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Au Portugal, le marché français est au zénith

Destination | publié le : 01.05.2014 | Dernière Mise à jour : 01.05.2014

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Au Portugal, le marché français est au zénith

Crédit photo Jean-François Bélanger

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  • Jean-François Bélanger

BTL La quinzaine d’agents de voyages français, représentant l’ensemble des métiers du tourisme loisirs, affaires, groupistes…, invités à la 26e édition de la Feira International de Turismo (BTL), qui s’est déroulée au Parc des Nations de Lisbonne en mars dernier, ont constaté l’essor pris par le marché français au Portugal. Même s’ils n’en profitent pas complètement.

Le tourisme portugais enregistre des résultats contrastés. Certes, globalement, en 2013, le nombre de clients a augmenté de 4,2 %. Mais c’est grâce au trafic international qui, lui, a progressé de 8,3 %, alors qu’à l’inverse le trafic domestique s’est tassé de 0,9 %, en raison de la situation économique du pays. Le marché français, quatrième fournisseur international du Portugal, a quant à lui, accéléré sa croissance (voir encadré). Le pays confirmant ainsi, une fois de plus en France, son rôle de destination refuge, bien davantage que dans les autres pays européens.

Entre 2007 et 2013, la période qui englobe les événements du printemps arabe, le marché français a augmenté de plus de 45 %, signant à chaque exercice une nouvelle référence. Aussi, pour l’Hexagone, les indicateurs 2013 sont passés au-delà du vert: un trafic en hausse de 12,4 % (830 000 visiteurs), des nuitées hôtelières de 14,5 % (2,5 millions), les recettes de 8 % (1,6 million d’euros)… Sur ce dernier point, avec 800 euros de ticket moyen de dépenses par touriste, la France est même devenue le premier marché international en valeur. Lisbonne, Porto, Madère, le Centre, puis l’Algarve sont les premières régions visitées: « ce qui confirme que le côté culturel des visites des Français induisent des dépenses plus élevées que celles liées aux séjours balnéaires », explique Jean-Pierre Pinheiro, directeur de l’office national de tourisme du Portugal pour la France. « Depuis l’exposition universelle de 1998, Lisbonne a acquis une véritable lisibilité, alors que le Portugal est devenu ensuite la destination recours face aux événements du printemps arabe. D’autant qu’elle n’est pas trop chère et, qu’en dehors de Faro, elle est particulièrement accessible depuis la France », confirme, de son côté, Jacques Seignolle de Boiloris Voyages, entreprise basée à Paris.

Ouverture au tourisme d’affaires

Cette année, le salon qui sur deux jours accueillait les professionnels, et sur deux autres le grand public, a élargi son offre à la Meeting Industry (Mice), lui donnant l’occasion de passer le cap des 1 000 entreprises exposantes, en hausse de 9 %. Une orientation dictée par le souci des organisateurs de ne négliger aucun segment de marché, et de profiter notamment de l’essor que connaît la ville de Lisbonne, en la matière. « Dans le domaine du Mice, la France est notre troisième marché international, derrière l’Espagne et le Royaume-Uni. L’International Congres and Convention Association (Icca) classe Lisbonne à la quatorzième place des villes dans la hiérarchie mondiale des villes hôtes de manifestations internationales. Si, du fait de sa situation économique incertaine, l’Espagne est toujours un marché difficile, la France reste une valeur sûre. En matière de rapport qualité-prix, Lisbonne est bien positionnée et procure toujours un haut niveau de satisfaction à la clientèle », souligne Ana Ribeiro, directrice des ventes du Lisboa Convention Bureau, à Lisbonne. Justement, le Mice c’est l’affaire de Challenger Event, une agence installée à proximité du Futuroscope, à Chasseneuil (86): « je ne savais pas que cette édition du BTL était orientée vers le tourisme d’affaires. De fait, c’est une excellente opportunité car je suis venue ici pour élargir la programmation sur le Portugal au-delà de la capitale et renouveler celle de Lisbonne avec ses dernières offres en matière de voyages de groupes à destination des entreprises (team building, opérations de motivation, de récompense…). Contrairement à d’autres villes, la capitale ne s’use pas, elle allie authenticité et modernité et reste donc constamment tendance », explique Amélie Mady, chef de projet.

