Inde Le pays est vaste, mais les groupes privilégient le plus souvent le Rajhastan, situé au Nord-Ouest. Longue histoire, monuments impressionnants, mode de vie bien différent, artisanat reconnu, paysages exotiques… Une diversité dévoilée dans les circuits. Récit d’un voyage conçu par Kuoni.
Une première approche de l’Inde riche en émotions… Une découverte du pays des maharadjas… Le programme conçu par Kuoni, est proposé dans sa brochure « K », un « K » pour désigner la nouvelle gamme de circuits que le tour-opérateur a lancé sur le marché, et qui doit lui permettre d’exister sur le segment du petit prix. Avec pour slogan: une « maxi-découverte pour un mini-prix », soit une offre entrée de gamme sur 41 destinations et 58 circuits avec en prix d’appel, un circuit Inde « Brèves de Rajasthan », en pension complète sur vols Qatar Airways. D’une durée de dix jours et huit nuits, l’itinéraire est effectué en autocar. Un départ était mis en place début mars, Tourisme de groupe était au rendez-vous.
Arrivés la veille au soir à Agra, les 28 participants à ce voyage avaient déjà pu admirer, de loin, le Taj Mahal, avant d’en faire la découverte le lendemain. À l’aube, pour la lumière et pour éviter l’affluence. Ce tombeau-jardin, achevé en 1653, est le témoin de l’amour fou d’un empereur pour son épouse décédée. Une fois la porte monumentale de marbre blanc et de grès rouge passée, les visiteurs ne voient plus que lui, intensément blanc. Deux élégantes bâtisses rouges et blanches coiffées de dômes l’encadrent, tout comme quatre minarets, eux, uniformément blancs. Lorsque l’on parvient au seuil du Taj Mahal, apparaissent sur les murs de délicats motifs floraux et des versets du coran. En levant les yeux, on aperçoit la coupole en bulbe et les flèches des toits. L’intérieur, petit, n’est meublé que de deux tombes en marbre blanc… L’essentiel est à l’extérieur!
Au côté du Taj Mahal: le Fort Rouge d’Agra (XVIe siècle), autre édifice emblématique de la cité. Ici, le groupe se familiarise avec l’architecture locale: rempart et tour de grès rose aux créneaux arrondis, pavillon au toit plat, clocheton coiffé d’une dôme avec visière, kiosque à la voûte « en demi-lune », mur rouge rehaussé de traits blancs, moucharabieh perforant la façade, galerie aux arcs polylobés ou en ogive, plafond peint, motifs colorés incrustés dans du marbre blanc… Premières pages d’un livre offertes aux voyageurs, invitant à poursuivre le voyage.
Lorsque l’autocar pénètre dans la vallée de la rivière Yamunâ, à proximité de Jaïpur: une vue imprenable! Dans le creux, un lac, à sa surface, le reflet d’un immense fort jaune perché sur un promontoire rocheux. Et tout autour, des monts sur les flancs desquels coure une vaste muraille entourant la citadelle (XVIIe siècle). Rejointe à dos d’éléphants par le groupe au détriment de jeeps. D’apparence massive, elle renferme d’inattendus joyaux: les portes d’argent ciselé d’un intimiste temple de marbre blanc, une autre datant du XVIIe siècle toute peinte de motifs floraux dans un camaïeu de beige et de rose, une hall d’audience publique et sa forêt de colonne aux chapiteaux en forme d’éléphants, une salle du trône illuminée par une mosaïque de miroirs… Dans la plus ancienne des cours, le manque de décoration fait place à l’austérité, là où vivaient les 12 femmes préférées du maharadja. Une vie de recluses.
Dans le centre historique, les façades rouges et leurs traits blancs, avec fenêtres en encorbellement, moucharabiehs et clochetons arrondis, défilent à travers les vitres du car. Elles forment un ensemble si homogène, même si certaines sont détériorées, que lorsque le véhicule stoppe devant le Palais des vents, qui date de 1799, les passagers mettent quelques instants à remarquer la grande superficie et délicatesse de sa façade. Composée d’une succession ininterrompue de fenêtres en saillie et de tourelles aplaties, percées de moucharabiehs et de minuscules fenêtres, elle se termine, tout en haut par de petits pavillons aux toits « en demi-lune » surmontés de fines pointes à bulbes. Dans l’opulent pavillon central du City Palace, bâti au XVIIIe siècle, le musée des Textiles présente saris, voiles, robes, tuniques, manteaux, en velours broché, soie brodée, cachemire, mousseline, tissu imprimé… Autres trésors: quatre portes rassemblées dans une cour, avec chacune leur thème, leurs teintes, leurs médaillons, frises, guirlandes et bas-reliefs. Juste à côté, les visiteurs pénètrent, perplexes, dans l’inattendu Observatoire en plein air, du XVIIIe siècle, où astrologie et astronomie se mêlent.
