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Aintourisme, facilitateur d’affaires

Région | publié le : 01.11.2014 | Dernière Mise à jour : 01.11.2014

Auteur

  • Catherine Mautalent

ADT En 2008, Aintourisme a fait le choix de changer de modèle économique pour travailler le marché groupes. La structure institutionnelle a abandonné la parution d’une brochure dédiée et la commercialisation, et privilégié l’accompagnement des prestataires départementaux pour les aider à développer leur offre. Elle leur apporte, par exemple, une aide dans l’élaboration des produits packagés, et se charge du « back office » commercial sans récupérer le produit des ventes. Explications.

Bugey, Bresse, Dombes et Pays de Gex, ces quatre territoires constituent le département de l’Ain. Quatre territoires aux diversités touristiques distinctes prétextes à de multiples découvertes patrimoniales et activités nature. Ainsi, niché entre le Rhône, la rivière Ain (qui traverse le département du Nord au Sud) et la haute chaîne du Jura, le Bugey se partage entre forêts, marais, combes, cascades, rivières, lacs, plateaux et sommets. « On est ici sur des offres d’activités de pleine nature, indique Aurélia Suet, responsable du pôle ingénierie touristique et responsable qualité. Mais, il y a quelques spots majeurs que sont, par exemple, les gorges de l’Ain qui se découvrent via un circuit en autocar combiné à des promenades en bateau avant de passer à une dégustation en cave, ainsi que les grottes de Cerdon, naturelles et impressionnantes ». Celles-ci viennent d’ailleurs de mettre en place un atelier et un rallye sur le thème de la Préhistoire. D’autres étapes sont également à mentionner comme les fromageries, la maison du Marais de Lavours, l’abbaye bénédictine d’Ambronay, le musée de la Résistance et de la Déportation ou encore la Maison d’Izieux (mémorial des 44 enfants juifs arrêtés, déportés et dont aucun ne reviendra) qui est actuellement en travaux. Il devrait rouvrir ses portes le 11 avril 2015. « L’offre y sera totalement refondue, annonce Aurélia Suet. Il est prévu d’agrandir le lieu avec notamment un espace semi-enterré, tandis que les bâtiments actuels seront conservés et abriteront une nouvelle exposition avec une thématisation approfondie qui s’appuirera sur le multimédia. Tous ces changements devraient permettre une plus grande compréhension de l’histoire individuelle et collective des enfants et de leurs accompagnateurs, un prolongement de l’immersion dans le contexte de la France de Vichy et une ouverture sur la notion de construction de la mémoire ».

Le territoire de la Bresse, lui, est un pays de bocage. Y sont – entre autres – à découvrir les fermes typiques bressanes avec leur drôle de cheminée sarrasines, les églises romanes et le chef-d’œuvre qu’est le monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse. Sans oublier l’incontournable volaille de Bresse!

Avec ses 1 200 étangs, le territoire de la Dombes – entre Saône, Rhône et Ain – est dit-on le « pays aux mille miroirs ». L’eau y est omniprésente, la faune et la flore y sont denses. Pour s’en rendre compte, il suffit de s’arrêter au Parc des Oiseaux, qui abrite 300 espèces différentes du monde entier sur 35 hectares. « Il est le premier site du département en nombre de visiteurs accueillis (300 000 chaque année, ndlr), que l’on peut découvrir à bord d’un petit train et qui, chaque année, enrichit ses espaces de découvertes », souligne Aurélia Suet. Autres particularités de la Dombes: ses villages. Comme Ars-en-Formant qui a accueilli le curé d’Ars (béatifié et déclaré « patron des prêtres de France » en 1905; canonisé en 1925 et proclamé « patron de tous les prêtres de l’univers » en 1929). Un musée raconte sa vie en 17 scènes à travers 35 personnages signés Grévin. A Trévoux « au patrimoine insolite et confidentiel », dit Aurélia Suet, on s’arrête notamment pour son Apothicairerie, qui proposera une nouvelle présentation muséographique en 2015, dans un espace accueillant d’autres structures. Pour l’instant, les visites du lieu sont organisées « au cas par cas et sur demande auprès de l’office de tourisme de Trévoux », indique Aurélia Suet. Tout près, au château de Fléchères, le peintre italien Pietro Ricchi y créa ses plus belles fresques. A Pérouges, classée parmi « les plus beaux villages de France », cité fortifiée et médiévale toute en pavés, édifiée sur un promontoire, la visite est proposée sous la conduite d’un guide costumé et en nocturne. Citons enfin Châtillon-sur-Chalaronne, baptisée « la petite Venise de la Dombes », également cité médiévale, entre ses maisons à colombages, ses ponts et berges fleuris.

