Angleterre Alors que le pays célèbre cette année le 450e anniversaire de la naissance de William Shakespeare, Tourisme de groupe, en partenariat avec VisitBritain, est parti à la découverte de la région qui a vu naître le célèbre dramaturge: les Cotswolds. Embarquement immédiat pour une balade pittoresque, artistique et historique à travers l’un des plus beaux paysages anglais.
Et si visiter l’Angleterre ne se résumait pas aux traditionnels Paris-Londres ou Calais-Douvres? Et si les vertes prairies d’Albion abritaient des trésors de paysages, qui n’attendaient qu’à se dévoiler aux groupes prêts à s’aventurer hors de la capitale britannique? À ceux qui auraient des doutes sur cette possibilité, les Cotswolds sauront, à coup sûr, les faire changer d’avis. Cette chaîne de collines, située dans le sud-ouest du pays, englobe les comtés d’Oxfordshire, Gloucestershire, Wiltshire, Somerset, Warwickshire et Worcestershire. Cette région est avant tout connue pour sa campagne anglaise, avec ses champs de coteaux onduleux à perte de vue, ses moutons omniprésents, et ses maisons de pierres à la teinte si particulière, qu’on les croirait trempées dans du miel. Des paysages romantiques et préservés qui sauront éblouir les yeux et charmer les esprits. Une campagne pittoresque donc, mais pas uniquement. Les Cotswolds sont aussi un lieu de culture et de savoirs. Ils ont ainsi vu naître nombre d’écrivains et d’artistes, tels que le célèbre dramaturge William Shakespeare dont le pays célèbre cette année le 450e anniversaire de la naissance de William Shakespeare, mais aussi Laurie Lee ou encore le compositeur Gustav Holst. Ils en ont aussi inspiré bien d’autres, comme Jane Austen dans Northanger Abbey ou Orgueil et préjugés, et ont formé une grande partie de l’élite britannique à l’université d’Oxford.
Mais ce n’est pas tout. Les Cotswolds ce sont aussi une histoire, riche, une histoire de l’Angleterre, qui a forgé au cours des siècles la région telle qu’on la connaît aujourd’hui. Si l’on retrouve des traces d’occupation dès le Néolithique, c’est vraiment avec la conquête romaine du pays (de 43 après J-C à environ 420) que l’endroit acquiert sa renommée. Au Moyen-âge, la qualité de la laine de ses moutons lui permet de s’enrichir durablement, grâce au commerce qui en découla. Une bénédiction si importante qu’elle donna même son nom à la région, puisque Cotswolds signifie ni plus ni moins qu’«enclos à moutons sur des paysages vallonnés ». Si aujourd’hui, cette ressource n’est plus aussi importante, il n’en demeure pas moins que la zone campagnarde reste toujours le territoire des caprins. Et les églises de laine, dont le développement doit beaucoup à la vente de la précieuse fibre, découpent toujours l’horizon de leurs fiers clochers.
Enfin, les Cotswolds, abritent également des villes, de belles villes, avec chacune un petit quelque chose en plus qui les rend uniques. De la studieuse Oxford à la romaine Cirencester, en passant par la clinquante Cheltenham Spa, chacune a su développer des caractéristiques propres, dont la visite s’impose pour cerner à chaque découverte des particularités de la région.
