Les destinations choisies par les Français en 2013 consacrent toujours la Méditerranée, mais les ventes de voyages à forfait n’en sortent pas toujours gagnantes.
Pas de grosses surprises concernant les hauts et les bas du voyage à forfait en 2013, mais des pistes à explorer pour anticiper sur les tendances du moment. Le palmarès des voyagistes français présenté par L’Echo touristique couronne l’Espagne (neuf millions de visiteurs français) devant l’Italie (5,2 millions) et la Grande-Bretagne (quatre millions). Au pied du podium, en nombre d’arrivées toujours, le Maroc arrive en 4e position, suivi de l’Allemagne, des Etats-Unis, de la Belgique et de la Grèce qui a établi un record avec une progression de 18 % en un an. Avec des volumes bien moindres, cinq destinations enregistrent des progressions exceptionnelles: la Jamaïque, la Colombie, la Birmanie, les Seychelles et Panama.
En considérant uniquement les voyages à forfait, le Maroc (335 921 des ventes), la Tunisie (282 044) et la Turquie (240 776) forment le tiercé gagnant, juste devant l’Espagne (220 480). Les trois premières destinations sont aussi aujourd’hui parmi les plus touchées par la désaffection des Français depuis les recommandations du ministère des Affaires étrangères à « renforcer sa vigilance » dans une quarantaine de pays.
Tout autant contrariante pour les professionnels du tourisme, la tendance à la désintermédiation a gagné du terrain. C’est particulièrement le cas pour le Maroc où seulement 18 % des touristes ont acheté un forfait pour s’y rendre en 2013, alors qu’ils étaient encore 29 % en 2009. Même phénomène pour la Tunisie, bien que moins marqué, avec une part des ventes qui est tombée à 37 % en 2013 contre 44 % en 2009. Pour la Turquie en revanche, les ventes sont demeurées stables, autour de 23 %. La tendance est même à contre-courant pour les Canaries: la moitié des touristes français s’y sont rendus en 2013 en passant par un TO, alors qu’ils étaient moins d’un tiers en 2009 à recourir à un voyagiste.
Il est aussi des destinations long-courrier où relativement peu de forfaits sont vendus au regard de leur fréquentation. C’est particulièrement le cas pour les Etats-Unis. « Plus d’un million et demi de Français vont aux Etats-Unis, mais à peine 73 000 forfaits ont été vendus, souligne Michel-Yves Labbé, président du Visit Usa Committee. L’intermédiation n’est plus celle des tour-opérateurs mais des outils web ». Pour autant, la messe n’est pas forcément dite. « Les Etats moins connus que la Californie, la Floride ou dans le Nord-Est du pays, peuvent retomber dans l’escarcelle des TO. », estime-t-il, en citant le Nouveau-Mexique « qui correspond aux goûts des Français ». Autre issue possible selon lui pour les TO: « sophistiquer la destination », apporter une valeur ajoutée. « Il faut offrir de l’originalité aux clients, leur apporter des options, assure Olivia Even, directrice générale de Pacha Tours/Rev Vacances. Le client est en quête d’émotions, de plus en plus il veut vivre des expériences uniques.
Interrogés sur les destinations tendances de 2015, les intervenants ont plusieurs fois cité les Seychelles, « moins chères que d’autres destinations similaires tout en proposant une bonne qualité ». L’Afrique du Sud semble aussi susciter beaucoup d’intérêt actuellement.
Hélion de Villeneuve, directeur général de la holding qui contrôle la marque Austral Lagons croit beaucoup en Zanzibar, « qui émerge et se relance, seul ou avec extension en Tanzanie continentale ». Il observe aussi que le Sri Lanka « marche très fort, y compris dans le nord » resté longtemps fermé au tourisme. Pour Olivia Even, outre les îles Vanille de l’Océan Indien, il faudra aussi compter sur l’Amérique Latine, avec des combinés Chili-Argentine, mais aussi sur l’Inde et la Turquie. A moins que l’actualité géopolitique ne vienne semer le doute parmi les candidats aux voyages à l’étranger