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Savoir-faire savoyard

Bon plan | publié le : 01.11.2014 | Dernière Mise à jour : 01.11.2014

Auteur

  • Jean-François Bélanger

Savoie Elle est labellisée « Entreprise du Patrimoine Vivant » par le ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, possède plus d’une vingtaine de machines du XIXe siècle inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, la Filature Arpin est un bel exemple d’une unité de production savoyarde qui perpétue la tradition… tout en s’ouvrant à la visite.

Au bord du torrent de Versoyen, à deux minutes du centre de Bourg-Saint-Maurice, en Savoie, et à quelques-unes supplémentaires de la station des Arcs, la Filature Arpin consacre son savoir-faire à la fabrication des tissus lainiers, nobles et rares. Cette activité perdure depuis 1817, date à laquelle deux hommes d’une même famille, Alexis et Jean-Baptiste Arpin décident de choisir cet endroit pour y installer leur atelier. Juste avant le bicentenaire de cette entreprise, la tradition des artisans maîtres lainiers et tisserands est toujours vivace. Mieux, elle s’est diversifiée et se développe. Aujourd’hui, cet atelier de confection, dépositaire de cet héritage et bien installé dans son époque, réalise et distribue les produits Arpin dans plusieurs secteurs de l’économie, s’adaptant aussi à toute commande sur mesure et accueillant les touristes.

Depuis les moutons des alpages…

La matière première? Elle vient des moutons dont la laine profite de la richesse des alpages environnants. Elle doit être d’une qualité exceptionnelle, une fibre souple, résistante et au toucher soyeux. Pour y arriver, chaque toison est débarrassée manuellement de ses impuretés pour conserver ses qualités originelles. Cette sélection éloigne plus d’un tiers de la matière initiale. La Filature Arpin pratique encore aujourd’hui le système de troc, les bergers apportant les toisons et repartant avec des produits finis. La fabrication? Toutes les tâches successives sont déclinées ici: le passage au batteur, le lavage, le séchage, l’ensimage, le cardage, le tordage, le bobinage… La laine est dégraissée dans une eau tiède, à bonne température afin qu’elle ne soit pas « grillée ». Il faut en retirer la graisse animale. Elle est ensuite rincée dans une machine imaginée en 1948, puis disposée en épaisseurs d’environ dix centimètres sur le sol du galetas, un grenier aéré du vent chaud venu d’Italie et chauffé uniquement par la réverbération du soleil sur le toit. Selon les conditions climatiques, cela prend entre deux et dix jours. Ensuite, la laine est passée au « grand batteur », une machine qui date de 1865 et qui va la débarrasser de ses dernières impuretés. Il faut alors « regraisser » la laine pour pouvoir la passer dans des cardes, en l’aspergeant d’oléine (naturellement présente dans les huiles et les matières grasses solides végétales). La fabrication, proprement dite, peut alors débuter. Le cardage est la première étape. Grâce à une machine datant de 1928, équipée de rouleaux cylindriques et de petites griffes, elle étire les fibres de laine pour les rendre parallèles. Ensuite le fil est tordu, puis embobiné. Ourdissage, dévidage, nouage, tissage, lavage, essorage, foulonnage, séchage, calandrage et enfin roulage sont les successives et indispensables étapes que l’on peut suivre à travers les différentes pièces et machines de la Filature Arpin. C’est l’ensemble de ces tâches si méticuleuses et si délicates pour la plupart qui se déroulent sous les yeux des visiteurs, dans une ambiance bon enfant.

