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MuséoParc Alésia: le combat des chefs

Bon plan | publié le : 01.04.2014 | Dernière Mise à jour : 01.04.2014

Auteur

  • Catherine Mautalent

Côte d’Or Visiter le MuséoParc Alésia, à Alise-Sainte-Reine, c’est plonger au cœur d’une bataille qui opposa en 52 avant J.C. deux civilisations, romaine et gauloise, et deux stratèges, César et Vercingétorix. Parcours muséographique, film, vestiges, animations ou encore reconstitutions sont proposés aux visiteurs, en attendant l’ouverture d’un musée archéologique, annoncée pour fin 2017, début 2018.

Alésia? Connais pas!, a coutume de répéter Abraracourcix, chef gaulois du village d’Asterix, comme pour effacer de sa mémoire le dernier combat et la reddition de Vercingétorix face à Jules César, lors de la bataille d’Alésia en 52 avant J.C. Mais, tous ne sont pas du même avis. Comme en témoigne le MuséoParc, sorti de terre en 2012 à Alise-Sainte-Reine (à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Dijon), en Côte d’Or, avec pour objectif de réactiver cet événement d’ampleur européenne, et de le mettre à la portée du plus grand nombre.

Alise-Sainte-Reine, là où justement a eu lieu la fameuse bataille. Une localisation qui depuis le milieu du XIXe siècle a mobilisé bien des énergies: une quarantaine de propositions ont été avancées! Mais, aujourd’hui, “pour les spécialistes scientifiques et archéologues, l’affaire semble entendue, il n’y a plus de contreverse, affirme Laurent de Froberville, directeur du MuséoParc Alésia. La localisation d’Alésia faisait débat depuis 1855, quand Napoléon III a commencé à s’intéresser au site. Aujourd’hui, l’accumulation des preuves permet d’attester l’emplacement du site de la bataille à Alise-Sainte-Reine. Des fouilles approfondies dans les années 90 sont venues confirmer ce fait, en révélant notamment la trace de deux lignes romaines correspondantes à celles décrites par César au sujet du siège d’Alésia dans ses commentaires”. La recherche archéologique se poursuit encore aujourd’hui.

C’est donc fort de ces bases scientifiques « incontestables » que le conseil général de la Côte d’Or décide dans les années 2000 de mettre en valeur le site, pour permettre à chacun de “replonger” dans cette bataille mythique, tout en dotant le département “d’un équipement d’envergure européenne, d’un centre d’attractivité touristique majeur”, poursuit Laurent de Froberville. Un concours d’architecte est lancé, et c’est Bernard Tschumi, concepteur notamment du parc de la Villette à Paris et du musée de l’Acropole d’Athènes, qui sera retenu. La société Scène sera chargée de la scénographie et le cabinet Michel Desvigne de l’aspect paysager. Un conseil de scientifiques est également constitué. Tous travailleront de concert lorsque commenceront les travaux en avril 2009. Et, c’est le 26 mars 2012, exactement, qu’ouvrent au public le Centre d’interprétation et les reconstitutions de fortifications romaines, premiers équipements d’un ensemble que formera à terme le MuséoParc Alésia, avec l’ouverture d’un musée archéologique, annoncée pour fin 2017, début 2018. « Il sera distant de deux kilomètres du Centre d’interprétation et se présentera sous la forme d’un bâtiment circulaire fait de pierres, révèle Laurent de Froberville. La collection présentée, soit environ 2 800 pièces, retracera l’histoire du site d’Alésia à travers les âges, de moins 800 av J.C. jusqu’au VIIe siècle ».

