Initiative Créé en 1999 par un ancien conducteur d’autocar Grand Tourisme, le Service d’Informations Spécifiques aux Transports – Sisat – est une bourse d’échange professionnelle destinée au transport touristique en autocar. Objectifs: éviter de rouler à vide et trouver un véhicule à même d’assurer les voyages. Explications.
Sisat. Sous ce nom se cache le Service d’Informations Spécifiques aux Transports dont les bureaux sont basés à Chemillé dans le département du Maine-et-Loire. Opérationnel depuis quinze ans maintenant, il a vu le jour à l’initiative d’un ancien conducteur d’autocar Grand Tourisme, Jean-Luc Mérand. « Le Sisat constitue une bourse d’échanges professionnelle au service du transport en autocar dans le cadre de transferts aéroports, classes vertes ou de neige, en prestations à la journée, en circuit et en séjour touristiques », explique t-il. Cette bourse d’échanges est accessible aux autocaristes basés uniquement en France, aux agences de voyages, aux proviseurs d’établissements scolaires mais aussi aux responsables d’associations et aux comités d’entreprise. Sans adhésion, ni cotisation. ce service est « complètement indépendant de toute société de transport », tient à souligner Jean-Luc Mérand. Tout se passe sur le site web du Sisat où il faut s’enregistrer pour recevoir un code d’accès (c’est gratuit), un site sur lequel est recensé d’une part les prestations à réaliser, et d’autre part les disponibilités des différents autocaristes.
Jean-Luc Mérand, aujourd’hui directeur et responsable commercial du Sisat, a commencé sa carrière, non pas dans le transport, mais en reprenant l’exploitation agricole familiale, en Maine-et-Loire. Une voie donc toute tracée, mais qui va basculer « suite à un accident de voiture qui ne permettait plus de poursuivre cette activité », raconte t-il. L’exploitation doit être vendue, et pendant le temps nécessaire à régler cette vente, Jean-Luc Mérand prépare sa reconversion. Il trouve un emploi à temps partiel chez un autocariste pour lequel il va opérer dans le transport scolaire (avec en poche le permis passé pendant son service militaire). Une fois l’exploitation vendue, il poursuit son activité de conducteur scolaire, puis effectue quelques circuits et séjours sur la France avant de passer à l’international. « Et c’est au cours de ces différentes activités, et à force de pratiquer sur le terrain, que me vient l’idée de trouver un moyen d’optimiser la rentabilité des autocars, d’éviter de les faire rouler à vide », explique Jean-Luc Mérand. Mais, il en reste là, tout en gardant son idée en tête. Et profite même de ces années au service de l’entreprise pour passer à la fois l’attestation de capacité marchandises et voyageurs. Jusqu’au jour où l’autocariste pour lequel il travaillait, depuis plusieurs années, décide de vendre. C’est chose faite en 1998. Jean-Luc Mérand continue à y être salarié sous une nouvelle direction, sans conviction, « mais en revanche convaincu de l’utilité de concrétiser mon idée, et de me lancer dans cette nouvelle voie », dit-il. Il démissionne en mai 1999, et peut alors se consacrer pleinement à sa nouvelle activité.
« Au démarrage de l’activité, j’avais installé mon bureau à mon domicile, raconte t-il. J’étais tout seul (ils sont trois depuis, ndlr), et pour faire connaître le Sisat, j’ai envoyé près de 2 800 courriers aux autocaristes basés dans toute la France! ». Au début, la bourse d’échanges proposait uniquement ses services sur les transferts aéroports. « À la suite de ces courriers, j’ai eu près de 200 contacts », se souvient Jean-Luc Mérand, l’encourageant à poursuivre. « L’idée, semble t-il, séduisait la profession », dit-il. Au terme de la première année de lancement du Sisat (soit de mai à décembre 1999), une vingtaine de prestations seront réalisées. En 2000, le Sisat passe à la vitesse supérieure: le site se modernise, et surtout s’enrichit en ajoutant aux transferts aéroports, des prestations à la journée et en séjour (avec au moins une nuit) touristiques.
