les visites guidées, les professionnels bénéficient d’une réduction de 10 % », ajoute Onno Ottevanger, ajoutant par ailleurs qu’un « système de commissionnement n’a pas été mis en place sur les offres packagées ». L’offre groupes est également accessible en ligne via une rubrique dédiée, et ce depuis 2010 (elle est plus vaste que sur la version papier).
Deux à trois newsletters sont, de plus, envoyées durant l’année pour annoncer les dernières nouveautés ou des événements. A savoir également qu’un site « Flandre Côte d’Opale » est également mis en place, et sera d’ailleurs refondu en cette année 2015.
Et puis, l’office de tourisme et des congrès de Dunkerque édite également un document de quatre pages destiné à développer son offre de séjours au départ de la ville et à destination de la Côte d’Opale, de Lille ou encore de Bruges. Il est uniquement adressé aux professionnels, et cette fois au niveau national.
Pour faire connaître son offre groupes, la structure institutionnelle privilégie les rencontres terrain, et uniquement auprès des autocaristes. Tous les ans, généralement de septembre à décembre, puis de février à juin, des rendez-vous sont pris auprès des clients et des prospects basés en région Nord/Pas-de-Calais. « Une démarche mise en place depuis trois ans dans l’objectif de maintenir le contact avec les professionnels, et dont les retombées sont positives », relève Onno Ottevanger. Elle vient compléter la participation de l’office de tourisme à des workshops organisés par les autocaristes. Quant aux salons, la structure institutionnelle a participé à deux reprises au MAP Pro, et notamment lors de l’édition 2014 en partenariat avec des professionnels belges, mais annonce d’ores et déjà qu’elle ne sera pas au rendez-vous de la prochaine édition 2015…
Une année 2015, qui selon Onno Ottevanger, s’annonce « sous les meilleures auspices sur le marché groupes », au regard des nombreuses demandes engrangées, et ce après une année 2014 qui s’est plutôt maintenue. En dépit d’une baisse du nombre de participants qui a engendré des annulations. « Mais, le panier moyen a augmenté car nous avons vendu beaucoup plus de séjours », ajoute-t-il.
Face à une population groupes qu’il juge « vieillissante, et qui ne se renouvelle pas », Onno Ottevanger voit de plus en plus émerger une clientèle groupe fragmentée, en d’autres termes affinitaire, à laquelle – selon lui – il faudra s’attacher à répondre par la conception de produits adaptés.
Avec toute la difficulté de pouvoir la toucher, mais qui pour Onno Ottevanger, ne pourra se faire que par le web.
En attendant, alors que l’année 2015 vient à peine de commencer, le service production planche déjà sur la production 2016! « Il a en effet été décidé que pour l’année prochaine, les offices de tourisme de Dunkerque, de Gravelines, du Pays du Lin (Hondschoote), de la Grande-Synthe ainsi que la Communauté urbaine de Dunkerque s’investiront ensemble financièrement dans la future brochure, annonce Onno Ottevanger. Avec pour objectif de remettre à plat l’offre touristique, et ainsi l’opportunité de la renouveler, de la développer ». Un groupe de travail sera mis en place au printemps prochain pour en définir plus précisément le contenu. Si l’initiative vient pallier des contraintes budgétaires, « l’idée est de permettre un fonctionnement plus rationnel, et donc d’être plus efficace. La brochure n’est pas une fin en soi, mais doit s’inscrire dans une stratégie plus globale », conclut Onno Ottevanger. Affaire à suivre, donc.
(*) L’office de tourisme est une association et rassemble 24 personnes.
A ce jour, les autocars stationnent place Paul Asseman, près de la plage (gratuit). Un arrêt-minute est autorisé place Jean Bart sur l’emplacement des arrêts des bus, « ce qui n’est pas idéal, mais toléré, souligne Onno Ottevanger, responsable production touristique à l’office de tourisme et des congrès de Dunkerque. Nous sommes en discussion continue avec la municipalité pour améliorer les conditions d’accueil des autocars, et au printemps 2015, il est question de créer un arrêt-minute dans l’hypercentre, rue Poincaré près de l’église Saint-Eloi ».
• Visite du port en bateau.
• La découverte du musée portuaire.
• La visite guidée de la ville (à égalité avec la balade guidée à bord du Tram 99, réplique d’un tramway de 1900, à Bergues).
Les richesses de Malo-les-Bains
Patrimoine architectural du début du XXe siècle de Malo-les-Bains; casino de Dunkerque atelier de fabrication de glaces au « cornet d’amour » et dégustation; Fonds régional d’art contemporain (Frac) de Dunkerque; Lieu d’art et action contemporaine (Laac) et sa collection des années 50/80.
Les chemins de la mémoire et les plages du rembarquement
Fort des Dunes de Leffrinckoucke; sites de la bataille de Dunkerque et de l’opération Dynamo; Mémorial du souvenir évoquant l’histoire de la bataille de Dunkerque.
Des plaines du Nord au mont Cassel
Atelier des Gigottos automates à Esquelbecq; Esquelbecq et son patrimoine; musée départemental de Flandre à Cassel; brasserie artisanale Thiriez.
Sans oublier la mise en avant d’une « touche gourmande et de convivialité » avec des étapes dédiées à la dégustation de produits régionaux: glace, spécialités sucrées (galette et gaufres), fromagerie et biscuiterie.
→ Balnéaire
Malo-les-Bains et sa digue-promenade, témoin de la riche époque des bains de mer.
→ Patrimonial
Deux beffrois (Hôtel de ville et Saint-Eloi) classés à l’Unesco, Tour du Leughenaer (le plus vieux monument de Dunkerque).
→ Maritime
Le port de Dunkerque (3e de France) à découvrir en bateau, et musée portuaire.
→ Historique
La Bataille de Dunkerque de mai/juin 40 (Mémorial du Souvenir, Mémorial des Alliés, Mémorial britannique et Fort des Dunes où un nouveau circuit de visite est proposé depuis l’an passé).
→ Artistique
Musée des Beaux-Arts, Lieu d’Art et Action contemporaine (Laac) et Fonds régional d’Art contemporain (Frac) qui a ouvert ses portes en novembre 2013.
→ Festif
Le carnaval (de fin janvier à début avril).
CA 2014: 355 000 euros, dont 220 000 euros apportés par les groupes français (320 000 euros en 2013, dont 230 000 euros issus de la clientèle française).
536 groupes réalisés en 2014, dont 367 sont Français.
Les groupes français proviennent principalement de la région Nord/Pas-de-Calais. Côté étranger, ils sont en premier lieu Belges.
88 % des groupes sont amenés en direct, 12 % par les professionnels.
L’an passé, 90 % de journées ont été vendues, 10 % de séjours.