Marché En dépit de la baisse régulière de son premier marché, la France, l’île Maurice parvient encore à enregistrer une légère progression de sa fréquentation touristique internationale. Mais, malgré la barre du million d’arrivées annuelles qu’elle devrait franchir cette année, ce résultat est encore largement insuffisant pour satisfaire les professionnels de l’hébergement, les hôteliers en particulier.
Pour le marché français, c’est 2008 qui est l’année qui signe la référence sur l’île Maurice. Année durant laquelle ce paradis touristique de l’Océan Indien enregistrait plus de 930 000 arrivées internationales. Six ans plus tard, après le trou d’air enregistré en 2009, consécutif aux conséquences de la crise mondiale liée à la question des subprimes et à la faillite de Lehman Brothers, l’île Maurice enregistre une croissance molle de son tourisme international causée pour l’essentiel par le manque de dynamisme du marché français.
Ainsi, l’an passé, 244 752 visiteurs français ont été enregistrés, contre 256 929 l’année précédente (– 4,7 %). Et la fréquentation en provenance de La Réunion, sa voisine, a subi un sort quasi identique: 143 114 visiteurs en 2013 contre 144 340 en 2012 (– 0,8 %). Malgré tout, l’île Maurice devrait passer, cette année, le cap du million de visiteurs, toujours en dépit d’une reprise du marché français.
A la fin du mois de mai 2014, les chiffres fournis par le Mauritius Promotion Tourism Authority (MPTA) montrent que si la fréquentation internationale progresse de 3,3 %, celle en provenance de la France, avec 111 335 arrivées, reste toujours orientée à la baisse (– 4,7 %), tout comme celle issue de La Réunion avec 61 801 arrivées (– 0,8 %). Un score qui n’empêche pas pour autant notre marché de représenter encore, au total, autour des 40 % de la clientèle internationale. Mais son évolution ne peut qu’inquiéter les responsables de la promotion du tourisme. D’autant que d’autres destinations de l’Océan Indien séduisent davantage les Français, certes avec des chiffres inférieurs.
C’est le cas notamment du Sri Lanka qui affichait, en 2013, une croissance du marché français de 13 % par rapport à 2012 ou des Seychelles qui progressent sur la même période de 11 %. Fort heureusement, pour compenser l’atonie des marchés européens sur la destination mauricienne, ceux du sud notamment, d’autres marchés émergents prennent le relais et assurent cette modeste dynamique. C’est le cas de l’Asie, dont la fréquentation a bondi de 27 % sur les cinq premiers mois de cette année, voire de l’Amérique dont le nombre d’arrivées progresse de 15 %, toujours sur cette période.
Une situation qui n’est pas pour plaire aux responsables de l’hôtellerie mauricienne, une hôtellerie qui figure pourtant dans le haut du panier du tourisme international en terme d’accueil, de service et de qualité: « en dépit du ralentissement de la croissance du trafic touristique, les programmes hôteliers ont été maintenus. Dans le même temps apparaissent de nouvelles formes de tourisme comme les résidences secondaires et la para-hôtellerie. Un phénomène lié au fait que l’île Maurice est une destination facile qui séduit les « repeaters », dont le nombre représente environ 30 % de nos visiteurs. En clair, les touristes viennent une fois ou deux à l’hôtel, puis choisissent d’investir dans une résidence secondaire. Si l’on considère que l’île dispose de 13 300 chambres (26 600 lits), compte tenu de l’insuffisance croissance du trafic actuel, l’hôtellerie tourne aujourd’hui à 60 % de sa capacité », analyse Jocelyn Knock, qui était encore jusqu’en juillet dernier, Président de l’Association des Hôteliers et Restaurateurs de l’île Maurice (Ahrim), une structure fédérant environ 75 % des établissements et réceptifs mauriciens. Aujourd’hui, on peut considérer qu’ici, 30 % de l’offre d’hébergement sort désormais du strict concept hôtelier. Une raison qui a conduit plusieurs établissements à mettre la clef sous la porte: deux hôtels Apavou ont fait faillite. Ils ont été repris par une filiale de TUI. D’autres changent de mains comme le Mövenpick. Certains en ont profité pour opérer des rénovations tels que le Royal Palm, le Sands…. « Pour remettre l’hôtellerie mauricienne en bonne santé, il nous faut 400 000 touristes supplémentaires par an », calcule Jocelyn Knock. Et dans ces conditions, les groupes, particulièrement ceux en provenance du premier marché mauricien, la France, sont les bienvenus.
