Salon En ce mois de septembre 2014, le MAP Pro tourne à nouveau une page de son histoire, qui avait commencé en 2009. En juillet dernier, il est passé aux mains de Reed Expositions France. Retour sur cinq éditions.
Il y a eu le Mitcar, créé en 1979, puis il changea de nom devenant le MIT International, avant de fermer définitivement ses portes en 2007 et d’accueillir lors de cette dernière édition 8 806 visiteurs (année sans les constructeurs). Après vingt-huit années passées à accompagner les autocaristes, les agents de voyages, les tour-opérateurs ou encore les constructeurs. Rassemblant l’ensemble des prestataires spécialistes des groupes, partenaires des professionnels.
Une première page qui se tournait – et un réel coup de théâtre! – pour rejoindre un salon grand public, le Salon Mondial du Tourisme (SMT), et créer le MAP (le Monde à Paris). « Il fallait offrir à la France le grand salon que tout le monde attend…; Il devenait nécessaire de rationaliser l’offre pour les exposants et pour les visiteurs en regroupant en un même événement ouvert aux professionnels et au grand public toute l’offre touristique française et internationale »… , expliquaient de concert les initiateurs du projet. Et pour le mener à bien, une société commune est créée, co-dirigée par trois structures fondatrices du « nouveau » MAP: Comexposium, SMT et Groupe Liaisons/ Wolters-Kluwer. Le MAP ouvre ses portes le 13 mars 2008, porte de Versailles, et pour cinq jours dont deux réservés aux professionnels. Il rassemblera 2 000 exposants répartis en trois zones (France, étranger et nouvelles technologies). Pour 15 000 visiteurs attendus. Les autocaristes expriment leurs premières réserves: « Mars n’est pas la période adaptée, ce sera trop tard pour une production autocariste »…, et aussi des craintes sur le mélange des genres: « tous les publics peuvent se retrouver face aux mêmes exposants, on risque d’être court-circuités ». Certains iront jusqu’à évoquer « un certain danger pour la profession …; le tourisme en autocar va perdre en partie sa représentation »… Le verdict tombe au soir du 17 mars: le MAP n’a pas vraiment convaincu les professionnels (11 607 sur les 15 000 escomptés), contrairement au grand public (94 000 visiteurs). De leur côté, les exposants ont dû faire face à la difficulté de gérer deux clientèles, et réaménagés leur stand en conséquence. Le constat est amer, mais les enseignements vont permettre de rectifier le tir. Et vite oublier ce mauvais épisode.
En 2009, le Mit renaît de ses cendres à travers le MAP Pro, rendez-vous 100 % business (le MAP – tout court – continuera dès lors sa route auprès du grand public). Porté par Comexposium et le groupe Wolters Kluwer, le premier workshop international des professionnels du tourisme de groupes et des réceptifs ouvre ses portes les 8 et 9 octobre, au parc des Expositions de la porte de Versailles. Sur une surface de 6 000 m2, dont 50 % dédiés à la France, accueillant 500 exposants et 600 marques représentées. Arlette Alphaize-Furet en est alors la commissaire général. Chaque exposant est logé à la même enseigne: stand de 6 m2 « tout compris » sans contrainte logistique. Et bonne surprise: l’Observatoire national du tourisme de groupe est mis en place en partenariat avec Promotourisme (… avant – hélas – de disparaître en 2012). Cette première édition allait susciter de nombreuses interrogations et incertitudes face à un IFTM Top Resa qui venait 13 jours auparavant de fermer ses portes. Qu’allait-il se passer pour le MAP Pro, acte I? Le verdict était donc très attendu. Et le pari est gagné, les visiteurs étaient au rendez-vous, les exposants satisfaits.
