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Les Courriers de l’Aube: le tourisme en complément

Producteur | publié le : 01.10.2014 | Dernière Mise à jour : 01.10.2014

Auteur

  • Catherine Mautalent

Entreprise D’origine familiale, la société Les Courriers de l’Aube, dont le nom date de 1985, a changé plusieurs fois de mains jusqu’en 1989 où elle est rachetée par le groupe Transdev. Le transport – urbain, interurbain et touristique – a toujours constitué sa principale activité. Le tourisme, lui, et en particulier au travers des groupes constitués, ne représente que 10 % de son chiffre d’affaires, réalisé au moyen d’une production maison, sans brochure, conçue sur mesure.

La Compagnie des Transports Régionaux de l’Est et du Centre (TREC) voit le jour en 1933. L’entreprise est familiale, implantée à Troyes et à Orléans, et avec pour activité principale l’interurbain. Cinquante ans plus tard, soit en 1983, elle est rachetée par le groupe familial Progécar, qui lui-même sera acquis en 1988 par un groupe de banquiers investissant dans le transport. Entre-temps, soit en 1985, la TREC change de nom et devient Les Courriers de l’Aube. En 1989, C.3.D., groupe Caisse des Dépôts et Consignations, reprend l’activité de la société via Transcet (ex-Transdev), deuxième opérateur en réseau urbain. En 1992, le réseau des Transports en Commun de l’Agglomération Troyenne (TCAT) souhaite se désengager de son activité touristique, le fonds de commerce sera racheté par Les Courriers de l’Aube « avec pour objectif de développer le tourisme au sein de l’entreprise », dit Roger Reignard, son directeur depuis cinq ans. En 1993, Les Courriers de l’Aube changent de statut juridique, en passant d’une société en nom collectif à une société en commandite simple, « afin d’ouvrir son capital et accueillir d’autres associés », poursuit-il. Aujourd’hui, ces derniers sont au nombre de deux: Autocars Collard ainsi qu’Autocars et Voyages De Peretti (à hauteur de 2 % chacun). Autre date marquante: l’année 1995 durant laquelle Les Courriers de l’Aube quittent le centre-ville de Troyes pour s’installer « extramuros » sur un terrain de 1 800 m2. Des bureaux y sont construits, mais aussi un atelier de mécanique ou encore un portique de lavage. Sans oublier l’installation d’une station de gasoil. En février 2011, l’entreprise devient une filiale du groupe Veolia Transdev. Aujourd’hui, la société est présente sur cinq départements (Aube, Marne, Haute-Marne, Seine-et-Marne et Yonne, et a pour activités les transports scolaires, les lignes régulières, le transport de personnel, l’affrètement, le transport urbain et les voyages touristiques (périscolaire, transport sec et occasionnel). Une activité régulière forte, pour ne pas dire principale, puisqu’elle représente 90 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. Le tourisme… 10 %.

