Marché Avec 3,9 millions de visiteurs en 2013, les Français restent le premier marché émetteur en terme de volume au Royaume-Uni. Les groupes en provenance de l’Hexagone participent, eux aussi, à ce bon score, puisqu’ils représentent à eux seuls un tiers des séjours touristiques effectués.
Le constat est sans appel: 2013 aura été un très bon cru pour le tourisme au Royaume-Uni. Le pays des fish and chips, des bus à impériale et du Cheddar, a en effet accueilli pas moins de 33 millions de visiteurs internationaux l’année dernière, soit une augmentation de 6 % par rapport à 2012. Résultat, « cette année est la meilleure depuis 2007 », a indiqué Sandie Dawe, directrice générale de VisitBritain, l’office de tourisme du pays, à l’occasion du Hosted Buyers Marketplace, un salon des professionnels de tourisme qui se tenait le 17 mars dernier à Londres. Ces voyageurs en augmentation, ont aussi été beaucoup plus prodigues, puisqu’ils ont déboursé 21 milliards de livres sterling sur le territoire, soit 13 % de plus qu’en 2012. Si les Français n’ont pas été les plus généreux quand il a fallu mettre la main au porte-monnaie, (puisqu’ils se placent à la 37e place des pays les plus dépensiers par jour, selon le Bureau des statistiques nationales britannique), ces derniers ont cependant voyagé en masse dans les vertes prairies d’Albion. Car avec 3,9 millions de visiteurs en provenance de l’Hexagone, contre 3,7 millions l’année d’avant, ceux-ci décrochent une fois de plus la palme du premier marché émetteur en volume, devant l’Allemagne et les États-Unis. De même, « l’année a aussi été bonne au niveau des groupes français, qui représentent un tiers du marché touristique de l’Hexagone», indique Sandie Dawe.
Selon la directrice générale de VisitBritain, les raisons de ce succès auprès de la France et de ses groupes français résultent de plusieurs facteurs: « D’une manière générale, nous sommes une destination prisée des Français, car nous sommes voisins, et nous avons la chance d’avoir l’Eurostar qui nous connecte. Mais pour 2013, nous avons aussi été aidés par les retombées liées aux Jeux Olympiques ». En effet, si en 2012, la part de ces derniers avait certes augmenté sans être spectaculaire (200 000 Français de plus qu’en 2011 s’étaient rendus chez leur voisin d’outre-Manche), celle-ci a cependant continué sa trajectoire à la hausse en 2013. À cela s’est ajoutée une campagne de communication 2012/2013 de grande ampleur, diffusée largement, notamment en France. Baptisée « GREAT Britain », cette dernière, a, selon VisitBritain, atteint ses objectifs: « Ceux qui l’ont vu ont deux fois plus de chances de se rendre en Grande-Bretagne dans les trois ans que ceux qui ne l’ont pas vu. […] Au total, chaque livre sterling investie dans VisitBritain en a occasionné 19 dépensées par les visiteurs dans le pays. ».
Un autre succès concerne cette fois Londres qui a été fortement plébiscitée. Si on regarde les statistiques globales, la capitale britannique a enregistré l’année dernière un score de 16,8 millions de visiteurs, soit une augmentation de 9 % par rapport à 2012. Le « meilleur résultat jamais enregistré », selon un communiqué diffusé en mai dernier par le London & Partners, l’organisme officiel de promotion de la capitale. Le reste de l’Angleterre a pour sa part attiré 12,8 millions de personnes, l’Ecosse 2,2 millions, le Pays de Galles 0,9 million et l’Irlande du Nord 0,4, selon VisitBritain. Au niveau de l’Hexagone, le résultat est sans appel: « Les groupes français se sont surtout concentrés sur Londres. Car c’est un fait, les Français se rendent dans la capitale pour 65 % d’entre-eux [c’est-à-dire environ deux millions de personnes, ndlr]. Alors que pour les visiteurs venant d’un autre pays, la répartition est de 50/50 entre Londres et les autres endroits du Royaume-Uni. », a ainsi précisé Sandie Dawe.
