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Escapade détente

Croatie | publié le : 01.05.2014 | Dernière Mise à jour : 01.05.2014

Zagreb La capitale de la Croatie, qui réunit avec son presque million d’habitants un quart de la population du pays, se positionne dorénavant comme une nouvelle destination européenne à découvrir en city break. Sous ses airs vieil empire austro-hongroise, Zagreb respire la tranquillité et invite à la détente dans ses ruelles sinueuses ou ses parcs. Une grande ville qui repose de l’atmosphère électrique des métropoles européennes, romantisme en prime. Sa position géographique autorise aussi des excursions en étoile dans les environs.

Par les rues et ruelles de Zagreb, il fait bon flâner, sauter d’un tramway bleu à l’autre, se laisser inspirer par son humeur, active ou contemplative, faire du lèche-vitrine dans la rue Ilica, longue, très longue, artère commerçante, ou s’installer dans l’un des huit parcs qui agrémentent le centre de la capitale. Tout est envisageable, mais tôt ou tard chacun finit par se retrouver sur la place du Ban Jelacic, le cœur battant de Zagreb vers lequel tout converge naturellement. Les allers et venues des passants le confirment amplement. Se retrouver certes, mais si possible du bon côté, chaque génération ayant son café de prédilection et son lieu de ralliement: la tour de l’horloge ou la statue équestre du vice-roi croate Josip Jelacic.

Si tout ramène à cette place rectangulaire bordée d’immeubles massifs, baroques ou art déco, tout en part également. Selon la direction qu’il prend, le promeneur ne visitera pas le même Zagreb. Comme s’il y avait plusieurs villes en une. Au sud, la ville basse dégage une atmosphère bourgeoise, fin de XIXe siècle. Au nord, la ville haute, plus ancienne, avec des vestiges qui remontent au Moyen-âge, est en fait elle-même coupée en deux comme l’étaient autrefois Gradec, la féodale, et Kaptol, l’épiscopale. Globalement toutefois, le fond de l’air est assurément austro-hongrois dont l’influence s’est fait sentir pendant cinq siècles.

Faute d’école d’architecture sur place, les étudiants croates sont longtemps partis se former à Vienne, Prague ou Budapest. Ils en sont revenus imprégnés des goûts pour le baroque de l’empire des Habsbourg, épousant même le jaune et l’ocre qu’affectionnait l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche. Cette couleur « jaune Schönbrunn » s’est répandue dans la ville basse de Zagreb: au théâtre national par exemple, inauguré en 1895 par l’empereur François-Joseph, dans un style néo-baroque, au musée des Arts et métiers, au pavillon des Arts, structure métallique bâtie en 1896 pour l’exposition millénaire de Budapest. La gare centrale se distingue à peine de cette tendance, en optant pour une parure plutôt néo-classique et une teinte coquille d’œuf.

L’urbanisme dans la ville basse fait une large place à la verdure. Les parcs s’enchaînent en dessinant un fer à cheval verdoyant, incitant à la promenade et à la flânerie. Ils sont agrémentés de statues, de fontaines et même, dans le parc Zrinjevac, d’un kiosque à musique et d’une colonne météorologique en marbre qui fournit l’heure et la météo depuis 1884. Bien que proche de la Méditerranée, Zagreb s’inscrit davantage dans un climat continental aux étés chauds et hivers froids. On skie d’ailleurs à moins d’une demi-heure du centre-ville, quand la neige veut bien tomber sur la montagne de Sljeme.

Sans aller jusque-là, la ville haute permet de jouir d’un vaste panorama sur la capitale croate. Depuis la rue Ilica, le funiculaire « le plus rapide du monde », comme s’en amusent les Zagrébois, y conduit en moins d’une minute. Le plus rapide, parce que le plus court avec 66 m de parcours! Mais c’est suffisant pour donner un petit air de Montmartre à cette pente verdoyante que parcourent aussi des escaliers et des allées en zigzag. Les réverbères y sont même plus authentiques qu’à Paris puisqu’ils fonctionnent toujours au gaz. Un préposé fait deux fois par jour la tournée de ces 217 lampadaires pour les allumer et les éteindre! La référence à la butte parisienne est évidente à travers le nom du festival organisé sur la promenade Strossmayer: festival Strossmartre! Entre mai et septembre, musiciens, artistes de rue, peintres ou encore antiquaires se chargent d’animer ce cadre romantique à souhait. Vestige des fortifications médiévales de Gradec, la tour Lotrscak veille sur la ville en contrebas comme autrefois elle guettait la venue des Ottomans. De ce temps, demeure une tradition: quand il est midi tapante dans le reste de l’Europe, il est midi tonnante à Zagreb. Un coup de canon marque en effet la mi-journée, tiré justement depuis la tour de guêt.