Au cœur de la bataille

Si toutes les routes ne mènent pas à Alise-Sainte-Reine, “le site bénéficie d’une excellente desserte par autoroutes (A6, A38) et départementale (905)”, indique Laurence Begoc, chargée de la commercialisation groupes au MuséoParc Alésia. Arrivé sur site, un parking est à disposition des autocars (des places y sont réservées), il est situé à environ 200 m du Centre d’interprétation. “Au mois de juin prochain sera proposée une dépose-minute devant l’entrée”, glisse Laurent de Froberville. Reste que les 200 m à parcourir ne sont pas insurmontables: l’allée est toute tracée, et elle est l’occasion d’un premier repérage alentour (le village d’Alise-Sainte-Reine, le Mont-Auxois…), tandis que se profile le Centre d’interprétation. Étonnant bâtiment circulaire (il symbolise l’encerclement des Gaulois par les Romains), surgissant au cœur d’une vaste plaine (le champ de bataille). Mais, totalement intégré dans le paysage, avec une résille de bois recouvrant toute la façade extérieure. À l’intérieur, l’utilisation du verre laisse la lumière pénétrer dans les espaces muséographiques.

Quelques marches à monter pour accéder au vaste espace d’accueil faisant office d’atrium (pièce centrale chez les Romains). Un espace qui en impose avec ses piliers dont certains volontairement penchés donnent à l’ensemble l’impression d’une construction « de fortune » et temporaine en préparation de la bataille qui s’annonce…

Puis, ce sera au choix: monter une vingtaine de larges marches formant un escalier circulaire ou prendre l’ascenseur (il y en a deux). Et à l’arrivée: César, majestueux dans sa toge blanche, représenté sur un fond noir, pour accueillir les visiteurs. Un livre ouvert à ses côtés rappelant qu’il commenta la Guerre des Gaules dans son De Bello Gallico. Des combats symbolisés dès le début du parcours par des guerriers romains et gaulois entourant les visiteurs. Représentations monumentales qui se font face, géants armés prêts à s’affronter. Avant de s’arrêter sur le contexte des événements à travers un diorama du monde antique occidental au milieu du 1er siècle avant J.C. Six écrans tactiles permettent ainsi de prendre connaissance des cultures romaine et gauloise: villes, constructions, artisanats et commerces. Une grande frise vient ensuite rappeler ce que furent les dernières années de la République romaine, qui constituent le cadre de l’ascension au pouvoir de Jules César. Homme ambitieux (il s’était fait nommer dictateur à vie) et brillant, fin stratège et tacticien habile qui repoussa les frontières romaines jusqu’au Rhin et à l’océan atlantique en conquérant la Gaule… Homme de guerre aussi, qui à partir de 58 avant J.C., commandera quatre légions et gouvernera trois provinces dans le Sud de la Gaule, aux portes des territoires gaulois qu’il va conquérir, année après année, à partir de 58 avant J.C. Une large cimaise dans le parcours témoigne de cette montée en puissance progressive de l’effort de guerre. Cartes à l’appui. Jusqu’en 52 avant J.C., année durant laquelle César va être confronté à une insurrection quasi généralisée des peuples gaulois réunis autour d’un homme: Vercingétorix. Les deux armées s’affrontent à Bourges, puis à Gergovie avant de se retrouver à Alésia. Le moment de s’arrêter sur les protagonistes à travers leur panoplie. Ainsi, des vitrines, entourées d’armes, présentent en parallèle des vestiges d’objets originaux avec leurs reproductions ou fac-similés. Saviez-vous, par exemple, que la cote de maille est une invention gauloise? Juste en face, deux frises évoquent la coalition gauloise, avec toujours des écrans tactiles en appui (ils sont nombreux tout au long du parcours muséographique venant ainsi compléter les informations sur des thèmes plus précis, à l’exemple des soldes des légionnaires). Sont abordés ensuite les systèmes de défense mis en place par les Romains, à l’entrée des camps comme au niveau des fortifications, avec la reconstitution de deux machines de guerre, dont la célèbre catapulte. Juste avant que les visiteurs ne soient eux-mêmes « catapulter » quelques siècles plus tard, pour se retrouver au temps de Napoléon III, dont une représentation en pied ouvre sur un espace consacré aux fouilles qu’il conduisit sur le site d’Alésia. L’occasion de mettre en avant les éléments réunis depuis plus d’un siècle , qui constituent un faisceau d’indices scientifiques étayant l’identification du site comme étant bien celui de la bataille d’Alésia. Un dernier espace s’intéresse à la représentation des Romains et des Gaulois aux XIXe et XXe siècles. Une évocation qui se fait principalement au travers d’une série d’objets (livres, photos, manuels scolaires, bandes dessinées… et même une publicité destinée à garantir les qualités d’un « papier supérieur gaulois »!), traduisant les multiples interprétations issues de l’imaginaire collectif.

