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À la conquête de toutes les confluences

Bon plan | publié le : 01.02.2015 | Dernière Mise à jour : 01.02.2015

Auteur

  • Jean-François Bélanger

Rhône Nouvelle figure identitaire du paysage lyonnais, le musée des Confluences a été inauguré le 20 décembre 2014 et ouvert aussitôt au grand public. Même si les groupes devront attendre le 24 février prochain pour y avoir accès, l’histoire mouvementée de ce projet, la dérive des budgets, les diverses actions en cours, mais aussi une formidable expérience esthétique alliée à un fonds hors du commun, ont jusqu’alors plutôt excité la curiosité des premiers visiteurs qui se pressent sur ce site si particulier.

Quinze années de gestation, des recours dont certains subsistent encore, et une facture qui a quasiment quintuplé, le musée des Confluences de Lyon multiplie les superlatifs. Est-ce que ce sont certains de ces éléments qui expliquent l’absence de l’exécutif national, et notamment celle de la ministre de la Culture qui a constitué l’événement de l’inauguration? En dehors des édiles locaux, au premier rang desquels, Gérard Collomb, sénateur-maire et président de la toute nouvelle Métropole de Lyon, et Michel Mercier (ex-président du conseil général du Rhône et véritablement instigateur du projet), ce sont finalement Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation Nationale et Thierry Braillard, secrétaire d’État aux Sports, ayant tout deux un ancrage politique local, qui ont donc représenté le gouvernement, le 19 décembre 2014. Initiée par le département du Rhône, cette collectivité territoriale n’aura cependant géré l’ouvrage qu’une dizaine de jours, avant que le musée des Confluences n’entre, dès le 1er janvier de cette année, dans l’escarcelle de la Métropole de Lyon.

Mais finalement et au bout du compte, les visiteurs oublieront vite tous ces discours si terre à terre pour ne retenir que l’élévation de l’âme provoquée par ce qu’ils auront vu et ce qu’ils en auront retenu ici. Car, de ce côté, le musée des Confluences ne laisse personne indifférent à sa sortie.

Un cristal de verre et un nuage d’inox

Dès l’extérieur, juste en amont du confluent du Rhône et le la Saône, tel un vaisseau de 11 000 m2, son architecture monumentale interpelle. L’édifice est inédit et unique. On le doit à l’architecte Wolf D. Prix qui a, par ailleurs, en charge la réalisation du futur siège de la Banque Centrale Européenne, à Francfort.

Concrètement, le musée des Confluences s’organise autour d’un cristal de verre et d’un nuage d’inox, pour illustrer symboliquement la rencontre des deux cours d’eau, le Rhône et la Saône. « C’est un nouveau type de musée qui ne se veut pas un temple ouvert à l’intelligentsia, mais un lieu accessible à tous. Le musée est conçu comme un lieu de rencontre, au centre-ville. L’architecture se veut hybride, croisant la typologie d’un musée avec celle d’un espace de loisirs urbain », commente Wolf D. Prix. Une interprétation qui s’inscrit dans l’histoire patrimoniale de l’ouvrage, qui abrite notamment le formidable héritage des ex-musées lyonnais Guimet et muséum d’Histoire Naturelle.

