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Chaînes qui rient, indépendants qui pleurent

À la Une | publié le : 01.07.2014 | Dernière Mise à jour : 01.07.2014

Peut-on – comme le veut le gouvernement – miser sur le tourisme pour relancer l’activité et l’emploi, quand la capacité hôtelière en France ne cesse de diminuer depuis six ans? C’est la question que soulève une étude du cabinet MKG Hospitality.

Selon MKG, "la restructuration du parc hôtelier français est loin d’être achevée". En 2013, elle se traduit à nouveau par une contraction de l’offre, avec la disparition nette d’environ 10 500 chambres, soit une baisse de 1,6 %. Le nombre total de chambres se trouve ainsi ramené à 635 000 au 1er janvier 2014. La baisse de 2013 fait elle-même suite à un recul de 0,4 % en 2012. Cette tendance à la contraction de l’offre de chambres est d’autant plus inquiétante qu’elle se maintient depuis six ans. Du coup, la capacité hôtelière française se trouve ramenée à un niveau inférieur à celui de l’an 2000, annulant ainsi la décennie de croissance avant la crise.

Ce recul global de la capacité cache toutefois deux tendances contradictoires. D’un côté, les chaînes hôtelières continuent de se développer. Elles renforcent ainsi leur part dans l’offre globale, passant de 44,5 % à 45,8 % de la totalité du parc. En 2013, les chaînes ont gagné 4 300 chambres supplémentaires, soit une capacité totale de 290 550 chambres. Ces chiffres placent la France parmi les premiers pays européens en termes de présence des marques hôtelières. Il reste toutefois encore de la marge par rapport aux États-Unis, où le taux de pénétration des chaînes dépasse les 70 %… À l’inverse, l’hôtellerie indépendante subit de plein fouet les effets de la crise économique. Elle a ainsi perdu encore 15 800 chambres en 2013 et tombe à une capacité totale de 344 200 chambres. MKG n’attribue pas cette situation à un éventuel impact négatif du nouveau classement des hébergements touristiques, qui a relevé le niveau d’exigence. L’étude relève au contraire que "malgré les prédictions pessimistes de certains détracteurs du système, il a été adopté par plus de 85 % de la capacité en chambres disponibles en France". La véritable raison tient bien à la crise économique. Celle-ci se traduit d’abord par une fréquentation hôtelière en fort recul de la part des touristes français. Sur Paris, par exemple, le nombre d’arrivées hôtelières de touristes hexagonaux est tombé de 18,2 à 16,2 millions entre 2012 et 2013.

Inquiets de la situation économique générale et de leur exposition personnelle au risque de chômage, les Français se reportent sur d’autres formes d’hébergement moins coûteuses, et tout particulièrement sur les solutions familiales ou amicales. Certes, dans le même temps, la fréquentation hôtelière internationale des hôtels parisiens a progressé de 8,2 % en nombre d’arrivées (passant de 14,3 à 15,5 millions) et de 6,1 % en nombre de nuitées. Mais cela n’a pas suffi à compenser la désertion des touristes français. On ne saurait cependant négliger un autre effet de la crise économique, qui touche les établissements indépendants: le poids de la fiscalité et des charges salariales qui pèse sur les entreprises et qui, combiné avec un moindre accès au crédit, rend difficile la réalisation d’investissements pourtant indispensables.

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