Et c’est sans doute pour cela que l’un des opérateurs les plus importants de l’île, en l’occurence le groupe Lux (ex-Naïade), lourdement recapitalisé en 2010, vient de faire paraître une brochure dédiée à cette cible de clientèle (voir encadré).
Les groupistes, et le marché français, en général, en profiteront-ils? La question du transport aérien entre les deux pays reste délicate. D’un côté le partenariat entre Air France et Air Mauritius est engagé dans une politique de diminution des coûts des deux compagnies qui souhaitent réduire le nombre de sièges non rentables.
Corsair, via La Réunion est une alternative. Mais ces stratégies ne vont pas dans le sens de prix abordables.
D’un autre côté, les compagnies du Proche-Orient sont plutôt à la recherche de trafic. Compte-tenu des accroissements de la flotte, particulièrement dans le secteur des gros porteurs, elles pourraient offrir de nouvelles opportunités pour ceux qui ne privilégient pas les parcours sans escale.
Par exemple, à partir de décembre prochain, la compagnie Emirates desservira au départ de Dubaï le nouvel aéroport de Seewoosagur à Maurice deux fois par jour avec un A 380 réalisant ainsi une forte augmentation de capacité. Avec un prix de l’hébergement plutôt orienté à la baisse, surtout durant les périodes creuses, et ces accroissements de l’offre aérienne, il reste donc de la place sur l’île Maurice pour une politique à destination des groupes.
Finalement, c’est peut-être l’évolution du niveau de la Roupie mauricienne, plutôt élevé en ce moment, qui pourrait s’inviter pour arbitrer l’offre et la demande.
Cet été, la chaîne mauricienne Lux Resorts a édité une nouvelle brochure entièrement dédiée aux groupes: le G & I Catalogue, comme Group and Incentive Catalogue. « Les groupes constituent un secteur stratégique pour notre entreprise, dans le cadre de son développement », explique Mélanie Ohis, directrice groupes et incentives du groupe Lux Resorts. Cette nouvelle brochure présente les offres de l’ensemble des établissements que compte Lux Resorts, à savoir cinq unités sur l’île Maurice, un sur l’île de La Réunion, un aux îles Maldives. Les propositions seront valables jusqu’à la fin de l’année 2015. Une initiative qui confirme les efforts entrepris par Lux Resorts sur ce segment de marché. Déjà l’année dernière, le groupe avait effectué l’acquisition d’une tente événementielle de 600 m2: « cette structure nous permet d’accueillir 300 personnes assises et jusqu’à 500 en version cocktail. Elle peut s’installer dans la plupart de nos établissements », précise Mélanie Ohis. Chez Lux Resorts, les propositions d’animation sont particulièrement variées pour les groupes, particulièrement à l’île Maurice, « tant dans le domaine des activités physiques qu’intellectuelles: les rallyes découverte en 4X4, les sorties en catamaran, les techniques de construction de radeaux, les thématiques africaines, créoles, indiennes… De plus, nous disposons d’une île privée, « l’île des deux cocos », qui nous permet d’organiser des excursions privatives thématisées pour 160 personnes, à quarante-cinq minutes de Bellemare », ajoute Mélanie Ohis. La sortie du G & I Catalogue, devrait renforcer le poids du secteur des groupes dans l’activité de Lux Resorts.