Paris Le 12 avril dernier, l’ex-Zoo de Vincennes est devenu le Parc Zoologique de Paris. Faute d’aides financières, le site était en péril, et a dû fermer ses portes en 2008. Six ans de fermeture et vingt sept mois de travaux plus tard, c’est un tout nouveau lieu qui accueille désormais les visiteurs. Sur un concept différent entraînant dans un parcours rythmé par cinq régions reconstituées. Explications et visite guidée.
Au cœur de la capitale, le Zoo de Vincennes fait partie du patrimoine parisien depuis près de quatre vingts ans. Inauguré en juin 1934, il n’avait fait l’objet depuis d’aucune rénovation importante, à l’exception de la restauration du Grand Rocher décidée en 1994 par François Fillon, alors ministre de la Recherche. Mais faute d’aides financières, le site était en péril et les animaux avaient commencé à partir vers d’autres horizons dans les années 2000. Il fermera en novembre 2008. Mais, dès 2004, le maire de Vincennes avait publié dans Le Monde une tribune pour attirer l’attention sur la situation du zoo et les enjeux financiers de sa restauration. Une pétition avait été lancée. Elle a recueilli plus de 5 300 messages de soutien. Une mobilisation en faveur du zoo qui a joué un rôle essentiel pour faire bouger les choses. « En février 2010 est signé un contrat de partenariat privé/public, le premier en France à concerner un parc animalier, en vue de la rénovation totale du site », explique Sophie Languillaume, responsable Marketing et Commerciale. La première pierre est posée le 7 décembre 2011 par Laurent Wauquiez, alors ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. La rénovation va durer vingt sept mois pour un coût total de 167 millions d’euros
Seul zoo au monde entièrement reconstruit , il propose désormais un parcours de quatre kilomètres sur 14,5 hectares, traversant cinq biozones: Patagonie, Sahel/Soudan, Europe, Guyane et Madagascar. Et si les zoos urbains sont souvent des lieux fragmentés où l’observation de l’animal s’opère dans un champ restreint, dans sa nouvelle configuration, le Parc Zoologique de Paris impose, à l’inverse, une immersion plus large, plus diffuse, mais aussi plus discrète sur les aires de la vie animalière. « Nous avons privilégié l’espace imparti à chacun des 1 000 animaux, répartis en 180 espèces, explique Sophie Languillaume. Les visiteurs sont invités dans l’espace de l’animal, et pas le contraire ». Le bien-être des pensionnaires avant tout. Au risque de susciter le désappointement chez certains visiteurs. En offrant de vastes espaces aux animaux, et même des caches et des zones de repli, pas sûr de voir toujours un animal pointé le bout de son museau! La superficie du parc, elle, n’a pas changé, « mais son concept et sa physionomie ont été totalement repensés, poursuit Sophie Languillaume. Il ne s’agit plus d’exhiber les animaux en spectacle ». Comme dans la nature, les visiteurs doivent se faire observateurs, être parfois patients. Les animaux ne doivent plus être des objets de curiosité. Le choix s’est porté sur des espaces beaucoup plus grands qu’auparavant, et quand il a été jugé qu’il n’y avait pas encore assez de place pour des animaux, le parc a en gentiment écarté certains. Ainsi, les ours qui ont besoin d’un hectare pour être au top, n’ont pas été accueillis. Ni les tigres, ni les éléphants. Le souci du bien-être des animaux a notamment présidé au choix des espèces représentées. La sélection a été faite selon leur intérêt attractif, pédagogique, scientifique et de conservation. Ainsi le parc abrite t-il, par exemple, des espèces emblématiques (girafes, loups…), moins connues (gloutons, lamantins…), menacées (manchots de Humboldt) et dépendantes de programmes de conservation (lémuriens…). L’environnement du parc a également été repensé: la végétation est omniprésente. « La surface arbustive du parc a été augmentée de 40 %, souligne Sophie Languillaume. Au total, ce sont 171 000 plants de 870 espèces végétales différentes qui ont été mis en terre sur le site et dans la serre ». Quant aux espaces dédiés aux animaux, le terrain d’origine a été entièrement modelé pour créer de nouveaux reliefs (plaines, buttes…). Cette nouvelle topographie a permis de démultiplier l’espace, d’en masquer les limites, d’isoler les cinq régions « et de multiplier les angles de vues », ajoute t-elle.
Si l’emblématique Grand Rocher (65 m) se dresse toujours au-dessus du parc (18 000 m2 de nouveaux faux rochers sont venus s’ajouter), il domine désormais d’autres paysages. Ce sont donc quatre kilomètres de parcours (plat) à effectuer par les visiteurs, mais le long duquel de nombreux bancs sont à disposition. Un parcours fléché (estampillé « suite du voyage ») ramenant en boucle vers l’entrée du parc est entrecoupé par quelques cheminements secondaires (vivarium, volière, grande serre). Des panneaux et cartels ponctuent le parcours de chacune des régions. Des panneaux « paysages » définissent, eux, les milieux naturels, les cartels « espèces » regroupent les informations essentielles sur les espèces présentées, tandis que des panneaux thématiques approfondissent un aspect du comportement de l’animal. De plus, à la sortie de chaque zone géographique, en retrait des circulations principales, des kiosques en bois, végétalisés et semi-ouverts proposent des équipements à la fois audiovisuels et interactifs: écran vidéo, table tactile ou encore panneaux d’informations.
