CDT Depuis les années 80, Orne Tourisme opère sur le marché groupes. En 2006, Escap’Orne – structure créée par la chambre de commerce et d’industrie d’Alençon, et axée sur cette même cible de clientèle – fusionne avec l’agence départementale. Un tournant qui booste l’activité, ouvrant de nouvelles perspectives de développement pour la structure institutionnelle. Escap’Orne en devient le service réceptif, et de fait l’unique interlocuteur pour concevoir, organiser et commercialiser tout voyage en groupe.
Il est le seul des cinq départements normands à ne pas avoir un accès à la mer… Et avec ses 87 000 hectares de forêts, il est le département bas-normand le plus boisé (le deuxième du Grand Ouest après la Sarthe)… Et décline aussi un potentiel touristique sur une large gamme thématique. Nous voici dans l’Orne. Son premier attrait: la touche « nature » à travers notamment ses deux parcs naturels régionaux (Normandie-Plaine et Perche). Vient ensuite la thématique « culture » en raison des nombreux édifices architecturaux (cathédrale Notre-Dame-de-Sées, châteaux d’O, de Carrouges ou encore de Domfront…) qui parsèment son territoire. Côté « terroir », le camembert, le boudin noir, les tripes, les vergers (pommes, poires) ont fait la renommée de la destination. Nichée au cœur de la forêt des Andaines, Bagnoles-de-l’Orne, elle, a fait du département l’étape thermale et de bien-être incontournable. L’Orne, c’est aussi le pays du cheval, une terre de champions avec 1 850 élevages, près de 300 haras et des centres d’entraînement Percherons, purs-sangs, trotteurs, chevaux d’attelage, poneys… Le cheval est une passion départementale! On le rencontre au célèbre Haras du Pin (1 200 hectares), mais aussi à l’Ecomusée du Perche… et en cette année 2014, du 23 août au 7 septembre à l’occasion des Jeux Equestres Mondiaux. Un des deux événements-phares qui mobilisera la Normandie avec la célébration du 70e anniversaire du débarquement, dont le Mémorial de Montormel constitue l’étape ornaise à ne pas manquer (il retrace l’épisode de la poche de Falaise-Chambois, théâtre de la dernière opération de la Bataille de Normandie). Autre thème intimement lié à l’Orne: le « savoir-faire », dont la dentelle constitue… le point d’orgue. À découvrir à Argentan (Maison des Dentelles) et à Alençon (musée des Beaux-Arts et de la Dentelle). Alençon, qui – dans un autre genre – a accueilli une coquette demeure bourgeoise où naquit Thérèse Martin, qui deviendra Thérèse de Lisieux. La maison natale retrace aujourd’hui la vie de la famille et le destin de leur fille, dans une scénographie entièrement revisitée. Saviez-vous également qu’une autre figure de l’histoire, littéraire cette fois, à savoir la Comtesse de Ségur, faisait de fréquents séjours à Aube dans son château des Nouettes? C’est là qu’elle écrivit une partie de son œuvre, c’est désormais là où un musée lui rend hommage à travers des objets, manuscrits et sa correspondance. Ce tour d’horizon n’est évident qu’un aperçu des multiples facettes du potentiel touristique d’une destination découpée en cinq territoires: le Perche, le Pays d’Alençon, le Pays du Bocage/Suisse normande, le Pays d’Argentan/Pays d’Auge ainsi que le Pays d’Ouche. Avec chacun une palette d’offres touristiques, que le comité départemental du tourisme s’attache à promouvoir depuis sa création en 1978, et qu’il met en marché plus particulièrement auprès de la clientèle groupes depuis 1987.
À l’époque, « il s’agissait plus de promouvoir la destination, de faciliter la mise en relation entre les prestataires spécialistes de cette clientèle, d’assembler des prestations, mais sans avoir une démarche commerciale », raconte Vincent Gefnain, directeur d’Orne Tourisme. Un manuel de ventes listant l’ensemble de ces prestataires était alors à disposition des prescripteurs de voyages en groupe, un manuel dont les professionnels ont pu prendre connaissance notamment lors des Mitcar où exposait régulièrement le comité départemental du tourisme. En 2003, la structure institutionnelle amorce une nouvelle étape sur le marché groupes en se dotant d’un Service Loisirs Accueil, « et la première brochure groupes rassemblant des produits packagés voit le jour en 2004 », se souvient Céline Gahery, responsable du service groupes. Dans la foulée, Orne Tourisme adhère au Club Groupes de la Rn2D, « et à travers les workshops qu’il organise, mais aussi l’aide apportée, vient conforter notre volonté de nous positionner sur ce marché », poursuit-il. Un positionnement renforcé en 2006 lorsque la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Alençon « se rapproche de nous pour créer un guichet unique en fusionnant le service groupes de la structure Escap’Orne, issu de la CCI, et le service Loisirs Accueil du comité départemental du tourisme », indique Vincent Gefnain.
