Belgique L’année 2015 sera belge ou ne sera pas. Enfin, il sera difficile surtout de se priver des multiples propositions de découvertes et d’offres culturelles qui sont programmées tout au long de l’année tant l’offre est alléchante. Mémoire de la Grande Guerre et des 70 ans de la bataille des Ardennes, Mons capitale européenne de la culture, bicentenaire de la bataille de Waterloo, festival Europalia sont autant de rendez-vous à ne pas manquer.
Ce petit pays qui distrait si gentiment les Français est en fait à prendre très au sérieux, notamment quand il s’agit de tourisme. En Flandre comme en Wallonie, à Bruxelles qui unit les deux, il y a tant de choses à voir qu’on y reviendrait toujours. En circuit, à la journée, à la semaine, sur les traces de Napoléon ou des mémoires de la Grande Guerre, de festivals de la bière en créations culturelles foisonnantes comme l’an prochain à Mons, qui sera capitale européenne de la culture, dans les forêts de l’Ardenne ou sur les plages d’Ostende, des diamants d’Anvers au parc d’attractions Walibi, de jardins floraux en châteaux, « de Bruges à Gand », comme dit le chanteur, « ça fait du bien d’être amoureux ». De la Belgique bien entendu.
Ce n’est probablement pas sans raison que les touristes belges sont les préférés des Français. Ce serait même une bonne raison pour aller leur rendre visite chez eux!
Bruges, qui semble tout droit sorti d’une peinture flamande, invite ses visiteurs à y entrer. Au centre–ville, donnant sur la grand’place, l’Histrium raconte visuellement à travers un scénario à la fois ludique et didactique la cité marchande telle qu’elle était au XVe siècle. Et voilà que les visiteurs se débattent avec les déboires d’un apprenti au service d’un grand peintre à l’époque de l’Age d’or. Le jeune Jakob auquel il arrive nombre de péripéties fait ainsi découvrir la ville au temps de Van Eyck, dont on apprend également tous les tourments du créateur et les ficelles de l’art. Pas de documents ou d’œuvres d’époque donc, mais une reconstitution sonore et visuelle à même de captiver les jeunes toujours fascinés par un écran, et d’intéresser les adultes par ce qu’ils peuvent y apprendre. Pour les œuvres véritables, les musées des Beaux-Arts ou une visite de la cathédrale de Gand où est exposé l’immense tryptique de l’Agneau mystique, peinture emblématique de Van Eyck restent incontournables. La rénovation de cette œuvre essentielle de l’artiste flamand est en cours, volet par volet, mais une reconstitution du tryptique le rend visible dans son intégralité. Très exceptionnellement, il est également possible de voir les restaurateurs à l’œuvre au musée des Beaux-Arts de Gand, qui vaut de toute façon la visite.En Wallonie, la citadelle de Dinant, notamment accessible par téléphérique, domine aussi son monde et la valllée de la Meuse. Plus au sud, plus sauvages, les Ardennes et leurs sombres forêts donnent une image moins urbanisée du pays. Mais toute aussi chaleureuse.
Le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles est une institution majeure de la vie artistique de la capitale belge, familière même avec son surnom de Bozar.
Musique, cinéma, théâtre, danse,, photographie, architecture, littérature, tous les arts ont leur place aux Bozar. Et les expositions de peinture, de niveau international, s’enchaînent à bon rythme. Jusqu’au 4 janvier, « Sensation et sensualité, Rubens et son héritage » côtoie une autre exposition, « Peinture de Sienne » sur l’art pictural dans l’Europe gothique, dont les tableaux seront décrochés après le 18 janvier 2015. « Portraits de la Renaissance aux Pays-Bas » du 6 février au 17 mai 2015 est à mettre en regard d’une exposition d’un tout autre genre consacrée au « Portrait photographique contemporain », exactement aux mêmes dates. Du 27 février au 31 mai 2015, il sera possible aussi d’entrer dans « Le Monde du sultan », et de visiter « l’Orient ottoman dans l’art de la Renaissance ». Ce sera une bonne introduction à la biennale culturelle Europalia, qui aura cette fois-ci pour thème la Turquie.
Le festival international Europalia tiendra sa 25e édition autour de la Turquie, après avoir fait visiter l’Inde sous toutes les coutures il y a deux ans, le Brésil auparavant. D’octobre 2015 à janvier 2016, « Europalia.Turkey » fera le tour, en art et en images, en spectacles et en films du monde turc. Le programme complet sera disponible prochainement, mais le festival est un événement culturel majeur.