Généralement pavées et plus étroites que dans la ville basse, les rues de Gradec mènent gentiment à la place Saint-Marc où s’élève l’église, mi romane, mi néo-gothique, emblématique de la ville. Elle est repérable aux damiers de sa toiture aux couleurs de la Croatie et de la région de Zagreb. Autour, le Parlement et le siège du gouvernement confortent l’harmonie du quartier. Les bâtisses historiques, aux façades blanches ou en pierres de couleur sable, abritent bon nombre de musées. Celui consacré à la ville de Zagreb ou encore celui de l’Histoire croate permettent de mieux connaître le pays où est née la cravate (terme dérivé de croate) et où fut inventé le stylo à réservoir d’encre. Pour la passion, il faut se rendre dans deux petits musées, sans prétention mais très plaisants.

Le musée d’Art naïf est l’un des rares au monde à se consacrer à ces peintures sur verre représentant la vie quotidienne dans la campagne croate, les longs hivers et les paysages colorés. Premier du genre, le musée des Cœurs brisés, ouvert en 2011, raconte d’autres moments de la vie, ceux des ruptures amoureuses. Les reliques des amours perdues qu’il réunit sont accompagnées de témoignages explicatifs, tantôt amusants, tantôt poignants, toujours émouvants. En sortant de là, les couples superstitieux peuvent, à l’instar des étudiants à la veille des examens, marquer un arrêt à la chapelle de Kamenita Vrata, où s’est improvisé en pleine rue, sous une porte de pierre datant du Moyen-âge, un culte à la Vierge autour d’une peinture miraculeusement épargnée par un incendie en 1731.

La pente incline naturellement vers l’ancien cours d’eau qui séparait Gradec et Kaptol, les deux quartiers se disputant ses moulins et les activités de ses berges. Aujourd’hui, il règne dans la rue en courbe qui le recouvre une ambiance romantique et bohême, villageoise presque, avec des terrasses de restaurants très vivantes, des boutiques anciennes, des galeries d’art, des arrière-cours au charme rétro, des statues facétieuses ou héroïques, des bancs pour regarder passer les gens.

Pas trop longtemps quand même, parce que de l’autre côté, Kaptol offre aux touristes d’autres trésors encore. Sa cathédrale élancée témoigne d’une succession de styles gothiques et baroque. Elle est en partie entourée des remparts renaissance les mieux préservés d’Europe. À l’intérieur, une inscription en alphabet glagolitique, spécificité croate en usage jusqu’au XIXe siècle, intrigue. De ces hauteurs, émergent d’autres clochers, certains pointus, d’autres à bulbes baroques rehaussés d’ors. Pas très loin se tient tous les matins le marché coloré de Dolac, où les produits affluent de tout le pays. Ses stands sont couverts par de grands parasols rouges et blancs. On le quitte en passant devant une statue représentant une marchande avec son panier sur la tête. Quelques marches d’escalier plus bas, revoilà la place du Ban Jelacic. Sans pour autant avoir fait le tour de la ville! Il reste encore à visiter le très intéressant musée d’Art contemporain, les nombreuses boutiques de créateurs, les pâtisseries si tentantes… Sans parler de la vie nocturne à explorer! Escapade détente, mais city break bien rempli!

www.zagreb-touristinfo.hr

http://croatia.hr

Au pays de l’art naïf

Pendant longtemps, les artistes croates ont illustré les cartes de vœux de l’Unicef. L’art naïf du pays s’est ainsi répandu à travers le monde. Sa reconnaissance par cet organisme de l’ONU n’était toutefois ni la première ni la seule. Une exposition, en 1953, consacrée à Ivan Generalic, à Paris, lui a donné une envergure internationale. D’autres ont suivi, comme à Sao Paulo en 1955 ou encore à Bruxelles en 1958. L’art naïf croate était encore à l’honneur l’an dernier dans le cadre des manifestations organisées à Marseille, alors capitale européenne de la Culture, et cette année à l’Unesco.

Considéré comme le chef de file de l’école de Hlebine, célèbre pour sa peinture sur verre, Ivan Generalic est particulièrement bien représenté au musée d’Art naïf de Zagreb. Il n’est pas le seul. Car l’art naïf croate, largement autodidacte, ne se résume pas à ces paysages hivernaux, à ces scènes de la vie paysanne, à ces villages colorés. Des œuvres d’inspiration religieuse ou rendant compte de la modernité, notamment de l’urbanisme, sont également présentées au musée d’Art naïf.

www.hmnu.org

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