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DMA-Dupasquier Autocars: place au jeune!

Producteur | publié le : 01.05.2014 | Dernière Mise à jour : 01.05.2014

Auteur

  • Catherine Mautalent

Entreprise Jonathan Margouët a 27 ans. Après avoir travaillé dans la société rachetée par son père en 2001 – Dupasquier Autocars – il en a repris les rênes en août 2013. Un challenge pour celui qui, aujourd’hui, est à la tête de 130 salariés et de 70 autocars, avec pour activités les transports urbain, interurbain, scolaire, touristique, mais aussi sanitaire, spécialisé PMR, ambulances, taxis et location de véhicules! Sans oublier la production de voyages en groupe. Rencontre avec un jeune dirigeant.

Une PME familiale qui reste une PME familiale… Dupasquier Autocars a connu une première famille avec les Dupasquier qui furent à l’origine de la création de l’entreprise en 1923 en Meuse, puis une seconde avec les Margouët lorsqu’elle a été vendue en 2001. « Au moment où la société était mise en vente, mon père travaillait chez Respaut Tourisme à Maidières, une petite commune située à moins de deux kilomètres de Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle. Mon père a toujours travaillé dans le monde du transport en autocar, raconte Jonathan Margouët, qui lui a depuis succédé. Ce fut pour lui une opportunité, un challenge, il a choisi de se lancer dans cette aventure avec deux associés ». C’était exactement en avril 2001 que Dupasquier Autocars change de mains (mais pas de nom). Dans la foulée est créée une holding financière: Groupe DMA, reprenant les initiales des prénoms des associés: Didier Margouët, Marie-Annick Albert et Albert Mengis*.

À l’époque du rachat, le transport scolaire constitue l’activité principale, avec parallèlement « un peu de transport touristique », relève Jonathan Margouët. Une vingtaine de véhicules composait le parc. En 2009, l’entreprise: « décroche plusieurs marchés scolaires et réguliers, et le nombre d’autocars passe à 100 », poursuit-il. Un développement « trop rapide et trop lourd à gérer », selon Jonathan Margouët, et qui « a fortement pénalisé les activités de l’entreprise, en lui faisant perdre des marchés ». Il a fallu tout remettre à plat. À commencer par diminuer le nombre de véhicules, passant ainsi de 100 à 70. Puis réorganiser l’entreprise. La restructurer. D’autant qu’à l’époque, Dupasquier Autocars avait des sites à Bouligny, mais aussi à Verdun, près de Lunéville, à Florange et même à Namur en Belgique! Tous ont été fermés depuis pour ne faire qu’une structure installée à Maidières en 2010 (… et pour la petite histoire dans les anciens locaux de Respaut Tourisme).

En 2011, la holding Groupe DMA devient également une entreprise de transport de voyageurs baptisée DMA Autocars, un dernier nom qui depuis janvier dernier s’inscrit progressivement sur les flans des véhicules. « Avec pour objectif à plus ou moins long terme, de faire rouler l’ensemble du parc sous ce nom-là », annonce Jonathan Margouët, qui a repris les rênes du groupe en août 2013. Aujourd’hui, DMA Autocars et Dupasquier Autocars sont deux structures juridiques indépendantes.

Transport: 70 % de l’activité

« Après avoir passé un baccalauréat de gestion informatique en 2005, je n’ai pas voulu poursuivre des études, raconte Jonathan Margouët. Il a donc fallu que je travaille, et mon père m’a proposé d’intégrer l’entreprise, sans obligation. Sauf que depuis tout jeune, je « baignais » dans ce monde de l’autocar! Aussi, je ne me voyais pas prendre une toute autre voie professionnelle que celle du transport ». Jonathan Margouët fait ses premières armes au planning, devient commercial, obtient son attestation de capacité, puis son permis de transport en commun, effectue du transport touristique (« par choix, je faisais beaucoup d’Angleterre au début, et lors de mes premiers voyages, j’étais accompagné par un conducteur de l’entreprise », dit-il)… Mais, la dernière fois qu’il prend la route, c’était en France, du côté de Balaruc-les-Bains, avec un groupe de seniors. « Car au moment où je rentre, je me souviens, c’était un dimanche, mon père m’appelle pour me dire d’être au bureau dès le lendemain matin », raconte Jonathan Margouët, avec à la clé un poste de responsable d’exploitation. Nous sommes en 2010. Il devient ensuite directeur d’exploitation. En 2012, son père a d’autres projets, et lui annonce son intention de quitter l’entreprise. « Soit on arrête, soit on continue, mais c’est toi qui continues! », dit-il alors à son fils. Jonathan Margouët n’hésite pas. Prêt à affronter le même défi que son père onze ans plus tôt. Début août 2013, Didier Margouët quitte définitivement le Groupe DMA (il reste néanmoins actionnaire de l’entreprise).

