Crise Quand le monde éternue, le tourisme s’enrhume. Le problème, c’est que le monde tousse beaucoup actuellement et que le touriste en devient frileux à force d’être conditionné par une actualité sinistre. En plein salons professionnels du tourisme, fin septembre, l’émotion générale suscitée par l’assassinat filmé d’un touriste français en Algérie et une mise en garde du ministère des Affaires étrangères ont conduit des voyageurs à reconsidérer leur projet de voyage, parfois pour y renoncer. Tour d’horizon des incompréhensions et des inquiétudes… sous réserve d’évolutions.
Le présentateur a fixé d’un regard fatigué les téléspectateurs. « La France a peur ». En 1976, Roger Gicquel ouvrait le journal télévisé de TF1 sur le meurtre d’un enfant de huit ans, retenu plusieurs jours en otage par son ravisseur qui exigeait une rançon.
Trente-huit ans plus tard, une ou un de ses lointains successeurs aurait pu s’adresser de la même manière aux Français après l’assassinat d’Hervé Gourdel parti en randonnée dans les montagnes de Kabylie. Pris en otage par des affidés algériens de l’Etat islamique (Daech) qui réclamaient le désengagement de l’armée française de la coalition luttant contre les djihadistes en Irak et en Syrie, le guide de montagne niçois a été décapité moins de 72 heures après son enlèvement, le 24 septembre.
« La France a peur », à moins qu’elle soit tout simplement choquée par tant de barbarie médiatisée. « La France connaît la panique », poursuivait encore Roger Gicquel…
En plein salons professionnels du tourisme, la nouvelle du meurtre d’un Français parti avec un visa touristique en Algérie ne pouvait, au-delà de l’émotion, qu’inquiéter.
Le jour même de l’ouverture du salon IFTM Top Resa, Le Monde faisait la une de son édition datée du 23 septembre avec un titre percutant: « L’Etat islamique appelle au meurtre de citoyens français et américains ». Le ton était donné.
Dans les allées d’IFTM Top Resa, les animations se poursuivaient vaille que vaille, chanteurs folkloriques, miss régionales, danseuses de cabaret, artistes venus du bout du monde répandaient une atmos-phère festive et joyeuse.
Dans les coulisses en revanche, les conférences de presse ne s’abandonnaient pas à la légèreté. Déjà que la grève sans fin de certains pilotes d’Air France avait plombé l’ambiance, le coup de grâce est arrivé avec le message d’avertissement publié par le ministère des Affaires étrangères en tête de ses conseils aux voyageurs. Après une trentaine de pays concernés par cette incitation à « renforcer sa vigilance » dès le lancement des opérations militaires en Irak par l’aviation française, voilà qu’une bonne dizaine d’autres ont été ajoutés à cette première liste. Parmi eux des destinations aussi importantes que le Maroc, la Turquie, l’Indonésie ou encore la Tanzanie. Les chaînes d’information en continu, les journaux reprenaient tous la même carte, montrant qu’un pays sur cinq dans le monde faisait à présent partie des destinations où les touristes français devaient dorénavant accroître leur vigilance. D’autres destinations le sont aussi, mais pour d’autres raisons. Dans cette quarantaine de pays rattachés au monde musulman, il y en avait déjà d’infréquentables, comme l’Afghanistan, le Pakistan, la Libye ou encore la pauvre Syrie. Mais certains étaient – et demeurent – selon les conseils aux voyageurs mis à jour par le Quai d’Orsay, tout à fait accessibles aux touristes. A condition donc qu’ils y fassent un peu plus attention. C’est le cas pour le Maroc, la Turquie, la Malaisie, Oman, le Qatar ou encore Dubai et les Emirats arabes Unis.
L’absence de communiqué de presse explicitant le sens de l’avertissement apparu sur les fiches pays n’a pas contribué à clarifier le message du quai d’Orsay (voir page 13). Concours de circonstances, c’est au moment où le secrétariat d’Etat au Tourisme est rattaché au ministère des Affaires étrangères que survient cet embrouillamini dans la communication. Nul n’est prophète en son pays!