Quand l’une des deux capitales européennes de la culture (l’autre étant Pilsen, en République tchèque) se trouve à un jet de pierre de la frontière française, à moins de trente minutes de Maubeuge ou à trois-quarts d’heure de Lille, il serait dommage de passer à côté de cet événement culturel d’importance, où chacun peut trouver son compte dans les multiples expressions artistiques contemporaines. Surtout que « Mons 2015 » promet d’être particulièrement percutant, avec l’humour, la dérision et toute la créativité dont savent faire preuve les Belges. En 2015, Mons est « the place to be » pour voler aux Flamands leur slogan touristique, « l’endroit où il faut être », comme on le dirait en wallon. « 25 temps forts, 300 événements et 1000 activités, 2015 façons de participer », indique le dossier de presse, c’est dire s’il y en aura pour tous les goûts et tous les instants. Expositions, musées, théâtre, danse, littérature, mode et design, créations numériques, programmes pour enfants abondent vraiment. Impossible de , tout citer et retenons simplement deux expositions majeures inscrites au programme car les souvenirs de Van Gogh et de Verlaine planent sur ce parcours culturel étalé tout au long de l’année 2015.
Ainsi, du 25 janvier au 17 mai, « Van Gogh au Borinage, la naissance d’un artiste » s’inscrit dans le cadre de la commémoration européenne des 125 ans de la mort du peintre néerlandais. Il sera également possible de suivre l’inspiration de l’artiste dans tout le Borinage, notamment à la maison Van Gogh de Cuesme, qui doit rouvrir début 2015, ou encore à celle de Colfontaine dont la rénovation est en cours. Côté Verlaine, l’exposition « Verlaine, cellule 252, turbulences poétiques » permettra d’entrer dans sa vie et son imaginaire à partir du 17 octobre 2015 et jusqu’au 24 janvier 2016.
La ville profite de cet événement pour se métamorphoser, ouvrir de nouveaux lieux autour de ses quatre sites classés au Patrimoine de l’Unesco.
Diamondland est le seul lieu du quartier des diamantaires d’Anvers à proposer, dans un espace rouvert en juin dernier après complète transformation, de voir les précieux cailloux de près. Les groupes, jusqu’à 80 pax, y sont accueillis gratuitement sur réservation, tandis que l’autocar pourra stationner devant le centre du diamant en prévenant à l’avance. Les visites, en 16 langues, dont le français évidemment, permettent de comprendre ce qui fait la valeur des diamants, en racontant leur parcours depuis la mine jusqu’à la bijouterie.
Le centre dispose d’un showroom et se présente d’abord comme un magasin, tout en offrant la possibilité d’assister à la taille des diamants, à leur sertissage et au travail de l’orfèvre. Une occasion unique en Belgique de pénétrer au cœur du très secret monde des diamantaires.
Pour les Français, la route Napoléon zigzague à travers les Alpes du Sud, de Golfe Juan où Napoléon Bonaparte de retour de l’île d’Elbe a débarqué le 1er mars 1815 jusqu’à Vizille, aux environs de Grenoble. Que nenni ! La route Napoléon file aussi à travers le plat pays, pour une destinée moins porteuse: la défaite de Waterloo. La Wallonie s’est appropriée cette histoire qui a transformé l’Europe et mit une fin définitive à l’épopée napoléonienne. De la frontière française, à l’est de Maubeuge jusqu’au champ de bataille de Waterloo, 90 km de route sont aujourd’hui balisés, repérés par 150 monuments ou stèles, ponctués de musées et d’étapes touristiques, le tout susceptible d’être commenté ou explicité en consultant une application dédiée sur son smartphone.
Cette marche ultime jusqu’à la chute finale culminera en juin 2015 avec la reconstitution, la plus imposante jamais réalisée en Europe, de la bataille elle-même. Deux cents ans après la défaite la plus cuisante par ses conséquences, 5000 figurants vêtus des uniformes des belligérants, 300 chevaux, 100 canons feront revivre l’événement par une série de spectacles programmés. Le 19 juin 2015, à partir de 20 h, l’armée française lancera la charge aux cris de « Vive l’Empereur », et tombera sur des Hollando-Belges protégeant les troupes anglaises cachées derrières la colline, avant qu’elles ne sortent toutes fraîches pour fusiller à bout portant la garde impériale. Le lendemain 20 juin, à partir de 20 h également, la bataille fera rage autour de la ferme d’Hougoumont, provoquant un carnage dont on a retenu la formule: « la garde meurt, mais ne se rend pas ».
Outre les batailles, du 18 au 20 juin 2015, de 9h à 18h, les visiteurs pourront entrer dans la vie quotidienne des régiments de l’époque en sillonnant les bivouacs établis par les belligérants et en assistant à leurs préparatifs.