Un rendez-vous gâché par les mouvements sociaux. Le MAP Pro, version 2010, restera dans les mémoires comme victime du vilain tour que lui ont joué les différentes grèves qui agitaient alors la France depuis plusieurs semaines. Ils étaient 3 509 visiteurs pré-inscrits, 2 537 sont venus dont 48,22 % originaires d’Île-de-France. Mais, ce n’était pas l’unique raison selon les exposants. En effet, au même moment se tenait le salon Autocar Expo à Nice qui n’avait pas eu lieu l’année précédente. « Les professionnels ont du faire un choix, et les PME n’ont pas eu forcément les moyens de faire déplacer plusieurs personnes de leur équipe sur deux salons en même temps », pouvait-on entendre. Autocar Expo qui, de son côté, enregistrait une hausse de sa fréquentation de 25% avec 5 000 visiteurs. À cette mauvaise conjoncture venaient s’ajouter la pénurie d’essence et le début des vacances scolaires.
Un rendez-vous (encore) manqué. La faute à pas de chance? La première journée laissait pourtant augurer à la fin de la manifestation une très bonne fréquentation. Ce jour-là, les contacts étaient, aux dires des exposants, « qualitatifs, qualifiés, efficaces et concrets ». Même si d’un autre côté, ils reconnaissaient « avoir réalisé peu de ventes ». Seulement, la veille du second jour, un contrôleur se fait agresser et les trains se sont arrêtés. Une situation qui a, sans aucun doute, perturbé la venue du visitorat provincial. Pour preuve: sur le nombre total de visiteurs, 57,36 % d’entre eux venaient principalement de Paris et sa région. Une seconde journée noire durant laquelle la grève surprise a pesé sur les affaires et le moral des exposants.
Les professionnels retrouvent le chemin du MAP Pro. Cette fois, le salon n’a pas eu à souffrir de mouvements sociaux, de pénurie d’essence… Mais, une même ombre au tableau qu’en 2010: la tenue simultanée d’Autocar Expo à Bordeaux. Encore la question du choix à faire, d’autant que lors de cette édition 2012 du MAP Pro étaient présents sept constructeurs avec leurs véhicules (une expérience qui ne sera pas renouvelée, faute de n’avoir pas eu le succès escompté). Le premier jour (le jeudi) du salon a attiré les foules. Plus calme était le lendemain.
Le MAP Pro devient le MAP Pro International, il change de hall, se tient un mercredi et un jeudi (exit donc la journée du vendredi), modifie ses horaires d’ouverture (9 h 30 au lieu de 10 h), et agrandit son espace « détente ».
Mais, les rencontres seront en demi-teinte. Beaucoup d’exposants ont jugé l’ambiance « trop calme », et regretté qu’un « rapprochement avec IFTM Top Resa ne soit plus d’actualité », la majorité d’entre eux cependant « n’envisage pas un seul instant de manquer ce rendez-vous dédié au marché des groupes », jugé « incontournable ». Concernant le profil des visiteurs, les autocaristes ont occupé, comme à chaque édition, la première place (28 %), suivis des tour-opérateurs/réceptifs et des associations (26 %). Viennent ensuite les agents de voyages (23 %) et les agences événementielles (20 %). Malgré des rencontres « qualitatives, mais en nombre restreint », aucun exposant ne pensait un seul instant remettre en cause la tenue du MAP Pro International. « Il y a un marché, l’offre est là, c’est peut-être dans la manière d’organiser les choses qu’il faut évoluer ». Certains allant jusqu’à évoquer « un renouveau nécessaire ». Et d’insister (de concert avec les visiteurs) sur le fait de voir se rapprocher IFTM Top Resa et MAP Pro International « au même endroit, mais dans deux espaces distincts et aux mêmes dates ».