Après cette folle semaine de septembre, où plus personne ne savait qui croire et que penser, les premières interprétations par les Français de cette confusion et de cette émotion générales sont tombées. Des voyages ont été annulés et les prises de commande se sont subitement interrompues vers l’ensemble des pays désignés par l’avertissement de dernière minute lancé par le Quai d’Orsay. C’est ainsi, par exemple, que deux groupes sur le point de partir en Turquie ont finalement atterri en Irlande… où la vigilance n’est à renforcer que sur sa consommation de bière ! Plus fréquemment, la Grèce, le Portugal, l’Espagne et particulièrement les Canaries, apparaissent comme des solutions de report.
Si la France ne connaît pas « la panique », le monde du tourisme, qui en a pourtant vu de toutes les couleurs depuis quelques années, n’est pas loin d’y céder. René-Marc Chikli, président du Seto, ne cesse d’être énervé et les tour-opérateurs de voir leurs prises de commande s’effondrer. Certains voyagistes en viennent même à penser que si on avait voulu garder les touristes français à l’intérieur des frontières de l’Hexagone, on ne s’y serait pas pris autrement !
Le Maroc et, dans une moindre mesure la Tunisie, ont été les premiers à monter au créneau pour contester la dénaturation du message du Quai d’Orsay. Pour le Maroc, qui peine déjà à se maintenir sur le marché français, l’affaire tombe bien mal au moment où une exposition consacrée au « Maroc médiéval, un empire de l’Afrique à l’Espagne » vient d’ouvrir au musée du Louvre (jusqu’au 15 janvier) et aurait pu donner l’envie d’aller voir ces merveilles sur place. A la veille des vacances de Toussaint, les annulations s’enchaînaient. Dans quelle proportion? Difficile de le savoir vraiment.
Le 8 octobre dernier, René-Marc Chikli estimait, dans une déclaration à l’AFP, que « les opérateurs enregistraient entre 15 et 50 % d’annulations sur les pays du Maghreb ». Il expliquait que les 70 membres du Seto « font d’habitude partir environ 150 000 clients aux vacances de Toussaint, dont 100 000 au Maghreb ». Mais cette année, avec ces derniers événéments, « les gens ne réservent plus et il va probablement nous manquer 20 000 à 25 000 clients sur ces destinations ».
Du côté des pays du Maghreb, le constat corrobore ces observations, mais en les atténuant. Selon une enquête de la Confédération nationale du tourisme citée par la presse marocaine (Aujourd’hui le Maroc, Magharebia), le phénomène aurait été amplifié par rapport à la réalité des chiffres. Si 5 % des professionnels marocains adhérant à la Confédération nationale du tourisme ont indiqué avoir enregistré plus de 40 % d’annulations, la moitié des opérateurs consultés déclarent moins de 10 % d’annulations. Pour les autres, c’est une réservation sur cinq qui a été annulée. D’après cette enquête, trois fois sur cinq c’est la situation géopolitique qui a motivé l’annulation, une fois sur cinq c’est la situation sanitaire en Afrique de l’Ouest qui a été invoquée pour renoncer à un séjour au Maroc, pays pourtant exempt de l’épidémie d’Ebola.
En Tunisie, la situation n’est pas meilleure: « 30 % des réservations des Français en Tunisie ont été annulées », selon Amel Karboul, ministre du Tourisme. Elle précise en outre que ce mouvement d’annulation s’est produit en trois jours, alors que le mois d’octobre est le plus intéressant pour la Tunisie sur le marché français. L’impact est donc considérable au moment où le tourisme commençait à retrouver des couleurs en Tunisie. Quant à l’Egypte, elle ne parvient toujours pas à reprendre auprès des Français. Et le message du Quai d’Orsay n’arrange rien, même si la carte du ministère n’a pas bougé depuis plusieurs mois. Les tour-opérateurs français se retirent progressivement du pays, ce qui pourrait faire l’affaire d’autres (voir encadré). Des professionnels déconseillent la destination, à l’image d’une agence de voyages bourguignonne qui alerte les très rares clients intéressés par l’Egypte en leur demandant s’ils suivent l’actualité et tente de les orienter vers d’autres choix.