Une seule cible: les groupes constitués

« Le tourisme n’est évidemment pas le cœur de notre activité, mais reste importante », relève cependant Roger Reignard. Il faut dire que tout au long de son histoire, Les Courriers de l’Aube n’a jamais fait du tourisme une priorité, l’ouverture d’une agence de voyages n’a jamais ainsi fait partie des projets. « Mais dans les années 90 a été mis en place un partenariat entre autocaristes aubois, dont Les Courriers de l’Aube, pour éditer une brochure GIR commune, raconte Agnès Jérôme, responsable du service tourisme. Elle proposait une offre de journées, de circuits et de séjours, et ce tant en France qu’en Europe, en autocar et en avion ». Une expérience qui ne rencontrera cependant pas le succès escompté, faute notamment d’une « gestion assez lourde et compliquée qui nous prenait beaucoup de temps », glisse t-elle. Elle s’arrêtera au bout de deux ans. Exit donc la clientèle GIR qui passera aux mains des agences de voyages auboises (mais qui feront appel à l’entreprise pour le transport), Les Courriers de l’Aube décident de se concentrer uniquement sur les groupes constitués. Sans pour autant faire le choix de rassembler sa production dans une brochure dédiée. « On passait de temps à autre une publicité dans le journal local, L’Est Eclair, dit Agnès Jérôme, mais nous disposions par ailleurs d’un portefeuille de clients important à qui nous faisions parvenir nos offres ». Sauf qu’avec l’arrêt de la brochure commune, Les Courriers de l’Aube n’avait plus de « vitrine touristique ». D’où l’idée d’éditer en 2004 un document papier (450 exemplaires), non pas à destination des groupes adultes, mais des scolaires. « Pour toucher nombre d’établissements qui connaissaient l’entreprise à travers son activité de transports scolaires, et qui nous demandaient d’organiser pour leurs élèves des sorties », explique Agnès Jérôme. Des sorties clé en main d’une journée en France et en autocar, mais aussi – mais cette fois sur demande – des circuits ou des séjours de plusieurs jours à l’étranger, et notamment à travers les voyages linguistiques (Angleterre en premier lieu). « Il y avait un marché, il fallait le développer tant dans l’Aube que dans la Marne, par exemple, et plus particulièrement du côté de Reims, voire dans l’Yonne avec Sens », dit-elle. Un choix qui a porté ses fruits, et les groupes scolaires, aujourd’hui, constituent une clientèle importante. « Les groupes adultes, eux, ne sont plus ceux des belles années, et le marché est plus fluctuant, poursuit Agnès Jérôme. La clientèle est vieillissante, celle des comités d’entreprise est en baisse, et les jeunes retraités ne veulent pas voyager en groupe ». L’activité tourisme se restreint sur un périmètre local, « mais nous avons un centre d’exploitation urbain sur Reims depuis 2012, une représentation qui nous permet de toucher aussi une clientèle touristique », souligne Roger Reignard, qui ne cache pas vouloir exploiter cet avantage dès 2015 afin de développer l’activité tourisme. Concernant le marché des groupes adultes, le service tourisme travaille uniquement sur mesure. « Nous ciblons les comités d’entreprise dont, par exemple, Michelin, Petits Bateaux, pour qui nous effectuons plutôt du transport sec, car en matière de destinations touristiques, ils savent déjà ce qu’ils veulent faire, ils ont des idées précises », détaille Agnès Jérôme. D’autant que les comités d’entreprises – principalement aubois – sont « régulièrement sollicités en direct par les prestataires », ajoute-t-elle. Même si au moins une fois par an, la responsable service tourisme va à leur rencontre. Associations, clubs et mairies constituent les autres cibles. « Les mairies auboises nous font bien travailler pour leurs clubs des anciens, et là nous concevons nous-mêmes entièrement leurs journées », souligne Agnès Jérôme. Côté associations, Les Courriers de l’Aube s’intéresse plus particulièrement aux groupes affinitaires, « un marché en plein développement, plus haut de gamme en matière de prestations », juge-t-elle, indiquant qu’ils réalisent chaque mois au moins un déplacement sur une journée. Au côté, mais de façon ponctuelle, de voyages de plusieurs jours. Contrairement aux clubs, qui eux, n’affichent plus le même dynamisme touristique qu’auparavant. Difficulté à trouver un nombre de participants suffisants, conception de programmes moins denses, réduction des budgets, de la durée des séjours… Des raisons, parmi d’autres, expliquant une « réelle baisse sur ce marché », estime Agnès Jérôme. Et de souligner par ailleurs, sur un plan général, que « les déplacements sont plus courts sur 2013 et 2014, avec souvent six jours de voyage au lieu de huit jours ».

