L’évolution assez négative de la conjoncture, en raison de la situation économique, des questions géopolitiques ou sanitaires n’a pas sensiblement impacté, pour l’instant, le secteur des agences de voyages et des voyagistes.Face à cette situation, il semble que la capacité d’adaptation des opérateurs soit le meilleur remède… en attendant des jours meilleurs.
Selon le panorama annuel mené par Tour Hebdo et le cabinet Altares, les entreprises du secteur touristique font preuve d’une véritable résistance au milieu des événements contraires qui secouent le secteur. Ainsi, pour premier indicateur, le solde entre créations et défaillances d’entreprises ne se modifie pas sensiblement et reste même largement positif. Si le nombre de créations est passé de 279 en 2012, à 262 en 2013, il était encore de 125 à la fin du premier semestre 2014, témoignant ainsi d’un certain tassement. Mais, en parallèle, le nombre de défaillances n’a pas évolué très notablement, bien au contraire. Il est tombé de 105 en 2012, à 94 en 2013, pour se situer à 36 à la fin du premier semestre 2014. Ainsi, le nombre des défaillances est en recul de 28 % par rapport à 2012. Cependant, cette évaluation, en matière de nombre d’entreprises, ne permet pas de situer l’importance globale des conséquences économiques de ces défaillances. On peut considérer en effet qu’une défaillance majeure peut être bien supérieure à plusieurs défaillances de moindre importance. En terme de distribution, le secteur conserve un certain dynamisme même si le profil des entreprises tend à évoluer. Sur l’exercice 2013, Go Voyages, avec un chiffre d’affaires de 151 millions d’euros (-5 %) et voyages-sncf.com (106 millions d’euros, soit +1 %) sont les deux leaders du palmarès des distributeurs.
Mais dans les dix premiers du classement, on relève des acteurs du net. De plus, concernant la rentabilité opérationnelle, ce sont bien eux qui trustent les quatre premières places. Voyage Privé est le champion du genre, loin devant, avec une rentabilité de 47,8 %, tout en ayant accru son activité de 14 % en 2013! Plus spécifiquement, le secteur de la distribution des déplacements d’affaires est marqué par la régression des volumes d’affaires des deux leaders: American Express et Carlson Wagonlit France, respectivement de - 8,8 % et de - 5,4 % en 2013. Une évolution qui s’explique en partie par les comportements des entreprises en matière de transport aérien. Selon l’étude d’American Express, justement, la part de l’aérien dans les dépenses pour les entreprises européennes est passée en l’espace de deux ans de 53 à 37 %, une baisse liée au glissement vers les classes arrières et au recours aux low cost, pour diminuer les frais de déplacements des collaborateurs. Dans le domaine des producteurs, l’étude classe le Club Méditerranée, avec un chiffre d’affaires de 1,408 millions d’euros (- 3,5 %) devant TUI (NC). Mais on relève que sur les dix premiers classés, l’évolution des chiffres d’affaires 2013 par rapport à 2012, est dans le rouge, à l’exception d’Odalys, de Pierre et Vacances/Center Parcs et Exotismes.
Toujours dans ce panorama, on relève dans le classement des autocaristes, le leadership confortable d’Autocars Verdié. Avec 82 millions d’euros de chiffre d’affaires, l’autocariste augmente son activité de 11 % par rapport à 2012, loin devant le Groupe Richou avec 32 millions d’euros de chiffre d’affaires. Et, comme le relève l’étude, le tourisme en autocar se porte plutôt bien, avec moins d’un tiers des autocaristes qui figurent dans le classement, ayant fini dans le rouge l’exercice 2013. D’une façon générale, il est convenu que chaque professionnel doit s’accommoder des nouvelles donnes qui contredisent les précédentes, un secteur en perpétuel mouvement. Avec pour dernier en date, la signature récente de Ryanair avec Amadeus…