Une des étapes incontournables est Stratford-upon-Avon. Nichée à l’entrée nord des Cotswolds, dans le comté de Warwickshire, cette petite ville de 28 000 âmes, où le temps semble s’être suspendu à l’ère élisabéthaine (1558-1603), doit sa renommée au fait qu’elle a vu naître William Shakespeare (1564-1616). En cette année 2014, nombre d’événements y sont d’ailleurs célébrés en l’honneur du 450e anniversaire de sa naissance (voir page 18). Une occasion à ne pas manquer. Les groupes pourront y visiter la maison natale du célèbre écrivain, accompagnés d’audioguides en français. Le décor intérieur, reproduit tel qu’il aurait pu l’être au XVIe siècle, permet de plonger dans l’ambiance de l’époque. L’endroit, hors du temps, sera alors, pour l’esprit, un moment propice pour faire revivre, avec force et réalisme, la prophétie des sorcières de Macbeth, la fin douloureuse des amants de Vérone ou le spectre du père de Hamlet. Si l’imagination vient cependant à manquer, il suffira alors de s’aventurer dans le jardin, parsemé des fleurs et plantes citées par l’écrivain et poète dans ses pièces. Alors, des acteurs se feront un plaisir de déclamer quelques-uns des dialogues les plus connus, et la magie opérera.
Après la visite, et l’incontournable arrêt à la boutique pour acheter l’œuvre intégrale du dramaturge pour les amateurs – en anglais bien sûr – une croisière rafraîchissante d’une quarantaine de minutes sur la rivière Avon viendra parfaire les connaissances.
Parmi les compagnies proposant ce type de prestations pour les groupes, on trouve Avon Boating, qui opère avec trois bateaux d’une capacité de 60 personnes chacun, datant des années 1910-1930. Une fois embarqués, les passagers auront alors le loisir d’admirer la campagne avoisinante et/ou d’écouter le guide, qui se chargera de présenter quelques-uns des différents bâtiments qui ont marqué la vie de Shakespeare, tels que l’Église de la Sainte-Trinité, qui abrite les restes de l’écrivain, et sur la tombe duquel est gravée l’épitaphe célèbre: « Mon ami, pour l’amour du sauveur, abstiens toi de creuser la poussière déposée sur moi. Béni soit l’homme qui épargnera ces pierres, mais maudit soit celui violant mon ossuaire ». Une bénédiction et malédiction efficaces, puisque, si l’histoire populaire raconte que la sépulture renfermerait en son sein des œuvres inédites, nul n’a cependant encore osé vérifier cela. La balade fluviale dévoilera aussi aux regards le très moderne Royal Shakespeare Theatre. Un bâtiment qui, du haut de ses 174 marches (dont il est possible de s’abstenir la montée grâce à un ascenseur), donnera la possibilité à ceux qui le visiteront, d’avoir une vue imprenable sur la ville et ses alentours. Les chanceux auront peut-être même l’occasion d’assister à une pièce shakespearienne en français puisque l’établissement invite, tout au long de l’année, des comédiens étrangers à jouer dans leur langue natale. Direction à présent vers un autre univers, celui de Cheltenham Spa.
Établie dans le comté de Gloucestershire, habitée de 112 000 âmes, cette commune a acquis sa renommée de ville thermale en 1716, lorsque des sources d’eau minérale y furent découvertes. Dès lors, la haute société britannique en fit une destination de repos de choix, dans l’espoir que l’eau accomplirait des miracles sur leur santé. Aujourd’hui encore, des Pump rooms, petits pavillons ou l’on peut s’abreuver du précieux liquide, sont encore en activité et attirent toujours leur lot de touristes. La ville est aussi célèbre pour son architecture Régence, l’une des plus caractéristiques d’Angleterre. Ce style correspond à la période du même nom qui se situe grosso-modo entre 1795 et 1837, connue notamment pour être un moment de tous les excès de l’aristocratie britannique. L’époque a notamment vu l’émergence de maisons luxueuses et identiques, aux façades souvent blanches, aux fenêtres longues et étroites, que l’on retrouve à beaucoup d’endroits de la ville. L’opulence de Cheltenham Spa est aussi visible dans ses parcs et jardins, tels que le Montpellier Garden, ou chaque brin d’herbe semble être équidistant de ses voisins. Les parterres de jonquilles, de primevères, entourés d’amandiers, ajoutent à ce côté étudié. La municipalité se targue en outre d’avoir sa fontaine Neptune, inspirée de celle de Trevi en Italie, ses propres copies des cariatides grecques, et a choisi de donner à sa mairie des faux airs de Buckingham Palace. Ce côté tape-à-l’œil pleinement assumé, n’en fait pas moins de la ville une destination agréable et enrichissante. Pour en cerner les différents aspects, il sera nécessaire d’effectuer une balade à pied accompagnée d’un guide local. Une balade qui mènera ensuite à la Cheltenham Art Gallery & Museum, rouverte au public fin 2013. Les groupes peuvent alors découvrir une présentation du mouvement Art and Craft, qui s’est développé entre 1880 et 1940, notamment dans la région, et qui a été « un des mouvements les plus inspirants et les plus influents à avoir été développé en Grande-Bretagne », indique le musée.