C’est la Patagonie occupant une surface de 16 570 m2 qui ouvre le parcours, offrant trois paysages différents: la pampa, le milieu côtier froid et la forêt andine. Nandous (oiseaux voisins de l’autruche), maras (petits rongeurs) et guanacos (apparenté aux lamas) à l’accueil! Non loin de là, quatre otaries évoluent dans leur bassin, inséparables, que les visiteurs peuvent observer à travers une large baie vitrée. Tout près ou assis sur des gradins qui leur font face. Leurs proches voisins sont les manchots de Humbold (au nombre de 44!). Certains sont à l’eau, d’autres droits comme des piquets regardent l’horizon, impassibles, comme le sont aussi ceux qui préfèrent la sieste, allongés deux par deux, ouvrant à peine l’œil malgré les paparazzi environnants! Une sieste partagée avec le puma (le seul du parc) installé à quelques pas de là, dont on ne distingue que les formes… Quant aux pudus des Andes, les plus petits des cervidés, ils préfèrent tourner le dos aux objectifs, plus curieux de regarder entre leurs barrières en bois avec pour horizon le lac Daumesnil. La Patagonie s’éloigne, pour entrer, après quelques marches à monter dans la zone du Sahel-Soudan, le plus vaste espace du parc (45 215 m2). Cap sur l’Afrique, et impossible de le manquer en raison de sa masse: voici le rhinocéros blanc, cohabitant en toute sérénité avec des zèbres. Au détour de l’allée: le roi de la jungle et son harem. Installés en pension quatre étoiles grâce à des rochers… chauffants spécialement conçus pour eux! Lui étendu sur l’un d’entre eux, et à ses pattes, ses trois lionnes alanguies. Tous indifférents aux mouvements extérieurs et aux nez collés à la large vitre. Avant de rejoindre les Oryx, passage à la clinique vétérinaire, dont une partie a été rendue visible pour les visiteurs, l’occasion d’assister à des interventions bénignes des vétérinaires du parc (le public est chaque jour prévenu par annonce micro). L’espace se fait alors sablonneux et sec, ici 16 girafes (les seuls animaux qui n’ont jamais quitté le zoo même pendant les travaux) partagent leur territoire avec des autruches. Un lac, une passerelle en bois, et au pied du Grand Rocher: les babouins de Guinée dans un décor de rochers, d’arbres secs et de petite cascade. Le cheminement conduit ensuite jusqu’à la grande volière que les visiteurs traversent sur un ponton de bois au milieu des flamands roses et d’oiseaux en liberté. Le Grand Rocher est le point de départ de la découverte de la zone Europe (10 800 m2), avec le vivarium en porte d’entrée, invitant à pénétrer dans un univers où la lumière se fait plus faible. Grenouilles, crapauds, lézards et autres serpents se partagent l’espace, installés dans de petites cavités à la végétation luxuriante, creusées dans le Grand Rocher. Bien à l’abri des vautours qui occupent l’espace suivant. Puis, dans une ambiance forestière se découvrent les loups ibériques, les lynx et les gloutons lovés dans les buissons, à partir de points de vue vitrés, immergés dans la végétation. Bienvenus à présent sous les tropiques avec la Guyane (12 530 m2) qui se déploie tant en extérieur avec le jaguar noir, le tapir, les singes laineux dont l’habitat constitue un véritable terrain jeux reconstitué pour ces grimpeurs (branches d’arbres entremêlées et cordes) ou encore le chien des buissons, qu’en intérieur dans l’atmosphère équatoriale d’une serre, une immense bulle de 100 m de long où la température est à 25o toute l’année. Une chaleur humide appréciée par le caïman nain, le lamantin et de mutiples espèces d’oiseaux, tels l’ara hyacinthe (le plus grand perroquet du monde capable d’imiter la voix humaine) ou encore les reptiles (boa constrictor, anaconda…). C’est également l’occasion de découvrir l’étonnant tamarin lion à tête roux de la taille d’un écureuil, régulièrement victime de la déforestation. On reste sous les tropiques avec la dernière zone du parc, partagée avec la Guyane dans la grande serre: Madagascar (9 655 m2). Ici, les lémuriens (une trentaine) sont les vedettes aux côtés d’oiseaux et de paresseux en liberté. Mais aussi de nombreux reptiles et d’amphibiens. Au sortir de la grande serre, les visiteurs vont alors à la rencontre des espèces caractéristiques de la forêt sèche, avec notamment le fossa qui ressemble à un petit félin, la roussette (animal volant identifié!) et les tortues rayonnées.
