Japon Temples millénaires et jardins zen ou nouvelles technologies, objets high-tech et mangas…. Au pays du Soleil Levant, les touristes balancent en permanence entre tradition et modernité. Un cocktail qui fait le succès de la destination ou le sens de l’accueil n’est pas un vain mot.
Peu de pays exercent sur les Français une fascination aussi grande que le Japon, et ils n’ont pas mis longtemps à y retourner après l’accident de Fukushima. « En 2011, leur nombre a bien sûr chuté. Mais, il a très vite remonté, et nous sommes aujourd’hui à un niveau de fréquentation jamais atteint auparavant », note Noriko Koizumi, représentante en France des offices de tourisme de Tokyo et Kanazawa. Une tendance renforcée par deux facteurs conjoncturels. Un coût de la vie qui n’est plus aussi onéreux qu’auparavant et même parfois moins élevé qu’en Occident. Une image justifiée de destination sûre, une denrée de plus en plus rare sur notre planète. Mais le Pays du Soleil Levant bénéficie aussi, et surtout, d’un bouche à oreille très favorable car les touristes n’en reviennent jamais déçu et le font savoir dans leur entourage. « Ce n’est plus uniquement une destination pour grands voyageurs, son côté mystérieux ainsi que sa richesse culturelle séduisent les Français », remarque Juliana Angotti, responsable Japon chez Asia. Un élargissement de la clientèle qui pourrait profiter aux groupistes, alors que jusqu’à présent ce sont surtout les individuels qui choisissent cette destination. À ce jour, selon l’office national du tourisme japonais, 7 % des touristes français allant au Japon s’y rendent en groupe. Sens de l’accueil des Japonais, organisation sans faille et dépaysement sont les trois piliers de cette excellente réputation. À peine arrivés dans l’Archipel, les touristes peuvent déjà saisir tout ce qui fait le charme et la particularité de cette terre de modernité et de traditions. Ici des ruelles bordées de petites échoppes et de restaurants typiques qui mènent à des temples où se faufilent des femmes en kimono. Là, des quartiers aux bâtiments futuristes éclairés par des néons criards où magasins d’électronique high-tech et salles de jeu attirent une jeunesse aux habits extravagants.
Un double visage particulièrement visible à Tokyo, tentaculaire mégapole de plus de 13 millions d’habitants à laquelle il faut consacrer au minimum deux jours si l’on veut pouvoir explorer ses différents quartiers qui ont chacun leur propre ambiance. Shinjuku, le cœur de la ville, en permanence parcouru par une foule de gens, où les buildings modernes abritent commerces en tout genres et distractions nocturnes. Shibuya, qui fourmille de salle de jeux ainsi que de boutiques de mode et de musique où se pressent les jeunes. Harajuku, autre repaire des adolescents et des lycéens qui apprécient ses boutiques branchées, lieu de rencontre de ceux qui s’habillent comme les héros des mangas, mais là aussi où a été érigé le vaste sanctuaire dédié à l’Empereur Meiji qui ouvrit le pays sur l’Occident. Akihibara, surnommée « Electric Town », véritable caverne d’Ali Baba pour tout ce qui touche à l’électronique et également centre de la culture manga. Odaiba, quartier gagné sur la baie de Tokyo, où se dressent bâtiments futuristes et centres commerciaux. Ueno, connu pour son parc et ses multiples musées. Kagurazaka et ses ruelles bordées de vieilles maisons. Ginza où se trouvent les magasins et restaurants de luxe, mais aussi le plus grand marché aux poissons du monde, Tsukiji où des gargotes confectionnent de succulents suhis. Asakusa, survivance du vieux Tokyo, aux nombreuses échoppes traditionnelles, où s’élève le Sensô-ji, le temple le plus populaire de la ville. Mais, pour bien appréhender les spécificités spirituelles du Japon et notamment le syncrétisme entre shintoïsme et bouddhisme, rien de mieux qu’une excursion à Nikko, à 140 km au nord de la capitale. Une petite ville de montagne qui recèle les temples les plus richement décorés de l’Archipel, au point que l’on peut presque les qualifier de baroque. Avec parmi eux le vaste sanctuaire dédié à Tokugawa Ieyasu, le shogun qui fit d’Edo la capitale.
