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Pleins phares sur Le Mans

Région | publié le : 01.11.2014 | Dernière Mise à jour : 01.11.2014

Auteur

  • Catherine Mautalent

OT L’office de tourisme du Mans est passé du statut d’association à celui d’une Société d’économie mixte (Sem) en juin 2013. À cette occasion, la structure s’est réorganisée, tout en assurant la continuité de son service groupes, créé dans les années 90. L’offre proposée – clé en main et sur mesure – se concentre, bien sûr, sur la ville, mais aussi aux alentours. Pour 2015, elle s’est enrichie, affinée, et a même été relookée en brochure.

Le Mans. Son nom est indéniablement associé aux célèbres 24 heures, elles ont fait sa notoriété, occultant une identité touristique qui pourtant n’a rien à envier à d’autres villes françaises. C’est Georges Durand qui pose les bases de celle qui deviendra aujourd’hui la capitale automobile lorsqu’il organise le premier Grand Prix de France en 1906 en fondant l’Automobile Club de l’Ouest. La première édition des 24 heures du Mans se déroulera en 1923. Mais, attaché à sa région d’origine (la Sarthe) et convaincu de l’intérêt du tourisme, c’est lui aussi qui créera le premier syndicat d’initiative de la ville sous l’appellation « Alpes Mancelles ». Avant de devenir office de tourisme du Mans en 1988, qui à son tour viendra jouer de cette notoriété automobile auprès des touristes, et notamment des groupes, pour leur faire découvrir les infrastructures et les coulisses de l’événement. Avec au programme, par exemple, les visites du stade MMARENA, d’une écurie mancelle, du musée des 24 heures, du circuit, des loges, du poste de contrôle, de la salle de presse, du village… Une « offre locomotive » à laquelle viendra se combiner d’autres découvertes urbaines, mais cette fois liées à la diversité d’un patrimoine, qui a gardé, gravées dans ses pierres, les empreintes de toutes les époques. Encourageant d’ailleurs la ville à être candidate au Patrimoine mondial de l’Unesco*. Des édifices, des lieux, qui ont inspiré de nombreux cinéastes comme Jean-Paul Rappeneau qui y tourna son Cyrano de Bergerac, Philippe de Broca et son Bossu ou encore des épisodes de la série télévisée diffusée sur France 2, Nicolas Le Floch.

Ville d’Art et d’Histoire

La découverte du Mans, à la confluence des rivières de la Sarthe et de l’Huisne, commence au IIIe siècle avec l’enceinte romaine polychrome, encore très bien conservée. « C’est l’édifice le mieux conservé d’Europe après Rome », souligne Isabelle Leone-Robin, chargée de promotion à l’office de tourisme du Mans. Subsistent également quelques vestiges de thermes romains, au sein d’une crypte archéologique, située sous l’école supérieure des Beaux-Arts. Les groupes y sont accueillis par 25 personnes maximum.

Mais un des atouts majeurs du Mans est son histoire commune avec la Normandie et l’Anjou, à travers la famille Plantagenêt, dont le nom est lié aujourd’hui au cœur historique de la ville. La Cité Plantagenêt (dix hectares ) enserrée par l’enceinte romaine, surplombée par la cathédrale Saint-Julien (mi-romane, mi-gothique, et l’une des plus vastes de France avec 134 m de long pour une surface de 5 000 m2), composée d’une centaine de maisons à pan de bois du XIe au XVIe siècles, mais aussi parsemée de nombreux hôtels particuliers renaissance, baroques et classiques (certains d’entre eux sont classés monuments historiques). Adossée aux remparts romains, modifiés durant la période médiévale, se dresse la collégiale Saint-Pierre-la-Cour, ancienne chapelle du palais des Comtes érigée entre le XIe et le XIIIe siècles. Un palais dont les vestiges sont particulièrement mis en valeur par des parterres différemment décorés au rythme des saisons. Depuis cette année 2014, une partie de la cité peut aussi se découvrir à bord d’un petit train touristique (il fonctionne de juin à septembre, et hors saison à la demande pour les groupes). Et pour compléter ce parcours historique, un arrêt au musée de la Reine Bérengère est l’occasion d’admirer une collection de tableaux datant du XIXe et début XXe siècles, mais surtout de beaux exemples de faïences anciennes réalisées en Sarthe (Malicorne, notamment).

Proche du quartier historique: celui de Saint-Nicolas, après avoir quitté les rues pavées de la Cité Plantagenêt. Ici se cotoient un ancien hôtel particulier du XVIIIe siècle, des maisons aux façades étroites, le Carré Plantagenêt (un ancien monastère abritant un musée d’histoire et d’archéologie consacré au Mans), ou encore un « Hollywood boulevard manceau » et ses plaques gravées des empreintes de pieds et de mains des pilotes vainqueurs des 24 heures du Mans, comme Jacky Ickx et Henri Pescarolo.