Petit retour en arrière. L’origine d’Escap’Orne remonte à 1987, année durant laquelle est créée à l’initiative de sept hôteliers/restaurateurs ornais, une association baptisée « Normandie Hôtels Accueil ». Elle va rapidement s’intéresser à la clientèle groupes des autocaristes, et créer Escap’Orne, qui n’a jamais commercialisé les produits proposés. Elle se chargeait de les promouvoir auprès des professionnels. En d’autres termes, elle générait du chiffre d’affaires pour l’ensemble des prestataires, qu’ils soient hôteliers, restaurateurs ou sites. Aujourd’hui, Escap’Orne (le nom a été gardé) est donc le service réceptif d’Orne Tourisme, et l’unique interlocuteur pour concevoir, organiser et commercialiser tout voyage en groupe. « Avec cette fusion, nous avons de fait démultiplier notre offre, mutualiser nos moyens, nos fichiers, nos prestataires… », relève Vincent Gefnain. La production prend évidemment une autre ampleur, idem pour l’action commerciale. Au bénéfice tant des professionnels que d’autres prescripteurs de voyages en groupe. Une offre, qui depuis le début de cette année, fait l’objet d’une promotion commune avec Eure Tourisme. « Les départements de l’Orne et de l’Eure sont voisins, il nous a donc semblé logique de travailler ensemble pour vendre nos deux destinations, avec l’idée de concevoir des produits inter-départementaux », explique Vincent Gefnain. Ce partenariat repose pour l’instant sur des actions de promotion communes, dans le cadre par exemple, de participations à des salons ou encore de démarchages terrain tant auprès des professionnels que des associations ou des clubs. Avec à plus long terme – qui sait? – l’édition d’une brochure commune…
En attendant, celle qu’a fait paraître Orne Tourisme pour cette année 2014 dévoile pas moins d’une cinquantaine d’offres! Déclinées par thèmes, « elles font la part belle aux formules journées, auxquelles s’ajoutent par thématique un à deux séjours de deux à huit jours, des séjours qui en 2015 se retrouveront en fin de brochure, précise Céline Gahery. Dès les premières pages sont mis en avant des produits festifs et des spectacles, de manière à faire démarrer dès janvier-février la saison touristique, des mois en général peu propices aux déplacements ». Et, c’est nouveau, l’occasion de donner un coup de projecteur sur le 70e anniversaire du Débarquement en Normandie, avec la troupe Normandie en Fêtes pour un spectacle musical commémoratif « Été 44, l’air du temps », 20 ans de chansons de 1930 à 1950. D’autres nouveautés se retrouvent également sous les rubriques « nature et terroir » (notamment à travers le musée de « l’Inzolite » rassemblant une collection hétéroclite d’objets du passé et de la vie quotidienne ou encore la rencontre avec une éleveuse de juments litières), « animations et détente » (avec par exemple une journée placée sous le signe du jeu au casino), « nos richesses » où l’ouverture cette année de la Manufacture Bohin, dernier fabricant français d’aiguilles et d’épingles, fait l’objet d’un programme intitulé… « De fil en aiguille ». Et pour les amateurs d’activités douces, il ne faut pas manquer la rubrique « Oxygène » qui a été totalement remaniée. « Cette année, nous avons également choisi d’estampiller certains de nos produits par des pictogrammes « minigroupes » signifiant que les lieux de visites accueillent un maximum de 25 personnes, ou « grands groupes » permettant de recevoir les clients de deux autocars en même temps », ajoute Céline Gahery. La brochure constitue une vitrine de l’offre départementale (le sur-mesure constitue à ce jour 80 % du travail), « et nous envoyons tous les deux mois une newsletter qui met en avant des produits saisonniers ou de nouvelles offres », poursuit-elle. Les prix sont mentionnés « à partir de », car pour la responsable du service groupes, il s’agit de « répondre au phénomène de la baisse du nombre de participants dans un groupe, et d’adapter en conséquence notre offre tarifaire. Quoi qu’il en soit, nous faisons en sorte de maintenir tout groupe ». Les tarifs sont définis sur la base de 20 pax, la gratuité est appliquée au conducteur à laquelle s’ajoute une pour 40 payants. « Lorsque nous adressons la brochure aux professionnels, nous y glissons une grille tarifaire spécifique, avec des prix baissés