À peine installé dans ses nouvelles fonctions (et ce sera « mon premier fait d’arme! », dit-il), c’est donc en tant que directeur général du Groupe DMA, que Jonathan Margouët signe son premier contrat avec le conseil général de Meurthe-et-Moselle pour des marchés scolaire et interurbain à Jarny (un contrat sur huit ans). Marchés jusqu’alors aux mains des Rapides de Lorraine (Transdev). Dans la foulée est racheté le dépôt situé dans la même commune, qui appartenait… aux Rapides de Lorraine. Plus récemment, le 10 mars exactement, Jonathan Margouët concrétise le projet de son père en lançant une première ligne transfrontalière – « Lorraine sans frontière » – entre Saint-Julien-lès-Metz et Luxembourg. Une offre qui se veut complémentaire au train. « Et mise en place sur nos fonds propres, nous n’avons aucune aide », précise t-il. Deux autres lignes sont également prévues (les autorisations ont d’ores et déjà été obtenues), « mais elles sont actuellement en stand-by, nous attendrons les résultats enregistrés par la première… ». Au sein du Groupe DMA, le jeune dirigeant va procéder à un renouvellement de l’équipe dédiée au service exploitation, mais aussi de celle rattachée à l’administratif. Au global, le personnel affiche désormais une moyenne d’âge qui se situe aujourd’hui autour de 35 ans. Depuis sa prise de fonction, Jonathan Margouët reconnaît « qu’il ne dort pas toujours tranquille, que des risques sont là, qu’il ne faut pas se tromper, qu’il y a aussi parfois des doutes quant à prendre les bonnes décisions pour gérer au mieux… ». Mais, « qu’il peut encore compter sur son père avec qui il fait le point de temps à autre, qui le conseille… ».

Aujourd’hui, Jonathan Margouët est à la tête d’une entreprise de 130 salariés, d’un parc de 70 autocars, une entreprise qui réalise un chiffre d’affaires de sept millions d’euros (70 % de l’activité concerne le transport scolaire et les lignes régulières). « Ce sont des responsabilités, dont j’ai évidemment conscience et que j’assume totalement », dit-il tout simplement. Des responsabilités qui couvrent aussi d’autres activités, puisque le Groupe DMA s’est aussi positionné sur les segments de l’ambulance, des taxis (via le rachat d’une entreprise en 2001), du transport sanitaire (également par acquisition en 2010), de personnes à mobilité réduite (contrat signé avec le conseil général de Meurthe-et-Moselle en 2013) et de la location de véhicules aux particuliers (création en 2012). Sans oublier l’ouverture d’un magasin de matériel médical en 2010.

Tourisme: en groupe constitué

Et le tourisme dans tout cela? Aujourd’hui, cinq véhicules y sont dédiés, dont un double-étage (un Neoplan Skyliner de 81 places). « Le transport touristique a véritablement démarré en 2002 avec la signature d’un gros contrat avec Euro-Moselle Loisirs, dans le cadre de voyages dédiés aux groupes scolaires, une collaboration qui perdurera jusqu’en 2005 », indique Jonathan Margouët. Un arrêt qui va conduire l’entreprise à repenser son positionnement touristique, et choisir de poursuivre sur le créneau du voyage scolaire avec la création en 2005 de la marque commerciale TPL Voyages (TPL pour Toujours Plus Loin). L’idée: concevoir des produits adaptés aux maternelles, primaires, collèges et lycées, d’une journée à plusieurs jours, en France comme à l’étranger (notamment en Italie, au Royaume-Uni, en Belgique et en Allemagne). Pour ce faire, un professeur comme un conducteur sont recrutés, et s’installent dans des bureaux à Florange, puis non loin de là (à Nilvange exactement) lorsque l’équipe s’agrandit, avant de rejoindre le siège social à Maidières. « Une trentaine de groupes scolaires sont réalisés la première année », indique Jonathan Margouët. Ils sont depuis ue centaine chaque année. Une brochure dédiée a vu le jour, elle fait une dizaine de pages. Elle est adressée en juin aux établissements du quart nord-est de la France (des Ardennes au Jura). « L’équipe de TPL Voyages aujourd’hui s’est recentrée sur la France, l’Italie et le Royaume-Uni », précise Jonathan Margouët.