Des fortifications grandeur nature

Si les visiteurs peuvent prendre un peu de temps en s’accordant quelques courtes pauses tout le long du parcours muséographique (des bancs sont mis à disposition), il en est une à prévoir en s’installant confortablement dans les fauteuils de la salle de projection (80 places) du film intitulé Alésia, le rêve d’un roi nu, film qui a été « spécialement conçu pour le MuséoParc Alésia », glisse Laurent de Froberville. D’une quinzaine de minutes, combinant acteurs réels et images de synthèse, il résume les sept grandes batailles qui aboutiront à la victoire de César et à la reddition de Vercingétorix. En contrebas de l’écran: une maquette permet – en même temps que la projection du film – de suivre le mouvement des troupes sur le site d’Alésia. Le film tourne en boucle, avec trois à quatre minutes d’interruption entre les séances.

Mais, la découverte du MuséoParc Alesia ne s’arrête pas là, et se poursuit en extérieur. Et dans un premier temps, sans avoir à quitter le Centre d’interprétation, puisqu’il s’agit de se rendre sur sa terrasse végétalisée. Formant un belvédère, elle offre un panorama à 360o sur le site du siège. La découverte du lieu peut alors se poursuivre en dehors du bâtiment circulaire, pour découvrir la reconstitution grandeur nature de deux fortifications romaines d’une centaine de mètres chacune. « Uniques en France, souligne Laurent de Froberville, ces reconstitutions ont été restituées grandeur nature, et construites proches de l’emplacement archéologique attesté des anciennes lignes de César ». Faites de terre et de bois, ces fortifications offrent une vision détaillée du dispositif: fossés, tours, élévations, pièges… Des machines de guerre et une partie d’un camp romain (huit tentes de légionnaires et une d’un centurion…) font également partie du décor. Cet espace sert de cadre à diverses animations, en particulier à des démonstrations liées aux techniques de combat, romaines et gauloises. Et ce assis sur des bancs en bois (12 en tout), pendant une vingtaine de minutes environ. « Si un professionnel a réservé pour un groupe une démonstration, et que le jour de sa venue, il pleut, celle-ci sera effectuée à l’intérieur du Centre d’interprétation, dans l’espace d’accueil, soit l’atrium », indique Laurent de Froberville. Un atrium qui sert aussi de lieu de rencontres et d’échanges avec des animateurs romains et gaulois. À trois kilomètres du MuséoParc Alesia, sur l’ancienne place forte des troupes gauloises, se trouvent les vestiges d’une ville gallo-romaine, laissée à l’abandon au Ve siècle. Les visiteurs (équipés de bonnes chaussures sur un parcours de 800 m au total) peuvent y voir un théâtre, un temple, une basilique civile, un forum ou encore les quartiers d’artisanat et d’habitations. Enfin, pour clore ce chapitre historique, il faut parcourir 450 m pour rejoindre l’opidum. Là où la célèbre statue de Vercingétorix domine de toute sa hauteur (6,6 m sur un socle de 7 m de haut), le lieu de la dernière bataille opposant Romains et Gaulois. Acte décisif de la Guerre des Gaules, mais aussi début d’une nouvelle ère où régnera l’empire romain. Les ennemis d’hier vivront ensemble sur ce nouveau territoire pendant près de deux siècles dans une relative tranquillité et une paix prospère avant l’avènement des Francs. Mais, là c’est une autre histoire…

Vite dit…

À partir du 12 avril (et jusqu’au 30 novembre), la visite du Centre d’interprétation sera complétée par une exposition temporaire: « Restaurer n’est pas jouer ». L’occasion de découvrir une soixantaine d’objets antiques trouvés sur le site d’Alésia: flacons, bijoux, boucliers, chaudrons, fragments de fresques, etc.