Direction Jodhur pour rejoindre le fort de Mehrangarh, massif sur son promontoire rocheux. Ses hautes tours se terminent par des galeries de moucharabiehs. Il y en a ici plus qu’ailleurs encore: roses ou blancs, recouvrant des murs entiers, sur plusieurs étages, en de successifs encorbellements. Du fort, on contemple les façades bleutées de la ville en contrebas. Des sabres, des tableaux sont exposées dans certaines salles, tandis que dans d’autres, dorures, mosaïques, fresques, portes et fenêtres ornées, et déroutantes boules de Noël captent le regard.
À Pushkar, tout s’organise autour du lac sacré: les larges marches ou « ghats » qui plongent dans son eau, les ruelles qui l’entourent, les nombreux temples qui l’honorent, les monts Aravalli qui le dominent. Brahma aurait ici laissé tomber un pétale de lotus: depuis, tout indou rêve de venir à Pushkar. Rêve partagé, visiblement, avec des touristes occidentaux à la recherche d’expériences spirituelles de tous types. Une mixité qui créé une étonnante atmosphère… Aux côtés de grappes de femmes en saris colorés autour du lac, les temples tel celui de Brahma. Tout peint de couleurs presque criardes, ramassé sur lui-même. Un style étonnant, qui n’a rien à voir avec d’autres monuments visités dans le cadre de ce circuit.
Ça n’est pas la longue, jaune et rose façade du fort de Junagarh qui marque le plus les visiteurs, mais son intérieur qui réserve de multiples surprises: une petite cour d’une blancheur éblouissante, une fenêtre en encorbellement recouverte de carreaux bleus venus d’Europe, des salles, grandes et intimistes, aux portes, murs et plafonds entièrement peints ou couverts de mosaïques… Cette richesse est dévoilée dans les collections du vaste et éclectique musée, présentées au fil d’un long mais intéressant parcours: tapis de clous et sabres de fakir, armes et uniformes, intéressantes photos de l’époque… et même un avion, un vrai!
Entre Bikaner et Delhi, place aux haveli. Ces maisons de riches commerçants implantés sur la route de la soie aux XVIIIe et XIXe siècles, avaient pour particularité d’être recouvertes de fresques. Elles furent abandonnées quand les marchands suivirent, dans les ports, les Anglais qui privilégiaient les routes maritimes. L’autocar traverse ainsi une petite ville que les passagers croient « fantôme »: les façades ne révèlent plus que des bribes de la vie locale d’alors, tant les contours des dessins sont effacés, leurs couleurs passées… À Mandawa, certaines haveli sont rénovées. Là, on stoppe et, face aux façades, le guide décrypte les peintures. De chameaux en éléphants et purs sangs élégamment harnachés, de frêles danseuses en personnages officiels, de saynètes romantiques en représentations du quotidien, il y a quelque chose qui relève ici de la bande dessinée!
Dernière destination, Delhi! Alors que l’autocar s’en approche, le paysage change. Au bord de la route, devenue autoroute, la végétation et les villages se raréfient, au profit de constructions modernes, voire futuristes. À proximité du centre historique, nouveau changement de décor: la végétation est revenue mais policée, et détritus, vaches et miséreux ont disparu. À travers le riche et officiel quartier des ambassades, l’autocar passe pour déboucher sur le monumental et rouge palais présidentiel, les musées et l’arc de triomphe. Il stoppe alors, pour laisser ses passagers profiter d’un ultime bain de foule indienne…
Un mail commercial de Kuoni; une destination annoncée, le Rajasthan; un tout petit prix tout compris, 990 euros; une durée resserrée, huit jours et dix nuits… une idée: essayer! Du 1er au 10 mars, 28 personnes, dont Tourisme de groupe, ont effectué « Brèves du Rajasthan », un circuit en autocar proposé dans la brochure « K » de Kuoni. Explications avec Catriona Dempster, directrice de marché (circuits) chez Kuoni.
– Quelles sont les caractéristiques de ce circuit « Brèves du Rajasthan »?
La destination, unique, est un atout indiscutable! Le prix, attractif et bas, aussi. Il faut y ajouter la qualité de la compagnie aérienne, des guides et des hôtels, tandis que la nourriture indienne est un atout pour certains. Seul inconvénient: c’est le transport. Les routes ne sont pas encore toutes bonnes et les autocars manquent de confort.
– Comment réussissez-vous à proposer un prix si bas?