Flandre et Wallonie commémorent le centenaire de la Première Guerre.
Jusqu’en 2018, la Belgique va se souvenir à travers de multiples événements, tant en Flandre qu’en Wallonie, de la Première Guerre mondiale. Des dizaines et des dizaines d’occasions de s’immerger dans ce tragique passé sont proposées, dans tous les coins du pays, où la guerre a marqué les esprits, mais aussi la géographie. Des tranchées de la Flandre occidentale à la Bataille de Liège, le nombre d’expositions, de sites commémoratifs de cimetières à visiter est considérable.
A consulter sur les sites internet ci-dessous.
Pour la France proche, la Belgique est une sorte d’arrière-cour culturelle bien garnie. La programmation de la salle de concerts de Bruges, la Concertgebouw, peut intéresser les mélomanes et les amateurs de danse contemporaine bien au-delà des frontières de la Belgique.
Dans chacun de ces domaines, le Concertgebouw ne se contente pas de demi-pointures. En mai 2015, du 21 au 23, l’orchestre du Budapest Festival, plusieurs fois récompensé pour ses interprétations, donnera des symphonies de Brahms et des pièces de Mozart et de Mendelssohn. Du 28 janvier au 1er février 2015, la Bach Academy réunira quelques-uns des meilleurs solistes du moment.
Pour la danse, c’est l’œuvre de la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaker, figure majeure de la danse contemporaine, qui y est régulièrement présentée avec sa compagnie, Rosas. Ce sera encore le cas le 4 juin 2015. En décembre, le festival December Dance est un des temps forts de la danse contemporaine.
En marge de la salle de concert, une installation consacrée à la musique permet aux visiteurs, adultes ou enfants, de composer eux-mêmes leur mélodie. Les groupes à partir de 15 pax bénéficient d’une réduction de 15 % sur le billet d’entrée.
Musée Fin-de-Siècle à Bruxelles
C’est le tournant du siècle précédent qui est conté par ce nouveau musée bruxellois, à travers de multiples témoignages artistiques recueillis auprès de différentes intstitutions muséales de la capitale. Tableaux, estampes, sculptures et dessins constituent le principal de ses collections, d’artistes belges ou néerlandais principalement. Le musée Fin-de-Siècle fait la part belle à l’art nouveau, dans toutes ses dimensions. Après l’exposition sur Gauguin et Kokoschka qui s’achèvera le 25 janvier 2015, plus de 120 œuvres de Marc Chagall prendront le relais à partir du 28 février jusqu’au 28 juin 2015. Cette exposition synthétique embrasse toute la carrière de cet immense artiste.
Musée Red Star Line à Anvers
Le musée ouvert cette année à Anvers consacré à l’émigration européenne vers le Nouveau monde est conçu de manière ludique, même si les histoires qu’il raconte comportent leur part de drames et de déchirements, de rêves et d’espoirs aussi. Entre 1873 et 1934, plus de deux millions d’Européens sont passés par les hangars de la Red Star Line, dont le musée a pris le nom, avant d’embarquer sur les navires de cette compagnie pour les Etats-Unis et le Canada. C’est l’occasion de suivre leur périple, de leur village natal jusqu’à destination, en se mettant dans la peau de ces partants. Avec l’effervescence du voyage et l’animation du port d’Anvers en toile de fond, le contexte sociologique et historique de cette émigration est également analysé, non sans trouver des échos avec les migrations d’aujourd’hui.
Musée de la Guerre à Bastogne
La bataille des Ardennes, une contre-offensive allemande que personne n’attendait au moment où la Wehrmacht était contrainte de se replier devant les alliés, fait l’objet soixante-dix ans plus tard d’une remarquable illustration au Bastogne War Museum.
Inauguré au printemps dernier, ce tout nouveau musée consacré à la Seconde Guerre mondiale utilise interactivité, et mise en scène de la vie de l’époque pour faire entrer les visiteurs dans l’histoire. Des scènes reconstituées avec minutie des combats dans la neige, le froid glacial et les sombres forêts ardenaises permettent de s’immerger dans la bataille comme si elle avait encore lieu, avec des flocons, un souffle frais, le bruit des armes et l’odeur des sapins qui envahissent l’espace.
Outre plusieurs scénographies d’ampleur, le musée invite à traverser la guerre en compagnie de personnages locaux, des civils ou des militaires, auxquels tout un chacun peut s’identifier. Objets, armes, uniformes et autres témoignages matériels du dernier conflit mondial, singulièrement dans les Ardennes belges où il s’est éternisé jusqu’au printemps 1945 apportent un complément palpable à la mise en scène de la guerre. Une vraie réussite à même de réconcilier tous les visiteurs avec leurs cours d’histoire et à les impressionner durablement.