Aujourd’hui, l’activité tourisme de TPL Voyages prend un nouveau tournant: celui d’une volonté affichée de développer la production de voyages à destination de groupes d’adultes constitués. Jusqu’alors TPL Voyages répondait à des demandes ponctuelles de comités d’entreprises, de CCAS, d’associations, totalisant une dizaine de groupes par an, et travaille parallèlement – et ce en tant que transporteur – en partenariat avec quelques agences de voyages. « L’objectif est d’éditer une brochure qui leur serait dédiée, elle devrait d’ailleurs voir le jour dès cette année, avec les premiers envois en septembre », annonce le jeune dirigeant. Côté destinations, elle se concentrera uniquement sur la France en formules journées, séjours et circuits. Sur la base d’une production maison. « Avec le développement de l’aérien, et en particulier des compagnies low cost qui offrent des tarifs attractifs, les groupes ont de moins envie de passer plusieurs heures dans un autocar dans le cadre d’un voyage », constate Jonathan Margouët.

Cette nouvelle offre fera l’objet d’une « année-test » pour le jeune dirigeant, qui veut cependant rester prudent quant à la suite qui lui sera donnée. Il s’agira aussi de la faire connaître. Et parmi les premières actions est notamment envisagée une participation au prochain salon des CE de Nancy, qui se tiendra en septembre. C’est aussi à travers l’activité réceptive que le jeune dirigeant voit un développement intéressant. « Dans la région, beaucoup de groupes arrivent par avion et par le TGV pour une découverte de la Lorraine, relève t-il. En tant qu’autocariste, nous avons notre carte à jouer ». Jonathan Margouët est, par ailleurs, membre du conseil d’administration de l’office de tourisme de Pont-à-Mousson depuis 2013, et compte bien profiter de ce poste « pour essayer de faire bouger les choses ». En suggérant au sein de la structure institutionnelle, par exemple, de se rapprocher du comité départemental du tourisme, voire du comité régional du tourisme. « Avec l’objectif de mettre en avant Pont-à-Mousson en tant qu’étape dans le cadre d’une découverte plus large de la région, ne serait-ce que pour son abbaye des Prémontrés », glisse t-il. Un vaste édifice historique classé datant du XVIIIe siècle… Entre Metz et Nancy…

Pont-à-Mousson où l’entreprise dispose d’une agence commerciale pour la vente de tickets de bus, lui permettant de toucher parallèlement une clientèle individuelle via des offres ponctuelles réalisables en journée (voire en courts séjours). Un flyer intitulé Prochains départs, liste différentes sorties axées principalement sur des événements (comme le salon mondial de l’agriculture, la Braderie de Lille, la Fête des Lumières de Lyon, le carnaval vénitien de Remiremont…). On peut aussi y trouver, par exemple, un « Londres express » sur un week-end. « Ces offres sont suggérées tous les mois, et sont un moyen d’attirer l’attention des clients sur notre autre activité, celle du voyage touristique », commente Jonathan Margouët.

Aller de l’avant

Le Groupe DMA a aussi son site internet. Vitrine de l’entreprise qui y dévoile toutes ses activités, allant même jusqu’à préciser les noms de l’équipe administrative et technique ou encore les marques des véhicules! « Nous allons le faire évoluer, notamment dans sa partie tourisme avec la création de rubriques dédiées aux groupes scolaires et aux groupes adultes », annonce Jonathan Margouët. Mais, nouvelle génération oblige, le jeune dirigeant est aussi « branché » sur les réseaux sociaux. Twitter et Facebook n’ont plus de secrets pour lui, et les utilise comme un moyen de faire connaître son entreprise, dévoiler son actualité, donner des informations pratiques. « Aujourd’hui, on ne peut rester indifférent à ce type d’outil, même s’il appelle à rester vigilant, estime t-il. À la moindre critique portée sur votre entreprise, il faut réagir très vite, quel que soit le bien-fondé ou non de celle-ci ».