À savoir

Effet nouveauté oblige, de mars 2012, date de son ouverture, à décembre 2012, le MuséoParc Alesia a accueilli 140 000 visiteurs. « En 2013, nous en avons reçu 103 000, dont 27 000 pax en groupes, 16 000 adultes et 11 000 scolaires », annonce Laurent de Froberville, directeur du Muséoparc Alesia. Ces groupes sont principalement Français, issus particulièrement de la Bourgogne, de l’Île-de-France, de la région lyonnaise et du Nord. Dès l’ouverture du site d’Alise-Sainte-Reine, des conditions d’accueil groupes ont été définies, « et améliorées depuis avec, par exemple, des durées de visites guidées plus courtes et de nouvelles offres développées », indique Laurence Begoc, chargée de la commercialisation groupes. Une brochure rassemble l’offre, la version 2015 sera éditée fin août/début septembre prochain. « Les professionnels bénéficient d’une réduction de 10 % sur les tarifs d’entrée », précise Laurence Begoc. Enfin, le MuséoParc Alesia a embauché au mois de mars dernier trois commerciaux « dédiés uniquement au marché groupes, et avec pour mission prioritaire de se rapprocher des autocaristes », annonce Laurent de Froberville.

Pratique

Accès: de Paris à Beaune par l’A6 sortie no 23 à Bierre-lès-Semur; de Dijon par l’A38, puis RD 905; de Montbard par la RD 905.

Horaires: ouvert tous les jours, y compris les dimanches et jours fériés. Le Centre d’interprétation est fermé du 1er décembre au 13 février. Les vestiges de la ville gallo-romaine ne sont pas accessibles entre le 12 novembre et le 13 février . Selon la saison, si l’ouverture est toujours programmée à 10 h, la fermeture peut varier (17 h, 18 h ou 19 h).

Tarifs: ils sont appliqués sur la base de 20 pax. C’est gratuit pour le conducteur (repas compris), et un café lui est offert à son arrivée. Une gratuité supplémentaire pour 20 payants.

Visites: différentes formules sont proposées. Pour le Centre d’interprétion: libre, avec audioguide, guidée (1 h à 1 h 30), visite guidée + démonstration (2 h) ou encore visite guidée de l’exposition temporaire (1 h). Pour le site des vestiges de la ville gallo-romaine: libre, guidée (1 h), visite guidée + démonstration (2 h) ainsi qu’une balade « archéo-rando » d’un kilomètre, des vestiges de la ville gallo-romaine à la statue de Vercingétorix (2 h). Hors la visite libre, bien sûr, les autres formules sont en option, donc payantes par personne (les prix varient de 1 à 3 euros ), à rajouter au tarif d’entrée.

Animations: entraînement des légionnaires ou des guerriers gaulois (manœuvres et combats – 30 mn); démonstration de technique ou de savoir-faire (panoplies militaires ou cuisine gallo-romaine – 1 h).

Offres « spécial groupes scolaires »: 10 formules de visites possibles, démonstrations en compagnie d’un médiateur culturel, des ateliers (vie quotidienne, artisanat, archéologie, vie militaire…), formules à la journée; mise à disposition d’outils pédagogiques…

Salles de réunion: Le MuséoParc Alesia dispose de deux salles pour accueillir les séminaires.

Restauration: un restaurant (« le Carnyx ») de 120 couverts accueille les groupes en déjeuner (à l’intérieur du Centre d’interprétation, tout près de la boutique). On y apprécie les larges baies vitrées avec une vue imprenable sur le site, mais on regrette le manque de décoration et le mobilier strict. « Mais, nous avons en projet d’apporter des changements sur cet espace restauration », promet Laurent de Froberville. Service à table ou formule self-service sont proposés. Quatre menus ont été conçus (de 17 à 31,50 euros, vin et café inclus). Dans les assiettes: des mets à base de produits du terroir. À la belle saison (et sur demande) , la terrasse peut accueillir 70 couverts.

Parking: 6 places réservées, gratuit.

À découvrir aux alentours: l’abbaye de Fontenay, le musée du pays châtillonnais – Trésor de Vix (collection d’époque celtique), le château de Bussy-Rabutin, la cité médiévale de Semur-en-Auxois ou encore le bourg médiéval de Flavigny-sur-Ozerain.

Contact: 03 80 89 95 20

www.alesia.com, onglet « groupes et séminaires ».

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