Une trentaine de circuits autocaristes depuis la France

Pourtant si la destination est très attractive, la croissance du marché français ne profite pourtant pas complètement au secteur de la distribution. La part réalisée par les agences de voyages s’élève à 47 %, celle effectuée en direct de 36 % et le reste passe via internet. En revanche, les autocaristes contribuent efficacement à la croissance française au Portugal. « Une trentaine de circuits est régulièrement programmée depuis la France par ces professionnels. Salaün Holidays, Nationaltours, Verdié, Richou sont ainsi les principaux animateurs de ce secteur », indique Jean-Pierre Pinheiro. Parmi les autres freins à l’intermédiation, la proximité et la facilité du produit. « Chez nous qui sommes situés en Aquitaine, la progression de la destination n’est pas très sensible. Nous sommes surtout sur des courts séjours et, contrairement à l’Amérique Latine que nous programmons aussi, le recours à nos services est moins indispensable pour la plupart des organisateurs de voyages au Portugal. De plus, il est difficile de trouver des capacités aériennes pour les grands groupes », constate Jean Grevellec de l’agence Transphère, à Bordeaux.

Une nouvelle croissance à deux chiffres cette année

Des liaisons aériennes qui sont pourtant nombreuses entre les deux pays, avec Tap Portugal, Air France, Aigle Azur, Easyjet, Vueling, Ryanair… Au total, elles totalisent une offre de 320 vols par semaine. Et d’autres vont les rejoindre prochainement, fournissant autant de nouvelles possibilités pour les groupes: Nantes-Lisbonne par Tap Portugal, Lyon-Porto, Lyon-Funchal et Paris-Faro par Transavia, Brest et Brive-Porto par Europe Airpost… Par ailleurs, l’offre hôtelière devrait continuer à croître avec les ouvertures à Lisbonne d’un nouvel hôtel Sana en mai, puis d’un Holiday Inn et d’un Pestana en 2015, et au-delà d’un Hyatt Regency. Mais la grande affaire reste la construction d’un nouveau centre de congrès dans le centre-ville. La municipalité mettrait le terrain à la disposition d’un investisseur qu’elle recherche. Partant de là, la tendance à la hausse devrait encore se poursuivre: « nous devrions enregistrer à nouveau cette année, une croissance à deux chiffres qui nous rapprochera du podium et du marché allemand (906 000 visiteurs), derrière les Britanniques, les Espagnols, estime Jean-Pierre Pinheiro. Le différentiel entre les deux marchés devrait encore diminuer cette année, sans compter que, contrairement au marché allemand, une partie de la fréquentation française dans le secteur résidentiel n’est pas pris en compte dans les statistiques ». Gaël de Clarens de The Mice Agency, à Suresnes devrait contribuer elle-aussi à la poursuite de cette croissance: « la restriction des budgets et des dépenses des entreprises favorise le choix des destinations du sud de l’Europe, comme le Portugal ou celles d’Europe Centrale par rapport à ceux de l’Europe du Nord. Et malgré des prix modestes, la qualité du produit et du service est au rendez-vous. Par exemple, si nous prenons la chaîne hôtelière Dolce, nous sommes à 160 euros par jour et par personne, tout compris au Portugal, contre 260 euros en France, ce qui permet à budget égal d’offrir à nos groupes une véritable découverte ». Pour maintenir et renforcer la dynamique actuelle auprès de ses distributeurs, l’office national de tourisme du Portugal organisera à l’attention des agents de voyages deux workshops, l’un à Paris, le 3 juin, puis à Lyon, le lendemain.

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