Plus proche de Tokyo, à seulement 45 km, Kamakura est un autre haut lieu religieux du pays valant le détour. Pour son Grand Bouddha de près de 12 m de haut et pesant 850 tonnes, mais aussi pour ses temples zen emprunts de sérénité. Cette agréable ville côtière entourée de collines boisées présente en outre l’avantage d’être sur la route menant au mythique Mont Fuji, dont le cône parfaitement symétrique est le symbole du Japon ainsi que son point culminant. Qu’il consente à se débarrasser de son écharpe de nuages et c’est une vision inoubliable qui s’offre au regard. Les touristes voyageant en groupe le découvrent généralement depuis la région d’Hakone, riche en phénomènes volcaniques et en sources d’eau chaudes, soit depuis la terre ferme, soit depuis un bateau lors d’une croisière sur le lac Ashi. Ceci étant, pour les voyageurs en quête du Japon traditionnel, le temps fort d’un périple dans ce pays est incontestablement la découverte de Kyoto. Capitale du pays et lieu de résidence de l’Empereur pendant respectivement huit et onze siècles, la ville recèle un patrimoine propre à émerveiller les touristes les plus blasés. Palais, villas impériales, château shogunal, plus de 1 000 temples bouddhistes, 400 sanctuaires shintoïstes et des jardins zens ou décoratifs à n’en plus finir en font un véritable musée à ciel ouvert où les visiteurs ne savent où porter les yeux. Quelques lieux emblématiques se détachent néanmoins du lot par les souvenirs qu’ils laissent. Ginkaku-ji, le Pavillon d’Argent, pour la délicatesse de son architecture et son agréable jardin. Kinkaku-ji, le Temple d’Or, dont l’éblouissante façade se reflète dans un étang. Le Ryokan-ji et son célèbre jardin de pierres. Le très populaire temple Kiyomizu-dera qui domine la ville et où se pressent de nombreuses femmes en kimono. Plusieurs quartiers abritent en outre des îlots de maisons anciennes où le temps semble s’être arrêté. Citons Higashiyama, le long du Sentier de la Philosophie, Arashiyama, également renommée pour sa bambouseraie, et Gion où il n’est pas rare de croiser des geishas une fois la nuit tombée, et où beaucoup de ces demeures abritent des restaurants traditionnels. Une plongée dans le passé à compléter par une visite de Nara, capitale du Japon au VIIIe siècle, seulement distante d’une heure de train de Kyoto et qui possède de nombreux temples d’un âge vénérable. La plupart sont situés dans le parc aux daims, espace vert ainsi nommé car des dizaines de ces animaux sacrés pour les shintoïstes y déambulent librement quémandant de la nourriture aux passants. Il faut y voir le Todai-ji qui recèle l’un des plus grands édifices en bois du monde ainsi qu’un Bouddha de 15 m de haut et le sanctuaire Kasuga niché dans un bois dont les bâtiments rouge vermillon sont entourés de milliers de lanternes en pierre et en bronze. Leur illumination à l’occasion des fêtes d’Obon en août et de Setsubun Mantoro en février est un spectacle unique.
Seconde ville du pays, Osaka est à la même distance de Kyoto, mais présente beaucoup moins d’intérêt si ce n’est son château, reconstruit après-guerre, et les quartiers modernes et animés de Namba et Umeda. Des sites qui peuvent être vus rapidement avant de rejoindre l’aéroport du Kansai, deuxième porte d’entrée et de sortie du pays. Il est toutefois dommage de quitter le Japon sans voir Hiroshima, car cette ville a plus à offrir que le Mémorial et les ruines rappelant le premier usage d’une arme atomique sur une cible civile. Elle recèle aussi un jardin renommé, le Shukkei-en, un des sites emblématiques du Japon. L’île de Miyajima et le sanctuaire Itsuku shima dont le tori est entouré par les flots à marée haute. Une vision de carte postale tout aussi enchanteresse dans la réalité. Faire l’aller-retour entre Osaka et Hiroshima est en outre l’occasion de s’arrêter à Himeji pour voir le château du Héron Blanc, ainsi nommé car de loin il ressemblerait à cet oiseau. Château féodal le plus spectaculaire et le plus complet de l’archipel, c’est un labyrinthe de pièces et de murs crénelés qui transporte les visiteurs dans un film d’Akiro Kurozawa, et l’on s’attend à tout instant à voir surgir un samouraï d’un passage dérobé. Premier port à avoir été ouvert aux étrangers au XIXe siècle, Kobe peut aussi faire l’objet d’une brève halte pour voir les maisons construites par les premiers occidentaux. Épargnée de tout bombardement pendant la Seconde Guerre mondiale, Kanazawa est une autre ville conservant un riche patrimoine historique. Mais, elle est encore peu connue car un peu excentrée sur les rives de la Mer du Japon. Cela devrait toutefois bientôt changer car, à partir du printemps 2015, elle sera desservie par le shinkansen (TGV japonais) depuis Tokyo. Une bonne nouvelle pour les touristes, car Kanazawa recèle, dit-on, de l’un des quatre plus beaux jardins du Japon, le Kenroku-en, ainsi qu’un quartier féodal parfaitement préservé avec demeures aristocratiques et maisons de samouraïs. À ses portes se trouvent en outre les Alpes Japonaises qui offrent à la fois paysages spectaculaires et petits villages traditionnels.