En centre-ville, avec sa place de la République bordée d’anciens hôtels de voyageurs et de façades d’anciennes brasseries, se dressent la chapelle de la Visitation (actuellement en cours de restauration) et l’église Notre-Dame-de-Couture de style gothique. Quant à l’Autogare (l’ancienne gare routière érigée en 1933), sa verrière est surplombée d’une tour abritant un réservoir d’eau pour le refroidissement des moteurs d’autobus…

Également proche de la Cité Plantagenêt, le quartier Saint-Vincent a été construit aux abords de l’abbaye royal Saint-Vincent (style classique) et du collège des Oratoriens (baroque), aujourd’hui tous deux abritant des lycées. En marge du quartier: le musée de Tessé, installé dans l’ancien évêché, abritant une importante collection de peintures du XIVe au XXe siècles, des sculptures et du mobilier, ainsi que – dans un tout autre genre – la représentation grandeur nature des demeures d’éternité de Néfertari, épouse de Ramsès II et de Sennefer, maire de Thèbes.

Le quartier Bollée (ancienne commune annexée au Mans en 1854), lui, porte le nom de la famille éponyme, qui œuvrait dans la fonderie de cloches et la construction de voitures, à l’origine également de l’invention de la calculette. De nombreuses demeures de notables datant du XIXe siècle, dont l’une des Bollée qui avait la particularité d’être la seule possédant le premier garage construit par un propriétaire d’automobile, mais aussi l’église Sainte-Croix de style néo-gothique y sont à découvrir. Au cimetière reposent les tantes de l’écrivain Saint-Exupéry, tandis que rue Bruyère habitèrent les Sœurs Papin, qui firent parler d’elles en 1933 lors d’un célèbre, mais sordide, fait divers…

Enfin, situé sur la rive droite de la Sarthe, le quartier Chasse royale, et notamment la rue Montoise, rappelle que les Pèlerins allant vers le Mont Saint-Michel passaient par là. Quant à la particularité du quartier Saint-Pavin-des-Champs, il possède nombre de maisons de tisserands, tandis que de petites habitations ouvrières aux proportions modestes (« les mancelles ») occupent le quartier Pontlieue, qui invite aussi à découvrir son musée Vert consacré à la nature et aux sciences. Restons sur le thème de la nature avec deux sites à ne pas manquer: d’une part, le parc de l’abbaye cistercienne de l’Epau, et d’autre part « l’Arche de la nature », un espace naturel de 450 hectares avec rivière, bocage, forêt, arboretum, animaux…

Du nouveau en 2015

En juin 2013, l’office de tourisme du Mans est passé du statut d’association à celui d’une société d’économie mixte. Une Sem qui regroupe Le Mans Événement et la structure institutionnelle. Les services ont été réorganisés. Mais, si, par exemple, celui des guides est désormais rattaché au service du patrimoine, celui des groupes est resté en place. Il a été créé dans les années 90, alors avec une « autorisation » de commercialiser en main, transformée depuis en numéro d’immatriculation. L’office de tourisme répondait jusque dans ces années-là à des demandes ponctuelles, organisant cependant des visites guidées « sèches », mais sans entreprendre parallèlement de démarches commerciales (sauf celle de participer, par exemple, au Mitcar aux côtés d’autres prestataires regroupés sous la destination Sarthe). « C’est parce qu’on nous demandait de plus en plus de visites guidées avec repas que ce service a vu le jour », raconte Nadine Bouttier, aujourd’hui chargée de la conception et de la commercialisation groupes. Il n’y avait pas non plus de brochure, elle n’a vu le jour qu’en 1998. Elle ne proposait que des formules à la journée et des visites guidées, « et s’adressait plus particulièrement aux autocaristes du Grand Ouest et de la région parisienne », poursuit-elle. Depuis, elle paraît chaque année en septembre, sauf celle de 2015 qui – exceptionnellement – devrait être disponible dans le courant de ce mois de décembre (et pour la première fois sera bilingue, français/anglais). Toujours sous un même format, et totalisant une quinzaine de pages.

