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Le tourisme sud-africain dopé par la faiblesse du rand

Destination | publié le : 01.09.2014 | Dernière Mise à jour : 01.09.2014

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Le tourisme sud-africain dopé par la faiblesse du rand

Crédit photo Jean-François Bélanger

Auteur

  • Jean-François Bélanger

Marché Avec un euro fort et un rand en pleine déconfiture, au plus bas depuis cinq ans, c’est un différentiel important qui se crée sur les prix terrestres et qui fouette le trafic touristique international. Mais en matière de promotion internationale, ce phénomène a aussi ses conséquences.

D’après les dernières statistiques de fréquentation communiquées en juin dernier par le South African Tourism, la fréquentation internationale globale en Afrique du Sud a augmenté de 4,7 %, en 2013, après une croissance de 10,2 %, en 2012, par rapport aux années précédentes. En 2013, le marché « overseas », c’est-à-dire hors Afrique, a augmenté de 7,1 %, et celui d’Europe de 7 % par rapport à 2012. Depuis deux ans, le marché français affiche une réelle hausse (voir encadré). « Ce qui est au-delà de nos espérances », se réjouit Linda Sangaret, directrice du South African Tourism à Paris.

Un niveau de promotion 20 fois plus élevé qu’en 1994

À l’occasion de la célébration du 20e anniversaire de la démocratie sud-africaine, et pour son 10e salon du tourisme (Indaba), Marthinus Van Schalkwyk, ministre du Tourisme sud africain, n’a pas manqué de mesurer le chemin parcouru, lors de l’inauguration de ce salon professionnel qui s’est tenu à Durban, en mai dernier: « en dix ans, 300 % de progression du trafic, avec 9,6 millions de visiteurs internationaux en 2013 ». Mais une performance qui a son coût puisque le budget de promotion est passé de 81 millions de rands, en 1994, à 1,6 milliard de rands aujourd’hui, soit 20 fois plus! Dans ces conditions, la croissance perdure et les professionnels se frottent les mains, chacun y trouvant son compte: « pour ce qui nous concerne, sur les quatre premiers mois de l’année 2014, nous enregistrons une progression de l’activité supérieure à 50 %, ce qui, si la tendance perdure, devrait situer l’année 2014 au même niveau que celle de 2009, c’est-à-dire dépasser la barre des 30 000 passagers sur l’Afrique du Sud et la Namibie », confirme Henri Menard, le patron d’African Eagle, l’un des principaux réceptifs pour le marché français. Les groupistes et agents de voyages invités par le South African Tourism et présents au dernier Indaba accompagnent cette évolution. « L’Afrique du Sud devrait rejoindre le haut du panier de nos destinations. J’ai été recrutée pour développer l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe. Avec une croissance à deux chiffres, nous envisageons de passer rapidement le cap des 1 000 passagers en Afrique du sud. Jusqu’alors, il n’y avait pas de véritable production, aujourd’hui, je vais développer des programmes originaux pour les groupes et les GIR. Le phénomène Mandela, le melting-pot de civilisations, les atouts de la destination en matière de flore et de faune, les intérêts culturels, ethniques ou historiques sont des éléments forts qui portent la notoriété de cette destination. Avec des programmes de douze jours/neuf nuits, autour des 1 200 euros par personne, avec Air France ou des compagnies du Moyen-Orient, nous sommes d’ores et déjà compétitifs sur le marché », analyse Henda Kefi, directrice de production pour l’Afrique, le proche et le Moyen-Orient, chez Travel Team, groupiste à Montreuil (93). « Le patrimoine touristique de l’Afrique du Sud est très large. En s’appuyant sur son côté historique et culturel, nous allons développer les programmes à la carte pour les groupes, incluant des rencontres avec les populations, des visites de townships…. La destination Afrique du Sud de la brochure Nouvelles Frontières de l’hiver prochain sera étoffée de quatre pages supplémentaires. L’effet du rand bonifie le tout et notre marque spécialisée Aventuria en profite pleinement », ajoute Djaffar Razkallah, chef de produit du groupe TUI France.