Le nombre de touristes français au Japon ne cesse d’augmenter. Comment expliquez-vous ce succès, et à quoi l’attribuez vous?
En 2013, le nombre de visiteurs français au Japon était de 154 892 personnes. Les voyages qui s’étaient estompés après le Grand Séisme de 2011 ont repris, et les statistiques ont atteint un chiffre record. Les facteurs qui ont contribué à cette croissance est la baisse du yen qui reste maintenue (baisse de 40 % ces deux dernières années), un accès facilité grâce à la liaison Paris/Haneda avec les compagnies aériennes All Nippon Airways (ANA) ou Air France depuis mars 2014, ainsi que les différentes campagnes de communication (affichage dans le métro, publicité dans les journaux, promotion sur les agences de voyages en ligne) effectuées par notre office national du tourisme japonais.
Vous avez mis en place des partenariats avec les agences de voyages pour promouvoir le Japon. En quoi consistent-ils?
Quelles actions incluent-ils?
Les partenariats avec les agences de voyages consistent à construire un circuit attractif tant au niveau du contenu que du tarif et à en faire la promotion conjointement en communiquant sur internet et directement dans les vitrines en agence. Ils visent la clientèle groupe qui ne représente pour l’heure que 7 % des touristes français au Japon. Les circuits groupes permettent de visiter le pays de manière profitable avec un accompagnement pendant toute la durée du séjour. C’est donc une formule que nous recommandons.
Dans les années à venir, quels grands événements se dérouleront au Japon, les grandes nouveautés?
Au niveau des transports, nous attendons l’ouverture de la ligne Hokuriku qui facilitera l’accès de Tokyo à Kanazawa en shinkansen (TGV japonais) en mars 2015, ainsi que la prolongation de la ligne de shinkansen vers Hakodate, une des grandes villes de l’île de Hokkaido, en mars 2016. Le musée Sumida Hokusai, un musée qui exposera en exclusivité les œuvres de Katsushika Hokusai, mondialement connu, va également ouvrir ses portes en 2015. Pour terminer, le Japon accueillera les Jeux Olympiques en 2020 et une amélioration du réseau de transports à Tokyo est envisagée à cette occasion.
Les circuits groupes les plus demandés sont des 12 jours et dix nuits avec arrivée à Kyoto et départ d’Osaka ou vice-versa. Une durée suffisante pour voir les principaux sites, mais pour garder un rythme de voyage raisonnable, il vaut mieux choisir entre Nikko et Hiroshima au lieu de faire les deux.
Il est possible de voyager au Japon toute l’année, mais il y fait très chaud en été et des cyclones peuvent toucher le pays d’août à fin septembre, voire début octobre. L’automne est ensuite très agréable jusqu’à la fin novembre. Le printemps, de mars à juin, est la saison la plus demandée, mais aussi la plus chère, pour cause de floraison des cerisiers. Intervenant fin mars – début avril, ce phénomène est toutefois très fugace et sa date exacte fonction du climat.
Impossible, donc, de garantir à des clients s’ils pourront l’observer.
Diverses activités peuvent venir agrémenter le voyage.
Une nuit en ryokan, auberge traditionnelle, et un passage dans un onsen, bain japonais, sont les plus populaires et quasiment incontournables.
« Cérémonie du thé, initiation à la calligraphie et dégustations de saké sont également très appréciées, et les visites guidées sur le thème de l’électronique et des mangas ont beaucoup de succès auprès de certains groupes. En revanche, l’essayage de kimono ne séduit que les femmes! », précise Sandrine Chemla, directrice du service groupes chez Asia.
À Tokyo, il est également possible de s’initier à l’art du bonsaï dans un musée dédié à ces arbres miniatures. Souvent longues et d’un rythme lent, les représentations de théâtres kabuki et No sont à réserver aux amateurs.
En revanche, les danses de geishas conviennent à un public plus large comme un spectacle de Kagura de style théâtral plus court et plus dynamique de la région d’Hiroshima.
Enfin, les indications en anglais étant aujourd’hui plus nombreuses, un après-midi ou une soirée libre à Kyoto ou Tokyo sont envisageables. L’occasion pour les participants de s’immerger dans la vie locale et d’aller dans de petits restaurants typiques.