Une clientèle fidèle en appui

Le projet d’éditer une brochure pour les groupes adultes n’est pas dans les cartons, « car aujourd’hui, nous répondons à la demande, travaillons à la carte sur des formules tout compris, indique Agnès Jérôme. Nous avons une clientèle très fidèle qui fait appel à nous chaque année. Ce qui nous donne l’occasion en même temps d’échanger sur l’actualité touristique en leur proposant de nouvelles idées de programmes ou de mettre l’accent sur des événements ». Et de reconnaître « consacrer peu de temps à effectuer toutes démarches commerciales ». En revanche, le service tourisme de l’entreprise adresse courriers et e-mailings lorsqu’il s’agit « d’un (ou de plusieurs) programme qui n’a pas le nombre de participants suffisant pour partir, et auquel pourrait être greffé un autre groupe, voire des individuels que nous avons gardé en fichier du temps de l’édition de la brochure commune, indique Agnès Jérôme. Et ça marche, d’autant que les individuels bénéficient de la tarification groupes ». Des envois facilités par le fait que les groupes constitués s’inscrivent « suffisamment à l’avance sur ces programmes pour pouvoir anticiper », ajoute-t-elle. Une formule qui permet d’assurer les départs, et d’obtenir des tarifs préférentiels. Ici encore, à l’instar des groupes scolaires, ne sont proposés que la France et l’Europe, et uniquement en autocar. « Même si ponctuellement, il m’arrive de faire de l’aérien à la demande d’un client. Dans ce cas-là, je m’appuie sur un réceptif ou un tour-opérateur qui me construira entièrement le voyage, prestations terrestres incluses », dit Agnès Jérôme. Mais, ces demandes ne sont pas légion « car pour les clients, nous sommes avant tout autocariste ». Et un autocariste, aujourd’hui, qui s’attache à maintenir une activité touristique, même complémentaire. Comme en témoigne, ces dernières années, l’arrivée dans le parc d’autocars dédiés. Un Magelys est d’ailleurs attendu pour cet automne.

En chiffres

Transport

– Chiffre d’affaires total réalisé en 2013: 11,045 millions d’euros dont 38 % en transport scolaire, 34 % via les lignes régulières et régionales, 18 % en urbain et sous-traitance urbaine et 10 % en tourisme occasionnel.

– 135 autocars et autobus composent le parc de véhicules dont 120 dédiés au transport scolaire et aux lignes régulières, 10 pour l’urbain et cinq pour le tourisme (Magelys et Evadis).

– Lignes régulières: 27 exploitées dans l’Aube, une en Seine-et-Marne (2 autocars) et une autre via TransChampagneArdenne (6 autocars), service de transport mis en place par la région entre Troyes, Châlons-en-Champagne et Reims, et dont l’exploitation a été confiée le 1er juillet 2013 à l’entreprise.

– Urbain: 2 lignes à Reims (Marne – 10 bus en sous-traitance pour le réseau de Reims Citura) et une ligne à Romilly-sur-Seine (Aube – 2 cars).

– Scolaires: 91 circuits dont 66 dans l’Aube, 13 en Haute-Marne et deux en Marne.

– L’effectif est composé de 170 salariés dont 146 conducteurs, 14 administratifs et 10 à la maintenance.

– Le siège social et le centre d’exploitation de l’entreprise se situent à Troyes.

– Un centre d’exploitation est également basé à Reims.

Tourisme

– Chiffre d’affaires total réalisé en 2013: 1,158 million d’euros, dont 709 000 euros réalisés via les groupes adultes et 449 000 euros via les groupes scolaires.

– Les groupes adultes (et en premier les collectivités locales et les associations, suivis des comités d’entreprise et d’associations diverses) sont principalement issus de Troyes et du département de l’Aube, tandis que les groupes scolaires proviennent de l’Aube et de la Haute-Marne.

– Les destinations privilégiées par les groupes en 2013 et pour cette année ont été la France (en particulier la Normandie, la Bretagne, la Cote Basque, l’Alsace et le Périgord) et pour l’étranger l’Italie, l’Angleterre, l’Espagne, la Principauté d’Andorre et l’Allemagne (jusqu’à Berlin).

– L’effectif est de 2,5 salariés au service tourisme.

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