Un parcours permanent

Le parcours permanent propose une lecture de l’aventure humaine à travers la présentation de plus de 3 000 pièces de la collection. Il déroule le récit de l’Humanité en plusieurs expositions distinctes qui décrivent ses origines et son destin, la diversité des cultures et des civilisations, et donne aussi la place à l’Homo Sapiens dans la chaîne du vivant. L’exposition explore la question des origines de l’univers et de l’homme jusqu’au big-bang, au fil d’un parcours qui mêle deux approches d’explication. L’une scientifique et l’autre symbolique. Ces regards partagent les mêmes interrogations sur l’origine du monde, son commencement, notre relation à l’univers et notre place dans celui-ci. Cette exposition interroge aussi la façon dont les êtres humains se représentent le monde, s’y intègrent, contribuant à le modifier. Une scénographie, constituée de 27 km de cordes, rend ainsi tangible les liens asymétriques qui unissent les différentes espèces du monde, humaines et non humaines, permettant aux visiteurs de prendre du recul sur la place de l’homme, au milieu des milliers d’espèces du monde, et de mieux identifier quelles sont ses caractéristiques. Plus loin, l’exposition se poursuit sur les sociétés, les cultures et les civilisations. Les visiteurs déambulent entre des pièces issues de cultures et d’époques qui n’auraient jamais pu se rencontrer, mais dont le rapprochement fait sens et éveille la curiosité. Une curiosité exacerbée par une scénographie qui crée un paysage insolite, déployé comme un éventail, un théâtre d’objets où chacun d’eux est porteur d’ingéniosité, à la fois symbole et témoin d’une culture. L’exposition aborde enfin la question de l’au-delà, au regard des civilisations et des époques différentes (amérindiennes, africaines, d’Égypte antique, du Pérou, de l’âge de fer…). En particulier, les rites funéraires expriment en partie le désir de dépasser cette inconcevable fin. Ils rendent acceptable la séparation des vivants et des morts, donnant ainsi un autre horizon à leur disparition. Le cérémonial des gestes, les paroles en apaisant et en attribuant une nouvelle place à chacun, contribuent à rétablir un ordre social bouleversé par la disparition.

Une exposition temporaire dédiée à Emile Guimet

Pour son ouverture, le musée des Confluences a décidé de rendre hommage à ses racines historiques à travers deux expositions temporaires. D’une part, la « Chambre des Merveilles » nous ramène aux cabinets de curiosité créés au XVIIe siècle, tels que ceux constitués par les frères Balthasar de Monconys et Gaspard de Liergues, collectionneurs lyonnais réputés et à l’origine des collections du musée des Confluences. Et d’autre part, les trésors d’Emile Guimet, véritable père spirituel du nouveau site lyonnais. Ceux-ci reviennent sur le parcours et les apports de cet entrepreneur humaniste aux multiples facettes: industriel, grand voyageur, homme d’arts et de lettres. Sa vie fut consacrée à la transmission et à la diffusion des savoirs.

Dès ce mois de février, le musée des Confluences accueille, dans cet espace des expositions temporaires, l’exposition internationale « à la conquête du Pôle Sud », une histoire épique de la course entre une équipe norvégienne et l’autre britannique, mettant en péril leurs vies… Il proposera, à partir de septembre prochain, une programmation d’événements et d’expositions temporaires par saisons thématiques: 2015 et 2016, l’innovation, 2017 et 2018, le corps et 2018 et 2019, l’imaginaire.

Plusieurs espaces privatisables

Le musée lyonnais a aussi été conçu pour accueillir des événements de toutes sortes pour des groupes constitués: conférences, réunions, colloques, workshops, cocktails, lancements de produits, dîners de gala… Il propose ainsi deux auditoriums: l’un de 300 places, l’autre de 118 places, une salle de réunion « Rhône » de 130 m2 dont la baie vitrée ouvre largement sur le fleuve, quatre salles de commission… Un matériel technique sur-mesure est disponible. Quant aux prestations de bouche, restaurant et traiteur, elles ont été confiées à deux personnalités de renom, toutes deux « Meilleurs Ouvriers de France », respectivement dans leurs spécialités: Guy Lassausaie et Jean-Paul Pignol. Ils disposent de plusieurs lieux de restauration, d’une salle de réception de 346 m2 au niveau 3, avec accès privilégié à la terrasse panoramique et à un jardin paysager de deux hectares autour du musée. Enfin, une boutique permet avant de repartir de conserver souvenirs, objets d’art, livres…

Pour l’heure, les diverses critiques se concentrent essentiellement sur l’accès quasiment impossible en dehors des transports en commun (tramway T1 et cinq lignes d’autobus) et autres modes doux. À noter qu’une halte fluviale reliant ce site au reste de la ville de Lyon est attendue pour l’année prochaine. Mais il faut noter que, pour les groupes, le musée des Confluences dispose d’un accès différencié. La capacité d’accueil est supérieure à 3 000 personnes en simultané, pour une durée de visite qui peut s’étendre à partir de deux heures. Si à ce jour, la métropole lyonnaise recherche un site pour le parking des autocars, une solution temporaire consiste dans l’espace, d’une capacité de plusieurs véhicules, situé sous la trémie de l’autoroute A7.