Dernier territoire: le Pays de Gex, situé aux portes de la Suisse, et aux nombreux atouts comme celui de posséder les plus hauts sommets des montagnes du Jura et de vastes panoramas comme à Monts Jura, de l’eau avec la station thermale de Divonne-les-Bains ou encore le Centre européen pour la recherche nucléaire qui invite à la découverte de l’infiniment petit. Et puis, il y a aussi la forteresse sentinelle de Fort l’Ecluse, le château de Voltaire (attention: il a fermé ses portes cet été pour des travaux qui devraient durer de deux à trois ans), le musée des Sapeurs-Pompiers, la fromagerie du Bleu de Gex…

Accompagner les prestataires locaux

En 2013, le département de l’Ain s’est doté d’un quatrième schéma de développement touristique. Il a défini une stratégie pour les quatre territoires à l’horizon 2017 autour d’axes clés « dont le plus important est de faire émerger des destinations touristiques reconnues en concertation avec les acteurs locaux et d’assurer leur promotion », explique Aurélia Suet. Avec un chiffre d’affaires de plus de 300 millions d’euros par an, 10 000 emplois directs et autant d’indirects, l’activité économique locale dans l’Ain pèse lourd. Dans ce contexte, Aintourisme (nom adopté en 2010 venant remplacer celui de comité départemental du tourisme) joue un rôle de « chef de file », assumé pleinement aux côtés des communes, des intercommunalités et de leurs offices de tourisme. Pour « faire émerger » ces destinations touristiques, le schéma stipule que la structure institutionnelle « a pour mission d’accompagner les acteurs locaux dans tous les domaines de l’activité touristique », précise Aurélia Suet. Venant ainsi conforter le positionnement d’Aintourisme adopté dès 2008 et tourné vers l’accompagnement, notamment à destination du marché groupes. « Nous accompagnons les prestataires et les offices de tourisme pour les aider à développer leurs offres, en termes d’expertise, de méthodologie, de financement, de promotion commune, de qualification de l’offre… », explique-t-elle. Des services qui passent plus précisément par l’aide à la conception de produits packagés, et surtout par la réservation et la gestion administrative et financière des contrats. Dans la continuité du Service Loisirs Accueil, qui travaillait quasi-exclusivement pour le marché groupes (il a disparu en 2008), un service de réservation Aintourisme s’est constitué (il dispose depuis d’une immatriculation Atout France). « Il collecte les forfaits conçus par les offices de tourisme (généralement en début d’année, ndlr), non habilités ou habilités à commercialiser, fait le lien avec le client, assure la vente, encaisse les règlements et gère la comptabilité en payant les prestataires », détaille Aurélia Suet. En d’autres termes, l’office de tourisme prend les options, Aintourisme se charge de tout le reste. Si le service de réservation ne perçoit pas le produit des ventes, il est cependant « rémunéré » pour le service apporté puisqu’il perçoit une commission de 3,5 % sur chaque prestation vendue. Correspondant au conseil pour le montage des produits, l’organisation de la collecte et de la mise à jour des produits packagés mis en vente, la réservation et la vente des produits, l’encaissement des règlements et le reversement aux prestataires. « Ce service peut, parallèlement, répondre à des demandes spontanées d’autocaristes ou d’associations en concevant des produits packagés sur mesure et adaptés à leur demande et à leur budget, poursuit-elle. Mais, la procédure reste identique puisque chaque prestataire participant au programme sera payé, tandis qu’en retour il nous commissionnera ». Aintourisme intervient uniquement dès lors qu’il y a produits packagés, mais en aucun cas sur la vente de prestations « sèches » (un musée, une visite guidée, un hôtel, un restaurant…).

En coulisses, une convention de mandat pour la vente de produits touristiques par le service de réservation de la structure institutionnelle (annuelle mais renouvelée tacitement chaque année) est signée entre l’organisateur et l’office de tourisme (ou un prestataire). A ce jour, 140 conventions ont été signées. Et en termes de conditions, il est par exemple spécifié que « le prix donné par le prestataire au service réservation ne doit en aucun cas être supérieur à celui qu’il pratiquerait en direct auprès de ses clients », que « le prestataire s’engage à offrir une gratuité pour le conducteur à partir de 20 personnes », ou encore que « pour les séjours avec hébergements, l’hôtelier s’engage à offrir la gratuité au conducteur en chambre single ».

