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En 2015, le Lido mettra Paris en scène

Bon plan | publié le : 01.11.2014 | Dernière Mise à jour : 01.11.2014

Auteur

  • Catherine Mautalent

Paris Le 2 décembre prochain, ce sera la dernière de la revue Bonheur présentée au Lido, après 7000 représentations. Le célèbre cabaret fermera alors ses portes pour entreprendre des travaux pendant quatre mois. Puis, le 2 avril 2015 sera présenté au public un tout nouveau spectacle conçu et mis en scène par Franco Dragone. Retour sur un lieu mythique et premières révélations sur la future revue, dont le nom est encore tenu secret.

Il est l’un des cabarets mythiques (et incontournables) de Paris, le Lido va tourner une nouvelle page de sa longue histoire le 2 avril 2015. « La revue Bonheur présentée depuis dix ans laissera la place à la toute nouvelle création dont le nom sera dévoilé dans quelques mois », annonce Philippe Fargant, responsable des ventes France auprès des autocaristes, comités d’entreprises et collectivités. Un nouveau spectacle « qui nécessitera la fermeture exceptionnelle du Lido à partir du 2 décembre prochain pour s’engager dans quatre mois de travaux », poursuit-il. Un défi majeur, un pari aussi, pour un lieu qui accueille plus de 500 000 spectateurs par an, dont 40 % sont Français et 20 % Européens, et qui en aura reçu cinq millions pour la seule revue Bonheur depuis 2003, année de sa création.

Vingt-six revues depuis 1946

L’histoire du Lido – qui doit son nom à la célèbre plage italienne de Venise – a commencé avant la Seconde Guerre mondiale au 78 avenue des Champs-Elysées. C’était un lieu de divertissements et de baignades fréquenté par les classes sociales défavorisées. En 1933, suite à une liquidation judiciaire , l’établissement ferme. C’est Léon Volterra (1888-1949), homme de spectacle, producteur et directeur de salles, qui l’achète en 1936. Il est alors directeur du Casino de Paris et du théâtre Marigny. Dix ans plus tard, il y fait d’importants travaux remplaçant ainsi, par exemple, la piscine par une salle de spectacle. La même année, donc en 1946, le Lido est repris par Joseph et Louis Clerico, deux frères italiens, « qui vont transformer entièrement le lieu, le font décorer luxueusement et y apportent plein de nouvelles idées », raconte Philippe Fargant. Une nouvelle piscine va voir le jour, mais aussi une patinoire, un rideau de pluie… Le 20 juin 1946 est présenté la première revue, Sans rimes, ni raisons, menée par 12 danseurs (huit « girls » et quatre « boys »).

En 1947 s’y produirent, pour la seule fois en France, les comiques Laurel et Hardy. Puis, ce seront les revues Mississipi, Made in Paris, tandis que Confetti prendra le relais en 1948, année durant laquelle arrive la célèbre troupe des Bluebell Girls, corps de ballet d’une précision métronomique. Elle a été fondée par l’une des plus grandes danseuses de l’époque, l’irlandaise Margaret Kelly connue sous le nom de Miss Bluebell en raison de la couleur de ses yeux… S’enchaîneront Bravo, puis Enchantement en 1950, et sur la scène Annie Cordy en meneuse de revue. C’est à cette époque que les frères Clérico créent et mettent en place la formule du dîner-spectacle « qui sera copiée dans le monde entier », souligne Philippe Fargant (en 1955, ils exporteront même le concept au Stardust de Las Vegas, proposant des spectacles jusqu’en 1992). Pratiquement chaque année ou tous les deux ans (notamment à partir de 1964), pas moins de 14 nouvelles revues seront présentées au public, jusqu’à Grand Jeu en 1973 et avant Allez Lido, cinq ans plus tard, soit en 1977. « Une année marquante pour le cabaret qui, face au succès, va déménager au 116 bis, avenue des Champs-Elysées dans l’immeuble Normandie pour s’agrandir en s’offrant 6000 m2 de surface supplémentaire », souligne Philippe Fargant. Y sera alors construit une salle panoramique, sans colonnes (une seule poutre de béton précontraint de 45m de long soutient l’ensemble), s’étageant sur deux niveaux et pouvant accueillir au total 1150 personnes. Autre nouveauté à l’époque, et non des moindres: un système d’ascenseur permettant aux 300 convives du parterre de s’abaisser de 80 cm dans le sol après le dîner, afin d’améliorer la visibilité et de pouvoir profiter pleinement du spectacle.

Vingt-six revues auront ainsi été créées depuis l’année 1946, la dernière – Bonheur –, a été lancée en 2003, et sera sur scène pour une ultime et seule représentation à 21 heures, le 2 décembre 2014.

Nouveau spectacle…

La première de la nouvelle revue est programmée pour le 2 avril 2015. « Un spectacle qui va marquer l’histoire du Lido, qui donnera un nouveau souffle créatif au genre », promet Franco Dragone, directeur artistique et metteur en scène, qui a notamment signé les dix premières créations du Cirque du Soleil avant de fonder sa propre compagnie. Depuis des mois, les équipes sont mobilisées. Le casting a même commencé en mai dernier pour cette production. Pas moins de 400 candidats et candidates ont été auditionnés à Paris, Londres, Berlin et Amsterdam. Objectif: « sélectionner les artistes les plus talentueux selon de critères très rigoureux », sous l’œil avisé de Benoît-Swan Pouffer, chorégraphe du spectacle, tandis que Jean Rabasse, chef décorateur, assurera la scénographie. Quant aux costumes, c’est Nicolas Vaudelet, spécialiste de la couture au sein de grandes maisons françaises, qui apportera sa créativité et son savoir-faire.