Pour cette année 2014, elle n’insérait encore que des produits à la journée, mais s’enrichissait pour la première fois d’une page indiquant la possibilité de circuits à la carte avec des étapes aux alentours du Mans. Pour l’an prochain, un premier séjour de trois jours fera son entrée combinant Le Mans, bien sûr, mais aussi l’abbaye de Solesmes, le village d’Asnières-sur-Vègre, l’espace faïence à Malicorne ou encore le château du Lude. Autre nouveauté 2015: l’arrivée d’offres en demi-journée, en matinée ou en après-midi avec un déjeuner ou un goûter. Au programme: un circuit pédestre à la découverte des sites phares de la ville ou un parcours commenté par un guide-conférencier à bord de l’autocar, avec arrêts possibles pour des visites à choisir. Par ailleurs, il y aura plus de choix de produits sous l’angle thématique. « La nouvelle brochure sera également relookée dans sa mise en page, au niveau des textes comme dans le choix des visuels », promet Nadine Bouttier, soulignant que l’office de tourisme est, évidemment à même de concevoir des produits sur mesure. « Une dernière activité qui constitue une partie importante de notre travail quotidien », relève-t-elle. Les tarifs en brochure sont définis sur la base de 30 pax, mais « à partir de », afin « de pouvoir s’adapter au phénomène de baisse du nombre de participants dans un groupe », explique Nadine Bouttier. S’ajoute une gratuité pour le conducteur, visite et repas. « Les prix sont les mêmes pour tous, que l’on soit autocariste, association, club ou encore comité d’entreprise, précise-t-elle, avant d’ajouter « qu’aucune commission n’est appliquée pour les professionnels ». Éditée à 5 000 exemplaires, la brochure est envoyée à environ 1 000 contacts clients, principalement autocaristes et associations. Enfin, depuis moins d’un an, l’office de tourisme dispose d’un site internet sur lequel est accessible un onglet « groupes ». Si des exemples de produits n’y sont pas répertoriés, le téléchargement de la brochure et un formulaire de demande de devis y sont proposés.

À ce jour, les groupes constituent une « clientèle importante » pour la ville, et même si le nombre de participants est en diminution, que les budgets sont plus serrés, « nous n’enregistrons pas de baisse de fréquentation, et en particulier des clubs et des associations qui nous contactent en direct », relève Nadine Bouttier. Elle constate, par ailleurs, une hausse des groupes affaires comme l’arrivée de « nouveaux » groupes, à l’exemple des affinitaires et des campings-caristes qui viennent en nombre, mais chacun à bord de leurs propres véhicules. Une évolution qui s’inscrit dans la brochure 2015 avec l’arrivée d’une nouvelle rubrique intitulée « en famille, entre amis ».

La ville n’a pas été retenue par le comité d’experts des biens français après avoir présenté son dossier en 2013, mais « elle a repris les choses en main, retravaillant et affinant les arguments pour renouveler sa candidature, nous affirmait-on il y a quelques mois au cabinet du maire. Des arguments qui s’appuient sur le caractère unique de son quartier ancien des Plantagenêts ».

Un patrimoine mis en scène

En juillet et août, mais aussi en décembre, la Cité Plantagenêt se dévoile à la tombée de la nuit à travers la « Nuit des Chimères ». Un parcours de lumières en sept sites: chevet gothique de la cathédrale, façade romane de la cathédrale, l’escalier du jet d’eau, la muraille des Pans-de-Gorron, la muraille Saint-Hilaire, le jardin du conservatoire et la cour du musée de la Reine Bérengère. Entre chacun de ces sept sites, le trajet est ponctué de chimères, gargouilles, grylles et autres lanternes magiques qui se reflètent sur les façades et les ruelles pavées. Une traversée de 20 hectares sur deux époques de l’histoire de la cité romaine et médiévale.

Du 1er juillet au 31 août 2015, lors des journées du patrimoine en septembre, ainsi que de mi-décembre à début janvier, mais pas dans l’intégralité du parcours. Gratuit.

En chiffres

CA 2013: 115 000 euros

Groupes accueillis en 2013: • 50 % des groupes proviennent de la Sarthe et des Pays de la Loire, 25 % du Grand Ouest, 20 % de région parisienne, et 5 % constituent des groupes étrangers.

• 50 % des groupes sont des scolaires, 30 % sont issus des clubs et des associations et 20 % des autocaristes.

Le Top 3 des sites privilégiés: le quartier historique, le musée des 24 heures et les infrastructures du circuit des 24 heures du Mans.

Le saviez-vous?

• Le premier véhicule fonctionnant à l’aide d’un moteur à vapeur a été inventé au Mans en 1873.

Son nom: l’Obeissante.

• Steve McQueen, amateur de courses automobiles, jouait un coureur automobile dans le film Le Mans.

Une scène se déroulait sur le circuit des 24 heures. Il a dû se faire doubler car assurer l’acteur aurait coûté trop cher…

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