Autre ville, autre ambiance. À Cirencester, dans le comté du Gloucestershire, c’est l’héritage romain qui est mis en avant. Et pour cause, à l’époque, la ville, qui s’appelait alors Corinium Dobunnorum, était la deuxième plus grande commune de la « Britannia », après Londres (Londinium). À titre de comparaison, la population d’alors devait, selon les estimations, osciller entre 10 000 et 20 000 habitants. Aujourd’hui, elle culmine à 18 000. L’endroit était aussi particulièrement apprécié par les Romains « pour les vacances ». Cet héritage de l’antiquité est notamment visible au musée de Corinium qui dispose d’une des plus importantes collections de la période en Angleterre, provenant principalement des recherches archéologiques réalisées dans, et à proximité de Cirencester. L’établissement est notamment célèbre pour ses mosaïques et ses sculptures. Les restes d’un amphithéâtre, dont la construction remonterait au IIe siècle de notre ère font aussi partie des vestiges de la ville. Malheureusement, car c’est bien de restes dont on parle, il ne subsiste du monument que bien peu de choses, pour la plupart camouflées d’herbe. Bien entendu, au-delà de cet aspect « romain », Cirencester est aussi riche de témoignages des autres époques de son histoire. Une visite à pied du centre, permettra d’en savoir plus. Parmi les monuments clés à découvrir figure l’Église paroissiale de St. John the Baptist, dominant la place du marché, et dont la restauration récente met un peu plus en valeur la couleur dorée des pierres des Cotswolds. Un petit tour devant l’imposante propriété du Comte de Bathurst et un détour dans le parc avoisinant permettra, si le temps le permet, d’en admirer la géométrie baroque qui a fait sa réputation.
Pour appréhender le plus grand nombre d’aspects des Cotswolds, la visite d’un château s’impose. Véritables musées, ces derniers, qui racontent eux aussi l’histoire du pays, permettent de comprendre le système aristocratique britannique, si étranger à la France républicaine d’aujourd’hui. À ce niveau, le Broughton Castle, situé à une cinquantaine de kilomètres d’Oxford, comblera les attentes, tout en permettant un petit saut dégourdissant dans la campagne verdoyante et reposante. Construit en 1300 par Sir John de Broughton, celui-ci est aujourd’hui propriété de Lord and Lady Saye and Sele. Ce joli havre de paix, à la fois loin du bruit et loin du monde, a notamment servi au tournage de plusieurs films renommés, tels que Shakespeare in Love, de John Madden, sorti en 1998. Avec ses 700 ans d’existence, l’endroit semble avoir conservé en lui tout un pan de l’histoire de la région depuis le Bas Moyen-âge. Parmi les pièces ouvertes au public figure le Grand Hall, à l’architecture médiévale. Ses meubles de bois lourd, ses armes blanches en guise de décoration, associés à l’humidité rafraîchissante des murs de pierres nues, feront rapidement basculer les visiteurs quelques siècles en arrière. À l’étage, dans la chambre du roi, un pot-pourri d’époques et de nations qui y sont représentés à travers le mobilier, permettent de rappeler qu’un château ancien évolue aussi avec son époque. La tradition y est représentée notamment par une cheminée française colossale de 1554, représentant les dryades d’un poème d’Ovide. La modernité se symbolise pour sa part grâce à un lit réalisé localement Robin Furlong en 1992. Le tout cohabitant parfaitement avec un papier peint chinois du XVIIIe siècle. D’un tout autre style, on trouve The Oak Room. Situé dans l’aile ouest du bâtiment, ce salon de murs boisés, harmonieusement décoré d’un mobilier aux tons framboise, est sans doute la plus jolie de ses pièces. À partir de cet endroit reposant, une petite porte mène directement vers le « Jardin des Ladies », réalisé dans les années 1880, où des lits de buissons en forme de fleurs de lys abritent des roses anciennes et herbacées de toutes sortes. Une petite ouverture dans le mur d’enceinte, permettant d’accéder à un petit cours d’eau chantant, et d’avoir une vue des champs environnants, terminera de dépayser les visiteurs.