Soixante artistes seront sur scène et animeront plusieurs tableaux aux thématiques variées (en 1 h 30/1 h 40, à 21 h et à 23 h, ainsi qu’en matinée à dates fixes). Ils seront entrecoupés d’attractions. En compagnie, bien sûr et toujours, des Bluebell Girls! « Ce sera la revue la plus parisienne que le Lido ait présenté », dévoile Philippe Fargant. Paris sera donc au cœur de ce nouveau spectacle, « avec notamment le célèbre French Cancan, revisité, qui jusqu’alors n’avait fait qu’une courte apparition dans le spectacle Panache présenté en 1985 », poursuit-il. De nouveaux effets scénographiques sont annoncés, tandis « qu’un vent de modernité soufflera sur la musique ». L’ampleur des travaux entrepris « viennent véritablement illustrer l’ambition de ce nouveau spectacle », ajoute Philippe Fargant. Le Lido va devenir une coquille vide et sera redessiné dans la même configuration, « mais avec de nouveaux décors, de nouveaux matériaux tout en s’appuyant sur les dernières technologies qui viendront servir la créativité de Franco Dragone ». Philippe Fargant n’en dira pas plus, le secret est bien gardé. Y compris sur le nom de ce tout nouveau spectacle. « Un spectacle, c’est vivant, et il peut évoluer jusqu’à la dernière-minute », justifie le responsable des ventes France.

…Et nouvelles offres

En revanche, on en sait beaucoup plus sur les offres qui seront proposées aux professionnels du tourisme de groupe à partir du 2 avril prochain. Ainsi, en dîner-spectacle, trois menus – au lieu de quatre auparavant – seront désormais suggérés. Dans le détail, il s’agit d’une « soirée Etoile » (avec eau, café et mini-programme offerts), d’une « soirée Champs-Elysées » (kir, eau, café et mini-programme offerts) et enfin d’une « soirée Triomphe ». Rappelons que les plats (revus tous les six mois) sont préparés sur place, et élaborés sur la base d’une cuisine traditionnelle française et de ses produits du terroir. Autre nouveauté: « les menus se déclineront sur plusieurs choix en entrée, en plat et en dessert, ajoute Philippe Fargant. Deux choix seront ainsi proposés pour les menus correspondant aux offres « soirée Etoile » et « soirée Triomphe », trois pour la prestation « soirée Champs-Elysées », qui inclut également un accueil coupe fil et un emplacement privilégié ». Différentes propositions, qui bien sûr, devront être validées avant l’arrivée du groupe.

Des offres « Champagne-spectacle » incluant un « service premier » à 23 h, et « matinées » (comprenant le déjeuner, le spectacle et une après-midi dansante) viennent compléter le dispositif commercial. Une gratuité sera appliquée pour 25 payants (dans le cadre du dîner-spectacle et de l’offre « Champagne-revue » à 21 h), et une pour 15 payants (« Champagne-revue » à 23 h). Ce qui ne change pas: la commission accordée d’ores et déjà aux professionnels. « Par ailleurs, glisse Philippe Fargant, le prix du vestiaire est désormais gratuit dans toutes ces offres ». Des offres qui s’appliqueront jusqu’au 31 mars 2016.

Vite dit…

En février 2006, le Lido a été racheté à hauteur de 55,5 % à la famille Clérico par le groupe Sodexho, le géant de la restauration collective, sous la forme d’une augmentation de capital et d’un rachat de titres. Depuis, il détient 100 %. Le Lido recherchait un partenaire financier afin « d’assurer le développement et la pérennité de la maison ». Le Groupe Sodexho assurait déjà la restauration du cabaret, et gère également les Bateaux Parisiens, les grands restaurants des hippodromes ainsi que Roland Garros. Hervé Duperret dirige le Lido depuis 2011.

Le saviez-vous?

• La troupe des Bluebell Girls est fondée en 1932. Elle est alors composée de danseuses qui ont toutes reçu une formation de danse classique, mais qui étaient trop grandes pour faire partie d’un ballet… classique. Un défaut qui est devenu un avantage au Lido puisque la taille minimum exigée des danseuses est de 1,75 m!

• A la Belle Epoque, le Lido était surnommé « la Plage de Paris ».

• Franck Sinatra, Shirley MacLaine, les sœurs Kessler ou encore Elton John se produisirent sur la scène du Lido.

• La piscine du Lido contient 80 tonnes d’eau, et des jeux d’eau utilisent jusqu’à 60 000 litres à chaque représentation.

• Chaque revue coûte environ dix millions d’euros.

• En 1998, lorsque les Bleus furent champions du monde de football, ils sont venus fêter leur victoire au Lido.

• Avec un peu plus de 200 000 bouteilles de champagne servies par an (et des bouchons qui sautent 800 fois par soir!), cela fait du Lido le premier établissement mondial consommateur de champagne.

• Une centaine d’hommes en noir (maîtres d’hôtels, chefs de rang et commis) assurent le service, tandis qu’en cuisine s’active une brigade de 35 cuisiniers et pâtissiers, sous les ordres du chef Philippe Lacroix.

• Les changements de décors (un toutes les quatre minutes, ils sont au nombre de 23) et de costumes (plus de 600 conçus par une équipe de 12 couturières sans oublier les 24 habilleuses) sont aux mains de 30 techniciens.

• Dans les coulisses: un salon de coiffure, une infirmerie, une salle de gymnastique et les loges des « girls ».

• Oiseaux, chimpanzés, lamas, dromadaires, panthères noires, otaries, chiens, chevaux, phoques et ours ont participé aux spectacles.

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