En tout cas, pour les premiers jours d’ouverture, l’effet de curiosité a joué à plein, en période fêtes et de vacances, qui plus est. Alors que les promoteurs tablent sur une fréquentation annuelle de 500 000 visiteurs, les dix premiers jours d’ouverture enregistraient déjà un niveau de fréquentation supérieur à 10 % de ce niveau!

En chiffres

Longueur: 180 m

Largeur: 90 m

Hauteur: 37 m

Surface utile: 21 500 m2

Superficie totale: 27 000 m2

Jardin: 24 400 m2

Terrasse: 210 m2

Panneaux voltaïques: 500 m2

Espaces dédiés aux expositions temporaires: 2 800 m2

Espaces dédiés aux expositions permanentes: 1 900 m2

4 ateliers pédagogiques

Emile Guimet, l’âme du musée des Confluences

L’industriel lyonnais Emile Guimet (1836-1918) a attaché son nom à la création de deux musées: le musée d’Histoire naturelle de Lyon, ainsi que le musée national des Arts asiatiques-Guimet à Paris. Tout en poursuivant avec succès l’aventure industrielle de son père, cet homme à la curiosité insatiable, épris d’art et de musique, voyageur infatigable, attaché à la pluridisciplinarité des savoirs et à leur diffusion, ambitionne pour ses musées un dialogue des civilisations. Novateur dans la vision sociale et dans son intuition muséale, il reste un siècle plus tard, plus d’actualité que jamais: « si j’ai fait de l’industrie, c’était pour être utile au peuple, si j’ai fait de la musique, c’était pour le distraire et lui donner le goût de l’art, si j’ai fait des écoles, c’était pour l’instruire, si j’ai subventionné des sociétés de secours, c’était pour les soulager, si j’ai fondé le musée des religions, c’était pour donner aux travailleurs le moyen d’être heureux. Mon existence n’a qu’un but: aimer et servir les prolétaires », disait-il en 1910.

Pratique

À partir du mardi 24 février prochain, les groupes seront accueillis tous les jours d’ouverture du musée dès 9 h, sur réservation uniquement. Toute demande doit être adressée au plus tard deux mois avant le jour de la visite au service réservations du musée. L’entrée dédiée aux groupes est située au niveau – 1.

• Tarif: droit d’entrée de 7 euros (à partir de 10 adultes)

• Visites: des visites autonomes (un plan de visite est disponible au musée en français, anglais, italien et allemand + guide numérique).

• Des visites guidées par un médiateur du musée (prix forfaitaire pour un groupe de 10 à 20 pax, en sus du droit d’entrée aux expositions).

La visite découverte (1 h – 130 euros/1 h 30 – 155 euros/2 h – 180 euros).

La visite exposition (1 h – 130 euros/1 h 30 – 155 euros). Des visites guidées par le responsable du groupe (prix forfaitaire pour un groupe de 10 à 20 personnes, guidé par le responsable du groupe, en sus du droit d’entrée aux expositions).

• Pack de 20 audiophones: 30 euros (caution: 300 euros).

• Réservation groupes du lundi au vendredi de 10 h à 17 h au 04 28 38 12 00.

• Ouvert du mardi au vendredi de 11 h à 19 h; samedi, dimanche et jours fériés: de 10 h à 19 h

• Fermeture: lundi, 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre

• Accès via a les autoroute A6 et A7

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