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À Avignon, les groupes ne tournent pas en rond!

Région | publié le : 01.09.2014 | Dernière Mise à jour : 01.09.2014

Auteur

  • Catherine Mautalent

SEM Organiser l’accueil des groupes, leur concevoir des produits clé en main et sur mesure, telles sont – entre autres – les missions confiées depuis 2005, au service réceptif de la société d’économie mixte Avignon Tourisme. Avec pour porte d’entrée la cité épiscopale, l’offre proposée se combine à d’autres découvertes alentours, dévoilées en brochures et sur la toile, et ce à destination des professionnels du tourisme.

Surnommée la « cité des papes » en raison de leur présence de 1309 à 1423 (neuf s’y sont succédés), Avignon est l’une des rares villes françaises à avoir conservé ses remparts du XIVe siècle (longs d’environ quatre kilomètres, flanqués de 39 tours et percés de sept portes principales), son centre historique, composé du Palais des Papes*, de l’ensemble épiscopal, du rocher des Doms (refuge naturel situé au-dessus du Rhône) et du célèbre pont. Elle a été classée patrimoine mondial par l’Unesco. À l’intérieur des remparts, ruelles et impasses sont bordées d’édifices anciens (chapelles et églises, bâtiments moyenâgeux, hôtels particuliers des XVIIIe et XIXe siècles…) révélant un riche passé historique, qui font aujourd’hui le charme de la ville, et un attrait majeur pour les 1,8 million de touristes (60 % d’étrangers visitent le Palais des Papes et le pont. D’un autre côté, 25 % environ viennent en groupe) qui la découvrent chaque année, dont 800 000 visiteurs payants dans les monuments. Lorsque l’on sort de la vieille ville et que l’on fait le tour des berges, on ne peut s’empêcher de rechercher le fameux pont d’Avignon (le pont Saint Bénézet).

Et contrairement à ce que dit la célèbre chanson, sa largeur ne permet pas réellement de danser dessus…, mais dessous, où des berges avaient été aménagées. Une version plus ancienne de la chanson disait d’ailleurs « Sous le pont d’Avignon, l’on y danse, l’on y danse… ».

De leurs côtés, les musées offrent une variété de collection représentant toutes les époques: depuis la Préhistoire au musée Lapidaire, en passant par la peinture au Moyen-âge au Petit Palais, les Beaux-Arts au musée Calvet, les Impressionnistes à Angladon, les Arts décoratifs à Vouland et même l’art contemporain à la collection Lambert à l’hôtel de Caumont (attention, ce dernier est actuellement fermé pour travaux, il rouvrira ses portes en juillet 2015). Avignon, ville artistique et culturelle, elle l’est également à travers son célèbre festival créé en 1947, mais aussi son festival de roses, Alterarosa qui se tient chaque année au Palais des Papes fin mai, un palais qui sert aussi de cadre à un spectacle monumental en 3D « Luminessences », qui se tient tous les soirs de mi-août à mi-octobre.

Tourisme fluvial et œnotourisme

Et puis, il y a le Rhône, qui a joué un rôle important dans le développement d’Avignon. « Actuellement, le tourisme fluvial, mais aussi maritime, est en plein essor. De nombreux paquebots-hôtels et des bateaux de croisières sillonnent le fleuve », souligne Jean-Paul Trinquier, directeur adjoint du développement et de la qualité au sein d’Avignon Tourisme. Le tourisme fluvial a recréé la tradition plus que millénaire qui faisait du Rhône le trait d’union entre Avignon et Lyon. Dans ce domaine, les Grands Bateaux de Provence est l’une des compagnies avignonnaises incontournables. Et en particulier à destination de la clientèle groupes. Elle organise toute l’année depuis les allées de l’Oulle, des croisières avec déjeuner, cinq destinations d’Avignon à Arles, Châteauneuf-du-pape, des dîners dansants et dîners spectacles, ainsi que d’avril à septembre des promenades tous les jours de quarante cinq minutes, vers le Pont d’Avignon et les rives du Rhône. Sans oublier un autre opérateur, CroisiEurope, lui aussi présent sur le Rhône, qui y propose des croisières de trois à sept jours. Et en nouveauté depuis cette année, un programme de dix jours combinant le Rhône au Rhin.

En 1996, la cité est devenue la « capitale des Cotes du Rhône ».Le vin est célébré à travers le « ban des vendanges », qui se tient chaque année en septembre. Une fête populaire où défilent les confréries, est dite une messe, où l’on déguste… le tout dans une ambiance musicale. Par ailleurs, neuf routes touristiques balisées permettent de sillonner les vignobles, et celle intitulée « Azur » part d’Avignon… La ville accueillera d’ailleurs à la fin du premier semestre 2015 une nouvelle structure baptisée « le Carré du Palais », un complexe œnotouristique (bar à vins, restaurant gastronomique, résidence para-hôtelière, boutiques…), une vitrine des vins AOC de la vallée du Rhône.