Et ailleurs? La vieille loi de proximité, qui est particulièrement valable pour la presse, semble beaucoup jouer. Les Français ont certainement été davantage touchés par l’assassinat d’Hervé Gourdel que d’autres. Plus on s’éloigne de la communauté culturelle française ou francophone, plus l’impact sur le tourisme se trouve atténué, voire absent.
En Belgique, par exemple, Jo Oliva, chargé de missions chez BT Tours, observe « une certaine inquiétude » de la part de sa clientèle. Le tour-opérateur wallon a plusieurs circuits groupes au Maroc, qui passent notamment par le Sud. Quant à l’Egypte, « elle a été purement et simplement retirée de la programmation ». Jo Oliva ne cache pas que dans le contexte actuel, « on va souffrir avec notre Jordanie et notre Israël ».
Un peu plus au nord, Ulf Sleman, directeur de production du tour-opérateur suédois Ölvemarks Holiday Scandorama, a encore davantage de distance avec les soubresauts de l’actualité qui touchent la France. « Il n’y a pas eu d’écho particulier en Suède concernant l’assassinat de ce touriste français en Algérie ». Vu de Malmö, « le Maroc est considéré comme la destination la plus sûre d’Afrique du Nord. Cette année nous y avons envoyé d’ailleurs quatre groupes ». En Suède, la population a sans doute été beaucoup plus sensible au tsunami de 2004 en Thaïlande où bon nombre de Scandinaves passent leurs vacances d’hiver ou au naufrage de l’Estonia en 1994 en mer Baltique avec près de mille personnes à bord.
Les Français ne sont pas les seuls à être sensibles à l’actualité, mais l’ampleur des réactions varie d’un pays à l’autre en fonction des informations diffusées. Les Néerlandais ont vivement réagi après que l’avion de Malaysia Airlines a été abattu au dessus de l’Ukraine avec 196 de leurs compatriotes sur 298 personnes à bord, en juillet dernier. Du coup la Russie n’a plus tellement les faveurs des touristes néerlandais comme le constatent les tour-opérateurs du pays.
Et en France? L’actualité a fait passer au second plan la crise ukrainienne, mais il reste néanmoins un sentiment ambigu vis-à-vis de la Russie qui n’incite pas nécessairement à s’y rendre.
« Nous n’avons pas enregistré depuis le début de la crise ukrainienne d’annulations de groupes partant en Russie, observe France Gomba, responsable de Mondotours. En revanche, tout a été annulé sur l’Ukraine ». Si 2014 n’a pas été vraiment affectée, elle ignore cependant ce qu’il en sera pour 2015, sinon que, de mai à fin août, les réservations pour l’an prochain vers la Russie étaient plutôt « molles » comparées aux années précédentes. Certes, il y a bien quelques responsables de groupes qui lui ont « carrément dit niet pour la Russie », mais cela reste marginal. Elle déplore aussi une annulation de voyage vers l’Ouzbékistan d’un groupe sensible aux messages du Quai d’Orsay appelant à « renforcer sa vigilance » dans ce pays. L’Ouzbékistan était déjà essentiellement coloré en jaune synonyme de « vigilance renforcée » de toute façon, le message ne faisant qu’insister davantage.
France Gomba relève qu’effectivement « tous ces événements géopolitiques commencent à faire mal à la profession ». Au delà des reports et des annulations, l’omniprésence de l’actualité dans les esprits a aussi pour effet de renforcer l’attentisme des clients, selon France Gomba qui constate que, de plus en plus, « les clients groupe attendent le plus tard possible pour se décider ».
Chez Amslav, la déception est grande alors que l’Ukraine « était en pleine progression l’an dernier », et constituait la septième destination par son importance pour ce tour-opérateur, avec 250 pax. Amslav avait prévu de doubler sa production sur l’Ukraine en 2014. L’invasion de la Crimée, une péninsule incontournable pour les voyages en Ukraine, et la guerre dans le Donbass, ont eu raison de ses ambitions.