Un interlocuteur unique

Avec la mise en place de ce modèle économique, Aintourisme n’édite plus de brochure groupe, qui renfermait autrefois des offres journées et courts-séjours, destinée en priorité aux autocaristes. La structure institutionnelle a même décidé de quitter en 2013 le Club Destination Groupes de la Rn2D, auquel elle adhérait depuis 1996, date de sa création. « Nous n’avions plus d’intérêt à y être présent, nous sommes dans une autre stratégie aujourd’hui, une stratégie qui consiste à donner la priorité à des actions tournées vers les prestataires et les offices de tourisme, explique Aurélia Suet. Nous aidons ces derniers à mettre en marché leur offre en leur facilitant les étapes techniques, leur laissant ainsi le temps nécessaire pour assurer eux-mêmes la promotion de leur offre ». Et c’est à la demande des acteurs départementaux qu’Aintourisme et plusieurs prestataires se sont rendus, en février 2013, au Road Show Destination France organisé par Atout France, qui a eu lieu à Zurich et à Lausanne.. Cette année, et plus précisément les 19 et 20 novembre prochains, la structure institutionnelle mettra en place l’opération « Ain Meeting Group », en invitant les professionnels suisses dans le cadre de l’hôtel Georges Blanc Parc & Spa (cinq étoiles) à Vonnas. Sur deux jours. « Et si les autocaristes français souhaitent découvrir l’Ain, nous sommes évidemment en mesure de les recevoir », ajoute Aurélia Suet. Aujourd’hui, la majorité des contrats réalisés par le service de réservation le sont avec les offices de tourisme (*), travaillant sur un marché de proximité (Sud Bourgogne, Lyon, Belgique, Suisse…) et principalement sur la base d’une offre journée. Le nombre de produits fournis au service de réservation d’Aintourisme par les prestataires n’est pas limité, « mais nous les incitons à viser l’efficacité, et conseillons donc de ne pas aller au-delà de dix offres packagées », précise-t-elle. Une personne (Sylvie Blanc) est dédiée au service de réservation d’Aintourisme, qui est aussi à même de conseiller et d’informer sur les offres proposées par les offices de tourisme. Car il n’existe pas de support papier pour les présenter, et le site internet généraliste de l’Ain – permettant fort logiquement de prendre connaissance des attraits touristiques départementaux – ne dispose pas de rubrique groupes ou pros (l’onglet « groupes ». a été supprimée en 2008).

« Grâce à la mise en place de ce modèle économique, cela nous a permis d’être plus dans l’écoute des prestataires départementaux, et notamment des offices de tourisme. Ces derniers peuvent ainsi se concentrer sur leurs missions premières que sont l’information, le conseil et la promotion, renforcer leurs relations avec leurs prestataires locaux et ainsi mieux valoriser leurs territoires, conclut Aurélia Suet. Aintourisme vient en appui, se positionne comme un facilitateur d’affaires ». Un choix stratégique, qui a porté ses fruits. Selon la responsable du pôle ingénierie touristique et responsable qualité, le marché groupes affiche de réelles (et de belles) progressions ces dernières années.

Et notamment les offices de tourisme de Bourg-en-Bresse Agglomération, de Chalaronne Centre, de Pérouges, du Centre Dombes et Canton de Chalamont, de Belley-Bugey Sud Tourisme ainsi que du Pays du Cerdon-Vallée de l’Ain.

En chiffres

A ce jour, 140 prestataires utilisent le service de réservation d’Aintourisme au moins une fois par an, pour un chiffre d’affaires généré l’an passé sur le territoire de 138 750 euros. En 2013, le service de réservation d’Aintourisme a réalisé 128 dossiers groupes. A fin août de cette année, 117 étaient déjà comptabilisés. Les groupes sont amenés à parité par les autocaristes et les associations. La clientèle est principalement issue de Rhône-Alpes, « mais suit les cibles travaillées lors d’éductours ou d’opérations spéciales sur les marchés, à l’exemple des Alsaciens ou des Suisses », ajoute Aurélia Suet, responsable du pôle ingénierie touristique et responsable qualité au sein d’Aintourisme.

Le saviez-vous?

En 2012, Pérouges est arrivé en quatrième position dans l’émission de Stéphane Bern « Le village préféré des Français » sur France 2. En 2013, c’est au tour du jardin japonais Paradiz’en à Chatillon-en-Michaille (au pied du Jura) d’être classé parmi les 22 finalistes de l’émission « Le jardin préféré des Français ». Enfin, en 2014, le Monastère royal de Brou, chef-d’œuvre gothique flamboyant, à Bourg-en-Bresse a été élu « le monument préféré des Français »… toujours dans l’émission de Stéphane Bern… et toujours sur France 2.

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