Une nouvelle page s’est donc tournée à l’ombre du Grand Rocher… où les animaux jouent parfois à cache-cache. C’est la nouvelle règle du jeu. Exit les fosses, mais place aux grandes profondeurs de champs et plans serrés. Exit aussi la position dominante de l’homme sur l’animal. Ainsi, quand un singe laineux consentira à descendre de sa branche pour se coller à la vitre, pattes sous le menton et regard fixe, qui sera alors le spectateur de l’autre?
Un coût financé par l’État (30 millions d’euros), les fonds propres du muséum d’Histoire Naturelle (dix millions) et l’opérateur du chantier Chrysalis, qui regroupe la Caisse des Dépôts, la Caisse d’Épargne, Icade, Bouygues bâtiment Île-de-France et Exprimm.
Avec l’ouverture du Parc Zoologique de Paris, l’accueil des groupes a fait l’objet d’une attention particulière. Un premier manuel de vente a été édité dans la foulée, « mais nous allons dès cet été en faire paraître un second, plus structuré et plus dense, quant aux informations à destination des professionnels du tourisme et des comités d’entreprise, annonce Sophie Languillaume, responsable Marketing et Commerciale. Un même outil pour ces deux cibles pour présenter le parc, mais dans lequel seront jointes à part des grilles tarifaires bien distinctes ». Et préférentielles pour les professionnels. Une remise à jour qui permettra de mettre notamment en avant une offre de visites guidées enrichies, et des propositions des journées complètes incluant le déjeuner sur place, car pour l’instant l’offre restauration est indépendante du parc. En attendant, les groupes bénéficient d’un accès coupe-file (caisse prioritaire), tandis que la facturation s’effectue le jour de la visite en fonction du nombre de personnes présentes. Pour les autocars sont accessibles trois emplacements dépose-minute devant l’entrée. « Dès ce mois de juin, nous allons commencer à nous rapprocher des professionnels, auxquels nous proposerons, par ailleurs, sur simple demande des flyers, affiches et présentoirs afin de leur permettre de présenter le parc », annonce Sophie Languillaume. Avant de les retrouver en septembre prochain au MAP Pro International où le Parc Zoologique de Paris sera exposant.
– ACCÈS
L’entrée se trouve à l’angle de l’avenue Daumesnil et de la route de Ceinture du lac dans le XIIe arrondissement de Paris.
– HORAIRES
De mi-mars à mi-octobre de 10 h à 18 h en semaine, de 9 h 30 à 19 h 30 les week-ends, jours fériés et vacances scolaires; de mi-octobre à mi-mars de 10 h à 17 h.
– TARIFS
Ils sont définis sur la base de 20 pax. C’est gratuit pour les conducteurs (ils bénéficient également d’une réduction sur le (s) repas), une supplémentaire pour 20 payants. Les professionnels bénéficient de tarifs préférentiels sur la billetterie (selon la quantité de billets achetés) et les visites guidées. Des frais de réservation (9 euros) sont appliqués, mais sont gratuits si le groupe réserve une visite guidée ou un atelier.
– VISITES
Libre ou guidée (classique comme la « découverte du parc – et thématiques à l’exemple de « la forêt » et « sensorielle »). Un parcours « les coulisses du zoo » permet de mieux connaître les métiers du parc: préparation des repas dans les cuisines et découverte de la clinique, visible en partie à travers une baie vitrée, dans le cadre d’interventions bénignes.
– ANIMATIONS
Tous les jours, différentes animations sont proposées (nourrissage, « medical training » pour comprendre la manipulation animale…), complétées par des ateliers pédagogiques.
– RESTAURATION
Six points de restauration sont proposés (rapide, en self service et à table). À disposition également: des aires de pique-nique. Un restaurant, Le Siam, situé à l’entrée du parc, est particulièrement mis en avant pour l’accueil des groupes. Il dispose de deux salles au mobilier moderne, et à la décoration sobre, de 66 et 68 places assises (il dispose également d’une terrasse de 82 places).
Deux menus « groupes adultes » sont suggérés (à 17 et 28 euros, base 20, boissons incluses avec eau ou vin ou bière, café et apéritif dans la seconde offre). Trois plats les composent, à base de cuisine traditionnelle. Par ailleurs, Le Siam est à même de préparer des goûters (4,50 euros) et un panier pique-nique (8,50 euros). Attention: pour l’instant, l’offre restauration est totalement indépendante du parc, et les professionnels doivent réserver directement auprès de l’établissement. Contact au 0811 224 122 (
– STATIONNEMENT
Trois emplacements dépose-minute sont accessibles devant l’entrée du parc. Le stationnement peut s’effectuer Cours des Maréchaux derrière le château de Vincennes.
Contact: 01 44 75 20 45 (