L’image de la Russie, écornée par ses dirigeants, se fait surtout sentir au moment du choix du voyage. Donc, pas d’annulations non plus de voyages vers la Russie chez Amslav, mais « des prises de commande pour 2015 moins importantes qu’en 2014 » sont pour l’instant perceptibles, constate Blandine Vignals, directrice commerciale.
Alors que les croisières semblent marquer le pas, dans l’immédiat les réveillons du Nouvel An à Saint-Petersbourg sont « très bien partis » et les agences continuent de présenter des demandes de cotation. Certaines ont de gros clients parmi les comités d’entreprise qui vont partir pour la fin de l’année à Saint-Petersbourg.
Entre un Poutine mal aimé en Occident et l’attachant peuple russe, les touristes font aussi la différence, ce qui peut atténuer la désaffection pour la destination.
Mais la liste des maux du monde ne s’arrête pas là. Voilà que depuis plusieurs mois sévit dans l’ouest de l’Afrique noire l’épidémie d’Ebola. Sont particulièrement touchés trois pays: la Guinée (capitale Conakry) et ses voisins, le Libéria et la Sierra Leone, moins fréquentés par les Français.
La république démocratique du Congo (capitale Kinshasa) a enregistré quelques dizaines de cas tandis que le Nigeria, où 20 cas étaient apparus depuis le 20 juillet dernier, a été déclarée indemne de l’épidémie par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Ebola « a été stoppé au Nigeria », a confirmé un représentant de l’OMS, aucun cas nouveau n’étant survenu depuis 42 jours, soit deux fois la durée maximale d’incubation de cette fièvre hémorragique dont l’issue peut être fatale. C’est aussi valable pour le Sénégal où un seul cas avait été observé et déclaré guéri à la mi-septembre.
Le ministère des Affaires étrangères avertit les visiteurs partant vers les destinations les plus touchées qu’« il est déconseillé sauf raison impérative de se déplacer ou de séjourner » dans ces pays.
Restent les cas de propagation du virus via les malades rapatriés. Une certaine confusion règne au Texas, après qu’une infirmière a été contaminée après avoir été en contact avec un patient rentré d’Afrique. Du coup plusieurs dizaines de personnes ont été placées sous surveillance, voire en quarantaine. Le cas suspect à bord d’un navire de croisière s’est finalement révélé négatif. Et le président Obama a dû inviter ses concitoyens à ne pas céder à « l’hystérie ». La France, puis la Belgique, qui continuent de desservir par voie aérienne les trois pays d’Afrique occidentale les plus touchés par l’épidémie, ont mis en place des contrôles sanitaires renforcés au départ et à l’arrivée des vols, tout comme le Royaume-Uni et les Etats-Unis. La détection sera peut-être très bientôt simplifiée puisqu’un laboratoire du Commissariat à l’énergie atomique vient de mettre au point un test rapide apportant une réponse dans le quart d’heure qui suit l’examen.
Les destinations concernées n’étant pas à proprement parler les plus fréquentées par les touristes, le principal impact du virus Ebola sur les voyages a été observé à la bourse. Les actions des entreprises du secteur et des compagnies aériennes ont perdu quelques points sur toutes les places financières début octobre. Mais les analystes boursiers ne s’attendent pas à ce qu’Ebola provoque les mêmes effets que l’épidémie de Sras en 2003.
Daech, Ukraine, Ebola, et quoi d’autre? Une éruption volcanique inattendue au Japon le 27 septembre, qui a ensevelit sous la cendre crachée par le mont Ontake une soixantaine de randonneurs, certains étant encore portés disparus. Le chikungunya qui a fait son apparition en Polynésie… Et 316 tués sur les routes de France en septembre.
« Il y aura un avant et un après Hervé Gourdel », prédit René-Marc Chikli, président du Seto. Reprenons donc le fil des événements.