L’Afrique du Sud absente à IFTM Top Resa

Pour autant, cette situation monétaire, favorable à des conditions d’achat intéressantes, n’est pas sans conséquence. Par exemple, pour des raisons budgétaires et administratives, l’Afrique du Sud ne sera pas présente au prochain IFTM Top Resa de Paris, mais a multiplié les opérations sur le terrain pour promouvoir la destination, préférant renforcer le lien en direct avec les partenaires, comme les tour-opérateurs. « D’une façon générale, les medias traditionnels coûtent cher par rapport aux résultats. Nous essaierons de proposer une promotion plus efficace, en s’appuyant notamment sur les réseaux sociaux », explique Linda Sangaret. Une politique qu’elle ne mettra sans doute pas totalement en œuvre puisqu’elle vient de quitter son poste du South African Tourism, à Paris, en décidant de donner une nouvelle orientation à sa carrière, en Afrique du Sud. Également, autre décision que l’on peut attribuer à la réduction des coûts sur les marchés internationaux: la chaîne hôtelière Sun International, très impliquée en Afrique du Sud, qui vient de fermer sa représentation commerciale à Paris.

« Contrairement à ce qui s’était passé avant, avec un phénomène similaire, les hôteliers ne se sont pas appropriés le différentiel du rand en augmentant leur prix pour compenser la différence et c’est le marché qui en profite aujourd’hui, avec une baisse des prix des prestations terrestres, analyse Henri Ménard. Chez nous, le déclic a été immédiat et s’est traduit par un envol de la clientèle, tous segments confondus. Nous sommes redevenus compétitifs et attractifs par rapport à d’autres destinations africaines ou asiatiques. Les groupes loisirs, Mice ou d’entreprise l‘ont bien compris, particulièrement sur le marché français – qui représente la moitié de notre activité – et le marché allemand. Avec une qualité hôtelière et de service qui a été dopée et mise en valeur par le phénomène de la Coupe du Monde de 2010, l’attractivité de l’Afrique du Sud est aujourd’hui incontestable. De plus, la notoriété de la destination a encore profité de son exposition liée au décès de Nelson Mandela. C’est devenu l’endroit idéal pour la tenue de séminaires, conventions ou autres opérations de stimulation dans des cadres multiples qui allient les infrastructures de travail avec des possibilités quasi illimitées pour l’organisation de manifestations festives, culturelles… dans des cadres naturels, coloniaux ou historiques et à des prix très attractifs ». D’autant que le pays a pris les choses en main pour lutter efficacement contre l’insécurité comme en témoignent certaines initiatives (voir encadré). Les performances et les ambitions du milieu touristique associées à une économie en croissance de l’Afrique du Sud, justifieront-elles le retour de la compagnie South African Airways à Paris comme cela est en question dans les travées de l’Indaba? La compagnie, membre de Star Alliance, en est absente depuis de nombreuses années.

Les « Red Bus » déboulent à Johannesburg

C’est l’un des signes qui illustrent le mieux la normalisation progressive de la sécurisation de la vie au quotidien: la mise en service par le groupement Red Bus d’une franchise à Johannesburg. Une initiative inenvisageable il y a quelques années encore.

Ce système de découverte des sites touristiques à bord d’un autocar rouge à double étage, qui est originaire d’Angleterre, est présent dans nombre de villes du monde. En Afrique du Sud, les « Red Bus » roulaient déjà dans les rues du Cap depuis une dizaine d’années et ils s’aventurent, depuis l’année dernière, dans celles de Johannesburg. Quatre véhicules de ce type circulent à horaires réguliers, de 9 h à 15 h 40, sept jours sur sept, pour un circuit d’une durée de deux heures environ, desservant une douzaine des sites touristiques les plus remarquables de la ville, correspondant à autant d’arrêts. Le système est souple, la clientèle peut à chaque arrêt descendre pour approfondir la visite d’un site, puis reprendre le véhicule suivant. Chacun des arrêts est renseigné d’un plan du quartier ainsi que des explications sur les sites concernés. À bord du véhicule, les passagers sont équipés d’un système d’audioguidage, disponible en 16 langues différentes. Lors des week-ends, les « Red Bus » de Johannesburg proposent une extension à Soweto d’une durée additionnelle de deux heures environ. Afin de garantir une accessibilité à la clientèle individuelle, l’offre groupe est limitée à 30 pax. Progressivement les « Red Bus » s’inscrivent dans le paysage urbain de la ville, avec notamment l’installation de nouveaux points de vente: au Gautrain Park Station, Gold Reef City, Aéroport OR Tambo, Bramfountain…

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