Comment ça marche? À la base, il y a un « donnant » (celui qui cherche un autocar), de l’autre un « roulant » (celui qui met à disposition le véhicule). Entre les deux protagonistes: le Sisat, qui intervient en tant que relais. Les donnant comme les roulant déposent sur le site leurs demandes et leurs disponibilités, et font ensuite l’objet d’un numéro de référencement. Un seul interlocuteur, le Sisat, assure le suivi du dossier. « Notre travail va alors consister à chercher en fonction des demandes exprimées un autocariste, explique Jean-Luc Mérand. Une fois que nous avons trouvé le bon interlocuteur, nous lui suggérons la proposition. S’il accepte, il lui suffit juste de cliquer sur un formulaire qu’il aura rempli préalablement en nous indiquant ses tarifs. Mais, nous n’attendons pas d’avoir une seule réponse, mais plusieurs, que nous étudions et sélectionnons, et la proposition qui nous paraît la plus adaptée est renvoyée au donnant ». La sélection se fait sur différents critères comme le prix (« à prestations égales, le tarif peut parfois varier de 30 %! », glisse Jean-Luc Mérand), le respect de la législation du transport, le véhicule mis à disposition ou encore les conditions d’assistance-assurance. « Le donnant a, ensuite sept jours maximum pour répondre, poursuit-il. Mais, il est dans son intérêt de réagir le plus tôt possible car toute offre est toujours mentionnée sous réserve de disponibilités ». Une fois tout le monde d’accord (si ce n’est pas le cas, le Sisat se mettra en quête d’un autre roulant, et aucun frais n’est facturé sur la première intervention), un contrat est envoyé, via le site ou par mail (des clauses et des conditions ont été définies à la fois pour le donnant et le roulant). Que ce soit pour les transferts, les journées et les séjours, c’est toujours le même principe qui est appliqué. Avec cependant quelques nuances sur les deux derniers segments. En effet, « si par exemple, un groupe est amené sur Paris un mardi, et n’est récupéré que le jeudi, nous pouvons faire en sorte que la journée du mercredi soit occupée avec un autre groupe pour éviter une mobilisation du car, et donc de gagner en rentabilité », indique Jean-Luc Mérand, affirmant par ailleurs que tout séjour proposé est « étudié à la loupe, avec une attention particulière quant au kilométrage en charge ». Et bon à savoir: le Sisat est joignable 24 h 24, 365 jours par an! « Les autocaristes peuvent également faire appel au Sisat dans des cas d’urgence, si, par exemple, un véhicule est en panne », souligne t-il.
Comment se rémunère le Sisat? Les prix mentionnés ne sont pas les mêmes sur la facture du donnant et du roulant . « Nous appliquons notre marge sur la facture qui sera adressée au donnant, une fois la prestation réalisée, annonce Jean-Luc Mérand. Elle varie entre 40 euros (sur une prestation journée) à 190 euros (pour une prestation séjour), quant aux transferts, le calcul se fait en centimes d’euros par kilomètre parcouru ». À 72 ou 48 heures avant le départ, le Sisat s’assure que la prestation transport sera bien effectuée en contactant par téléphone l’autocariste, et en lui demandant de remplir un dernier formulaire avec le nom du conducteur, si un relais est prévu, le numéro d’immatriculation du véhicule et le nombre de passagers. Informations qui seront aussitôt transmises au donnant, qui devra verser un acompte de 30 % avant le départ, et le solde (au retour) dix jours maximum après réception de la facture. « Le Sisat peut aussi verser un acompte au roulant s’il le demande », ajoute Jean-Luc Mérand, annonçant par ailleurs qu’il s’installera dans de nouveaux locaux en juillet prochain, toujours à Chemillé en Maine-et-Loire. Son fils l’a rejoint l’an passé, après avoir obtenu son attestation de capacité voyageurs « Le Sisat fête cette année ses 15 ans, et a pris ses marques auprès des professionnels, conclut Jean-Luc Mérand. Je ne peux faire qu’un bilan positif ». Environ 1 300 prestations sont réalisées chaque année, se répartissant à parité entre les transferts, les journées et les séjours. L’an passé, le chiffre d’affaires s’est établi à 1,5 million d’euros.