Exposants et visiteurs du MAP Pro n’auront donc jamais été aussi bien entendus qu’en cette année 2014. Avec un premier coup de théâtre en janvier lorsque Comexposium annonce que le workshop international des professionnels du tourisme de groupe et des réceptifs ne se tiendra pas les 22 et 23 octobre à la porte de Versailles, mais les 24 et 25 septembre au Palais des Congrès de la porte de Maillot. Afin de « répondre à des demandes d’exposants et de visiteurs pour une organisation simultanée, explique alors Arlette Alphaize-Furet, directrice du salon. Les gens en ont assez de venir deux fois à Paris à quinze jours d’intervalle pour des salons qui sont complémentaires ». Une décision qui n’avait pas été prise en concertation avec Reed Expositions France, comme l’organisateur le confirmera peu de jours après par communiqué: « Aucun échange, à quelque niveau que ce soit, n’a été mené entre les deux groupes et cette décision a été prise unilatéralement. (…). Ce mode de fonctionnement n’est pas de nature à favoriser le rapprochement entre les deux salons ». Et Comexposium de faire son mea culpa. Mais, second coup théâtre sept mois plus tard, le 9 juillet exactement. Reed Expositions France et Comexposium annoncent un « rapprochement stratégique »: le MAP Pro est désormais intégré au salon IFTM Top Resa. « C’est un acte d’achat, une acquisition ferme et définitive », confirme alors Thomas Desplanques, directeur du salon. La Porte de Versailles les accueille tous les deux, l’un dans le Hall 7.1 (MAP Pro), l’autre dans le hall 7.2 (IFTM Top Resa). Mais pas sur la même durée. Deux jours pour le premier, quatre pour le second. Reste que l’ère des grandes manœuvres dans les salons semble toucher à sa fin. IFTM Top Resa et MAP Pro ont franchi le pas. Le tourisme est leur dénominateur commun, mais qu’en sera-t-il parmi les visiteurs dont les centres d’intérêts sont divergents? La fusion sera-t-elle réussie tant dans sa forme que dans son contenu? Premiers éléments de réponse en ce mois de septembre.
En 2008, Top Resa s’installe pour la première fois à Paris. Alors directeur du salon, Vincent Lhoste annonce: « Lors de l’édition 2009 de Top Resa, le hall 7.1 du parc des expositions de la porte de Versailles sera dédié à la France, et en particulier au tourisme de groupe. Nous souhaitons par ailleurs accueillir les constructeurs ». Le salon accueille 26 320 visiteurs.
En 2009, Top Resa devient IFTM Top Resa, pour International French Travel Market. Il crée le « village des tours-opérateurs » et « le village de l’oenotourisme ». Le salon accueille 25 880 visiteurs.
En 2010, IFTM Top Resa crée « le village des réseaux », le « village des associations », une zone « voyages d’affaires et événementiel » et lance les « Lauriers du voyage d’affaires ». Le salon accueille 27 100 visiteurs.
En 2011 , le « Forum international du tourisme culturel » et les « Afters IFTM Top Resa » sont mis en place. Le salon accueille 27 752 visiteurs.
En 2012 , Thomas Desplanques succède à Vincent Lhoste à la direction d’IFTM Top Resa. Le salon décide d’ouvrir ses portes plus tôt (9 h 30 au lieu de 10 h), et Sylvia Pinel, alors ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, inaugure son « premier » IFTM Top Resa. Enfin sont lancés «le lab des!dées » avec Amadeus, le « Club Affaires » ainsi que « la journée européenne du voyage d’affaires ». L’Association française des Travel Managers (AFTM) rejoint le club des partenaires officiels du salon, qui accueille cette année-là 28 788 visiteurs.
En 2013 , IFTM Top Resa crée la « Travel Agents Cup », lance les formations « Agents Experts », met en place « la journée internationale du voyage événementiel » et publie un quotidien bilingue IFTM Daily – The official daily of IFTM Top Resa. Thomas Desplanques annonce alors « réfléchir à des solutions pour faire venir les opérateurs français car l’Hexagone n’est pas très représenté à IFTM Top Resa », affirmant « l’ambition » de la manifestation professionnelle de « conforter sa présence sur l’offre France ». Le salon accueille 29 480 visiteurs.