… Jusqu’aux palaces des neiges

Le résultat consiste en des produits rares et d’exception. À l’origine, outre les vêtements typiquement savoyards, les textiles Arpin étaient utilisés pour confectionner les habits des expéditions alpines. C’est Pierre Blanc, un célèbre colporteur de Bonneval-sur-Arc, qui donnera ses lettres de noblesse au drap de Bonneval! Ce dernier a notamment servi à la fabrication des tentes du futur roi de Sardaigne, Victor Amédée II de Savoie, lors de passage au col du Petit Saint-Bernard, mais aussi à Paul-Émile Victor, lors de ses expéditions polaires françaises ou encore aux premières expéditions pour l’Himalaya. Fonctionnels et intemporels, les collections Arpin sont toujours dotées de détails que seuls peuvent décoder ceux qui ont approché la marque. Mais aujourd’hui, la production s’est sensiblement élargie. Elle a été complétée par une ligne d’accessoires à l’esthétique contemporaine qui n’en renie pas pour autant son histoire et sa légende. Ces textiles d’exception, à la fois authentiques et intemporels, sont par exemple utilisés dans la décoration d’intérieur. Non loin d’ici, les palaces de Courchevel, affichent ses œuvres. Des boutiques ouvrent progressivement, majoritairement en pays alpins. La prochaine ouvrira en ce mois de décembre à Kitzbühel (Autriche).

La filature Arpin n’a pas véritablement changé depuis ses origines. Le lieu est discret mais profite d’une bonne desserte depuis le cœur de la vallée de Tarentaise et le centre de Bourg-Saint-Maurice. Il bénéficie même d’un large parking suffisant pour y garer plusieurs autocars. Pour les groupes, ce sont les guides-conférenciers de l’office du tourisme de Bourg-Saint-Maurice/Les Arcs qui encadrent les visites, sur réservation. La visite peut durer une heure avant de se terminer par l’incontournable boutique, à l’allure montagnarde et savoyarde, permettant aux visiteurs de repartir avec souvenirs et belles étoffes. Une visite qui est un complément culturel idéal dans toute programmation savoyarde, et ce en toutes saisons.

Bourg-Saint-Maurice, terre de tradition

Au cœur de la vallée de Haute-Tarentaise, Bourg-Saint-Maurice était déjà répertorié à l’époque gallo-romaine (Bergintrum), sur la voie de passage qui menait de Vienne (Isère) à Milan.

À l’époque contemporaine, l’élevage et l’agriculture furent les principales explications de la richesse locale de cette vaste commune, avant que le tourisme de montagne ne prenne le relais à partir du milieu du XXe siècle, avec les différentes étapes de la construction des stations des Arcs. Cette longue histoire est jalonnée de plusieurs témoignages. En dehors de la Filature Arpin, qui illustre bien le savoir-faire de la tradition lainière, d’autres sites méritent le détour.

Tout d’abord le centre-ville, où demeures féodales, couvents, hospices et chapelles d’époque foisonnent. Justement, l’art baroque a dans cette région une multitude d’implantations. Il date, pour l’essentiel, du XVIIe siècle. Les églises paroissiales et les sanctuaires qui dataient, pour la plupart, du Moyen-âge sont alors réaménagés et décorés dans un style propre à émouvoir et à séduire l’âme des fidèles.

La richesse et l’exubérance des sculptures concentrent tous les regards dès l’entrée dans les lieux. Dans un autre domaine, le fromage de Beaufort, le « prince des Gruyères », est lui aussi identitaire de Bourg-Saint-Maurice et de la vallée de la Haute Tarentaise.

Il est lié à la qualité des troupeaux locaux, notamment berceau de la race tarine (ou tarenaise).

Pour découvrir sa fabrication, il ne faut pas manquer de s’arrêter à la coopérative laitière de Haute Tarentaise (visites guidées en saison).

Pratique

Visites guidées du lundi au vendredi matin en juillet et août, à 10 h 30; 13 h 30; 14 h 45 et 16 h; autres périodes: du lundi au vendredi matin, de 9 h 30 à 11 h et de 14 h à 16 h.

La boutique est ouverte du lundi au samedi, de 8 h 30 à 12 h et de 14 h à 18 h 30.

Tél.: 04 79 07 28 79

www.arpin1817.com

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