À partir de Broughton Castle, une dernière étape, celle d’Oxford, reste encore au programme si l’on veut avoir une vision globale des Cotswolds. Située dans le comté d’Oxfordshire, cette commune prospère et animée a été baptisée « la ville aux clochers rêveurs » par le poète anglais Matthew Arnold, dans le but de signifier l’harmonie architecturale de ses bâtiments, et ce, malgré la variété des styles qui y sont représentées depuis l’époque médiévale. Dans les rues, les fameuses façades couleur miel semblent avoir pour seul but de capter un peu plus les rayons du soleil afin de faire briller ces dernières de mille feux. Bien entendu, la visite de l’Université d’Oxford y est la principale attraction. Véritable ville dans la ville, cette dernière, qui est la plus ancienne et l’une des plus prestigieuses universités du Royaume-Uni, se serait développée aux alentours de 1167, date à laquelle le roi Henri II choisit d’interdire aux jeunes anglais d’étudier à la Sorbonne. Aujourd’hui, contrairement aux universités françaises, relativement réunies dans un périmètre serré, l’établissement est composé de 38 collèges dispatchés de part et d’autre de la ville. Parmi les bâtiments les plus emblématiques, figurent le Balliol College. Fondé en 1263, il s’agît d’un des plus anciens collèges d’Oxford, qui a compté parmi ses étudiants les célèbres écrivains Graham Greene et Aldous Huxley. Autre ambiance au All Souls College, qui se visite par petits groupes de 16 pax, et qui est l’un des plus prospères de l’université. La visite de la bibliothèque Bodléienne (qui apparaît dans les deux premiers volets des films de Harry Potter), ou encore de son annexe, la Radcliffe Camera, ne sont que quelques-unes des merveilles architecturales dont regorge l’université. Mais la visite d’Oxford ne doit pas pour autant s’arrêter là. Si l’on veut s’imprégner de l’ambiance si particulière de cette commune médiévale, il faudra flâner dans les rues animées, visiter la Tour de Carfax, – un vestige d’une église du XIIe siècle qui constitue l’un des points culminants de la ville – ou encore l’Ashmolean Museum, premier musée universitaire au monde, consacré à l’art et à l’archéologie, dont une des expositions phares prochaines sera consacrée à la découverte de Toutankamon (24 juillet – 2 novembre 2014).
D’autres étapes sont encore à découvrir à l’exemple de Bath, qui a inspiré à Chaucer son personnage de la « Femme de Bath », dans les contes de Canterbury. Mais aussi des endroits comme Bourton-on-the-Water, surnommé la « Venise des Cotswolds », ou Moreton-in-Marsh, qui héberge l’un des plus grand marchés de la région. Mais que les visiteurs soient d’ores-et-déjà prévenus, avec sa centaine de localités, la chaîne de collines gardera encore quelques-uns de ses charmes pour elle à la fin du séjour. Cela sans doute pour inciter ses nouveaux admirateurs à venir lui rendre visite lors d’un prochain voyage.