Enfin, au départ de la cité des Papes, d’autres découvertes viennent se combiner pour s’inscrire dans un circuit typiquement provençal: Châteauneuf du Pape, le Mont Ventoux, le pont du Gard, Arles, Orange, Fontaine de Vaucluse, les Alpilles… Toute une offre que s’attache à promouvoir et commercialiser auprès des professionnels. Avignon Tourisme, via son service réceptif composé de six personnes, auxquelles s’ajoutent 11 guides sous contrat et une vingtaine d’autres, vacataires ou auto-entrepreneurs.

Du clé en main, et surtout du sur mesure

Avignon Tourisme (nom attribué en 2012) est une société d’économie mixte à qui la ville a confié deux délégations de service public depuis 2005: d’une part une délégation « tourisme » avec le Palais des Papes, le pont Saint-Bénézet, le centre des congrès et l’office de tourisme , et d’autre part une délégation « parkings » avec les parcs de stationnement du Palais des Papes et des halles. « En d’autres termes, nous avons pour mission de gérer les monuments historiques, l’accueil de congrès, l’accueil et la gestion du parc d’exposition, l’accueil et l’information de l’office de tourisme et le stationnement », détaille Jean-Paul Trinquier. De fait, Avignon s’est doté « d’un opérateur unique pour mettre en œuvre une politique dynamique et cohérente portant à la fois sur l’accueil des publics, l’animation, la médiation et l’événementiel culturel, la conservation des édifices et la promotion », poursuit-il. Une promotion qui a bénéficié d’un « enrichissement permanent » de l’offre culturelle tout au long de ces années pour développer le mise en tourisme du patrimoine. Parallèlement, un plan marketing pour la promotion permanente des monuments et de la ville « permet d’être présent sur les salons et workshops des principaux marchés émetteurs, et de faire bénéficier le patrimoine avignonnais d’une action promotionnelle durant toute l’année auprès des visiteurs individuels et des groupes », ajoute Jean-Paul Trinquier. Un dernier marché sur lequel Avignon Tourisme s’implique en participant à des manifestations professionnelles organisées par les acteurs institutionnels du tourisme (Atout France, comité régional du tourisme, comité départemental du tourisme), par des insertions dans les guides professionnels à destination des groupes, par la mise en place d’eductours (en juin ou octobre) organisés avec ou sans le partenariat des organismes de tourisme institutionnels… et, bien sûr, par l’édition d’un document: le Guide à l’usage des professionnels du tourisme à destination des autocaristes, des tour-opérateurs, des agences de voyages ou encore des croisiéristes.

Paraissant en juin, il est conçu par le service réceptif d’Avignon Tourisme, « véritablement structuré depuis 2012 », glisse Jean-Paul Trinquier, et dont Marianne Coulomb en est aujourd’hui la responsable. Ce guide est, en fait, scindé en deux. « Nous proposons d’un côté un document de 80 pages répertoriant l’ensemble des prestataires accueillant les groupes, hôteliers et restaurateurs inclus, et dans lequel est inséré un encart tarifs et produits groupes, explique-t-elle. Les professionnels y trouvent les conditions d’accès au Palais des Papes et au Pont, les visites guidées (avec la découverte de la ville), celles plus insolites (notamment une découverte nocturne du palais), les circuits thématiques au départ d’Avignon ainsi que des produits un et deux jours » Ce même encart fait l’objet d’un tiré à part « plus étoffé en matière d’offres, et envoyé notamment à tous les autocaristes français qui sont au moins venus une fois à Avignon », glisse Marianne Coulomb, et inclut cette année une nouveauté pour les professionnels. Il s’agit d’une page informant de la mise en ligne d’un onglet « pros » dédié à l’achat de séjours thématiques pour une clientèle individuelle (via un code d’accès). Restons sur la toile pour mentionner également un espace « groupes » où est déclinée une sélection de produits: « thématiques », « visites guidées » et « spécial scolaire ». Les tarifs sont définis sur la base de 40 pax, « et la gratuité est systématique pour le conducteur et l’accompagnateur sur un produit journée », ajoute Marianne Coulomb, soulignant par ailleurs « qu’aucune commission n’est mise en place pour les professionnels ». À moins d’être ce qu’Avignon Tourisme appelle les « clients majeurs ». Soit généralement des tour-opérateurs étrangers qui amènent un minimum de 500 pax en groupes à l’année au Palais des Papes…

Une clientèle groupes majoritairement étrangère

« 95 % de notre travail consiste à faire du sur mesure, les produits clé en main que nous proposons constituent un éventail représentatif de notre offre. Il s’agit avant tout de mettre en avant la destination en axant sur ses incontournables », indique Marianne Coulomb.

