Pologne Wroclaw, capitale de la Basse Silésie polonaise, se voit pousser des ailes. Après avoir été ville-hôte du dernier Euro de football en 2012, elle a été désignée « Capitale Européenne de la Culture », pour l’année 2016. En pareille circonstance, les ambitions touristiques de la ville sont grandes: doubler la fréquentation en passant de trois à six millions de visiteurs. Et c’est aussi une belle opportunité pour le tourisme français qui flambe en Pologne.
Initiée, dès l’année 1983, par Melina Mercouri, alors ministre de la Culture de Grèce, la labellisation des capitales européennes de la culture démarrait par Athènes en 1985. Depuis cette date, plus d’une cinquantaine de villes d’Europe se sont vues attribuer ce label, avec à chaque fois, un coup de projecteur médiatique sur elles, leur procurant une bonne visibilité et leur faisant bénéficier d’une promotion touristique induite, avec à la clef de nombreux investissements d’accueil, d’équipements hôteliers et d’infrastructures diverses. Pour la France, Paris avait été labellisée en 1989, puis Avignon en 2000, Lille en 2004 et enfin Marseille en 2013. En 2016, avec San Sebastian en Espagne, ce sera au tour de la ville polonaise de Wroclaw à en profiter.
Une réelle opportunité pour cette ville du sud de la Pologne, qui se mobilise pour la circonstance, et également pour Eastpak, voyagiste français spécialisé sur les marchés de l’Est européen et qui a, d’ores et déjà, a pris les devants.
Selon les chiffres fournis par l’office du tourisme de Pologne, le pays de Chopin et de Marie Curie a accueilli, en 2013, un peu plus de 72 millions de voyageurs, dont 15,8 millions de touristes, c’est-à-dire ayant séjourné au moins une nuit dans le pays. Cela représente une augmentation de 6,8 % par rapport à 2012. Quant aux touristes français, leur nombre s’est élevé, dans le même temps, à 275 000, ce qui représente une augmentation de 10 % par rapport à l’année précédente. Un chiffre qui réjouit les responsables du bureau de l’office du tourisme de Pologne à Paris, d’autant que durant la même période, les pays concurrentiels enregistraient des performances françaises plutôt contrariées: 271 000 en République thèque (− 1,7 %), 148 000 en Hongrie (+ 2,1 %), ou encore 353 000 en Autriche (− 4 %)… Sur ce chiffre de la fréquentation française en Pologne, la structure institutionnelle évalue à 26 % la part de cette fréquentation liée à des motivations touristiques, juste devant celle liée à des motifs professionnels (25 %). Et surtout, les touristes français dépensent en moyenne 460 euros lors de leur séjour en Pologne, ce qui les situe en tête de tous les touristes européens. Car la durée de leurs séjours est relativement plus longue, c’est-à-dire 5,7 nuits en moyenne. Les deux villes les plus visitées par les Français sont Cracovie (34 %) et Varsovie (33 %). « Wroclaw 2016 » pourrait provoquer à son avantage un certain rééquilibrage.
Car la ville dispose d’un équipement hôtelier de premier ordre d’une capacité d’environ 4 000 chambres, dont une majorité est constituée par les catégories de trois à cinq étoiles. Les enseignes internationales en compteront une de plus avec l’arrivée prochaine de la marque Hilton, au cœur de la ville, avec environ 200 chambres.
Même si le calendrier « Wroclaw 2016 » n’est pas encore totalement ficelé, les animations et intérêts divers seront démultipliés du début à la fin de l’année 2016.
D’ores et déjà de nouveaux lieux d’expositions et de rencontres sortent de terre: le Bus Garage Centre, le National Forum of Music, le Capital Music Theater, le WuWa II… Ils rejoindront ceux déjà existants, tels le tout nouveau Stadium qui a accueilli plusieurs rencontres lors de la dernière coupe d’Europe de football, et serviront de cadre aux événements multidisciplinaires. Parmi les plus fameux et déjà confirmés, on peut citer un festival dédié à Jimmy Hendricks, l’Ethno Jazz Festival, plus toute une série de dates, en été, pour des concerts sur la rivière Odra… sans compter des expositions diverses et variées, et notamment un clin d’œil prévu sur les œuvres du trio Picasso/Dali/Goya. Tout cela dans des lieux en centre-ville, mais aussi de banlieues qui ne feront pas oublier que la ville est au cœur d’une région riche en curiosités touristiques.
Ainsi, à moins d’une centaine de kilomètres de Wroclaw, le patrimoine historique et architectural est constitué de plus d’une centaine de palais et châteaux, enrichi d’une histoire bien souvent bouleversante. Désormais, ils sont pour la plupart bien réhabilités, bien équipés et peuvent s’adapter aux privatisations pour des événements hors du commun. C’est par exemple le cas de l’église de la Paix, à Swidnica, à une heure de route de Wroclaw. D’une taille imposante (plus de 1 000 m2), construite essentiellement en bois, en argile et en paille, elle peut accueillir sur trois niveaux plus de 7 500 personnes, et se prête à toutes cérémonies et concerts. Encore plus étrange, le château de Ksiaz, à 70 km au sud de Wroclaw. Ce chef-d’œuvre de l’art baroque, dont les premiers édifices remontent au XIIIe siècle, aurait pu devenir le siège du quartier général d’Hitler. Les aménagements du bunker et plusieurs kilomètres de galeries souterraines sont restés en l’état. Il était aussi question d’en faire un lieu de conception de la bombe atomique, compte-tenu de la présence d’uranium dans les collines proches. Aujourd’hui, cela ne l’empêche pas d’être ouvert à la privatisation pour des expositions ou événements en tout genre, à l’exception des sous-sols restés la chasse gardée de la police scientifique.