Musée de la Dentelle à Bruges, du Lin à Courtrai
Entièrement rénové et repensé dans sa démarche, le musée de la Dentelle de Bruges est installé au Kantcentrum, une demeure du XVe siècle. Des démonstrations et des ateliers sont proposés par ce nouveau musée de la ville, où l’on peut aussi s’approvisionner en fournitures diverses pour la dentelle. Les mêmes visiteurs pourraient aussi s’intéresser au musée du Lin et de la Lys de Courtrai, Texture Kortrijk, où ils découvriront l’histoire de ce textile et de l’industrie drapière dans trois pièces spécialement aménagées, avec de magnifiques drapés et damas. Une formule sur mesure est prévue pour les groupes.
Musée des Lettres et manuscrits de Bruxelles
Ouvert à l’automne 2011 avec une exposition consacrée à Georges Simenon, le musée des Lettres et manuscrits de Bruxelles (MLMB) invite ses visiteurs à pénétrer dans l’intimité de l’écriture et de la vie des artistes à travers leurs œuvres bien sûr, mais aussi leurs manuscrits, leurs correspondances, leurs écrits les plus variés, voire leurs dessins ou illustrations comme cette carte postale envoyée d’Amsterdam par Picasso, même leurs partitions quand il s’agit de compositeurs, à l’image de Mozart, Mendelssohn, Chopin, Rossini, Verdi et tant d’autres. Côté écrivains, le MLMB conserve des pièces rares, qu’il change régulièrement, comme ces écrits de Voltaire, de Proust ou encore de Cocteau. Au total, 140 000 documents sont à tour de rôle présentés par le musée bruxellois. A l’affiche actuellement et jusqu’au 29 mars 2015, « Victor Hugo en exil », avec des illustrations du poète écrivain lui-même et des publications aussi célèbres que Les Misérables , et toute une recherche sur l’influence de l’exil sur Victor Hugo, ses engagements et ses relations.
Musée In Flanders Fields d’Ypres
Entièrement repensé et modernisé, le musée In Flanders Fields d’Ypres, auquel est associé un centre de recherches, témoigne de l’âpreté des combats de la Première Guerre mondiale dans l’ouest de la Flandre et de la dureté de la vie quotidienne durant ce conflit particulièrement sanglant du côté belge aussi. Ce lieu de mémoire installé en plein cœur de la cité, dans une halle complètement restaurée, prend ses visiteurs par la main en les associant à des personnages dont ils peuvent suivre l’histoire personnelle tout au long du parcours. Bien évidemment, tous les objets d’époque qui disent la guerre et la vie sur une ligne de front sont exposés à titre d’illustration. Les documents visuels et sonores abondent pour permettre à chacun de bâtir son propre documentaire sur le conflit de 1914-1918 et s’immerger dans cette époque qui changea le monde.
Du 3 avril au 3 mai 2015, Floralia Brussels fêtera son 12e anniversaire au château de Grand-Bigard. Comme chaque printemps, dans un parc de 14 hectares, plus d’un million de plantes à bulbes éclateront de couleurs. Outre les tulipes, les narcisses et les jonquilles, les rhododendrons et les azalées confirmeront l’arrivée du printemps.
Centre de découverte et brasserie De Koninck
La brasserie De Koninck, une institution restée en ville à Anvers, ouvrira au printemps prochain un centre de découverte de la bière. Les visites de la brasserie sont actuellement suspendues pour mettre au point cette nouvelle présentation. Des dégustations seront bien entendu proposées, y compris de fromages affinés dans les caves de la brasserie par les fromagers Van Tricht.
Brasserie Timermans
Spécialité traditionnelle garantie, comme le dit son label, l’Oude Gueuze est aussi celle de la brasserie Timmermans, qui se visite à des conditions groupe à partir de 20 pax. La bière lambic, une rareté car ne pouvant être produite que dans un rayon de 15 km autour de Bruxelles en raison de la présence dans l’air d’un micro-organisme qui fait fermenter spontanément la bière, est également fabriquée à la brasserie Timmermans d’Itterbeek et proposée à la dégustation.
Vinobelga
Des vignerons belges (oui il y en a!) accueillent des groupes de cinq à 50 pax dans leur domaine, un vignoble de cinq hectares qui donne bon an mal an 75 000 bouteilles de blanc du côté de Louvain. Un petit musée du vin complète la visite où l’on peut aussi se restaurer pour aller au-delà des dégustations œnologiques. Des packages sont également proposés, notamment pour du team building, avec des options culinaires, culturelles, sportives ou de relaxation.