18 septembre 2014
Déclenchement des opérations militaires françaises en Irak par des bombardements aériens.
19 septembre
Première inscription dans les fiches pays de conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères du message incitant les Français à « renforcer leur vigilance » dans une trentaine de pays: Algérie, Tunisie, Maroc, Libye, Egypte, Israël et Territoires palestiniens, Jordanie, Liban, Turquie, Syrie, Irak, Iran, Koweït, Bahrein, Qatar, Emirats arabes Unis, Oman, Yémen, Djibouti, Ethiopie, Kenya, Soudan, Kenya, Tchad, Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie, Sénégal, Nigeria.
21 septembre
Enlèvement d’Hervé Gourdel.
23 septembre
Ouverture du salon IFTM Top Resa.
24 septembre
Assassinat d’Hervé Gourdel
25 septembre
• Extension à dix nouveaux pays de l’appel à renforcer sa vigilance en visitant l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, l’Ouzbékistan, le Pakistan, l’Afghanistan, les Comores, la Tanzanie, le Burundi, l’Ouganda et la Somalie.
• Didier Le Bret, directeur du centre de crise du ministère des Affaires étrangères, s’exprime à IFTM Top Resa en invitant à « ne pas surréagir » à ces messages de conseils aux voyageurs.
Le baromètre Snav/Atout France du mois de septembre confirme la désaffection des Français pour certaines destinations visées par les mises en garde du Quai d’Orsay, mais pas pour toutes. Le Maroc est directement touché, avec un recul de 19 % des réservations en nombre de passagers et de 17 % en chiffre d’affaires. La Tunisie, inversement, est en croissance, respectivement de 6 % et 8 %. Côté départs, la chute est nette pour le Maroc, de 19 % en nombre de pax, de 12 % en volume d’affaires. La Tunisie s’en tire mieux, avec respectivement 0,4 % et 4 % de progressions.
L’Egypte? C’est le moment d’y aller!, estime Hani Sidrak. Du moins dans la vallée du Nil. Le patron d’Alliance du Monde envisage très sérieusement de lancer dès février 2015 une offre de croisière d’une semaine entre Louxor et Assouan aller-retour.
« Bien entendu, s’il se passait quelque chose de grave dans ce périmètre, nous n’y enverrons pas de touristes », concède Hani Sidrak.
Mais « il ne se passe pas plus de choses sur le Nil qu’à Marseille », ajoute-t-il. Les attentats ne visent pas les touristes et ils ont lieu ailleurs, observe-t-il encore.
Les vols ne passeront pas par Le Caire mais arriveront directement à Louxor, dans la partie de l’Egypte que le quai d’Orsay a maintenu en jaune sur sa carte des conseils aux voyageurs, synonyme de vigilance renforcée mais pas de zone déconseillée. « Les Anglais, les Allemands y vont! », constate Hani Sidrak. « Les Français suivront », assure-t-il.
Alors que les TO français se retirent progressivement du marché, « un boulevard s’ouvre devant nous », estime Hani Sidrak. Essentiellement parce que les Russes (850 000 pax par an en Egypte) ont déserté la destination. Pas pour des raisons sécuritaires. Ils sont empêtrés dans les restrictions liées aux sanctions occidentales suite au conflit ukrainien, pénalisés par un cours de change devenu très défavorable au rouble et au bout du compte la faillite de quatre des principaux tour-opérateurs du pays. Il y a donc de la place en Egypte et des bateaux qui attendent leurs passagers, résume le dirigeant d’Alliance du Monde. Indiens, Chinois, Anglais et Allemands en remplissent quelques-uns, mais un tiers de la flotte des réceptifs se trouve aujourd’hui à quai. De quoi permettre de proposer des croisières aux Français à prix attractifs, estime Hani Sidrak, confiant dans l’appétit affectif des Français pour l’Egypte. Pour lui aussi, qui a commencé sa carrière dans le tourisme sur cette destination, puis l’a abandonnée en 2003 en raison des conséquences économiques de la guerre du Golfe et qui se prépare avec enthousiasme à la relancer.