entre 5 et 7 %, » indique Céline Gahery. Un envoi qui se fait sur des zones géographiques définies: Bretagne, Centre, Normandie, Nord et Belgique. Pour les associations, seule l’Île-de-France est ciblée. L’offre ornaise est également accessible en ligne. Les programmes proposés peuvent être repris tels quels dans les brochures des professionnels, comme les photos libres de droit. Pour accéder aux tarifs pros, il faut un code. Celui-ci est communiqué au moment de l’envoi de la brochure. « Il est prévu de remanier notre page d’accueil de manière à rendre plus visible le service réceptif », annonce Céline Gahery, invitant, par ailleurs, les professionnels à venir découvrir la destination sur demande. « Si l’année 2013 n’a pas été très bonne sur ce marché groupes, 2014 s’annonce sous de meilleurs auspices, conclut Céline Gahery. Il faut dire que nous avons particulièrement renforcé nos actions commerciales sur le terrain. Si cette clientèle groupes se maintient, force est de constater cependant que nous perdons en visibilité d’une année sur l’autre, voire sur une seule année! Il y a de moins en moins de logique dans les réservations, qui arrivent parfois très tôt, parfois très tard ». D’autre part, les programmes se resserrent: « une visite le matin, un déjeuner et une visite l’après-midi, pas plus », poursuit-elle. Question de budget, de temps de transport aussi, selon la responsable du service groupes. Et la nécessité de fait, de se positionner de plus en plus sur le sur-mesure.
Au mois de février dernier, Sylvia Pinel, à l’époque encore ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, a lancé le « Contrat de Destination Perche », lors d’un déplacement à Nocé, haut-lieu du tourisme percheron. Porté par les acteurs publics et privés de la Basse-Normandie et de la région Centre, « il a vocation à devenir un accélérateur de croissance de l’économie liée au tourisme », expliquait alors Sylvia Pinel. La présence des préfets de l’Orne et de l’Eure-et-Loir, des élus des deux départements ainsi que des deux régions autour de la ministre dans le Perche ornais « témoignait d’une volonté d’abolir les frontières administratives pour mettre en commun les atouts touristiques d’un territoire et en assurer la promotion au niveau international, commentait un communiqué du ministère. Il est le premier contrat de ce type à montrer que le tourisme doit avant tout se penser en termes de destinations, et n’est pas limité aux frontières des collectivités. Cette démarche permet de s’affranchir des frontières administratives qui n’ont pas souvent de cohérence touristique ». Le « Contrat de Destination Perche » devrait être signé d’ici juin prochain.
À l’occasion du 70e anniversaire du Débarquement en Normandie, le Mémorial de Montormel, à Mont-Ormel met en place un « circuit août 44 », réalisable en autocar au départ du site (comptez deux heures). Il propose une plongée dans la bataille de Normandie à travers un parcours historique en dix étapes fléchées et commentées d’une vingtaine de kilomètres.
Fondée en 1833, la Manufacture Bohin (Saint-Sulpice-sur-Risle) est aujourd’hui le dernier fabricant français d’aiguilles et d’épingles pour la couture, avec plus d’un demi-milliard d’objets fabriqués chaque mois. Le 4 mars dernier, elle a ouvert ses portes au public dans un espace réhabilité et rénové. Le parcours s’effectue en deux temps: les ateliers de production toujours en activité, et un musée retraçant l’histoire de l’entreprise.
– CA 2013: 306 443 euros (hors tourisme d’affaires qui lui a affiché l’an passé un CA de 49 633 euros).
– 182 contrats groupes (soit 7 412 pax).
– Les groupes sont principalement issus de la Normandie, et en particulier de la Seine-Maritime (via les autocaristes), et de l’Île-de-France (via les associations).
– 76 % des journées sont achetées par les autocaristes, 23 % par les associations. Pour les séjours, 50 % sont issus des professionnels, l’autre moitié vient des associations.
– Les journées totalisent 90 % des ventes, les séjours 10 %.
– Les sites privilégiés sont axés autour de trois thématiques, et par ordre d’importance: le cheval (Haras du Pin), les produits du terroir (Camembert), le patrimoine (Saint Cénéri-le-Gerei avec les Alpes Mancelles) et le savoir-faire (la dentelle à Alençon et Argentan).