Danièle Armanhac, gérante de Sratégy Voyages, à Lyon et présidente du Snav Centre-Est-Bourgogne, est convaincue de l’opportunité qu’offre Wroclaw, à l’issue du voyage de repérage organisé par Eastpak: « ici, le service est de qualité, les gens sont accueillants et les infrastructures routières excellentes. L’endroit cumule les intérêts patrimoniaux, culturels et historiques. Pour nous, en Centre-Est, nous allons pouvoir compter sur le nouveau vol d’Easyjet à destination de Cracovie, à compter du mois de mars, et nous entreprenons dès à présent les démarches pour positionner les agences de voyages de notre délégation, à l’occasion du prochain salon Mahana de Lyon ». Pierre Doucet, de Terre d’Ailleurs, à Châteauroux (36), semble lui aussi motivé: « nous traitons les déplacements des comités de jumelage entre Châteauroux et Olsztyn. Nul doute que l’année 2016 nous fournira de nouvelles idées pour proposer Wroclaw à des groupes. Sur la Pologne, en général, le bouche à oreille marche bien et les nombreuses clientèles, touristiques, affaires… reviennent toujours satisfaites », reconnait-il. « Nous faisons en sorte, dès à présent, en nous engageant de manière significative, tant sur l’hébergement que l’aérien, pour proposer au cours de cette année particulière, l’ensemble de l’offre pour des groupes, aussi bien au départ des régions que de Paris », assure de son côté Martine Dobez, responsable commerciale d’Eastpak.
Le spécialiste des séjours dans les pays de l’Est européen Eastpak (comme « eastern package »), va profiter des événements organisés tout au long de l’année 2016 et du label « capitale européenne de la culture » attribué à Wroclaw, pour accentuer son positionnement sur la destination Pologne. Dans cette optique, il a organisé, en novembre dernier dans la capitale de la Basse-Silésie, un voyage de repérage et de découverte à l’attention de six responsables d’agences de voyages et groupistes Une initiative totalement légitime puisque la Pologne est, en effet, la destination historique du fondateur de ce voyagiste lyonnais, Serge Uramek, en 1990. Eastpak a ensuite élargi à la fois son audience sur le territoire français et sa programmation en Russie, vers les pays de l’Europe de l’Est continentale et maritime, et ceux de l’Asie Centrale. Si la moitié du trafic Eastpak est, à ce jour, accaparée par la Russie, la Pologne arrive en tête des autres destinations, devant l’Autriche et l’Allemagne, par exemple. En 2014, près de 5 000 clients s’y sont rendus, un chiffre qui représente une croissance de 20 %, par rapport à celui de 2013, et dont les deux tiers sont traités en groupes. « Dans l’optique de 2016, nous prendrons des engagements hôteliers et aériens, de façon à proposer la Pologne depuis l’ensemble du territoire, avec Air France, Lufthansa et la Lot », annonce Martine Dobez, responsable commerciale d’Eastpak. Outre la brochure papier annuelle, cette destination va profiter de plus en plus du nouveau site btob mis en place depuis la rentrée de septembre dernier, et qui a justifié l’embauche de deux nouveaux agents de réservation, portant l’effectif de ce service lyonnais à huit. « Le site nous permettra d’être très réactif et de lancer spontanément de nouvelles offres en fonction des événements », précise Martine Dobez. Un outil précieux à partir du milieu de cette année 2015, lorsque sera finalisé le calendrier de « Wroclaw 2016 ». La Pologne bénéficiera également d’une meilleure irrigation commerciale, comme l’ensemble de la production. Une nouvelle attachée commerciale, basée à Aix-en-Provence, s’occupe désormais du sud de la France, et un(e) autre devrait être recruté en région parisienne prochainement.
Pour Alts Voyages, groupiste installé à Lyon, « les événements particuliers nous procurent toujours des opportunités pour proposer aux groupes de nouvelles solutions inédites. Par exemple, pour l’année 2015, nous avons déjà conclu cinq groupes pour l’exposition universelle de Milan. Et nous avons aussi travaillé avec Marseille 2013 », explique Josette Soton, conseillère groupes. Alts Voyages traite environ entre 40 et 50 groupes par an, dont 80 % sont des comités d’entreprise et le reste des comités d’action sociale du département du Rhône. « Pour obtenir des prix compétitifs, nous essayons de rassembler plusieurs groupes afin de bénéficier de meilleures conditions d’achat », poursuit Josette Soton. Ce sont nos différentes propositions qui restent notre meilleure arme concurrentielle. Dès la connaissance plus précise du calendrier qui doit nous parvenir au milieu de cette année, nous lancerons nos offres à partir du mois de juillet prochain. En 2014, nous avons déjà traité six groupes sur la Pologne, avec un excellent retour. 2016 va nous donner l’occasion de dépasser ce chiffre ».