Ce boom de la capitale a favorisé, et a été favorisé, par nombre d’attractions londoniennes, tels que les musées. Ainsi le British Museum, « boosté par des expositions telles que « Vie et mort à Pompei et Herculaneum », fut l’attraction la plus populaire de Londres avec plus de 6,7 millions de visiteurs », indique London Partners. Cet attrait pour les visites culturelles a notamment été particulièrement vrai pour les Français, puisque lorsqu’on s’intéresse aux activités réalisées par ces derniers durant leurs vacances, on s’aperçoit que la moitié des visites consacraient un temps pour les musées, ainsi que pour les parcs et jardins, et un tiers incluaient la visite de châteaux. En revanche, ils ont été globalement moins enclins à traverser la Manche pour le sport, hors événements spéciaux, ou le théâtre, en raison de la barrière de la langue, et ce, beaucoup plus que d’autres nations, selon un document statistique intitulé « Market and Trade profile », publié par l’office de tourisme britannique. Bien entendu, lorsqu’ils osent s’aventurer hors des rues bétonnées de la capitale, c’est-à-dire moins de la majorité, la situation est légèrement différente. En Ecosse par exemple: « Nous constatons que les Français sont très intéressés par nos sites historiques et nos paysages verts […] Nous savons aussi qu’ils apprécient particulièrement par les visites de jardins », indique Liz Young, chargée du développement commercial au sein du National Trust of Scotland, la principale organisation de protection et de préservation du patrimoine écossais.
Ces bons résultats semblent déjà bien partis pour se confirmer cette année. En effet, globalement, « au cours des trois derniers mois [janvier à mars 2014, ndlr], les visites de vacances ont augmenté de 19 % par rapport à la même période de l’année précédente », indique VisitBritain. Au niveau de l’Hexagone, Sandie Dawe est même très optimiste pour cette année, puisqu’elle espère accueillir « encore plus de groupes et individuels français qu’en 2013 ». Afin d’encourager cela, plusieurs nouveautés ont ainsi vu le jour. En ce qui concerne les groupes, « de nouveaux itinéraires sont disponibles et une mise à jour du site internet a été faite », ajoute la directrice générale, qui précise qu’au niveau stratégie, « nous avons pour objectif de les encourager à voyager ailleurs dans le pays. Nous aimerions notamment développer l’Ecosse car il y a encore une frontière entre vouloir y aller et y aller vraiment. Également, Nous travaillons avec Brittany Ferries pour promouvoir le sud ouest et le Pays de Galles ». Tout un programme donc.
Cette volonté de développer les autres parties du pays s’inscrit d’ailleurs dans une large opération de communication baptisée « Countryside is GREAT » (la campagne est géniale), qui courra sur la période 2014-2015. Elle se concentre sur la mise en valeur de l’offre touristique dans les zones rurales, en partenariat avec plusieurs organismes tels que les parcs nationaux, le National Trust, etc. Le tout dans la logique de respecter les objectifs fixés par un plan stratégique initié en 2013, ayant pour ambition d’atteindre 40 millions de visiteurs pour 2020. Celui-ci prévoit, entre autres « de renforcer l’image de la Grande-Bretagne en jouant sur les forces du pays: l’héritage, la culture traditionnelle et contemporaine, et de travailler sur les faiblesses perçues, comme la beauté naturelle, la nourriture, ou l’accueil », indique VisitBritain. L’idée est de « construire une offre solide pour s’assurer que les destinations peuvent être facilement packagées », et de « faire en sorte qu’il soit plus facile de venir, cela en réduisant les barrières telles que les capacités d’avion et le régime de visa », ajoute l’organisme institutionnel.
À ces diverses campagnes et stratégies, le pays sera bien sûr riche en événements qui devraient encourager cette politique (cf. encadré), tel que le 450e anniversaire de Shakespeare, qui se tient cette année, ainsi que le départ du Tour de France dont la première étape aura lieu à Leeds, dans le comté du Yorkshire le 5 juillet. Et ce développement ne semble pas encore prêt à s’arrêter de sitôt, puisqu’en 2015, l’Angleterre accueillera ni plus ni moins que la coupe du monde de rugby à XV. Le tourisme au Royaume-Uni n’a pas fini de faire entendre parler de lui.