Et ce pour une clientèle groupes qui d’une année sur l’autre est en constante progression. Ainsi, l’an passé, les visites guidées, par exemple, ont progressé de 6 % totalisant à elles seules un chiffre d’affaires de 761 956 euros. Sans compter le développement croissant d’arrivées en groupes de croisiéristes, « qui passent entre une et quatre nuits sur Avignon », ajoute-t-elle.

Mais, la clientèle groupes « est aujourd’hui principalement étrangère », confie Jean-Paul Trinquier, appuyant son propos en indiquant, par exemple, une hausse de 20 % des clients chinois. « Le marché français a tendance à se tasser, et les demandes portent essentiellement sur des prestations de visites guidées. Force est de constater que notre service est devenu aujourd’hui l’opérateur réceptif principal au niveau régional auprès des tour-opérateurs internationaux, et le développement de la clientèle groupes se fait plutôt à l’international », poursuit-il.

En attendant, l’offre touristique avignonnaise continue à s’enrichir, avec l’arrivée annoncée de nouveaux espaces de découverte, à l’exemple, de jardins médiévaux au Palais des Papes en 2016. De son côté, le service réceptif poursuit son développement en s’attachant tout particulièrement à allonger au maximum les séjours « afin d’augmenter les retombées économiques du tourisme ». Et, de fait, en travaillant plus dans « une stratégie de territoire » avec pour objectif d’inscrire la destination sous une marque forte: « Provence ».

Imposante forteresse et palais somptueux, le Palais des Papes (XIVe siècle) est le symbole de la puissance de la chrétienté. La visite permet de découvrir pas moins de 25 salles!

En chiffres

– Le service réceptif d’Avignon Tourisme a réalisé un chiffre d’affaires global de 1,756 million d’euros (en hausse de 20 % par rapport à 2012), dont 762 000 euros pour les visites guidées groupes.

– 5 530 groupes accueillis pour 150 000 pax (Français et étrangers confondus).

– 45 % des groupes sont amenés par les croisiéristes, 20 % sont des scolaires, 15 % sont issus des tour-opérateurs et agences de voyages, 10 % des autocaristes et 10 % des associations et comités d’entreprise.

– Les groupes français proviennent principalement du bassin lyonnais, de la Bourgogne et de la Bretagne.

– Allemands et Américains constituent la principale clientèle groupe étrangère.

– La découverte d’Avignon et la visite du Palais des Papes sont les prestations les plus demandées.

Le saviez-vous?

– Doit-on dire « à Avignon » ou « en Avignon »? La formule « en Avignon », si elle permet d’éviter un hiatus quelque peu dissonant, est toutefois incorrecte lorsqu’elle s’applique à la ville contenue dans ses limites communales. Elle a été employée durant des siècles de manière tout à fait justifiée. En effet, la préposition "en" désigne le lieu. Or, il faut savoir que depuis le XIVe siècle, le territoire d’Avignon, couvrant plusieurs communes actuelles, constituait un état à part entière appartenant au Saint Siège et gouverné par un vice-légat jusqu’en 1791. On résidait donc "en Avignon", comme on pouvait résider "en Languedoc" ou "en Provence"… Mais, la formule appropriée est "à Avignon" lorsqu’on parle de la ville stricto sensu.

– Le nom d’Avignon figure dans neuf dénominations de villes ou villages français. Quatre sont en Vaucluse: Avignon, Cabrières d’Avignon, Morières-les-Avignon, Saint-Saturnin-les-Avignon. Dans le Gard, Villeneuve-les-Avignon, regarde fièrement la cité des papes du haut du fort Saint-André. Dans l’Isère, on trouve un Avignonet, dans l’Aisne un Chavignon, en Haute-garonne un Avignonet-Lauragais, et enfin dans le Jura, un Avignon-les-Saint-Claude.

– Contrairement à ce que l’on pourrait penser du célèbre tableau Les Demoiselles d’Avignon de Picasso, il n’a rien à voir avec la ville, si ce n’est le nom. Les Demoiselles d’Avignon représentent des femmes de petites vertus issues d’une rue de Barcelone, la Carrer d’Avinyo (rue d’Avignon)…

– … Et à ne pas confondre avec La Demoiselle d’Avignon, un feuilleton télévisé diffusé à partir du 8 janvier 1972 sur la deuxième chaîne de l’ORTF! Marthe Keller et Louis Velle (co-auteur de la série avec Frédérique Hébrard) y tenaient les rôles principaux.

insolite…

Epicurium, un musée vivant des fruits et légumes a ouvert ses portes à Avignon en juin 2010. Un lieu unique pour découvrir toutes les richesses et variétés de fruits et légumes, depuis la graine jusqu’à l’assiette. Sur un espace de 8 000 m2 se découvrent un verger, un potager et une exposition sensorielle avec pour fil conducteur l’usage des fruits et légumes par les hommes dans l’agriculture, l’industrie et l’alimentation.

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