Moins d’un an après avoir pris les rênes du Groupe DMA, Jonathan Margouët est serein, confiant pour la suite. Et volontaire! Il « a pris à cœur » ce challenge. « J’ai hérité d’une situation complexe et périlleuse, mais je me bats au quotidien pour changer les idées reçues et pré-fabriquées, écrit-il, en se présentant – justement – à travers un réseau social. Mon père ne m’a pas forcé à prendre sa suite, mais j’ai eu à cœur de faire mes preuves dans ce métier et d’insuffler un nouvel élan au groupe que je dirige. (…) Je ne suis peut-être pas le meilleur pour le moment, mais je compte bien le devenir tout en prenant en considération la conjoncture économique actuelle de mon entreprise et de la France en général »… Sa devise? Toujours innover et avoir un cap d’avance.

Marie-Annick Albert travaille toujours dans l’entreprise. Albert Mengis, lui, a revendu ses parts.

TPL Voyages

– CA 2013: 700 000 euros, dont 95 % réalisés via les groupes constitués et 5 % en GIR.

– Nombre de salariés: 3

– Les groupes scolaires et adultes proviennent du Nord-Est de la France à 80 %.

– En 2013, Londres, Bath, la côte Sud de l’Angleterre, mais aussi Rome et Naples, ont été les destinations privilégiées. En France, la Provence et les châteaux de la Loire sont arrivés en tête.

– Pour cette année 2014, les tendances prennent le pli de celles de l’an passé en terme de choix de destinations, avec cependant une hausse pour la Côte Sud de l’Angleterre (Brighton, Worthing et Plymouth). Côté Italie, Naples est moins en demande, au profit de Milan, Turin, Florence, Pise ou encore Ravenne. Quant à la France, la Provence et les châteaux de la Loire maintiennent leur première place, mais avec de plus en plus de séjours de proximité (Alsace, Jura, Vosges et Côte d’Opale).

DMA – Dupasquier Autocars

– CA 2013: 7 millions d’euros, dont 70 % sur l’activité transport autocar/autobus (dont 50 % en scolaire, réutilisation scolaire et occassionnel, 20 % en urbain, 15 % en interurbain et 15 % en transport sec pour le tourisme), et 30 % autres (soit 15 % sur le segment médical et transport spécialisé, et 15 % réalisés pour les prestations de TPL Voyages).

– Parc véhicules: 70 autocars dont 50 scolaires/interurbains opérant en Meurthe-et-Moselle (principalement Iveco Crossway et Récréo + Fast Scoler Kid + Kinglong Citeor); 10 urbains (Renault Master Dietrich Noventis + Scania Omnicity, roulant également dans le département de Meurthe-et-Moselle) ainsi que 5 autocars de tourisme (Iveco Magelys + Man Lion’s Coach R08, Iveco Evadys HD et un double-étage Neoplan Skyliner). S’ajoutent 28 véhicules légers (taxis, ambulances, VSL, véhicules PMR, véhicule de type minibus de moins de 9 places,…), les 5 véhicules restants étant affectés en véhicule de réserve ou de secours principalement sur des services scolaires, ou utilisés ponctuellement en période de haute saison.

– Nombre de salariés: 130, dont 70 conducteurs, 26 administratifs et 34 dédiés aux autres activités du Groupe DMA (taxis, ambulances, transport spécialisé…). Les 130 salariés sont répartis sur quatre sites: Maidières, Pont-à-Mousson, Jarny et Piennes.

– Dépôts: Maidières (siège social et centre d’exploitation du secteur de Pont-à-Mousson et activité tourisme via TPL Voyages); Pont-à-Mousson (point de vente réseau Le Bus- Pont-à-Mousson), Jarny (centre d’exploitation du secteur Pays Haut) et Piennes (centre d’exploitation des activités médicales).

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