Il y a plusieurs raisons à cela. Les compagnies aériennes du golf persique, dont Qatar Airways avec qui nous travaillons, ont ouvert des lignes vers l’Inde au moment des attentats à Bombay. La demande a baissé mais l’offre était là. Et quelle offre! C’est donc grâce au très bas prix des vols que nous pouvons proposer ce tarif. Il y a aussi le cours de la roupie, et la forte dévaluation qu’elle a subi, qui nous favorise. L’efficacité de notre fournisseur est aussi déterminante. Le développement d’une nouvelle gamme d’hôtels pour la classe moyenne indienne, nous permet aussi de resserrer les prix. De plus, nous leur apportons du volume, très en amont, bien réparti sur l’année, comme une nouvelle clientèle, et la perspective de figurer en brochure!
Durant le voyage, quatre étapes « commerciales » sont proposées: chez un bijoutier, un fabriquant de pietra dura (marbre marqueté de pierres colorées semi précieuses), une fabrique de batik et un fournisseur de produits en soie, cashmere, vigogne, poil de yak et autres fibres de luxe…
L’authenticité et la qualité sont ici mises en valeur, à travers des prix accessibles. À savoir: collation et démonstration technique sont à chaque fois au programme. Bien sûr, ni présence, ni achat ne sont imposés.
Le circuit intègre repas et hébergements version locale. Ainsi, une nuit dans un petit palais rénové au charme indiscutable avec ses chambres soigneusement décorées, est-elle proposée, après une marche dans les pittoresques ruelles de la petite ville de Nimaj.
On apprécie le déjeuner organisé dans le Fort de Nagaur où tables et buffet sont dressés sous les arcades de la salle d’audience publique! Autre déjeuner très apprécié, celui pris en plein centre-ville, à Jaïpur, chez l’habitant: il accueille le groupe dans la salle à manger en plein air de sa vaste maison, devant un jardin aussi ensoleillé que soigné. Les bruits de la ville ne sont plus là qu’un fond sonore…
C’est aux portes du désert du Thar que le groupe partage un autre repas tout aussi convivial qu’original: en plein air, une longue table fait face à deux foyers allumés éclairent une petite scène, tandis que des artistes font le spectacle.
La balade en tricyclette est une autre occasion de s’immerger dans la vie locale: l’expérience est ludique, mais aussi instructive puisqu’elle offre un autre regard sur la vie quotidienne.
Lalit guide essentiellement des touristes français, en particulier des seniors qui ont fait le déplacement en GIR. Des clients plus ouverts, mieux informés sur l’Inde. Lalit évoque aussi des demandes en évolution. Ainsi, désirent-ils, par exemple, plus de temps libre, « même si, pour la plupart, ils ne savent pas quoi en faire », relève t-il, tout en soulignant la nécessité de personnaliser les programmes, incluant notamment des temps de repos, des séances de massages, des visites libres, des découvertes ou activités, des rencontres avec les locaux, des visites d’école, d’échanges avec des familles…
Guillaume
« Je ne connaissais pas l’Inde et je ne m’y voyais pas seul avec mes enfants: la sécurité, la nourriture, la conduite, la barrière de la langue… Je n’avais jamais essayé le circuit en autocar. Aujourd’hui, j’y vois, pour moi, un vrai avantage: quand je voyage avec mes enfants, je n’ai aucun contact avec d’autres adultes. En groupe, c’est différent! ».
Sonsoles
« Le voyage en groupe, c’est synonyme, quand on est seule, de sécurité. Le côté économique joue aussi: lorsqu’on organise soi-même, on ne peut pas obtenir ces prix-là! Et dans un groupe, je trouve les gens plutôt sympas en général, je me suis même déjà fait de vrais amis! ».
Brigitte
« Étant enseignante, je passe mon temps à m’occuper des autres: pendant mes voyages, je veux juste changer de rôle! Et un bon guide qui parle bien français, connaît son sujet, a de l’humour et fait preuve d’initiative, ça compte! Je ne pars pas en groupe parce que je recherche de la compagnie, mais pour le confort, la santé, et la sécurité. Même je profite de l’occasion pour discuter aussi de destinations à découvrir… Le « groupe pas sympa », c’est rare. Le guide ennuyeux aussi. Les « temps libres », ça m’agace! Si je choisis un voyage organisé, ce n’est pas pour plonger dans la lecture d’un guide! ».
Annabelle et Romain
« J’apprécie l’aspect convivial et social de ce type de voyage. Cela permet aussi de découvrir plusieurs sites importants. L’inconvénient majeur est l’état des routes et donc le temps, trop long, passé dans l’autocar. Pour attirer les jeunes sans enfants, il faudrait développer le côté « événements » comme la soirée dans le désert, le karaoké dans le car… ».